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Tous les matins pendant la grève des cheminots, c’était pareil. Après un café bien serré, l’usager allait chercher au clou ses clés de voiture qu’il avait laissées dans sa poche, et il partait pour de nouvelles aventures.

La journée commençait toujours de la même manière. Après un réveil de plus en plus matinal, il fallait écouter à la radio le point sur le trafic dans les transports en commun tout en évitant de plonger son bol de café dans sa tartine. La grève était suivie, très suivie. Faussement étonné, on se décidait alors à écouter avec attention le « Point route », cette chronique qu’on ignorait depuis tant d’années. Et comme d’habitude, le café, France-Info et les tartines de confiture faisaient qu’on ressortait du petit-déjeuner plus décidé que jamais. Non ! Ni les grèves, ni les bouchons n’allaient entamer notre détermination.

Le contact allumé, le pare-brise dégivré, l’usager transformé en automobiliste avait toujours un pressentiment : et si, finalement, des RER circulaient ? Après tout, on ne sait jamais. Un petit tour à la gare pour s’en assurer. Comme prévu pourtant, aucun train à l’horizon. Et face aux portes restées fermées, le visage des usagers l’était aussi. Puis, on reprenait sa chère voiture, qu’on avait bien fait de ne pas quitter complètement, malgré l’invitation faite par les publicités Transilien.

Sur le chemin, on croisait des héros des temps modernes, des travailleurs éclairés sur des vélos qui l’étaient moins. Finalement, on arrivait bien à son bureau, avec trois heures de retard, certes, mais on arrivait. C’était le principal. Le soir, le scénario était le même. Dans une nuit qu’on trouvait de plus en plus noire, Bison Futé voyait toujours plus rouge et les prévisions de trafic pour le lendemain n’étaient pas plus roses. On commençait déjà à regretter le bon vieux temps où l’on disait que l’on était transporté comme du bétail dans les rames et où l’on se plaignait des dix minutes de retard de notre train.

Mais, par un beau matin ensoleillé, la nouvelle courut que la grève allait être levée. Soulagement général, l’automobiliste allait pouvoir reprendre son train préféré, récupérer sa place fétiche, dans la voiture de queue, au fond à gauche. On allait aussi enfin pouvoir revoir ces visages connus, ce monsieur avec son attaché-case qui monte à la gare d’après, cette jeune femme qui se remaquille toujours devant moi. Des visages connus mais des gens inconnus. Et puis, « tuture » allait de nouveau rester au garage et notre passe Navigo, qui s’impatientait dans la poche droite du manteau allait enfin pouvoir reprendre du service !
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Dernier : 25/11/2007, 21h17 • Christobal
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SIEL se met en six
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Dernier : 25/11/2007, 21h17 • Christobal
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Vu et vécu dans l'année
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Images de grève
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