Le temps est à la tempête. Avec son cortège de douches localisées et de violentes bourrasques qui rendent totalement inutiles les parapluies : le vent vous rabat la pluie dans le visage, pratiquement à l’horizontale, en passant sous le pébroc... Ou alors c’est le parapluie lui-même qui risque un gros pépin, en étant brutalement désarticulé par la furie d’Eole (le type des vents, pas la ligne de RER).
Bref, un sale temps pour les parapluies, surtout si on ne s’appelle pas Catherine Deneuve et qu’on n’habite pas à Cherbourg. D’ailleurs, un Parisien s’en est bien aperçu. Entre nous, la couleur (un rouge vif qui fait tourner les têtes et s’harmonise bien avec les sacs à main) suggère quand même qu’il s’agit d’une Parisienne. En descendant du métro, et avant de sortir affronter les éléments déchaînés dans la rue, notre illustre inconnu(e) a en tout cas abadonné son parapluie sur le quai.

- Parapluie orphelin attend nouveau propriétaire
- avant de finir à la SPA (Société des Parapluies Abandonnés)
À moins que l’affluence et la précipitation n’aient brutalement séparé notre beau parapluie rouge de son propriétaire, au moment où les portes du métro se refermaient ? Parmi les 298 stations du réseau, George V n’est pourtant pas la plus réputée pour ses bousculades... Ou alors c’était pour protéger sa coiffure des infiltrations en attendant le métro ? Pas de flaque sur le quai, pourtant, et pas de traces d’eau sur la voûte (que l’on voit particulièrement bien en ce moment, puisque George V fait partie de la demi-douzaine de stations actuellement en travaux sur la ligne 
).
Reste une troisième hypothèse, qui fait frissonner (mais le vent froid du dehors y est peut-être pour quelque chose) : celle d’un abandon délibéré du parapluie rouge, devenu encombrant sur la route des vacances, avant d’aller sauter dans le TGV à Gare de Lyon. À Cannes, c’est bien connu, les mimosas sont déjà en fleur, les nymphettes en maillot de bain sur la plage, et il fait soleil tous les jours du 1er mars au 31 octobre (du moins, c’est ce que dit la météo à la télé). Et l’abandon des parapluies à la veille des vacances est un drame national qui mériterait d’être mieux connu. Que font les médias ?
Quant à la police, elle avait manifestement décidé d’aller se faire un café sans succomber à l’émotion. Les vigiles anti-pirates n’ont pas sorti leur plan, les agents RATP n’ont pas fait d’annonces affolées pour mettre en garde contre les objets abandonnés, les « mesures de sécurité » n’ont pas été activées, et la foule indifférente s’est contentée de contourner prudemment le parapluie rouge en montant dans le métro, sans doute autant pour ne pas l’abîmer que pour ne pas se salir.
Sale temps pour les parapluies.