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« Réactivée » en juin 2008

Flamboin-Gouaix — Montereau



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RoissyVAL


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P19

 

Au sud de la Seine-et-Marne, la ligne de Flamboin-Gouaix à Montereau assure la liaison entre les réseaux Est et Sud-Est. Fermée aux voyageurs depuis 1939 et quasiment « abandonnée » depuis les années 1980, elle renaît progressivement pour les besoins du trafic fret. Les trains de granulats circulent de nouveau sur la partie occidentale (à partir de Courcelles-en-Bassée) depuis juillet 2008 et la réactivation totale est programmée pour 2011.

Longue d’environ 27,7 km, la ligne de Montereau à Flamboin — Gouaix est extrêmement ancienne : concédée en 1845, elle est ouverte par la Compagnie de Montereau à Troyes dès avril 1848. À Montereau, elle précède même la grande ligne Paris — Marseille (dont la section Paris — Tonnerre n’est mise en service qu’en 1849).

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Halte de Vimpelles
Dans les années 1980, un train spécial de l’Ajecta effectuant un aller-retour Provins — Montereau. Les trains circuleront de nouveau à Vimpelles en 2011.

À double voie à ses débuts, la ligne Montereau — Flamboin-Gouaix est intégrée au réseau de l’Est dès 1853. Le parcours est émaillé de deux gares (Les Ormes-sur-Voulzie et Châtenay-sur-Seine) et deux haltes (Vimpelles et Noslong — Marolles). Mais elle est vite cantonnée à un rôle local : en 1857, la Compagnie de l’Est met en service la ligne Noisy-le-Sec — Flamboin-Gouaix qui permet aux trains venant de Troyes d’accéder plus directement à Paris et surtout d’arriver à la gare de l’Est, la « tête de ligne » de la Compagnie.

Dès lors, l’axe principal est Paris-Est — Troyes — Bâle, dit « ligne 4 ». La ligne de Montereau à Flamboin — Gouaix n’en devient qu’un embranchement, vite handicapé par sa situation à la frontière de deux grands réseaux et le poids économique limité de Montereau. La ligne est remise à voie unique, d’abord partiellement (entre Flamboin et Châtenay-sur-Seine) puis totalement à la fin des années 1960. Elle perd sa desserte voyageurs lors de la grande vague de « coordination » en 1939.

Pendant la guerre, l’armée allemande l’utilise pour y faire passer des trains de soldats entre la façade atlantique (Hendaye) et Bar-le-Duc. Elle servira aussi brièvement après la Libération aux trains Paris — Troyes, détournés par Montereau en attendant la reconstruction du viaduc de Nogent.

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Situation de la ligne Flamboin — Montereau
sur le fond de carte du réseau ferré national. Située à la croisée des Régions SNCF de Paris-Est et Paris-Sud-Est (limite en vert), elle était jusqu’à peu neutralisée en son milieu (zone en tireté bleu)
(doc. RFF)

La ligne vit ensuite au rythme d’un trafic marchandises toujours plus rare, qui a même quasiment cessé à partir de 1985. Depuis, seule une section d’environ 2,5 km restait exploitée entre Montereau et Marolles-sur-Seine, jusqu’au pont sur la ligne à grande vitesse Paris-Sud-Est. Ce tronçon voit passer des trains de desserte pour la zone industrielle du Faubourg-St-Maurice, à Montereau, et des trains de travaux pour la maintenance de la LGV. Les trains peuvent en effet accéder à la LGV à hauteur du PRS Marolles, grâce à deux raccordements de service (nord et sud) très utilisés lors des phases de « régénération » de la ligne à grande vitesse (depuis 1996).

Le passage de la LGV Sud-Est (et de l’autoroute A 5 parallèle) a d’ailleurs nécessité une légère déviation de la ligne Montereau — Flamboin-Gouaix. Dans cette zone très plate, la LGV aurait en effet dû la croiser quasiment à niveau. Il a donc fallu créer un ouvrage d’art et deux longues rampes d’accès de chaque côté, légèrement au sud-est du tracé existant. Lui-même a été réutilisé pour créer le raccordement de service vers la LGV.

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Voies de desserte de la zone industrielle du Faubourg-St-Maurice, à Montereau
Ce court tronçon entre la gare de Montereau et la zone industrielle a toujours vu passer quelques trains (2 à 3 trains par jour actuellement).

Caractéristiques de la ligne avant travaux

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Profil de la ligne Flamboin — Montereau
baptisée « 22.8 » par la région Est. Dessin extrait du Carnet de Profils Est de 1962. À l’époque, la ligne était encore partiellement à double voie.

La ligne Flamboin — Montereau était désignée « 22.8 » par l’ancien réseau de l’Est (qui avait pour habitude de numéroter toutes ses lignes). Elle s’étend du point kilométrique (PK) 94,36 (bifurcation de Flamboin) au PK 122,67 (Montereau), les kilomètres étant comptés depuis Paris-Est via Noisy-le-Sec.

Établie dans la vallée très évasée de la Seine, puis de son affluent la Voulzie, elle a un tracé excellent, avec de longues lignes droites et un profil quasiment plat. Les rampes ne dépassent pas 1 à 3 ‰, ce qui est un avantage énorme pour le trafic de marchandises [1]. Le parcours est ponctué de 24 passages à niveau.

Le trafic ayant totalement cessé depuis longtemps entre Marolles-sur-Seine et Flamboin — Gouaix, la ligne était officiellement « neutralisée » sur le territoire de la Région SNCF de Paris-Sud-Est (du PK 119 au PK 110,9). Sur le terrain, cela se manifeste par des traverses posées en croix en travers de la voie (interdisant la circulation sur la partie « neutralisée ») et par un entretien réduit [2]. Au-delà, du PK 110,9 jusqu’à Flamboin — Gouaix (Région SNCF de Paris-Sud-Est jusqu’au PK 108, puis de Paris-Est), la ligne était « non exploitée » — ce qui correspond à peu près à la « neutralisation », les traverses en croix en moins. Les bâtiments des deux gares (Les Ormes-sur-Voulzie et Châtenay-sur-Seine) ont été rasés ; mais les nez de quai caractéristiques, construits en granite incliné, sont toujours là. De même que les deux haltes (Vimpelles et Noslong — Marolles), vendues à des particuliers. Les principaux ouvrages d’art franchissant les cours d’eau sont métalliques : ils laissent encore clairement voir qu’ils ont été conçus pour une double voie. Certaines routes passant au-dessus de la ligne utilisent toujours les ouvrages conçus il y a 160 ans, avec un tablier en planches directement posé sur le cintre en pierre, et un garde-corps en fer forgé.

Mais surtout, contrairement à bon nombre d’autres lignes qui ont connu le même déclin, l’infrastructure ferroviaire a cette fois-ci été préservée : cette liaison entre le réseau Est et le réseau Sud-Est a longtemps été classée comme militairement stratégique. Elle a donc été à peu près entretenue même en l’absence de trafic, par exemple en évitant qu’elle soit envahie par la végétation. Les voies d’évitement ont été conservées à Vimpelles et Châtenay-sur-Seine, même si elles n’étaient plus utilisées. Et surtout, la ligne n’a jamais été officiellement fermée ni déclassée, ce qui simplifie considérablement la tâche pour y faire de nouveau circuler des trains. Dans la suite, on préférera donc parler de « réactivation » plutôt que de « réouverture » ou de « remise en service ».

Un axe stratégique pour le fret

« Stratégique » pour les militaires (et sans doute sauvée grâce à eux), la ligne Flamboin — Montereau l’est aussi redevenue pour le transport de marchandises. Car la donne a récemment changé : jusqu’à présent, les cimenteries près de Paris étaient alimentées en matériaux alluvionnaires puisés directement dans les rivières, et acheminés par voie fluviale depuis Marolles-sur-Seine (entre Flamboin et Montereau). Or la région parisienne est une grosse consommatrice de ces matériaux alluvionnaires (sable, graviers) qui servent à 90 % pour le béton prêt à l’emploi, mais aussi pour le grave-bitume (« l’enrobé » des routes) ou la pierre à chaux. Et les gisements franciliens s’épuisent.

Pour des raisons écologiques, seul le sable reste désormais extrait dans le lit de la Seine. Les granulats, eux, viennent de carrières situées à Gyé (Aube) ou à Gudmont (Haute-Marne). Cemex, groupe d’origine mexicaine devenu l’un des leaders mondiaux du béton, du ciment et des granulats, possède ainsi une autorisation d’exploitation pour 30 ans à la carrière de Gudmont, d’où il extrait 2 millions de tonnes par an.

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Vue d’ensemble de la plate-forme multimodale Cemex
à Marolles-sur-Seine. Les granulats y arrivent désormais par le train, avant de repartir soit par camion soit par voie d’eau selon les destinations.

Pour bénéficier des installations existantes à Marolles-sur-Seine — où Morillon-Corvol (groupe Cemex) possédait une plate-forme permettant le chargement des matériaux alluvionnaires sur péniche pour le parcours final jusqu’à Paris — ces granulats sont acheminés par trains complets depuis Gyé (près de Toyes) ou Gudmont (près de Chaumont). En Île-de-France, ces trains devaient initialement effectuer un long détour par la ligne Paris — Bâle, la Grande Ceinture puis la ligne Paris — Marseille. Cela rallongeait l’itinéraire d’environ 125 km et obligeait à emprunter des lignes déjà saturées en proche banlieue parisienne. Faute d’accès ferroviaire sur le parcours final (la ligne étant neutralisée !), les granulats étaient déchargés à Montereau et devaient être transportés par camion jusqu’aux installations de Marolles (système « Fercam »), avant de rejoindre enfin la Seine.

Outre les nuisances occasionnées par la circulation de quelque 6 000 camions par an sur les routes entre Montereau et Marolles, ce transbordement présentait un inconvénient bien plus terre-à-terre pour les entreprises concernées : il bridait la capacité de transport des granulats à environ 150 000 tonnes/an, bien en deçà des capacités de production en Haute-Marne, des prévisions de croissance de Morillon-Corvol (quintuplement du trafic en 7 ans) et des besoins en Île-de-France.

La réactivation de la ligne Flamboin — Montereau s’imposait donc. À son passage sur la commune de Courcelles-en-Bassée, la ligne passe en effet au milieu de plusieurs sablières. Et quelques centaines de mètres seulement la séparent des installations Morillon-Corvol / Cemex de Marolles-sur-Seine.

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Bien que relativement préservée, la voie doit être remise en état
et notamment les traverses, dégradées, qui n’auraient pas supporté des trains de 22,5 t par essieu. On voit également une pédale d’annonce de passage à niveau hors d’usage et qu’il faudra remplacer (photo prise vers le PK 96,40, à côté d’Éverly).

Cette réactivation, sur laquelle RFF, Cemex, la Région et la Direction régionale de l’Equipement travaillent depuis 2003, avait un double objectif :
-  en première phase, supprimer immédiatement le transbordement par camion en faisant arriver les trains depuis Montereau jusqu’à Courcelles-en-Bassée. Cela permettrait une économie de 1,7 millions de km/an parcourus par la route, et de plus de 44 500 tonnes équivalent CO2 par an ;
-  puis ouvrir un itinéraire plus direct depuis Flamboin, permettant de raccourcir le trajet ferroviaire d’un tiers environ, et d’éviter le passage en zone dense sur des lignes saturées. Pour le seul transport de granulats, la capacité serait alors doublée et portée à 300 000 tonnes par an (200 000 tonnes en première phase).

Mais l’opération devait également bénéficier, à terme, au trafic fret de façon générale. La ligne Flamboin — Montereau pourra en effet voir circuler d’autres trains en transit entre les réseaux Est et Sud-Est. Le Contrat de Projet État-Région 2007-2013 y consacre 14 M€, dont 1,5 M€ pour la première phase concrétisée en 2008 (50 % pour l’État, 50 % pour la Région). Hors Contrat de Projet, RFF et le Conseil Général de Seine-et-Marne ont participé à part égale aux études d’avant-projet, pour un montant de 250 000 €. Cemex, de son côté, investit 15 M€ pour l’aménagement de l’installation terminale embranchée (ITE) à Courcelles-en-Bassée et la construction de la bande transporteuse acheminant les granulats jusqu’à son site de Marolles.

Pour l’Île-de-France, l’opération « Flamboin — Montereau » s’inscrit dans une politique plus large de développement de grands sites multimodaux, confirmée par le Schéma Directeur de la Région Île-de-France, le SDRIF récemment validé. Outre la plate-forme ferroviaire de Marolles sont ainsi envisagés :
-  une autre plate-forme pour les granulats en provenance de la région Centre à Évry / Corbeil ;
-  un pôle logistique à Vaires-sur-Marne, qui accueille déjà la plus grande gare cimentière de France (1 Mt/an), et pourrait traiter conteneurs, matériaux et déchets avec transbordement fluvial ;
-  une halte pour l’autoroute ferroviaire Nord — Espagne au sud de l’Île-de-France [3] ;
-  une autre au nord-est de l’Île-de-France, éventuellement couplée à une plate-forme de transport combiné et à une gare de fret TGV à Roissy ;
-  un pôle logistique s’appuyant sur la gare fret de Trappes, pour les flux en provenance de l’ouest ;
-  une plate-forme conteneurs à Achères, venant compléter le pôle matériaux et la gare principale fret existants ;
-  une plate-forme conteneurs à St-Ouen-l’Aumône (traitant ceux arrivés par le Canal Seine-Nord) et une plate-forme matériaux à Bruyères-sur-Oise.

La réactivation jusqu’à Courcelles-en-Bassée

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La ligne est encore interrompue vers l’est
juste après l’ITE Cemex, au PK 111,770. D’ici deux ans environ, l’intégralité de la ligne devrait être remise en état.

Pour permettre aux trains de fret d’accéder à Courcelles-en-Bassée (le premier objectif de la réactivation), deux options étaient envisageables :
-  remettre en état les 8 km séparant Montereau de Courcelles. Cela permet de faire arriver les trains directement à Courcelles, en gardant le trajet actuel jusqu’à Montereau ;
-  remettre en état les 16 km séparant Flamboin de Courcelles. On fait alors d’une pierre deux coups : les trains arrivent directement à Courcelles, et leur trajet est considérablement raccourci.

Si la seconde solution paraissait bien plus attrayante, elle était en revanche plus coûteuse et surtout plus longue à réaliser. Or Cemex était pressé d’en finir avec les camions, pour éviter la rupture de charge à Montereau et augmenter sa capacité de transport. C’est donc la remise en état de la voie depuis Montereau qui a été choisie dans un premier temps.

Les travaux ont commencé à l’automne 2007, les premiers essais ont été effectués le 24 juin 2008, et le premier train commercial a pu circuler dès le 29 juin. Après les quelques réglages nécessaires, l’installation fonctionne à plein régime depuis le mois de septembre 2008. Deux trains quotidiens [4] viennent décharger les granulats à l’ITE Morillon-Corvol de Courcelles-en-Bassée, granulats qui sont ensuite acheminés par 3 000 mètres de bande transporteuse jusqu’à Marolles-sur-Seine.

Sur la section réactivée, la circulation s’effectue sous le régime de la voie unique à trafic restreint (VUTR), et est assurée par le secteur fret de Montereau. Les trains de service et de desserte peuvent néanmoins circuler sans particularité spéciale jusqu’au raccordement avec la LGV : cette partie de la ligne est équipée de block automatique et dépend de la « zone de gare » de Montereau.

Au-delà, la ligne n’est ouverte que du lundi au vendredi pendant la journée. Aucune circulation n’est prévue la nuit ou le week-end, même une fois l’ensemble de la ligne réactivé : avec une vingtaine de trains quotidiens attendus, tout le trafic pourrait s’écouler en journée. Il serait d’ailleurs compliqué d’aller nettement au-delà, puisque la ligne débouche de part et d’autre sur des radiales au trafic dense. Or les horaires des trains sur Flamboin — Montereau doivent s’harmoniser avec les sillons encore disponibles sur les radiales.

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L’ITE de Courcelles peut accueillir jusqu’à deux trains simultanément
Ils sont néanmoins déchargés l’un après l’autre.

Les travaux ont principalement consisté à remettre en état la voie, entre le PK 119 (raccordement avec la ligne à grande vitesse Sud-Est) et le PK 111,77. Il a notamment fallu changer les traverses, dont les deux tiers environ étaient littéralement pourries : 4 600 traverses ont été remplacées. On a également rajouté une couche de ballast d’environ 15 cm (« relevage » de la voie), ce qui correspond à 2 700 tonnes de matériau neuf et permet la circulation de trains lourds (22,5 tonnes à l’essieu). Les arbres le long de la voie ont été élagués, 4 ponts ont été rénovés, et 4 passages à niveau ont été mis aux normes en renforçant la signalisation. Selon le trafic, ils sont équipés d’une croix de St-André (PN 21, 21 bis, 23, non gardés) ou de demi-barrières automatiques (PN 22). Environ 320 mètres de clôtures ont également été installés pour en protéger les abords.

Grâce à ces travaux, la ligne permet aux trains de 1 800 t (dont 1 300 t de chargement net) de rouler à 40 km/h [5]. Mais pas plus vite : la voie est en effet posée « à plat », sans dévers dans les courbes. Cette vitesse est néanmoins suffisante pour écouler dans de bonnes conditions le trafic fret.

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Situé au niveau de l’ancienne halte de Noslong — Marolles (PK 115,36)
le PN 22, sur la D 29, est celui qui voit passer le trafic routier le plus important de la « 1re phase ». Il a été équipé de demi-barrières (SAL 2) et ses abords ont été clôturés. Les automobilistes doivent réapprendre à faire preuve de prudence à son franchissement : une campagne de sensibilisation a été organisée avec le concours des communes.
(doc. RFF)

Située au PK 112, l’ITE Morillon-Corvol est longue de 350 m. Elle comporte deux voies à écartement normal pour stocker et décharger les deux trains quotidiens, et deux voies à écartement large sur lesquelles l’engin de déchargement fait la navette. Le plan de voies est relativement simple, avec toutefois une « impasse de sécurité » à chaque extrémité, ce qui permet d’envoyer un éventuel train en dérive vers un heurtoir et non la ligne principale. L’ITE est accessible à la fois côté Montereau et côté Flamboin, en prévision de la réactivation complète de la ligne. En raison de contraintes environnementales (côté sud, la nappe phréatique est trop proche du sol), cette ITE est située au nord de la ligne Flamboin — Montereau.

Le déchargement complet d’un train (21 trémies, soit 1600 à 1800 t) dure environ 5h30. Les granulats déchargés du train sont envoyés sur la plate-forme multimodale Cemex par une bande transporteuse, qui passe d’abord sous les voies puis se prolonge vers le sud sur plus de 2 000 mètres.

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Le déchargement des trains se fait à l’aide d’une machine spéciale
Elle met environ 5h30 pour décharger un train complet.

La réactivation de ce premier tronçon a été ponctuée par une double inauguration : Cemex pour la plate-forme multimodale, qui attendait l’arrivée des trains pour être réellement « multi-modale », et RFF pour le tronçon de ligne. L’inauguration officielle a eu lieu le 16 octobre 2008, en présence notamment de Vincent Éblé, président du Conseil général de Seine-et-Marne. Elle a été précédée d’une visite presse en avant-première le 14.

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Visite presse du 14 octobre 2008
Sur l’ITE de Courcelles-en-Bassée, les équipes de RFF répondent aux questions des journalistes. De gauche à droite : Dinelly Jacquet, chargée de communication pour RFF ; l’envoyée spéciale d’Europe 1 ; Bernard Chaîneaux, directeur régional de RFF Île-de-France ; et Bernard Nicolas, chargé de projets fret pour RFF.

La réactivation jusqu’à Flamboin — Gouaix

Légèrement différée pour des questions budgétaires, la seconde étape du projet — une réactivation de la ligne entière jusqu’à Flamboin-Gouaix — est désormais prévue pour 2011. Elle permettra aux trains d’arriver à Courcelles-en-Bassée directement par l’est, depuis Flamboin, sans venir encombrer inutilement les lignes en petite couronne :
-  « ligne 4 » Paris — Bâle (entre Flamboin — Gouaix et Noisy-le-Sec) ;
-  Grande Ceinture Est (entre Noisy-le-Sec et le triage du Bourget) ;
-  à nouveau Grande Ceinture Est puis Grande Ceinture Complémentaire (entre Le Bourget et Valenton, le parcours nécessitant un rebroussement au Bourget) ;
-  et « PLM » Paris — Marseille (entre Valenton et Montereau), qui se caractérisent déjà toutes par une circulation intense.

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La seconde phase du projet permettra de raccourcir considérablement le trajet des trains
et d’éviter un passage par les lignes saturées de la petite couronne (en jaune).
(doc. RFF)

Ainsi remise en état, la ligne Flamboin — Montereau permettra aussi la circulation de transit entre les réseaux Est et Sud-Est (voire Sud-Ouest). Ces trains doivent actuellement effectuer le même détour par la Grande Ceinture, qui peut s’avérer dissuasif, vu le temps perdu et le surcoût des péages. RFF attend ainsi à terme 18 trains par jour soit 9 allers-retours : outre le trafic Cemex, d’autres trains de granulats devraient circuler entre le réseau Est et le Sud-Est, cette fois au départ de Bayel (près de Bar-sur-Aube, dans l’Aube) et à destination de Vernou-sur-Seine (à l’ouest de Montereau, sur le site d’une ancienne centrale thermique EDF où Holcim possède lui aussi une plate-forme logistique). Ce trafic de granulats devrait représenter 100 000 tonnes supplémentaires à court terme, et RFF indique avoir été également sollicité pour un trafic régulier de céréales entre Nogent-sur-Seine et l’Yonne ou le Loiret.

Cette seconde phase du projet prévoit bien sûr la modernisation des 16 km de voie unique entre Courcelles-en-Bassée (PK 111,77) et Flamboin — Gouaix (PK 95,05). Une partie des rails existants pourront être réutilisés en étant simplement retournés. Des contrôles ultrasonores seront cependant réalisés pour vérifier l’état des rails et savoir lesquels remplacer par des rails neufs. Deux tiers des traverses actuelles, en bois de chêne et en très mauvais état, seront remplacées par des traverses béton monobloc neuves, dont la durée de vie minimale est de 40 ans. Comme sur le premier tronçon, on apportera aussi un complément de ballast (« relevage ») pour améliorer l’assise de la voie.

Les 21 ouvrages d’art de cette section seront débroussaillés, curés, et éventuellement remis en peinture. Le pont sur la Vieille Seine (PK 109,53) sera même complètement rénové, avec le remplacement du tablier et la réalisation d’appuis nouveaux.

Un confortement de la voie sera également nécessaire aux abords du PN 11 (PK 100,85). Dans cette zone, située à proximité des sablières des Ormes-sur-Voulzie, des affaissements localisés ont déstabilisé la voie sur une longueur d’environ 500 mètres. Il faudra donc effectuer des travaux de drainage et de terrassement au pied du remblai, avec la création de fossés nouveaux.

Sept passages à niveaux seront réaménagés, ceux situés sur les routes départementales étant bien sûr équipées de barrières automatiques. Près du pont sur la Voulzie et du hameau de Châtelot, le PN 5 (PK 98,30), situé immédiatement au débouché d’une petite route sur la D 18, sera également réaménagé spécialement.

Enfin, l’évitement de Châtenay-sur-Seine sera remis en service pour que les trains puissent éventuellement se croiser (la voie est toujours présente, mais elle est en mauvais état et les aiguillages doivent être manœuvrés à pied d’œuvre). Situé à l’origine au niveau de l’ancienne gare, l’évitement pourrait cependant être déplacé légèrement vers l’est : l’emplacement actuel comprend le PN 18, ce qui risque d’être fâcheux pour ses usagers en cas d’arrêt prolongé d’un train le temps du croisement. De plus, l’ancien évitement n’est pas assez long pour permettre le croisement de tous les trains ; il aurait de toute façon fallu l’allonger pour assurer un service de qualité. Ainsi, RFF étudie la possibilité de faire d’une pierre deux coups : reconstruire l’évitement à l’est du PN 18, avec une longueur de voie suffisante, le tout sans aucun surcoût.

La signalisation devrait elle aussi être modernisée à cette occasion, avec la mise en place du Block Automatique à Permissivité Restreinte (BAPR) sur l’ensemble de la ligne. Ce système se caractérise par des cantons longs (jusqu’à 10 km) qui limitent son débit ; mais il est largement suffisant compte-tenu du trafic prévu à court et moyen terme, et offre déjà tous les avantages d’une signalisation automatique (ligne ouverte à toute heure sans surcoût, possibilité de télécommande, souplesse d’exploitation). La vitesse-limite pourrait éventuellement être relevée jusqu’à 60 km/h ; au-delà, il faudrait moderniser plus lourdement l’infrastructure.

Coûts estimés de la réactivation complète [6]
Études d’avant-projet517 500 €
Études de projet576 500 €
Étude d’installation BAPR101 500 €
Voie5 421 500 €
Ouvrages d’art1 699 500 €
PN, signalisation, télécommunications3 130 000 €
Pilotage du projet, maîtrise d’œuvre1 243 500 €
Provisions pour risques1 036 000 €
Total13 690 000 € (soit 16,73 M€ en euros courants)
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Au niveau de l’ancienne gare de Châtenay-sur-Seine
la ligne était restée à double voie pour permettre aux trains de se croiser. Cet évitement sera reconstruit un peu plus à l’est pour garantir un débit suffisant.

La réactivation de la ligne Flamboin — Montereau, qui constitue la ligne n° 831 000 du Réseau Ferré National, se traduit par sa réapparition dans le Document de référence du réseau édité chaque année par RFF [7]. À partir du 14 décembre 2008, elle compte deux sections élémentaires (SE) :
-  SE 18101, Montereau — Châtenay-sur-Seine (12,7 km) ;
-  SE 18102, Châtenay-sur-Seine — Flamboin-Gouaix (15,0 km).

Ces deux sections sont classées en catégorie E, la dernière des cinq regroupant les « lignes classiques » (non-LGV) et celle dont les péages sont les plus faibles.

De fait, la ligne est pour l’instant dédiée au transport de marchandises. Mais cette réactivation débattue jusqu’en Conseil régional a fait naître chez certains élus le désir d’une remise en service pour les voyageurs. La ligne irrigue en effet des secteurs assez isolés aux marges de la Seine-et-Marne, et où l’habitat pavillonnaire poursuit son développement : Gouaix (1 400 habitants), Chalmaison, Éverly, Les Ormes-sur-Voulzie (800 hab.), Vimpelles, Châtenay-sur-Seine (1 000 hab.), Marolles-sur-Seine (1 400 hab.), St-Germain-Laval (2 600 hab.). Comme pour le fret, cette ligne constitue aussi un maillon manquant du réseau entre les radiales Paris — Provins — Troyes et Paris — Montereau — Auxerre.

Néanmoins, la réouverture aux voyageurs n’est pas du tout à l’ordre du jour actuellement. Il faudrait en effet augmenter la capacité de la ligne, moderniser lourdement la voie et reprendre la signalisation pour proposer un service attractif — difficile en effet d’imaginer une offre limitée à une paire d’allers-retours quotidiens avec un temps de parcours dissuasif ! Autre écueil rendant l’aventure incertaine : l’habitat qui reste dispersé dans le secteur (les communes de 1 000 habitants ou plus se comptent sur les doigts d’une seule main) et le tracé de la ligne qui évite de fait les deux gros chefs-lieu de canton, Donnemarie-Dontilly un peu plus au nord et Bray-sur-Seine au sud (2 300 habitants chacun). Côté voyageurs, l’avenir immédiat appartient donc aux cars « Seine-et-Marne Express », qui offrent déjà un service relativement performant et bien complémentaire au train, là où il n’existe pas... ou plus. Le Conseil général a d’ailleurs dans ses cartons un projet de ligne structurante entre Provins, Donnemarie-Dontilly et Montereau, juste au nord de ce secteur.

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Carte générale de la ligne
Les 24 km de ligne sont progressivement remis en état ; aux 8 km qui viennent d’être remis en service s’ajouteront d’ici deux ans les 16 km permettant de relier à nouveau les lignes Paris — Bâle et Paris — Marseille.


 Par...

Jeff :o)
Grillon du métro

Musicien77

Dernière mise à jour le
10 mars 2009.

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 Notes

[1] Plus les rampes sont importantes, plus le tonnage des trains est limité, soit à cause de la puissance des locomotives, soit à cause de la résistance des attelages.

[2] Remplacement des traverses, débroussaillage, désherbage.

[3] Inscrit pour 39 M€ au CPER 2007-2013, ce projet est le plus avancé : les études de faisabilité ont été lancées par la Région en mai 2008. L’autoroute ferroviaire elle-même doit ouvrir en 2009.

[4] Ce nombre pourrait atteindre 7 trains/jour dès 2009, selon les demandes de sillons reçues par RFF.

[5] 30 km/h sur la partie qui n’a pas bénéficié de travaux, entre la gare de Montereau (PK 122,677) et le PK 118,900.

[6] Coûts aux conditions économiques de janvier 2006, montants mis à jour en novembre 2008.

[7] Ce document précise les conditions d’accès au réseau pour toute entreprise ferroviaire, et constitue en quelque sorte les « conditions générales de vente » de RFF.





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22 message(s) posté(s) à la suite de cet article :
Flamboin-Gouaix — Montereau
(1/5) 12 mars 2009, par RM
Flamboin-Gouaix — Montereau
(2/5) 10 mars 2009, par A2P
Flamboin-Gouaix — Montereau
(3/5) 10 mars 2009, par Denis
Horaires des trains au service annuel 2009
(4/5) 10 mars 2009, par Jeff :o)
Trafic restreint
(5/5) 10 mars 2009, par Jeff :o)


 

Flamboin-Gouaix — Montereau
12 mars 2009, par RM   [retour au début des forums]
et les riverains de la lugne ?

Bonjour à tous cet article est très intéressant et bien fait. Mais a-t-on pensé aux riverains de la ligne, aujourd’hui inutilisée, qui d’ici quelque temps risquent de voir des trains passer et de les entendre ? Y a-t-il des équipements de prévus pour éviter les nuisances ? A bientôt RM

  • Flamboin-Gouaix — Montereau
    12 mars 2009, par
    Musicien77   [retour au début des forums]

    La ligne n’a jamais fermé, chacun est donc censé avoir acheté sa maison en connaissance de cause.

    Et puis, même à terme, les trains ne passeraient de toute façon que du lundi au vendredi en journée ; aucun trafic n’est attendu ni la nuit ni le week-end.

    Il ne faut pas exagérer ;-)

    • Flamboin-Gouaix — Montereau
      12 mars 2009, par
      Ali   [retour au début des forums]

      Bonjour,

      Et c’est quand même plus logique de "revitaliser" une ligne existante que d’en construire une autre !

      Où d’ailleurs ?

      Cordialement.

    • Flamboin-Gouaix — Montereau
      6 juillet 2010   [
      retour au début des forums]
      Je suis arrivé a chatenay en 1977 à l’âge de 6 ans et j’en ai maintenant 38 et j’ai acheté à châtenay. En 32 ans, aucun train n’est passé ici. Alors je pensais qu’il n’y en aurait pas plus aujourd’hui. De plus, en effet, les trains ne passeraient que du lundi au vendredi, mais tous les gens ne travaillent pas de 9h à 17h, certains bossent en horaire décalé (5h/13h ou 14h/22h), ceux là n’ont pas le droit à leurs comptes de sommeil ? Et la sécurité pour nos enfants, actuellement l’accès aux rails est libre et les trains qui passent pour un enfant, c’est "attirant". Et puis le passage à niveau à chatenay n’est pas protégé, faudra faire super attention quand on ira à la tombe. Et puis la voie de chemin de fer passe juste derrière chez mes parents retraités, ils ont pas le droit à un peu de tranquilité, nos retraités ??? Alors non, ce n’est pas un caprice d’une poignée d’habitants, il y a vraiment de grosses contraintes pour nous !!!!

      • Flamboin-Gouaix — Montereau
        6 juillet 2010, par
        Musicien77   [retour au début des forums]

        Quand on achète au bord d’une voie ferrée, on se renseigne un minimum... sur la circulation des trains actuellement, mais également les possibilités à court, moyen et long terme.

        Vous préférez peut-être une armée de camions sur les routes ? Certes, lesdits camions passent ailleurs... mais ce n’est pas une raison. Pour une fois qu’un projet fret sérieux voit le jour...

        Quant au passage à niveau de Châtenay, il est probable, vu le trafic, qu’il soit équipé de barrières. Compte tenu du contexte politique actuel, vous pensez bien que chaque réactivation de PN fait l’objet d’une étude approfondie. Allez voir ce qui s’est fait sur l’autre tronçon déjà remis en service, entre Montereau et Courcelles.

        Si on arrive à une vingtaine de trains par jour, deux sens confondus, ce sera déjà bien. Ce n’est pas ça qui va rendre le coin invivable... Et vous serez bien content si, suite à cela, des projets voyageurs se concrétisent aussi, avec réouverture de la gare de Châtenay... Ce n’est pas encore à l’ordre du jour, mais c’est loin d’être impossible.

        • Flamboin-Gouaix — Montereau
          6 juillet 2010   [
          retour au début des forums]
          Il me semble que 33 ans ça ressemble à du long terme, non ? Quand aux camions, on verra bien si ça évite qu’ils roulent !!!! Enfin bon, vous avez l’air d’être pour, c’est votre choix. Juste une question, vous habitez où par rappport à cette voie ferrée ?

          • Flamboin-Gouaix — Montereau
            6 juillet 2010, par
            Musicien77   [retour au début des forums]
            Celle-ci, très loin. Je suis près de la ligne historique Paris — Strasbourg, qui voit passer nettement plus de trains, Transilien, TER, Corail et Fret, et pas que la semaine en journée...

            • Flamboin-Gouaix — Montereau
              6 juillet 2010, par
              vb2n   [retour au début des forums]

              A mon avis, concernant le bruit, des études seront menées et des propositions faite concernant l’installation de murs. Bon, ça résoud pas tout, mais par fer ou par camion, les marchandises doivent bien passer quelque part.

              Pour les enfants, c’est connu, les lignes de chemin de fer actuellement ouvertes sont jongées de cadavre d’enfants. Bref, sur ce point, c’est de la mauvaise foi.

              Pour le passage à niveau, il y a des chances pour que quelque chose soit fait (barrières). J’habite à quelques centaines de mètres d’un passage à niveau où doit passer une grande partie du fret ferroviaire à destinatiion de la Bretagne et de la Normandie et je crois 2 TGV quotidiens, et cela depuis 28 ans (j’oublieais les déchets nucléaire vers La Hague). Je suis toujours vivant et les trains, je ne les entend que si la fenêtre est ouverte ou si je suis dehors. D’ailleurs, il y a du trafic de nuit. Ben les voitures particulières, elles font tout de même plus de bruit. (par contre, je ne sais pas comment font pour vivre les habitants de La Courneuve, avec le bruit des trains qui rebondit sur les touurs d’immeubles).

              Enfin, bref, je vous souhaite bon courage pour les négociations avec RFF et la SNCF pour que la ligne soit bien aménagée, mais je doute qu’avec un non absolue, vous obteniez quelque chose. (l’intêret général est important, l’économie ne peut fonctionner sans échange de marchandise et sans économie, pas d’emplois et pas de financement des retraites).

      • Flamboin-Gouaix — Montereau
        6 juillet 2010, par
        Paul   [retour au début des forums]

        En 32 ans, aucun train n’est passé ici. Alors je pensais qu’il n’y en aurait pas plus aujourd’hui.

        "Ca a été comme ça x années, donc ce sera comme ça jusqu’à la fin des temps" : c’est un peu bancal, comme raisonnement, non ? Une infrastructure existe, autant s’en servir s’il existe un besoin... et là, c’est le cas.

        De plus, en effet, les trains ne passeraient que du lundi au vendredi, mais tous les gens ne travaillent pas de 9h à 17h, certains bossent en horaire décalé (5h/13h ou 14h/22h), ceux là n’ont pas le droit à leurs comptes de sommeil ?

        Il est vrai que quelques trains quotidiens ont un effet dévastateur sur les conditions de vie... Ayant habité le long de la voie ferrée de l’arc languedocien, parcourue de jour comme de nuit par du fret, du TER, des TGV et bien d’autres, à doses autrement plus massives, je pense sincèrement que, vu le trafic de la ligne dont il est ici question, il n’y a pas franchement de quoi fouetter un chat...

        Et la sécurité pour nos enfants, actuellement l’accès aux rails est libre et les trains qui passent pour un enfant, c’est "attirant".

        Si on va par là, on peut aussi fermer toutes les routes (aucune n’est grillagée, c’est un scandale !), parce que les enfants aiment bien aussi les p’tites voitures... Comme aux abords desdites routes, quelques consignes claires et un peu de surveillance devraient faire l’affaire. Parce que bon, ce serait tout de même fort de café que l’on reproche à RFF de faire circuler des trains sur une voie ferrée...

        Pour la question du PN, même avis que Musicien77 : vu le pataquès que l’on fait à chaque réouverture de ligne, le minimum sera l’équipement du PN.

        Et puis la voie de chemin de fer passe juste derrière chez mes parents retraités, ils ont pas le droit à un peu de tranquilité, nos retraités ???

        Sans doute. Sauf que l’intérêt général n’est pas la somme d’intérêts particuliers, et que, quitte à vous choquer, je pense sincèrement qu’il y a des sorts bien pires pour des retraités que de vivre à Châtenay avec quelques trains passant à côté de la maison. Si je vous suis, il faut fermer les routes près desquelles vivent les personnes âgées (c’est-à-dire probablement un bon paquet), sous prétexte qu’elles sont source de nuisances ?

        Alors non, ce n’est pas un caprice d’une poignée d’habitants, il y a vraiment de grosses contraintes pour nous !!!!

        Non, ce n’est pas un caprice d’habitants. C’est une réaction tout à fait classique et mille fois étudiée en sociologie (et domaines connexes) : le "nimby", qui consiste à râler sur (et à exagérer) les contraintes (parfois minimes) que l’on "subit" du fait d’un projet quel qu’il soit, et de n’accorder qu’une importance toute relative à l’intérêt global du projet. Et d’exiger, sinon l’abandon du projet, au moins son report vers d’autres coins où ça dérangera peut-être du monde, mais pas soi-même...

        En gros, selon de nombreux tenants de cette réaction, seuls ceux qui habitent à côté devraient avoir droit d’exprimer leur opinion. Je ne sais si vous êtes de ceux-ci, mais votre question "vous habitez où par rapport à cette ligne" me semble révélatrice. :)

        Sur ce, je vous laisse à votre horrible sort. Pour ma part, j’ai 35°C dans mon appart’ et je ne peux ouvrir mes fenêtres pour cause de trafic routier intense en bas de chez moi.

        Cordialement.

        • Flamboin-Gouaix — Montereau
          7 juillet 2010, par
          Pierrot   [retour au début des forums]

          Je suis d’accord, sauf sur un demi-point :

          "Ca a été comme ça x années, donc ce sera comme ça jusqu’à la fin des temps" : c’est un peu bancal, comme raisonnement, non ?

          En même temps, après 32 ans d’abandon, il est un peu logique de penser que la ligne soit désaffectée. Difficile d’imaginer qu’un intérêt des autorités puisse se dégager d’une voie délaissée depuis si longtemps.

          En revanche, je suis bien d’accord : le risque de revoir une utilisation de cette ligne n’était pas nul non plus. Mais bon, en l’état des choses, il aurait fallu être de ceux qui prennent en compte toutes les possibilités, même les plus improbables, pour deviner que ça arriverait vraiment.

          Et pour le reste, j’abonde en votre sens, et en celui de Musicien77 : une ré-activation de ligne ne se fait pas non plus au pif, et une ré-habilitation, avec sécurisation des voies et du PN, sera bien sûr au programme. Et cette ligne sera quand même une aubaine pour la réduction du trafic routier : un peu plus de trains, mais beaucoup moins de camions.

        • Flamboin-Gouaix — Montereau
          7 juillet 2010   [
          retour au début des forums]
          Ce que je voulais dire, c’est que j’ai quitté melun pour vivre dans un coin de tranquilité à chatenay et qu’à défaut de tranquilité, je vais avoir droit aux trains quotidiens (tiens, joli jeu de mot, j’ai pas fait exprés !!!) Mais bon, vous avez su répondre à tous mes arguments donc VIVE LA LIGNE FLAMBOIN MONTEREAU !!!! Et puis comme l’a dit une autre personne, si c’est pour aider à financer ma retraite que j’aurais à 67 ans !!!! Blague à part, ce que vous n’avez "peut être" pas compris dans mes propos c’est que j’ai quitté la ville pour avoir la tranquilité de la campagne, et qu’avec ses trains, je n’aurais pas la même tranquilité. Mais si c’est pour l’interet national, il est vrai que mes propos sont honteux et que je ne devrais pas ne penser qu’à ma petite personne. Pourquoi aurais je le droit d’être tranquille dans ma petite maison, moi heureux propriétaire depuis à peine 3 ans, alors que d’autres souffrent dans leur appartement avec un loyer exorbitant et des nuisances sonores tout autour ?

Flamboin-Gouaix — Montereau
10 mars 2009, par A2P   [retour au début des forums]

Excellent article. En revanche, je me permets de vous préciser une petite erreur. Bayel est dans l’Aube et non en Haute-Marne. Merci en tout cas d’en avoir parlé. J’espère que je verrais un jour se train passer en gare de Bar sur Aube.

Par contre, je ne sais pas à quel endroit il peuvent charger les trains à Bayel à moins que la cristallerie ne dispose de voies de garages dédiées.

  • Flamboin-Gouaix — Montereau
    10 mars 2009, par
    Jeff :o)   [retour au début des forums]

    Merci ; je viens de faire la rectification.

    A Bayel, j’imagine qu’un embranchement particulier sera construit directement à proximité de la carrière Holcim du Champ Carré (70 ha exploitables). Le site est en effet longé directement par la voie ferrée, entre les anciennes gares de Bayel et de Clairvaux : http://www.geoportail.fr/visu2D.do;...

    La carrière doit ouvrir en 2010 (ce qui explique qu’elle soit encore invisible sur la carte IGN). Encore un peu de patience pour les premiers trains, donc !

    • Flamboin-Gouaix — Montereau
      12 mars 2009   [
      retour au début des forums]
      Merci beaucoup Jeff pour vos précisions. Je me permettrai juste d’ajouter que c’est dommage qu’il ne soit pas envisagé que la ligne rouvre un jour au trafic voyageur sous forme de navettes entre Monterau et Nogent sur Seine pour désenclaver une zone ou les transports en commun sont absents (nécessité d’avoir une voiture pour rejoindre Montereau ou longueville.)

      • Flamboin-Gouaix — Montereau
        12 mars 2009, par
        Musicien77   [retour au début des forums]

        Bonjour,

        Il y a bien des projets pour les voyageurs. Seulement, comme ça nécessite pas mal d’améliorations (vitesse et débit, principalement), ce n’est pas prévu pour l’instant. Mais il est clair que la réactivation pour le fret a fait naître chez certains élus le souhait d’une desserte voyageurs.

        Dans l’immédiat, les améliorations pour les voyageurs viendront surtout d’un projet de ligne d’autocar structurante entre Montereau et Provins via Donnemarie (probablement rattachée au réseau Seine-et-Marne express). Il y a également un projet de remise en service de la gare de Flamboin, pour les Paris — Troyes.

        Il y a des projets pour ce secteur, mais la priorité a été donnée au fret pour l’instant. Je vous renvoie à la fin de l’article pour cela.

Flamboin-Gouaix — Montereau
10 mars 2009, par Denis   [retour au début des forums]

Article complet, illustré, bien vulgarisé, avec des précisions en commentaires à la suite... merci et bravo ! Ça me donne envie d’en réécrire un, je vais essayer de trouver un sujet.

Horaires des trains au service annuel 2009
10 mars 2009, par Jeff :o)   [retour au début des forums]


-  De Gudmont vers Courcelles-en-Bassée :

Circulation53960/1
Lu-Ve
BB 75000 + 1800 t
Gudmont5.07
St-Dizier5.45/5.47
Châlons-en-Champagne (triage)6.50/7.27 [S]
racc. de Gagny11.05
Valenton11.29/11.32
Montereau12.50

-  De Courcelles-en-Bassée vers Gudmont :

Circulation53952/353952/353962/3
Lu-VeSaLu-Sa
BB 75000BB 75000BB 75000
Montereau7.428.2114.25
Melun8.39
Villeneuve-St-Georges (triage) 15.29/16.46
Valenton (garage)9.26/10.34 [S]9.25/11.10 [S]
Chennevières-sur-Marne10.45
bif. de Gagny 11.31
Vaires (triage)11.06/11.40 [S] 17.26/17.34 [C]
Meaux 17.27/18.01 [C]
Château-Thierry12.45/13.36 [S]
Châlons-en-Champagne (triage)14.39/15.39 [S]13.32/15.39 [S]19.37/2.03 [S]
Gudmont17.0717.073.26 (1)

(1). Au départ de Montereau le samedi, ce train est limité à Châlons. La fin du trajet s’effectue dans la nuit du dimanche au lundi, après un stationnement de 30h.

La rame est normalement un train complet de trémies Ex. Comme souvent pour le fret, et même si ce trafic est régulier, il n’y a pas de garantie que le train circule effectivement tous les jours où le sillon est tracé...

  • Horaires des trains au service annuel 2009
    10 mars 2009, par
    Jeff :o)   [retour au début des forums]

    De Montereau à Courcelles-en-Bassée, il circule normalement un train par jour du mardi au samedi (un deuxième prévu à court terme), dont la traction est assurée par une unité multiple de BB 60000 ou de BB 75000 :

    Circulation473090
    Ma-Sa
    BB 75000 + 1800 t
    473092
    (ultérieurement)
    BB 75000 + 1800 t
    (arrive en...)53960/1
    Montereau5.4012.10
    Courcelles-en-Bassée ITE Cemex6.1012.40
    Circulation473091
    Ma-Sa
    BB 75000 + 1800 t
    473093
    (ultérieurement)
    BB 75000 + 1800 t
    Courcelles-en-Bassée ITE Cemex7.0013.30
    Montereau7.2313.53
    (continue en...)53952/353962/3

Trafic restreint
10 mars 2009, par Jeff :o)   [retour au début des forums]

La circulation s’effectue sous le régime de la voie unique à trafic restreint (VUTR)

Auparavant, la ligne était exploitée sous le régime de la Voie Unique à Signalisation Simplifiée (VUSS), qui se caractérise habituellement par l’absence de signaux (ils sont remplacés par des « carrés à main » placés par les agents en gare) et l’obligation de marquer l’arrêt dans les gares du parcours (signalées par une pancarte « GARE » avec chevron repérant l’aiguillage à l’entrée).

(Si une gare est « fermée », c’est-à-dire qu’aucun agent-circulation n’est présent, le train peut ne pas marquer l’arrêt si le mécanicien en a été informé à la gare précédente.)

La gestion des circulations était simplement effectuée grâce au cantonnement téléphonique.

La ligne comptait trois gares : Flamboin-Gouaix, Châtenay-sur-Seine et Montereau, et un établissement de pleine ligne (PL) doté d’un poste de cantonnement : Vimpelles.

Vimpelles était donc considérée comme « établissement autre que gare », normalement franchissable sans arrêt (quoiqu’à vitesse réduite), mais avec la possibilité de poser un signal d’arrêt à main à l’entrée de la gare, pour retenir un train pendant une manœuvre (comme à Châtenay, la voie d’évitement était restée en place).

A noter que l’édition en vigueur (décembre 2006) des Renseignements Techniques de la ligne (le document SNCF qui décrit les conditions d’exploitation et le plan des voies) indique toujours qu’il s’agit de VUSS. Mais la situation particulière de la ligne (section centrale neutralisée) se traduit par le fait que le document est « applicable seulement en service spécial ».

Autrement dit, des formalités et précautions sont nécessaires pour que la ligne soit utilisée de bout en bout sous ce régime-là. Sinon, l’exploitation se fait sur chaque morceau sous un régime spécial plus contraignant (VUTR, consigne de ligne, etc.) et n’imposant pas la présence d’agent dans les gares traversées.

Les traverses en croix toujours présentes au niveau du PK 111,770 empêchent en effet la circulation d’un train de bout en bout sans préavis. Et les déformations de la voie (aux abords du PK 100, par exemple, ou au passage des ouvrages métalliques) obligeraient certainement à délivrer un ordre écrit au mécanicien (marche à vue, vitesse limitée à... entre tel PK et tel autre, etc.) avant de le laisser traverser la section neutralisée.

Par rapport à cette situation pénible, on mesure bien le confort que représentera la réouverture de bout en bout avec un régime d’exploitation uniformisé, voire une signalisation automatique (BAPR).

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