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C’est, en quelque sorte, le contrepoint du parc à la française qu’on trouve en surface... la gare
de Luxembourg est, jusqu’à la fin du mois de septembre, l’écrin d’un jardin imaginaire, coloré et luxuriant. Une expo photo et graphique qui mérite un détour, et vous transportera au grand air.
Fermez les yeux et respirez ! L’exposition « Chemins de traverse » [1] vous offre un véritable bol d’oxygène souterrain. « Le temps d’une installation, la gare
Luxembourg devient un jardin imaginaire composé d’une biodiversité abondante », explique la RATP.
Cette œuvre originale est proposée par trois photographes, Éléonore Henry de Frahan, Sylvie Fraissard et Flore-Aël Surun dont les clichés sont intégrés à la fresque graphique de l’illustratrice Marion Senlis. Ensemble, ces artistes se proposent d’amener la nature aux citadins, dans un lieu — une gare RER — on ne peut plus emblématique de la ville moderne. Les photos mettent en scène les parcs et jardins parisiens, leur évolution au fil des saisons, et le rapport qu’entretient l’homme avec ces coins de nature urbaine.
Tour à tour poétiques, mélancoliques et surréalistes, les fresques visent à éveiller en chacun un désir d’escapade, la sensation d’un retour à la nature... bref, quelques instants au grand air, en faisant abstraction du reste, pendant que l’on attend son train.
Dans la continuité de ses reportages passés, chaque photographe a apporté une pierre à l’édifice. Flore-Aël Surun, qui conçoit la nature comme moteur pour se ressourcer et y puiser son « énergie vitale », a mis en scène le mimétisme entre l’homme et le végétal. Les triptyques de Sylvie Fraissard capturent ces instants où l’on s’abandonne au contact de la nature, par exemple en lisant allongé au milieu des fleurs. Élodie Fraissard, elle, préfère saisir les gens et les émotions : elle a donc cherché à illustrer le bonheur simple d’une journée au parc. Marion Senlis, de son côté, a travaillé sur les couleurs et les éléments de décor pour donner la sensation des saisons qui passent, au travers des six grandes fresques (20 m de long sur 6 m de haut), « fenêtres ouvertes sur les parcs et jardins parisiens » installées en vis-à-vis sur les deux quais de la gare.


L’art s’invite de plus en plus fréquemment sur les quais et dans les stations de la RATP, qui met un point d’honneur à « décentraliser » la culture pour la rendre accessible à ses voyageurs sur leur trajet quotidien. La gare du Luxembourg a déjà été mise à contribution ces derniers temps avec l’exposition « Correspondance » de Marielle G. Sola et Romain Osi, qui plongeait le voyageur dans une balade citadine totalement imaginaire, « Favelité » qui mettait en scène des tranches de vie dans les favelas brésiliennes, ou « À ciel ouvert », collection de photographies de Sandrine Alouf qui mettait, littéralement, la tête dans les nuages.
Son réaménagement en 2000, dans le cadre du centenaire du métro, a d’ailleurs fait de Luxembourg l’une des grandes stations culturelles de la RATP, dédiée à l’écologie et à la ville. Après un « journal mural » figé pendant des années, la gare accueille à présent des créations graphiques en grand format, à l’image des expositions de photos régulièrement proposées quelques mètres plus haut, sur les grilles du jardin du Luxembourg.
Un lieu d’exposition moins couru que le Grand Palais ou le Centre Pompidou, mais qui n’en est pas moins fréquenté : par Luxembourg passent 27 600 voyageurs chaque jour, soit 6 millions par an.
« Chemins de traverse » signe un retour aux sources pour Luxembourg, l’une des seules stations parisiennes à porter le nom d’un jardin. Pour ceux qui ont l’âme lyrique, c’est pourtant un rapprochement audacieux : « Une poésie de la nature à admirer dans le lieu le plus urbain qui soit », résumait par exemple l’Express le mois dernier. Pour ceux qui ont la fibre bucolique, ce sera peut-être une invitation à s’échapper effectivement du RER, pour aller faire un tour « en vrai » dans les jardins de Paris après les avoir vus en photo ? Pour les mélancoliques, une manière de réconcilier le citadin et la nature, de plus en plus souvent déconnectés l’un de l’autre. Et pour les autres, plus terre à terre, un instant d’évasion hors de la grisaille quotidienne, pour devancer ou prolonger l’été. Avantage supplémentaire en cette saison : ce coin de nature est garanti sans rhume des foins.

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Dernier : 4/06/2008, 21h13 • Thomou
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[1] Exposition « Chemins de traverse », depuis le 21 mars et jusqu’au mois de septembre 2008, installation Photo-Graphique d’Éléonore Henry de Frahan, Sylvie Fraissard, Flore-Aël Surun, jusqu’en septembre à la gare Luxembourg (![]()
) sur les deux quais. Ouvert de 5 h du matin à 1 h du matin. Tarif : un ticket de métro.
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Mobilien monte en cadence
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Dernier : 4/06/2008, 21h13 • Thomou
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Pour la ligne 13, rendez-vous le 14
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