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TTW68
Tram 68 - Marseille

Fin du 68 ...



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La ligne 68
Le Plan des voies du 68


 Thèmes abordés

TW68

 

Pagnol l’empruntait déjà dans son enfance et il faisait partie du patrimoine marseillais au même titre que le vieux port, la bonne mère ou la canebière...

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Une image du passé

Afin de permettre la mise en place du futur réseau de tramway marseillais dont la future ligne T1 renouera avec l’itinéraire de « l’ex 68 », le tramway devait arrêter son exploitation. Les autorités avaient opté pour la fin juillet avant de reporter cette date selon les impératifs des travaux et des élections. Finalement c’est janvier 2004 qui a été retenu pour finir son exploitation de manière définitive : 111 ans d’histoire marseillaise passèrent et la page est tournée : retour sur les évènements des 48 dernières heures de ce monument marseillais !

Jour J : Jeudi 08/01/2004

Le jeudi 08 janvier 2004 était le dernier jour retenu pour l’exploitation commerciale. Cette date choisie in extremis est liée aux besoins de dégagements des emprises de la sous station située à Blancarde pour les travaux préliminaires au prolongement du métro ; devant les surcoûts engendrés par un maintien d’exploitation il a été décidé d’opérer un transfert sur route avec le « nouveau bus 68 », reprenant ainsi le mode d’exploitation estival.

L’information était très discrète mais toute la journée des marseillais petits et grands empruntèrent la ligne 68 pour une « dernière fois ». De nombreux enfants imposèrent cette sortie à leurs parents dès la sortie de l’école donnant un air de transport scolaire aux rames PCC. Les anciens furent également nombreux à emprunter « leur » tramway parfois connu avant guerre ... Les photographes amateurs étaient nombreux, certains se plaçant sur les voies au mépris de leur propre sécurité mais les traminots roulaient avec la plus grande prudence et aucun accident ne fut à déplorer.

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Le dernier 307 ... nostalgie !
Encore un peu et il "cartonnait" pour son dernier jour sur le tramway !

Un « fada » a même voulu s’offrir un dangereux plaisir en reconstituant avec une fourgonnette la cascade opérée dans le cadre du film « Taxi » de G. Pirès (1988) au mépris de toutes les règles de sécurité élémentaires. Il en fut quitte pour une grande peur au même titre que les traminots dont un qui n’avait jamais eu d’accident depuis qu’il était à la Régie ! C’est un véritable miracle compte tenu de l’espace entre la rame sortant du tunnel vers Bd Chave (moins de 50 cms) et la rame se dirigeant vers Noailles.

Mais les passionnés étaient nombreux (des anglais, des belges, des espagnols et des italiens avaient fait le déplacement pour l’occasion) et provenaient majoritairement des « quatre coins de l’hexagone » dans la bonne humeur même si des larmes étaient perceptibles … En fait toute la journée les traminots voyaient eux aussi leurs nerfs soumis à rude épreuve avec de nombreuses questions de la presse, du public et des passionnés…

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Panne d’aiguillage
L’oeilleton qui indique le bon positionnement des aiguilles est éteint. Les agents sont à pied d’oeuvre 50 mètres en aval.

Le régime d’exploitation était celui d’un jour de semaine « ordinaire » même si de nombreuses craintes se faisaient sentir sur la dernière circulation...

Mais la dernière journée d’exploitation a été émaillée d’un superbe double incident en milieu d’après midi avec le dérangement d’une aiguille à Noailles doublée d’une avarie de signalisation obligeant les équipes de sécurité à se déployer dans le tunnel avec utilisation intensive de la radio et manœuvres manuelles des aiguilles sous supervision du PCC.

L’unité multiple TA 07 et TA 13 partit ainsi à 20:40 de St Pierre pour l’ultime tournée vers Noailles et retour et la quasi totalité des équipes « tram » étaient présentes !

Le départ de la 307 s’effectua dans la joie, la bonne humeur, chaque arrêt donnant lieu à une relève entre traminots afin que chacun puisse prendre part à cet événement. L’arrivée se fit sur la voie « 32 » dans l’indifférence des 3 passagers sur le quai alors que les 150 personnes présentes dans la rame avaient une larme à l’œil et des sursauts provoqués par les pétards posés sur les rails.

Le dernier départ eu lieu avec 3 minutes de retard car la 307 attendait du PCC confirmation de la correspondance avec le dernier métro et avec le bruit ambiant les messages étaient inaudibles... et les flashs des photographes rendaient le DSO peu lisible.

A 21 :03, la rame s’élançait vers son terminus avec une foule d’enthousiastes se donnant rendez vous fin 2006 au même endroit pour l’ouverture de la T 1 vers le nord, le tout à bord d’une rame moderne succédant aux PCC de 1968 ou 1983.

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La foule à Noailles

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Un ultime "Boum"

A 21 :20 la rame entrait sur la voie 12 à St Pierre pour l’ultime arrêt commercial. Outre les nombreux pétards placés sur la voie, le traminot « tata » du butoir afin de marquer un arrêt brutal (à 2 km/h) : ce fut la première et la dernière fois qu’il toucha l’extrémité de la voie et ce en présence de l’ensemble de ses supérieurs hiérarchiques qui ne firent aucune remarque.

La nostalgie prenant l’ensemble des équipes, une photo du groupe des traminots devant la rame ayant circulé fut prise : l’émotion est visible ! C’est désormais fini pour les habitués et les voyageurs occasionnels.

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Les traminots du 68
L’équipe (presque) complète ...

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La fin ...
Les deux dernières rames en service commercial passeront la nuit à St Pierre avant d’être garée le lendemain matin au dépôt.

Une nuit « top secret »

Cependant le lendemain était prévu une ultime circulation non commerciale avec présence des personnalités officielles (ici aussi on est en campagne électorale). Celle-ci a fait l’objet de toutes les attentions des « spin doctors » avec une scénographie qualifiée de « mascarade » par les organismes professionnels qui furent à l’origine d’un boycott des cérémonies officielles par une partie des traminots.

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Les rames du plan’com sont bichonnées

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Le projet artistique

A 22 :00 le plan com’ fut lancé et deux doublettes furent « taggées » selon un schéma artistique défini en accord avec les autorités locales. Celui-ci fut réduit car il contrevenait aux règles de sécurité mais l’idée étant de faire une fête gaie et non un enterrement, la régie suivit les ordres [1]..

Depuis 15:00 deux doublettes furent lustrées et remises dans un état de propreté digne d’une sortie de Révision Générale et ce, au grand dam des traminots qui auraient bien voulu avoir des rames astiquées et désinfectées quotidiennement !

Afin de dégager la place pour cette opération, le faisceau de voies de service s’avéra trop petit et impliqua des garages dans les ateliers opérés par des traminots qui n’y étaient jamais entré en PCC, le tout avec les services de nettoyage et de « camouflage artistique » qui avaient envahi les lieux.

Vendredi 09/01/2004

Version « in »

A 08 :00, Branle le bas de combat avec la vérification du bon fonctionnement des rames PCC prévues pour les circulations officielles : tout fonctionne (enfin presque, les lumières intérieures montrent des faiblesses mais c’est assez habituel sur les PCC marseillaises dont les convertisseurs sont assez susceptibles) et elles sont déclarées aptes au service avec des livrées spéciales.

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La rame 301 décorée spécialement

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La rame 302 décorée spécialement

Elles s’élancent à 10:10 vers le Bd Chave ou les officiels les emprunteront. Elles se suivent jusqu’à Chave – Eugène Pierre et transportent à cette occasion les artistes chargés de l’animation para-tramway. Des clowns, des saltimbanques, des magiciens, des acrobates entoureront le tramway lors de la sa remontée du Bd Chave !

A 10 :55, Les officiels commencent à arriver accueillis par les représentants officiels de la RTM. A 11:05 les rames sont pleines et le PCC est informée que la 302 refoule Bd Chave à vue sur autorisation du directeur de la ligne qui précède le tramway à pied entouré des artistes. La 301 est autorisée à faire de même. Dans la mesure ou la circulation à contre sens n’est pas autorisée en service voyageur, les rames sont précédées d’escortes motocyclistes des polices nationale et municipale afin d’assurer la sécurité des tiers, il fut même autorisé à franchir sans arrêt les feux rouges : ce fut la seule fois dans son histoire ou il eut la priorité absolue de circulation.

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La remontée du Bd Chave
La rame 302 refoule sur le Bd Chave derrière les officiels qui marchent devant.

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Début de la remontée du Bd Chave
Avant d’autoriser la rame à refouler les forces de l’ordre se coordonnent.

Au premier arrêt les officiels descendent afin d’aller saluer les riverains et commerçants du quartier qui vont subir les désagréments du remplacement par bus puis des travaux de requalification urbaine du Bd Chave. Désormais seules 5 personnes restent dans la première rame, les officiels, les invités et les agents de la régie précédant la rame à pied. C’est le plus ancien conducteur inscrit au roulement (en service depuis 36 ans à la régie) qui assure la conduite jusqu’à Blancarde où auront lieu les discours officiels. La rame monte alors à 2 km/h l’intégralité du Bd Chave et s’arrête à l’arrêt Blancarde sous l’œil des caméras des télévisions nationales. C’est alors que les autorités politiques prononcèrent leurs discours et remirent au Doyen des traminots du 68 une maquette du futur tramway en lui donnant rendez vous en 2006 pour l’inauguration (même si celui ci sera à la retraite il y sera a-t-il assuré à ses collègues).

Version « off »

En dehors des manifestations officielles qui étaient destinées au habitants et aux personnalités ; la RTM et l’ARTM (association de préservation du matériel) avaient prévu des preuves de leur attachement au 68 en dehors des « spot lights », en toute discrétion au dépôt St Pierre.

Il y était présenté l’histoire des tramway marseillais avec de nombreux documents inédits, les maquettes normalement présentées à la station Noailles sur les quais du métro qui sortaient de rénovation et qui devraient d’ici peu rejoindre l’ancienne station de correspondance et les rames historiques de la ligne !

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La rame 1265
Chassis de 1905 transformé en 1925 puis en 1954, elle servi de train graisseur à partir de 1969.

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La rame 1258
Reconstruite en 1947 sur une base de 1925, elle est toujours dotée de son équipement voyageur.

Normalement interdites de circulation pour des raisons de sécurité et d’assurances les rames hébergées par la RTM à St Pierre (et jalousement entretenues par l’ARTM) avaient été exceptionnellement sorties afin de rendre un dernier hommage à « leur » ligne. Inutile de préciser qu’elles fonctionnent parfaitement.

Vers 14:00 les rames historiques furent remises en place à l’abri de la pluie et devraient faire partie des cérémonies d’inauguration en 2006.

Et Maintenant ?

Sur les rames PCC actuellement à l’inventaire :
-  3 sont destinées à la Belgique (STIB de Bruxelles) [2].

-  2 rames seront conservées à Marseille [3].

-  1 rame devrait rejoindre le Royaume Uni pour circulation touristique [4]

-  1 rame pourrait rejoindre le musée ferroviaire de la Barque.

Les autres rames devraient être ferraillées avec quelques précautions liées à quelques présence ponctuelle d’amiante. Finalement en 2006 les PCC seront toujours là pour l’inauguration : solides non ?


 Par...

Didier G.

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 Notes

[1] A noter que ce taggage faisait appel à de nombreuses bombres de peintures dont les artistes jetèrent les reliquats qui firent les malheurs des murs et passages souterrains du quartier.

[2] Sur les 3 rames prévues pour Bruxelles, il est souhaité par la STIB une remise en état de fonctionnement des rames de 1983 avec report des équipements d’autres rames afin de constituer une triplette en parfait état. Celle-ci pourrait servir soit d’engin de travaux utilisant ainsi leur caractère bi-directionnel, soit d’engin de formation puis à terme de stock de pièce détachées pour le reste du parc bruxellois. Il est également prévu l’achat de certaines pièces détachées dont la Régie pourrait se défaire. Cette transaction est possible grâce à l’action combinée de la RTM, du STIB et des services diplomatiques français à Bruxelles.

[3] Une rame devrait être renovée en état d’origine telle que livrée en 1966 ; l’autre rame devant être remise au type 1984 telle qu’à la sortie de sa rénovation intermédiaire. La fonctionnalité UM devrait être maintenue afin de pouvoir circuler après quelques adaptations sur le futur réseau marseillais. La régie étudie la possibilité de transformer d’autres rames en engins de travaux mais les devis actuels sont peu optimistes.

[4] La présence d’amiante pose ici problème et il est actuellement étudié soit un désamiantage sur les quelques parties en disposant, soit un transfert avec dérogation. La rame devrait être équipée d’une accessibilité PMR avec palette retractable.




 Forum

3 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article, dans 3 discussion(s) :
1. > Fin du 68 ...
6 octobre 2004, par loulou
2. > Fin du 68 ...
6 octobre 2004, par loulou
3. > Fin du 68 ...
13 janvier 2004, par Jacques

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> Fin du 68 ...
6 octobre 2004, 18:20 • par loulou  
le nouveau tramways a un désign plutot élevé,des fois je me demande comment il va résté debout.

> Fin du 68 ...
6 octobre 2004, 18:14 • par loulou  
c’est dommage mais bon ! tout a une fin . Vivement le nouveau tram .

> Fin du 68 ...
13 janvier 2004, 11:04 • par Jacques  
Les rames PCC auront incarné l’image du dernier tram de Marseille. pendant près de 35 années.

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