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Après les taggueurs et rayeurs de vitres, la RATP s’attaque à un nouvel ennemi - le pigeon ! « Ecologie urbaine » oblige, le volatile a droit à plus d’égards que les autres sauvageons : on lui a construit une nouvelle maison.
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l’auront sans doute remarqué : un étrange bâtiment s’élève depuis quelques semaines en gare de Denfert-Rochereau, entre les quais et la « gare supérieure ». Financé par l’Unité Opérationnelle Ligne B, il s’agit en fait d’un pigeonnier dernier cri, érigé dans le but de contrôler la population de ces oiseaux, aux déjections aussi destructrices et coûteuses pour la Régie que désagréables pour les voyageurs.

Cette méthode radicale semble porter ses fruits. Après avoir supprimé les nids aux alentours de la gare, une cinquantaine d’oiseaux s’est trouvée enfermée puis nourrie pendant 40 jours dans le but de fidéliser ces sujets à ce nouvel habitat. Passée cette période de test, d’autres pigeons, sans doute rassurés par tant d’hospitalité, ont rejoint les pionniers, ce qui porte à plus d’une centaine le nombre de résidants réguliers profitant de ce toit tombé du ciel. Parallèlement, une partie des œufs est détruite pour maîtriser la population du pigeonnier. En outre, un système de vidéosurveillance permet un suivi précis de la communauté.
Cette initiative - seconde du genre dans la capitale après l’installation par la municipalité d’un pigeonnier dans le Parc Montsouris l’été dernier - aurait pu faire bondir les associations écologistes. Il n’en est rien : la SPA et la Ligue pour la Protection des Oiseaux soutiennent l’opération, qui permet en fait une protection des pigeons et leur maintien dans un bon état sanitaire par l’apport régulier d’une nourriture de bonne qualité.

Ce n’est pas la première fois que la RATP s’attaque à ce fléau. Depuis déjà plusieurs années, elle installe en effet des fils éléctrorépulsifs aux endroits les plus critiques de son réseau (les stations du « métro aérien », en premier lieu) pour dissuader les oiseaux toujours trop entreprenants de se poser sur le mobilier. Ces fils émettent de légères étincelles destinées à repousser les volatiles. De manière plus classique, des pics et autres filets de protection judicieusement placés complètent également l’armada utilisée par l’opérateur parisien.
Dans un peu moins d’un an, la RATP dressera le bilan de l’opération menée sur le site de Denfert-Rochereau, et réfléchira à l’implantation de nouveaux pigeonniers à proximité des locaux « à risques » fréquentés par ses clients ou son personnel, par exemple certains Centres-Bus très touchés par les déjections. L’objectif est de proposer des espaces sains et propres aux voyageurs, et d’éviter la corrosion accélérée des installations.
En cas d’échec, il existe une autre solution plus étonnante encore dont pourrait s’inspirer la Régie. La Bibliothèque Nationale de France s’est récemment dotée de rapaces pour chasser les pigeons kamikazes qui s’écrasaient sur les vitres de la Grande Bibliothèque. Voilà qui apporterait un peu d’exotisme et d’inédit dans les transports urbains parisiens.
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