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SNCF
Paris-Est — Provins
La ligne de Provins voit arriver les AGC bimode

Le BiBi envahit le Grand Est



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P11
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L’Est étoffe ses dessertes
Mars attaque
L’Est roule détendu
Arrivée dans le butoir à Paris-Est

P15
Mon train de banlieue à vapeur
Moins de grisaille chez Transilien SNCF
C’est pour la bonne cause

 

Quelques mois après l’inauguration des AGC « BiBi » (pour « bimode, bicourant ») sur la ligne Paris — Culmont - Chalindrey, les deux premiers éléments destinés à la ligne Paris — Provins ont été inaugurés en grande pompe le 2 février 2008. Ce nouveau matériel doit équiper l’ensemble de la ligne d’ici la fin du mois de septembre. Plus performant, plus fiable, plus confortable et moins polluant que les actuelles rames inox tractées par les vieilles locomotives Diesel BB 67400, il est attendu avec impatience par les usagers d’une ligne bien connue pour ses nombreux dysfonctionnements. La ligne de Meaux à La Ferté-Milon, dans des conditions sensiblement identiques, devrait recevoir le même matériel dans le courant de l’année prochaine (2009).

À nous de ne pas vous faire regretter l’ancien matériel

Pour ne prendre aucun risque pour l’inauguration officielle, les deux AGC « BiBi » devant servir au voyage inaugural dans la matinée ont passé la nuit à Provins. Pour ceux qui avaient décidé de venir à l’inauguration en train le matin-même (départ à 6h45 de la Gare de l’Est), histoire de faire preuve d’un acte écologique, ou tout simplement pour promouvoir ce mode de transport, ce sera donc à bord d’une bonne vieille RIB, tractée par une BB 67400 guère plus jeune, qu’ils embarqueront pour se rendre à Provins.

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La mission du jour : effectuer un aller-retour Paris — Provins
95 km, 1h20 : la ligne est l’une des plus longues d’Île-de-France, au départ de Paris. Et également l’une des plus vétustes...
(carte Transilien SNCF)

Et pour ces voyageurs des grandes causes, ce choix permettra de mieux comparer le saut technologique et de service qu’engendre l’arrivée des AGC sur la banlieue Est. Car si le départ a bien été effectué à 6h45 de la Gare de l’Est, comme prévu, c’est bien la seule chose de normale qu’il aura fallu signaler. En effet deux « détails » clochaient : l’éclairage et le chauffage (toujours agréables par une nuit d’hiver) étaient absents. Petite lueur d’espoir, l’éclairage a fonctionné quelques instants, du côté de Noisy-le-Sec, avant de s’éteindre à nouveau, définitivement. C’est confirmé : les vieilles locomotives semblent bel et bien à bout de souffle, et elles ne devraient pas être regrettées par les voyageurs, fussent-ils occasionnels ou quotidiens.

Et même si après une demi-heure passée dans le noir et le froid dans la rame de queue, les voyageurs décidaient de tenter leur chance dans la rame de tête à l’occasion du premier arrêt à Verneuil-l’Étang, ils auront l’occasion de croiser l’ASCT [1], responsable de la sécurité à bord du train et notamment de la fermeture des portes, qui, lui, tente la manœuvre inverse. C’est définitivement tout le train qui roule dans le noir et le froid. Et rien ne pourra troubler ce malheur, pas même l’éclair de lucidité du chef de service de la gare qui, voyant l’arrêt en gare se prolonger, cette agitation sur le quai et un train non éclairé juste sous son nez, s’est permis de demander s’il y avait un problème (sic). Finalement ce train sera limité à Longueville. Car après avoir roulé plus d’une heure dans ces conditions, il a été jugé bon de rendre le train terminus dans cette gare, une dizaine de minutes seulement avant l’arrivée au terminus de Provins. Il faut croire que l’arrivée du train au milieu des officiels déjà prêts à Provins aurait fait « tache ». On annonce un train de remplacement pour terminer le trajet, mais celui-ci semble se faire désirer — et l’agent présent sur place finit par avouer que lui-même ne sait pas trop s’il arrivera.

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Le jour se lève à Longueville...
... et aussi dans le train, qui est arrivé de Paris sans éclairage ni chauffage.

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Terminus, tout le monde descend !
Le train repartira sans ses quelques voyageurs. Pour continuer vers Provins, nouvelle attente à l’air libre, où il ne fait finalement pas beaucoup plus froid.

Parmi ces personnes désireuses de faire le voyage en train, il y a les quatre représentants de l’association d’usagers « La voix du train » qui ont pris place à bord de ce train fantôme en gare de Nangis. Débarqués comme tout le monde à Longueville, sentant que la situation aurait du mal à se débloquer tout seule, ils ont décidé de prendre les devants et... d’appeler directement Maurice Testu, directeur des lignes Transilien de Paris — Est. Renseignement pris sur le nombre de personnes à dépanner, celui-ci a immédiatement fait dégarer une rame de Provins pour assurer la desserte des deux haltes intermédiaires et surtout de la gare de Provins, qui a rarement vu autant de voyageurs simultanément un samedi matin.

De quoi bien commencer la journée, et convaincre ceux qui ne l’étaient pas encore que le renouvellement du matériel n’est ici pas du luxe.

Retour vers le futur

Qui donc a voulu se rendre en train à Provins, a eu le privilège d’avoir une très bonne panoplie des nombreux incidents que vivent au quotidien les voyageurs de cette ligne en arrivant à 8h30, juste à temps pour l’accueil officiel en gare de Provins. Café chaud, très appréciable après ce genre d’excursion rafraichissante, et beaux discours, en présence notamment de Jean-Paul Huchon, président du Conseil Régional d’Île-de-France, Vincent Éblé, président du Conseil Général de Seine-et-Marne, Maurice Testu, directeur des lignes Transilien de Paris — Est, ainsi que quelques conseillers généraux et régionaux, et quelques personnes du STIF.

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Jean-Paul Huchon discute devant le nouvel AGC...

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... tandis que Vincent Éblé répond à des journalistes

Après ces quelques formalités, les choses sérieuses peuvent enfin commencer avec distribution par des hôtesses (à l’écharpe verte, bien sûr) aux voyageurs de beaux diplômes présentant le nouveau matériel (encadré d’un ruban vert, bien sûr !) et embarquement dans la rame inaugurale. Cette rame, elle aussi pelliculée avec un ruban vert à chaque extrémité. Cette journée est en effet placée sous le signe de l’écologie, et, quitte à en faire trop, autant aller au bout de la logique...

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L’hôtesse à l’écharpe verte distribue à chaque voyageur un diplôme...

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... vert lui aussi !

D’autres associations d’usagers étaient également présentes : outre La voix du train, de Nangis, il y avait aussi le comité des usagers de la ligne Paris — Meaux, indirectement concerné par la seconde phase de renouvellement du matériel, sur la ligne Paris — Meaux — La Ferté-Milon.

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Michelle Villatte (secrétaire) et Virgine Salitra (présidente)
La voix du train (Nangis)

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Nathalie Collinet (présidente adjointe) et Frédéric Courtine (président adjoint)
La voix du train (Nangis)

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Anne-Marie Rohm (présidente)
Comité des usagers de la ligne Paris — Meaux

La rame inaugurale, constituée de deux AGC [2] de Bombardier en version quadricaisse, a assuré le train 117552, partant de Provins à 8h51 et arrivant à Paris — Est à 10h11. Tout le monde, officiels, journalistes et voyageurs habituels ou occasionnels, a ainsi pu profiter de cette journée festive et découvrir, une fois n’est pas coutume, du matériel vraiment neuf.

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1h20 après son départ de Provins, l’AGC arrive en gare de Paris — Est

Ce nouveau matériel a la particularité d’être « bimode ». Sur une ligne électrifiée, il peut récupérer l’électricité directement à la caténaire, en 1500 V continu ou 25 kV alternatif (il est donc également bicourant [3]). Et lorsque la ligne n’est pas électrifiée, il utilise ses deux moteurs Diesel pour fabriquer sa propre électricité. Il s’agit donc réellement d’une technologie « bimode », qui n’a rien à voir avec la technologie « hybride » comme on a pu l’entendre çà et là. Cette technologie hybride, basée sur le stockage d’électricité, qui se développe principalement pour l’automobile, a d’ailleurs fait, elle aussi, son entrée dans le monde ferroviaire en avril 2007, au Japon ; Alstom travaille de son côté sur une locomotive de manœuvre hybride.

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À Longueville, pas de caténaires à l’horizon...
... l’AGC utilise alors ses deux moteurs Diesel pour produire de l’électricité.

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À Paris — Est, le pantographe est sorti !
Les riverains de la gare de l’Est apprécieront.

Écologie au menu

La technologie bimode lui permet de profiter au mieux des infrastructures existantes : traction électrique de Paris à Roissy-en-Brie, puis traction thermique jusqu’à Provins. Le projet d’électrification des lignes Paris — Troyes et Paris — Provins, s’il n’est pas (encore) abandonné, est en effet bien mal en point. Une électrification coûte cher, et n’est donc intéressante que si le nombre de trains est important. Et maintenant que le bimode existe...

La transition entre traction électrique et traction thermique n’a pas lieu à Gretz-Armainvilliers, dernière gare électrifiée en direction de Provins, mais un peu avant (11 km dans ce cas), ce qui permet de s’assurer que les moteurs Diesel ont bien démarré avant de quitter définitivement les caténaires. Précaution qui évite ainsi une demande de secours au début du parcours non électrifié pour cause de non démarrage des moteurs.

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Même en direction de Paris, le pantographe n’est levé qu’entre Roissy-en-Brie et Émerainville — Pontault-Combault
Les motivations de la marge de 11 km dans ce sens sont différentes mais rendent la signalisation ainsi symétrique. Une circulation en provenance d’une ligne à traction autonome ne peut savoir si la caténaire qu’elle rejoint est alimentée ou non, aucun carré de protection n’étant prévu en provenance d’une telle ligne. Le train bimode ne pourra lever son pantographe qu’après le prochain sectionnement (ici à Émerainville), protégé par un carré. Cela lui évitera de mettre en contact son pantographe avec une caténaire consignée avec les risques de retour de courant que cela engendrerait, surtout si des agents travaillent dessus ou à proximité. En provenance d’une ligne à traction autonome, la circulation est donc considérée comme telle jusqu’au prochain sectionnement.

L’AGC BiBi est donc moins polluant que les BB 67400 qu’il remplace. En traction électrique, bien sûr, ce qui devrait améliorer le quotidien des riverains de la Gare de l’Est même si les émissions polluantes ne seront pas pour autant ramenées à zéro, car il ne faut pas oublier la production d’électricité. Mais également en traction thermique : un moteur Diesel neuf, répondant aux dernières normes anti-pollution, est plus « propre » qu’un moteur Diesel datant de 30 à 40 ans.

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Les usagers en fauteuil roulant n’ont pas été oubliés
avec, comme sur l’Avanto inauguré fin 2006 sur la ligne TramT4, une palette venant combler la lacune entre le quai et le train, à plancher bas.

En plus d’être écolo, c’est également BiBi qui va tenter de redonner la fiabilité et la régularité qui font actuellement cruellement défaut sur cette ligne. Les nouvelles rames peuvent rouler jusqu’à 160 km/h, au lieu de 120 pour les RIB, ce qui permet de rattraper plus facilement un retard, et, à terme, de retendre les grilles horaires (c’est-à-dire diminuer les temps de parcours en jouant sur les marges, qui avaient été augmentées, du fait des meilleures performances du matériel). Outre sa fiabilité, les usagers de la ligne Paris — Provins pourront apprécier son confort, proche des matériels TER modernes : sièges confortables, porte-bagages, toilettes [4], prises de courant, larges baies vitrées et intercirculation intégrale au sein d’un même élément, de quoi rendre agréable un trajet de 95 km et 1h20. L’AGC a, en effet, été d’abord conçu pour les services TER en province, et commandé après coup par le STIF, ce qui a permis d’aller relativement vite : environ un an entre la commande et la mise en service. On notera toutefois que, pour un matériel présenté comme écologique, l’utilisation d’un éclairage à filament (où seulement 5 % de l’énergie consommée sert à produire de la lumière, le reste étant perdu par effet Joule, sous forme de chaleur) est discutable.

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Sièges larges et confortables

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Porte-bagages

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Intercirculation intégrale

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Coin salon

Anne-Marie Idrac, encore présidente de la SNCF ce jour-là, ne faisait visiblement pas partie de ces voyageurs aux grandes causes, et a attendu l’arrivée du train à Paris — Est, à 10h11, pour faire son apparition, toute de rouge vêtue — le contraste avec la dominante verte observée jusque là est appréciable. Symboliquement, le ruban inaugural, de couleur toujours verte, a été coupé virtuellement sur un écran géant disposé pour l’occasion dans la gare de l’Est, au niveau du quai transversal.

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Même le ruban est vert !
Jean-Paul Huchon et Anne-Marie Idrac le couperont virtuellement avec leurs télécommandes (qui ne sont pas vertes mais blanches).

Suivirent ensuite les traditionnels discours, prononcés par Mme Idrac et M. Huchon. La première insistera encore sur l’aspect écologique de ce nouveau matériel, pour encore bien insister sur le message. Avec de fortes approximations : elle expliquera notamment qu’en mode électrique, ce train n’émet aucune pollution, et qu’il est hybride comme les voitures (sic). Le second en profite pour glisser quelques mots de politique générale du STIF, évoquant notamment le fait que la priorité, c’était les projets déjà étudiés et déjà financés (sic) — c’est-à-dire, in fine, des projets sur lesquels le STIF n’a quasiment plus rien à faire, car il ne reste plus que les travaux et la mise en service.

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Anne-Marie Idrac

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Jean-Paul Huchon

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Pour terminer cette journée écolo, rien de tel qu’un buffet bio !

Pour se remettre de toutes ces émotions, la SNCF a préparé un buffet... composé exclusivement de produits « bio », bien sûr. Que ceux qui n’ont toujours pas compris que BiBi était écolo fassent signe...

La suite au prochain épisode

Dès l’après-midi, les problèmes habituels ont repris. La RIB assurant le départ de Paris — Est à 16h15 n’a pas pu fermer ses portes et n’est donc pas partie ; les conducteurs aptes à conduire l’AGC n’étant pas disponibles, il n’a pas été possible de se reporter sur la rame inaugurale. Les voyageurs ont donc dû se reporter sur le train suivant, à 17h45, assuré en RIB de 4 voitures et, lui aussi, sans chauffage — mais la chaleur humaine a dû faire une bonne partie du travail, dans un train bondé par la force des choses. Heureusement, ce genre de situations devrait bientôt appartenir au passé.

Les deux éléments inaugurés début février sont progressivement rejoints par d’autres, au rythme d’un à quatre par mois, pour arriver à 19 éléments en septembre.

Tableau des rames en service :

Numéro
de rame
CompositionDate de mise en service
521NB 82521/5227 décembre 2007
531NB 82531/5326 février 2008
533NB 82533/5343 mars 2008
535NB 82535/5362 avril 2008
537NB 82537/53825 avril 2008
539NB 82539/5406 juin 2008
543NB 82543/54413 juin 2008
549NB 82549/55016 mai 2008
555NB 82555/55618 juin 2008

Les livraisons sont actuellement légèrement en retard, avec courant mai 6 éléments livrés (contre 7 prévus fin avril), et début juillet 14 éléments livrés (contre 15 fin juin). Mais le renouvellement a bien lieu, lentement mais sûrement, et depuis le 16 juin ce sont, en semaine, 6 allers-retours Paris — Provins [5] et 1 aller-retour Gretz-Armainvilliers — Provins [6] qui sont assurés en AGC ; le 28 juillet, les rames reçues entre temps permettront d’assurer un aller-retour supplémentaire en heure de pointe [7], en « triplette » (3 éléments de 4 voitures), ainsi que deux allers-retours supplémentaires en heure creuse [8]. À partir du 20 septembre, deux allers-retours supplémentaires Paris — Provins [9], et un aller-retour supplémentaire Gretz-Armainvilliers — Provins [10], seront eux aussi assurés en AGC. Les quelques trains restant le seront dès la livraison des 19 éléments, à l’automne.

Prévisions de mise en service :

Mois Nombre de rames planifiées Nombre prévisionnel de rames en service Nombre de rames en roulement effectif
Février 1 3 2
Mars 2 5 3
Avril 2 7 5
Mai 4 11 6
Juin 4 15 9
Juillet 3 18
Août 0 18
Septembre 1 19

En plus de ces 19 éléments destinés à la ligne Paris — Provins, cinq autres éléments doivent être livrés à partir de la fin 2009 pour une mise en service début 2010, afin d’améliorer la desserte entre Paris, Meaux et La Ferté-Milon, ce qui ne sera pas du luxe non plus. Ce décalage peut sembler un peu long entre la fin de la livraison des éléments destinés à Paris — Provins et ceux destinés à Paris — La Ferté-Milon. En effet, si les 19 premiers AGC auront été livrés en 8 mois, il en faudra plus de douze pour les cinq derniers... Marge en matériel que souhaiterait se garder la SNCF ou effet d’annonce souhaité fin 2009 en pleine campagne pour les élections régionales ? Seul le maire de Meaux, Jean-François Copé, ville qui est directement concernée par cette mesure, connait la réponse. Néanmoins, quelques marches d’essais ont déjà eu lieu, et certains voyageurs chanceux ont même pu monter à bord d’un des rares trains circulant en service commercial à titre d’essais. Ces essais ont révélé que les quais des gares d’Isles — Armentières — Congis, Mareuil-sur-Ourcq et La Ferté-Milon étaient à refaire, pour garantir l’accessibilité au train.

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Deux espèces menacées : la BB 67400 et la RIB
Les premières auront complètement disparu des services Transilien fin 2010, les secondes seront redéployées sur d’autres réseaux ou radiées.

Selon Maurice Testu, directeur des lignes TransilienP, l’arrivée des AGC permettra, dès le mois de septembre, de redistribuer les RIB actuellement sur la ligne de Provins. Six rames iront notamment sur la ligne Paris — Meaux, pour permettre de radier les six rames « électriques pures » [11] encore en circulation, les plus anciennes. On parlait également d’envoyer quelques rames sur la ligne de Paris à Crépy-en-Valois, pour chasser les automotrices inox Z 6100, et sur la ligne de Paris à Coulommiers, pour augmenter la capacité en heure de pointe [12]. La manœuvre aurait ainsi permis de libérer deux éléments Z 20500 de 4 voitures, qui auraient assuré ensemble un train supplémentaire [13] sur la ligne de Meaux, à la place d’une RIB. Mais les usagers de Coulommiers, semble-t-il encore traumatisés par les RIB d’avant 2005 (pas encore rénovées, et souffrant de graves problèmes techniques à l’époque), s’opposent formellement à leur retour, même rénovées et fiabilisées, et malgré l’augmentation de capacité induite. La SNCF a quand même pu modifier ses roulements pour garder les Z 20500 sur Coulommiers, et assurer un train de plus à Meaux dès le mois de décembre, mais au détriment des réserves de matériel.

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Maurice Testu, directeur des lignes Transilien de Paris — Est
répondant aux questions des journalistes en gare de Longueville.

L’AGC permettra également, grâce à ses performances en accélération, en freinage et en vitesse, de réduire sensiblement les temps de parcours entre Paris et Provins. Ce seraient ainsi 7 à 10 minutes [14] qui pourraient être gagnées sur chaque trajet en utilisant au mieux les nouvelles performances du matériel, dès 2009 ou 2010, alors que la tendance était jusque là à l’allongement des temps de parcours. La régularité a d’ailleurs fait un bond spectaculaire entre janvier et juin 2008, passant de 82 à 89 % en heure de pointe, et de 83 à 92 % en heure creuse — des valeurs qui rendent envisageable, à moyen terme, une certification NF Services, jusque là impensable.


 Par...

Jeff :o)
Grillon du métro

JB

Olivier


Cramos

Musicien77

Angelerine

Didier G.

Dernière mise à jour le
26 juillet 2008.

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 Notes

[1] Agent du Service Commercial Train, appelé couramment « contrôleur ».

[2] « Autorail à Grande Capacité », bien que le terme d’autorail désigne normalement un véhicule thermique à une seule caisse.

[3] Ce qui ne sert strictement à rien sur la région de Paris — Est, mais le 1500 V continu est de toute façon présent en interne dans le train, produit par les moteurs Diesel ou issu de la transformation du 25 kV alternatif ; ça ne coûte donc rien de le proposer également.

[4] Les toilettes n’ont été mises en service que début juillet, car la SNCF n’avait pas de quoi les vidanger avant cette date.

[5] Départs à 6.36, 8.21, 10.21, 17.14, 19.14 et 21.21 de Provins ; départs à 8.42, 16.15, 17.15, 19.15, 19.45 et 21.45 de Paris, ce-dernier étant limité à Longueville.

[6] Départ à 13.47 de Provins, et à 15.12 de Gretz-Armainvilliers.

[7] Départ à 6.09 de Provins, et à 17.45 de Paris.

[8] Départs à 9.21 et 20.14 de Provins ; départs à 7.45 et 22.45 de Paris, ce-dernier étant limité à Longueville.

[9] Départs à 5.09 et 15.21 de Provins ; départs à 6.45 et 18.45 de Paris.

[10] Départ à 11.42 de Provins, et à 13.12 de Gretz-Armainvilliers.

[11] Rames ne pouvant être attelées qu’à une locomotive électrique, par opposition aux rames « électro-diesel », pouvant être attelées à une locomotive électrique ou Diesel.

[12] La desserte est actuellement assurée par les automotrices Z 20500, en unité simple de 4 voitures, moins capacitaires que des RIB de 8 voitures.

[13] Départ de Meaux à 7.32, à l’heure actuelle l’un des trains les plus fréquentés parmi ceux assurés en RIB.

[14] Un train parti en retard de 9 minutes a ainsi pu arriver 2 minutes en avance ; on peut donc raisonnablement réduire le temps de parcours, tout en gardant une détente horaire confortable.





 Forum

34 message(s) posté(s) à la suite de cet article :
Le BiBi envahit le Grand Est
(1/7) 12 septembre 2008, par Laurent 95
Le BiBi envahit le Grand Est
(2/7) 28 août 2008
Le BiBi envahit le Grand Est
(3/7) 2 août 2008, par Musicien77
Et la vapeur ?
(4/7) 1er août 2008, par Erwan
Le BiBi envahit le Grand Est
(5/7) 28 juillet 2008, par Cécile
Rame sans lumière
(6/7) 27 juillet 2008, par Lechat78
Le BiBi envahit le Grand Est
(7/7) 27 juillet 2008, par Miron


 

Le BiBi envahit le Grand Est
12 septembre 2008, par Laurent 95   [retour au début des forums]

Bonjour

Chaque jour du Lundi au Vendredi , je passe sur la Francilienne qui franchit la ligne 4 à proximité de la gare d’Emmerainville Pontault-Combault . Vers 15h45 environ , en direction de Paris , une R.I.B. poussée par une BB 67400 s’arrête à cette gare sur la voie extérieure , le temps pour une Z 22500 de Tournan de dégager . S’agit-il d’un mouvement à vide ou d’un train commercial ? Dans ce dernier cas les 1h20 que met le train venant de Provins sont dépassées , le temps que la rame du R.E.R. E atteigne au moins la prochaine section à quatre voies où elle sera enfin dépassé par ce train dont les voyageurs ne seraient pas fachés d’arriver après un temps de trajet majoré .

Cordialement

Le BiBi envahit le Grand Est
28 août 2008   [retour au début des forums]

s’il faut une marge de 11 kilometres pour s’assurer du bon passage de la traction électrique à la bonne marche des moteurs diesels , si ces BiBi qui feront dans le futur Meaux à la Ferté Milon ne rouleront qu’au diesel puisqu’il n’y a pas 11 kilomètres requis de Meaux à la bifurcation de Trilport , alors quel intérêt !!! à moins de mettre en marche des trains sans retournement à Meaux mais direct ensuite vers Paris et vice-versa. Est-ce qu’une étude fiable a été faite pour comparer l’électrification et l’achat de ces BiBi.

  • Le BiBi envahit le Grand Est
    28 août 2008, par
    Julien   [retour au début des forums]

    Bonjour,

    La marge de 11 km est l’application concrête sur Paris - Provins, cela dépend du profil de la ligne. Si les moteurs diesels sont mis en marche lors d’un arrêt en gare, il n’y a plus de notion de marge car il n’y a pas de risque de demande de secours en ligne si les diesels ne démarrent pas. Il faut juste un arrêt en gare de 2 à 3 minutes le temps de lancer les moteurs et de s’assurer de leur fonctionnement et préférer une gare où il y a plusieurs voies à quai pour opérer le changement du mode de tracion.

  • Le BiBi envahit le Grand Est
    31 août 2008, par
    Musicien77   [retour au début des forums]

    Étant donné que le nerf de la guerre, c’est toujours l’argent (et parfois au détriment de la technique), on peut supposer que des études fiables ont effectivement été réalisées. Il est en effet facile de comprendre que commander 24 BiBi au lieu de 19, ça doit coûter largement moins cher qu’électrifier une ligne entière, pour y faire passer si peu de trains (la « rentabilité » de l’électrification vers Provins/Troyes est déjà très limite, d’où un projet sans cesse repoussé, alors La Ferté-Milon... ce n’est intéressant d’électrifier que s’il y a beaucoup de trains sur une section de ligne).

    Il faut savoir également que le but du changement de matériel, c’est aussi d’apporter plus de fiabilité, y compris en mode Diesel : le problème n’est pas que le Diesel n’est pas bon et l’électrique génial... un Diesel récent, c’est mille fois mieux qu’un Diesel des années 60. Et, en termes de performances, le BiBi est largement meilleur que les BB 17000 de la ligne de Meaux. Le débat sur l’électrification ou non des lignes est donc complètement indépendant : la priorité, c’est surtout de ne pas supprimer des trains sur cette ligne qui n’en a déjà pas beaucoup...

Le BiBi envahit le Grand Est
2 août 2008, par Musicien77   [retour au début des forums]

Vue jeudi soir : la rame 541N. Le parc s’étoffe petit à petit.

Et la vapeur ?
1er août 2008, par Erwan   [retour au début des forums]

Une rame vapeur Ajecta pour faire le Longueville-Provins aurait eu de la gueule non ? Et en plus c’était sur place...

Bon il y a "juste" le problème du temps de chauffe d’une vapeur...

Le BiBi envahit le Grand Est
28 juillet 2008, par Cécile   [retour au début des forums]
Triplettes de bibis

Bonjour, Vous dites -et c’est vrai, j’en ai vu-, qu’on peut mettre des bibi en triplettes. Je n’ai plus la longueur en tête, mais ça fait long, non ? Vachement plus que des MS, des 6300, des X 73500 ou même 72500 à vue d’oeil, m’a-t-il semblé. Les quais de toutes les gares les admettent ? Il y a eu des travaux pour les recevoir ?

  • Le BiBi envahit le Grand Est
    28 juillet 2008, par
    Musicien77   [retour au début des forums]

    Bonjour,

    Une triplette de BiBi (donc 12 voitures), c’est d’une longueur équivalente (je n’ai plus le chiffre exact en tête, mais c’est à peu près pareil) à une composition 67400 + RIB 8 voitures, qui équipait la ligne avant le BiBi (et qui n’a pas encore complètement disparu, il manque encore des BiBi pour assurer toute la grille). Les caisses des BiBi sont en effet plus courtes que celles des RIB.

    La seule gare un peu limite c’était Nangis, je ne sais pas ce qu’il en est avec une triplette de BiBi à l’heure actuelle. Mais, au pire, comme avant, il suffit d’inviter les voyageurs à monter plutôt en tête pour cette gare (et l’intercirculation permet au pire de sortir par la bonne porte). Sur une RIB, c’était la dernière voiture qui débordait.

Rame sans lumière
27 juillet 2008, par Lechat78   [retour au début des forums]

Je suis étonné à la lecture de cet article de voir que la décision de supprimer le train suite à l’absence de chauffage et surtout de lumière ne fut prise qu’à Longueville. Normalement lorsque l’absence de lumière est constatée, on fait arrêter la rame à la gare suivante, même si il n’y a pas d’arrêt prévu dans celle-ci. Il y a va de la sécurité des voyageurs. Je tiens ces explications d’un contrôleur. Si un usager tibuche et se blesse en tombant, la SNCF sera responsable à cause de l’absence d’éclairage.

Le BiBi envahit le Grand Est
27 juillet 2008, par Miron   [retour au début des forums]

11km est suffisant pour faire chauffer les moteurs diésels ? Ou alors les nouveaux moteurs ne nécessitent plus de temps de chauffage (1h pour les loco thermiques actuelles) ?

  • Le BiBi envahit le Grand Est
    27 juillet 2008, par
    Maxximum   [retour au début des forums]

    Bonjour,

    Si un amateur très éclairé pouvait m (nous) éclairer à ce sujet, j’apprécierai vivement.

    En effet, pendant des années, on nous as dit et redit qu’il ne fallait pas démarrer à froid (voiture, bus, camion...) et comme on se rend (enfin !) compte qu’on pollue, du jour au lendemain c’est bon on peut démarrer et accélérer comme des malades si on veut.

    Du coup, je me pose la question pour les locos diesel (et autres autorails) : Réduit-on vraiment leur vie si on les démarre que quelques minutes avant le départ ? J’observe à Rouen que le démarrage de X4xxx (assez anciens) se fait parfois au tout dernier moment (même après plusieurs dizaines de minutes à quai, moteur éteint), comme cela arrive aux AGC quasi neufs. Et aux dernières nouvelles, ni les uns ni les autres ne semblent poussifs au démarrage ou bons à abattre ?!

    Alors "lobby des pétroliers" ou "respect des moteurs" ???

  • Le BiBi envahit le Grand Est
    4 août 2008, par
    nanard   [retour au début des forums]

    11km est suffisant pour faire chauffer les moteurs diésels ? Ou alors les nouveaux moteurs ne nécessitent plus de temps de chauffage (1h pour les loco thermiques actuelles) ?

    je ne suis pas un expert motoriste, mais je sais que les moteurs diesels récents à injection directe nécessitent un temps de (pré)chauffage infiniment inférieur à celui de leurs ancêtres. En effet, les progrès dans les moteurs diesels permette d’avoir une bonne combustion (plus complête) même à froid. De plus la gestion electronique du moteur permet de prendre en compte la température pour adapter l’injection. Cela expliquerait que les matériels récents ne nécessitent plus de temps de chauffage.

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