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Un peu de compagnie en attendant le TER à Gazeran... Du genre très porté sur les câlins, facilement content, et qui ne vous interrompt pas toutes les cinq secondes pour essayer d’en placer une.
En attendant la mise en place du cadencement sur la ligne Paris — Chartres, prévue en décembre prochain, il subsiste des trous de plusieurs heures en journée dans la desserte des « petites » gares intermédiaires au-delà de Rambouillet. Parmi elles : Gazeran, à 52,3 km de Paris, qui se trouve être la dernière gare francilienne avant que la ligne n’entame sa traversée de l’Eure-et-Loir.

Comme les trains de banlieue (pardon, les trains Transilien) ont pour terminus Rambouillet, Gazeran est aussi la première gare de la ligne uniquement desservie par les TER Centre. Et encore, pas tous : certains sont directs jusqu’à Chartres, certains sont semi-directs avec arrêts uniquement à Épernon et Maintenon.
Sur cette ligne, qui est la plus fréquentée de la région Centre, la desserte a été complétée peu à peu au fil des ans, mais surtout pour correspondre aux besoins des travailleurs (vers St-Quentin, Versailles ou Paris) ou des scolaires. En dehors de ces heures, il faut parfois être très patient.

L’un des « trous » les plus spectaculaires de la grille actuelle (auquel le cadencement devrait enfin mettre bon ordre) est celui du samedi après-midi, en direction de Paris : après le passage du TER 62514 Chartres — Paris, à 12h56, l’arrêt suivant à Gazeran est effectué à... 17h20 (TER 62548).
Paradoxalement, dans l’autre sens, en direction de Chartres, les arrêts sont beaucoup mieux répartis, avec des intervalles au pire de deux heures (et plus fréquemment une heure le matin et le soir).
Ce qui explique que Gazeran soit une gare typique du TER : un guichet ouvert par intermittence, aucun agent présent en dehors de ces heures (la signalisation est automatique depuis 70 ans sur Paris — Le Mans, autrefois l’un des fleurons du réseau français). Les clients du train connaissent « leur » horaire par cœur, et calquent leur mode de vie dessus, y compris le samedi, pour ceux qui vont faire du shopping ou qui sortent au théâtre. Tout le monde afflue donc vers la gare dix minutes avant le passage du train, bien entendu en voiture pour une écrasante majorité : à Gazeran, nous sommes déjà dans un environnement pavillonnaire [1], où les distances sont grandes et où il n’est pas toujours agréable (ni très commode, ni très habituel) de marcher.
En sens inverse, c’est pareil : les voitures affluent cinq minutes avant l’heure, récupèrent les voyageurs qui descendent du train. Et en l’espace d’un instant, tout le monde s’est égayé. La scène se répète des milliers de fois par jour, dans la quasi-totalité des gares régionales.
Entre deux, un entre-deux qui peut durer des heures, la gare de Gazeran est donc plongée dans la quiétude de la campagne. On entend le battement des relais, les oiseaux qui pépient perchés sur les caténaires, le ronronnement des distributeurs de billets, les tondeuses dans le lointain, et la chaleur qui s’écrase sur la voie en plein soleil. Et les chats peuvent s’enhardir à marcher, comme des funambules, sur la surface des rails [2]. Tout juste perturbés, de temps en temps, par le passage d’un train de marchandises dans un fracas qui s’annonce de loin. Mais par les temps qui courent, ils ne sont plus dérangés souvent. Et peuvent parfaitement passer l’après-midi à se faire bronzer sur le bord du quai.
P.S.:
Le titre est chat-fouinement emprunté à un hilarant petit ouvrage de Siné, publié naguère par le Livre de poche. Devenu difficile à trouver car épuisé depuis longtemps (il date de 1973), mais vous pouvez toujours essayer de le chat-parder à un ami. Comme chaque page se lit indépendamment, c’est en effet un excellent moyen de passer le temps en attendant un RER, à Chat-marande, Chat-ville ou même Chat-elet !
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Dernier : 9/08/2008, 15h57
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[1] Où l’habitat continue même de se développer à grande vitesse : c’est une zone d’Île-de-France où il y a encore de la place, et qui a la chance d’être située sur une ligne de train plutôt efficace.
[2] La partie qu’on appelle dans le jargon « champignon », à cause de sa forme, depuis bien avant que le chemin de fer se veuille écologique et se sente obligé de le faire savoir...
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Une journée sans le RER A
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Dernier : 9/08/2008, 15h57
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Vu et vécu dans l'année
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Ce n’est qu’un au revoir...
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