| MétroPole > Exploitation > Matériel roulant > Réseau ferré régional |
|
![]() |
![]() |
|
Z 6400
|
A la fois reines et symbole de la petite banlieue St-Lazare, c’est en réalité en banlieue Nord que les Z 6400 ont commencé leur carrière. Parfois soumises à la dure concurrence du RER, les 75 rames de la série ont été progressivement concentrées sur les lignes de Versailles / St-Nom (« groupe II ») et Cergy (« groupe III »), où elles assurent depuis longtemps l’essentiel des dessertes. Elles y semblent d’autant plus indétrônables qu’elles ont bien peu à envier aux séries plus récentes, tant en termes des performances que du confort, grâce à l’opération de rénovation à mi-vie désormais bien engagée. Services assurés par les Z 64001976 : avec les 6400, du nouveau et du renouveauA leur sortie d’usine à partir de mars 1976, les 15 premiers éléments de la série (6401/2 à 6429/30) ont en effet été affectés à la desserte aéroportuaire Paris-Nord - Roissy, qu’ils inaugurent le 30 mai 1976. Avant leur entrée en service commercial, les rames livrées entre mars et mai ont effectué des séries d’essais sur la ligne Paris - Creil. Confiés aux bons soins du dépôt de La Chapelle, ces 15 éléments se sont attribués d’emblée l’ensemble du service de la nouvelle ligne Paris - Roissy :
Servi immédiatement ensuite, le dépôt de Clichy-Levallois a reçu ses premiers éléments (6431/2 et suivants) à partir de juillet 1976. Sur la banlieue Ouest, les Z 6400 vont servir à éliminer les vénérables rames « Standard » au gré de la conversion des dernières lignes électrifiées en 750 V continu par 3ème rail vers la caténaire 25 kV. Leur mise en service aura d’abord lieu sur lieu sur le groupe II (Paris - Versailles / St-Nom), en trois phases correspondant à autant d’étapes dans les travaux de conversion :
Réceptionnées à un rythme régulier, les rames destinées à la banlieue Ouest seront stockées en attendant chaque « vague » de mise en circulation : dans les garages de Pont-Cardinet, à Bois-Colombes, La Folie, Cormeilles-en-Parisis et dans le tunnel alors désaffecté de Boulainvilliers (qui avait déjà accueilli, une dizaine d’années auparavant, les MS 61 destinés aux premiers tronçons du RER). 1978-79 : la conquête de l’Ouest continueA partir de septembre 1978, les éléments sortant de construction ont été affectés à la ligne Paris - Nanterre-Université (groupe III) à son tour réélectrifiée en monophasé le 15 novembre 1978 - date qui marque la fin du 3ème rail sur la banlieue St-Lazare [1]. En parallèle, les directs Paris - Roissy qui attirent moins de voyageurs que prévu à cause de l’emplacement malcommode de la gare à l’aéroport, sont supprimés au service d’hiver 1978. Les missions dévolues aux Z 6400 de La Chapelle sont alors quelque peu contractées, et ne nécessitent plus que 11 éléments (dont 9 en roulement, certains circulant en unité multiple pendant les pointes). En conséquence, 4 rames sont transférées à St-Lazare où elles viennent à point nommé pour compléter l’effectif nécessaire à la desserte du groupe III (et évincer du même coup les quelques couplages BB 17000 + RIB qui y officiaient en guise d’appoint).
A cette période, l’affectation des Z 6400 s’établit donc comme suit :
Ces 65 rames ont été bientôt rejointes par un lot de 10 supplémentaires, objet d’une seconde commande destinée à la ligne de Cergy - elle-même obtenue par prolongement du groupe III (Paris - Nanterre) et mise en service le 1er avril 1979. Ainsi, une seconde fois, les Z 6400 participent à l’ouverture d’une nouvelle ligne en Île-de-France - privilège suffisamment rare pour être souligné ! La répartition des éléments est, en conséquence, un peu modifiée et se présente ainsi au 1er mai 1979 :
En septembre 1980, les Z 6400 du groupe III s’adjugent également les services Paris - Poissy via Bécon-les-Bruyères et Nanterre. Avant le début de l’exploitation vers Cergy, des éléments de la deuxième commande ont été mis à profit, dès leur livraison, pour des séries de validations techniques. Les 17/18 et 24/25 janvier 1979, les 6531/2 et 6533/4 ont ainsi effectué des allers-retours entre Mouchard et Pontarlier pour vérifier l’influence des équipements de traction sur la caténaire 25 kV. Et à partir du 29 janvier, la 6461/2 (prélevée sur le groupe II) a servi à des essais de stabilité au cours de circulations Paris La Chapelle - Arras et Arras - Douai - Valenciennes. 1981-82 : repli stratégique vers St-LazareEn banlieue Nord, l’hiver 1981 voit les premières réalisation tangibles préparant l’interconnexion entre la ligne SNCF Paris - Roissy et l’ancienne ligne de Sceaux RATP, déjà rebaptisée RER B. En septembre, la première motié de la gare souterraine destinée aux futurs RER interconnectés est ouverte. Dans cette demi-gare Est viennent retourner, sur la seule voie 42, les trains pour Roissy et Aulnay (soit au total 8 trains à l’heure en pointe). Une fois encore, les Z 6400 participent à l’événement en desservant les nouvelles infrastructures, mais cette fois-ci elles n’en détiennent pas le monopole : dans la gare souterraine, on trouve aussi fréquemment des Z 6100 et des rames VB 2N tractées par BB 16500 ou 17000. A partir du 10 décembre 1981, les rames RATP viennent également aboutir en gare souterraine de Gare du Nord (voie 44), permettant une correspondance quai à quai. Dès lors, la présence des Z 6400 en banlieue Nord touche à sa fin : n’étant pas bicourant, elles ne pourront participer au futur service RER interconnecté, pour lequel un matériel dédié - les Z 8100, alias MI 79 - est déjà en cours de réception. Les premiers MI 79 SNCF, livrés courant 1981, récupèrent d’ailleurs sitôt que possible une part grandissante du service Paris - Roissy (mutation achevée en juin 1982). Du coup, les 11 éléments Z 6400 de La Chapelle sont transférés dans l’hiver à Clichy-Levallois. La série entière se trouve dès lors regroupée sur la banlieue Ouest, qu’elle ne quittera plus. Avec les 75 unités au complet, le parc Z 6400 de Clichy-Levallois peut reprendre à son compte dès février 1982 les omnibus Paris - Bois-Colombes, qui alternent en heures de pointe avec les Paris - Bécon-les-Bruyères. Les éléments du groupe II, qui les prennent en charge, s’autorisent ainsi une modeste incursion sur le groupe IV (ligne Paris - Argenteuil). 1988-89Après plusieurs années de calme, sans évolution majeure de leur service, c’est à nouveau le RER qui va faire céder du terrain aux Z 6400. Première étape de « l’interconnexion ouest », la ligne de Cergy est branchée sur le RER A à Nanterre-Préfecture. A nouveau les Z 6400, faute d’être bicourant, sont nécessairement exclues des nouvelles circulations interconnectées. A compter du 29 mai 1988, l’essentiel du service de la ligne de Cergy revient donc aux MI 84, les Z 6400 n’y circulant plus qu’en heures de pointe. En contrepartie, la fréquence entre Houilles et Cergy-St-Christophe passe d’un à deux trains toutes les 10 minutes (un RER de/vers Noisy-le-Grand ou Torcy, et un train de/pour Paris-St-Lazare via Nanterre-Université). Le 28 mai 1989, c’est au tour de la branche Poissy d’être intégrée au RER ; là, les Z 6400 s’effacent complètement du service régulier au profit des MI 84. A cette date, le service des pemières sur le groupe III est alors remanié comme suit :
Les éléments libérés de fait par l’arrivée des MI 84 ont permis de forcer les compositions du groupe III, mais également de diminuer la tension sur le parc en augmentant la réserve d’exploitation et le nombre de rames pouvant être mises à disposition des ateliers. Par la suite, le service effectué par les Z 6400 n’évoluera quasiment plus : tout juste peut-on signaler, au milieu des années ’90, la réorganisation du service sur le groupe IV, qui entraîne la suppression des Paris - Bois-Colombes. En « petite banlieue », les rames du groupe III se concentrent alors sur les omnibus Paris - Bécon-les-Bruyères. 1995-98 : la fin des monopolesSans que soit remise en cause leur écrasante suprématie sur les groupes II et III de la banlieue St-Lazare, les Z 6400 ont néanmoins fini par y perdre le monopole des dessertes, et ce en deux temps. Le 24 septembre 1995, ce sont d’abord des rames à deux niveaux Z2N 20500 (parfois remplacées par des Z2N 8800) qui viennent chasser sur leur fief du groupe II, pour les besoins de la nouvelle liaison La Défense - La Verrière. Là encore, faute d’être bicourant, les Z 6400 en étaient de toute façon exclues - mais elles n’ont pas grand’chose à envier à leurs rivales. D’ailleurs, bien loin de régresser, les services qu’elles assurent sur le groupe II se développent à leur arrivée : à la même date, la desserte passe en pointe de 3 trains aux 10 minutes (direct Versailles, direct St-Nom, omnibus St-Cloud) à 5 trains au quart d’heure (semi-direct Marly-le-Roi, semi-direct Versailles, semi-direct St-Nom, direct Versailles, et omnibus La Défense - La Verrière). Le 28 novembre 1998, par contre, quelques MI 2N (provisoirement sans emploi en banlieue Est, la mise en service d’Eole étant retardée) viennent leur faire directement concurrence entre Paris et Nanterre-Université ; ces MI 2N permettent cependant d’achever l’installation du frein d’immobilisation (qui mobilise plusieurs éléments simultanément en atelier) sur les Z 6400 dans de meilleures conditions. Repartis à l’Est au service d’été 1999, les MI 2N sont remplacés par des Z2N 8800, avant de revenir en mars 2001 : l’installation du frein d’immobilisation achevée, il faut en effet toujours dégager plusieurs rames Z 6400 du service commercial pour permettre leur rénovation mi-vie (OPCE). En conséquence, les Z 6400 du groupe III circulent désormais plus ou moins en pool avec 5 éléments MI 2N. PerspectivesAu fur et à mesure qu’elles regagnent la banlieue Ouest après rénovation, le contraste paraît encore s’accentuer entre les Z 6400 et les autres matériels, même si la plupart partagent désormais la même livrée bleu-blanc-rouge « Île-de-France ». Vingt-cinq ans après leur mise en service, leurs caractéristiques techniques continuent de les placer dans le peloton de tête du matériel banlieue - et une fois qu’elles ont benéficié de l’OPCE, même les rames nouvellement rénovées « Transilien » (VB2N, RIB), certes plus colorées et plus accrocheuses à l’œil, ne les valent pas en termes de confort. Du coup, les Z 6400, désormais identifiées au groupe III et surtout au groupe II (et inversement !), y semblent encore promises à un bel avenir. A telle enseigne que l’on entend régulièrement évoquer la perspective, lorsque le RER E sera prolongé à l’Ouest sur les voies du groupe II (ce qui est toujours prévu... Un jour !), de voir circuler les Z 6400 sur des missions RER interconnectées Est-Ouest [2]. Des Z 6400 en service RER : ce serait certainement la seule revanche qu’il leur reste à prendre sur l’histoire ! En attendant, trois éléments s’apprêtent à subir une rénovation spécifique, avec un nez identique à celui des EAD rénovés. Ils sont destinés au service en navette St-Germain-GC - Noisy-le-Roi, sur la Grande Ceinture Ouest, dont l’ouverture est prévue pour la mi-2004. Etat du parc au 31 décembre 2003 [3]L’intégralité du parc est affectée au dépôt de St-Lazare-Levallois. L’ensemble des Z 6400 est par ailleurs équipé :
Ces caractéristiques ne sont donc pas reprises ci-dessous. Légende du tableau : OPCE = Rames rénovées lors de l’Opération Confort-Esthétique actuellement en cours (réaménagement des espaces voyageurs, climatisation de la cabine, installation de la radio sol-train à transmission de données, nouvelle livrée Île-de-France). Quais = élément avec emmarchement intermédiaire adapté aux quais mi-hauts du groupe III (« Norm. »), ou sans emmarchement pour desservir les quais hauts du groupe II (« Hauts »).
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Jeff :o) Dernière mise à jour le [1] Hors les cas particuliers des deux lignes exploitées en navette, Pont Cardinet - Auteuil et Puteaux - Issy-Plaine. [2] Cette fois-ci, le caractère exclusivement 25 kV des Z 6400 ne serait plus un problème, puisque la banlieue Est et la banlieue Ouest partagent cette même tension d’alimentation. [3] Sous réserve d’erreur ou d’omission, en particulier concernant les livrées qui évoluent très vite... | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
![]() |
|
![]() |
|
30 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article,
dans 7 discussion(s) :
|
|