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Vers 16h45, plusieurs voyageurs et un conducteur de la ligne 9 rapportent qu’une odeur suspecte flotte à la station St-Ambroise ; « odeur de gaz », assurent-ils. Quinze voyageurs incommodés par l’odeur se disent même victimes de maux de tête. L’agent en recette, le pôle technique Est [1] et la permanence d’exploitation décident alors de fermer la station au public, le temps de trouver l’origine de l’incident.
Entre temps, les effluves se sont diffusés le long de la ligne, sous l’effet combiné du passage des trains (on parle d’« effet piston ») et de la ventilation des tunnels, d’ailleurs en partie naturelle à cet endroit-là. Les informations fournies à la presse font état d’une quarantaine de personnes intoxiquées, dont 8 à Oberkampf, la station voisine ; six d’entre elles feront un bref passage à l’hôpital St-Antoine pour y être examinées.
En application des procédures de désenfumage, les stations Oberkampf et République sont alors évacuées, pour permettre l’extraction de l’air vicié par les ventilateurs Viallet (à proximité de Voltaire) et St-Martin (à l’Ouest de République). Les rames des lignes 3, 5, 8 et 11 ne marquent plus l’arrêt à République, tandis que l’exploitation de la ligne 9 est suspendue vers 17h30 entre Havre-Caumartin et Nation [2] pour permettre l’intervention des pompiers.
L’opération mobilisera jusqu’à 70 hommes de 14 casernes différentes, épaulés par deux cellules mobiles d’intervention chimique (CMIC). Mais ils ne trouveront finalement qu’une dizaine de bombes de peinture, abandonnées dans l’interstation St-Ambroise - Oberkampf. Ces aérosols, utilisés habituellement par les tagueurs, contiennent de l’acétone, solvant organique courant, très volatil (c’est en général le cas des solvants !) et à l’odeur prégnante. Et c’est ce produit, un peu irritant mais pas toxique, à moins d’une exposition très prolongée, qui aurait incommodé voyageurs et agents hier.
Des incidents similaires s’étaient produits à quelques reprises ces dernières années, mais leur origine se situait alors dans une des huiles utilisées pour le graissage de certains escaliers mécaniques (et qui a effectivement, elle, une odeur voisine de celle du gaz de ville). La ligne 3 avait ainsi dûe être partiellement interrompue, un dimanche de juillet 2001, à cause d’odeurs suspectes à Opéra.
Hier, une fois les émanations évacuées par les ouvrages de ventilation, le trafic sur la ligne 9 a pu être progressivement rétabli peu avant 20h, mettant ainsi un terme à des perturbations de près de trois heures.
Serait-on trop exigeant à demander que les tagueurs, une fois les tunnels barbouillés à leur goût, prennent au moins la peine d’emporter avec eux leurs déchets ?
Voir en ligne : L’acétone et la santé [en anglais][1] Comme pour toutes les lignes de métro, les stations de la 9 sont groupées en plusieurs secteurs, chacun sous la responsabilité d’un pôle technique. Le secteur Ouest s’étend de Pont de Sèvres à Trocadéro, le secteur Centre d’Iéna à République et le secteur Est d’Oberkampf à Mairie de Montreuil.
[2] Manque de chance, les aiguillages de « service provisoire » (SP) qui permettent le retournement des rames sont peu nombreux sur la partie centrale de la ligne... Et le seul SP intermédiaire, situé à Oberkampf, était évidemment inutilisable dans ces conditions-là.
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