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Via sa filiale Mobicité, spécialisée dans les « navettes de proximité », la RATP a récupéré le 1er janvier l’exploitation du petit réseau intercommunal « Rosny Est Parisien », centré sur la ville de Rosny-sous-Bois et mieux connu sous son nom commercial : Titus.
Créé en 1987, le réseau Titus comprend cinq lignes commerciales (1 à 5), effectuant des trajets en boucle pour desservir finement la commune de Rosny-sous-Bois, éventuellement en rabattement sur le RER (
à Val de Fontenay, 
à Val de Fontenay et Rosny-sous-Bois). Les lignes sont gérées en fait comme trois entités : lignes 1/2, 3/4 et 5. La tarification générale y est applicable : tickets t+ ou abonnements à zones (Cartes Orange, Intégrale, Imagine’R, etc.).

L’exploitation était assurée précédemment par les Autobus du Fort (groupe Veolia Transport), qui utilisaient 4 autobus sur ce réseau : trois Heuliez GX 117 et un GX 77 H avec une livrée particulière Titus.


Lancée en août 2006 par la ville de Rosny-sous-Bois, la procédure de mise en concurrence a traîné en longueur, notamment du fait du recours exercé par l’exploitant « sortant ». En définitive, c’est pourtant bien Mobicité, et donc le groupe RATP, qui a récupéré la gestion du réseau, sous forme d’un contrat de 5 ans (renouvelable une fois) prenant effet au 1er janvier 2008.
Dans l’immédiat, bien loin du « spécialiste des transports urbains pour rationaliser, professionaliser et exploiter ces nouveaux services » qu’il se revendique... Mobicité donne surtout l’impression d’avoir été pris au dépourvu : modification minimaliste de l’information voyageurs (un simple autocollant « Mobicité » remplace le logo des Autobus du Fort sur les horaires aux arrêts) et de l’identité du service (le nom Titus est conservé, les véhicules ex-RATP ont simplement eu droit à un logo « Mobicité » supplémentaire côté portes).
Le service, dont la consistance est définie par la ville de Rosny, reste assuré comme précédemment : du lundi au samedi de 7h10 à 19h30, avec un intervalle de 15 à 30 minutes selon les lignes et les heures. Des fréquences faibles qui cantonnent de fait le réseau Titus à un rôle « de proximité », analogue à celui des Traverses parisiennes : pratique pour aller faire ses courses, transporter bébé en poussette ou regagner la maison lorsqu’on est âgé... Mais pour les actifs, il est souvent plus rapide de marcher que d’attendre le prochain bus.

Mobicité dispose de trois autobus Heuliez GX 117 pour les lignes Titus : les coquilles 409, 410 et 431, précédemment attribués à ligne RATP v1 du réseau Valouette (centre-bus de Vitry). Attachés à la filiale, les conducteurs sont de statut privé ; en revanche les opérations de contrôle (brigades ponctuelles) et la maintenance du matériel roulant sont assurées par la Régie elle-même. Cette organisation avait déjà été utilisée aux débuts de la ligne 552 (Porte de la Chapelle
— La Plaine-Stade de France
), lorsque la desserte en heures creuses était assurée à la demande par des Mercedes Sprinter.
Alors que la concurrence n’est pas encore effective sur le réseau principal des bus franciliens (il existe un système complexe de « droits de desserte » attachés à chaque entreprise par héritage historique, et qui rend difficile à court terme un bouleversement important dans l’exploitation des lignes), ces dessertes de proximité constituent un premier terrain, d’importance un peu symbolique, où les contrats peuvent se gagner ou se perdre. La RATP avait par exemple perdu (au profit de VAS, alias Voyages Autocars Services) l’exploitation de la ligne 570 (« P’tit Bus du Pré » St-Gervais) en janvier 2005. Mais si la concurrence a un effet bénéfique certain sur le coût de la prestation pour la collectivité, ses avantages en termes de service rendu aux voyageurs sont moins évidents...
Après avoir exercé en province (Nantes, Aix, Montpellier...), Mobicité a aujourd’hui concentré ses activités et sa prospection commerciale sur l’Île-de-France, terrain historique de la RATP (et réservoir de croissance privilégié pour son PDG Pierre Mongin). Cette filiale fait partie des « points d’entrée » identifiés par le groupe RATP pour pénétrer des marchés (ou des aires géographiques) traditionnellement tenus par l’un des grands concurrents nationaux (Veolia, Transdev, Keolis).
Les lignes Titus deviennent en tout cas de nouvelles lignes à statut particulier au sein du réseau RATP. Réseau qui ressemble de plus en plus à une nébuleuse, avec une multitude de « lignes de proximité » et de réseaux locaux en marge des lignes principales, disposant d’une identité commerciale propre, de livrées spécifiques, d’indices non-numériques, d’horaires atypiques, voire de tarifications particulières. Au risque de rendre finalement totalement illisible l’offre de transport pour le voyageur occasionnel ou qui habite à distance. Finalement, Titus est-il un acteur du développement, ou de la décadence de l’empire ?
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Dernier : 13/01/2008, 17h47 • Gérard Massip
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Dernier : 13/01/2008, 17h47 • Gérard Massip
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