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Carnets du voyageur

Droit dans ses bottes 14 octobre 2007

Multirécidiviste des rodomontades, des grands coups de menton et autres effets d’annonce, l’hyper-président Sarkozy n’a pas peur de la grève, qu’on se le dise.

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« Moi, je », la marque de fabrique du Président-touche-à-tout
(doc. Canal + / Les Guignols de l’Info)

Début octobre, il s’est ainsi laissé aller devant ses collaborateurs, comme le rapporte Le Canard Enchaîné cette semaine : « Si les syndicats veulent l’épreuve de force, je suis prêt. Deux mois sans train, eh bien ! Ce sera deux mois sans train. Ou plutôt deux mois sans les cheminots. Moi j’imposerai le service minimum, avec l’armée s’il le faut. »

Une idée lumineuse reprise à un certain... Jacques Chirac, à l’époque Premier ministre, qui avait fait mettre en place grâce à l’armée un « service minimum » avant la lettre, pendant la grande grève de l’hiver 1986/1987 où le réseau s’était trouvé paralysé plus d’un mois. Comme quoi la « rupture » est une excellente idée, à condition de ne pas l’appliquer partout.

D’ailleurs, les camions militaires n’ont pas fait de miracles : par rapport au transport de masse qu’ils étaient censés remplacer (le RERA et ses 58 000 voyageurs/heure de l’époque...), ils étaient évidemment beaucoup plus lents, car tributaires des embouteillages habituels en période de grève. Et aussi beaucoup moins capacitaires. Sans oublier que, faute de camions en nombre suffisant, le « service minimum » assuré par l’armée se contentait de transporter les banlieusards jusqu’aux portes de Paris. Et évidemment, rien de tout cela en province.

Même si les déclarations les plus fracassantes de l’hyper-président ne se sont pas révélées les plus suivies d’effets... Cet épisode historique conduit inévitablement à sourire lorsque l’on entend Nicolas Sarkozy rouler ainsi des mécaniques.

Difficile par exemple d’imaginer comment l’armée, complètement débordée par la tâche en 1987 malgré des budgets militaires supérieurs et le renfort des appelés, saurait mieux assurer un « service minimum » digne de ce nom aujourd’hui — d’autant que le trafic des transports publics a augmenté de 20 à 30 % entre temps.

Mais il est vrai qu’en vingt ans, la technologie et le savoir-faire ont beaucoup progressé. On attend d’ailleurs avec délectation de voir comment l’armée pourra, le cas échéant, répondre à l’injonction présidentielle pour continuer à faire rouler les trains en se passant des cheminots !

Dernière mise à jour
15 octobre 2007  15h07
6 messages ont été postés à la suite de cet article
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6 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article, dans 1 discussion(s) :
1. Droit dans ses bottes
15 octobre 2007

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Droit dans ses bottes
15 octobre 2007, 19:32  

Hormis la légitimité du mouvement, la question éminement sensible que soulève la situation est de savoir qu’est-ce qui est le plus important : le droit de grève ou le service public rendu. Points de vue inconciliables, pour des années encore, hélas.

Concernant la démarche des pouvoirs publics, ça va être sportif, je pense que de toutes façons, on ne coupera pas à de la compression en wagon ou bus, des Vélibs introuvables car pris d’assaut, les merveilles du bouchon en covoiturage, ou le plaisir de retrouver des rollers, la marche à pied ou son bon vieux vélo...


Vélib’ durant une grève
15 octobre 2007, 22:34 • par Cramos  
Pour les Vélib’, quelque chose me dit que les stations des portes de Paris vont être vides très vite. Que les véhicules de Decaux au GPL vont avoir beaucoup de travail pour déplacer les vélos dans un sens le matin, dans l’autre le soir !

Droit dans ses bottes
15 octobre 2007, 23:00 • par Xtof  

Beaucoup de choses nous séparent de 1995. Même s’il est certain que la grève de jeudi sera très suivie, la poursuite du mouvement au delà paraît très aléatoire et affaiblirait davantage la position des cheminots dont l’image s’est considérablement dégradée dans l’opinion publique par rapport à il y a 12 ans. Les centrales nationales des principaux syndicats l’ont bien compris et c’est la raison pour laquelles ils appellent à un mouvement limité. Il serait suicidaire pour elles d’aller à l’encontre d’une des mesures phares votées au suffrage universel (qui est encore très proche) et approuvées par une large majorité de Français (certes plus par raison que par passion). Qu’on soit proche ou non du programme de N. Sarkozy, il faut se rendre compte à l’évidence que le système actuel ne peut plus perdurer. Toutefois, ce ne sera pas à n’importe quel prix et des compensations devront être négociées.

L’autre point important est l’application du service minimum : ceux qui se risqueraient à bloquer les trains et ledit service doivent bien vérifier ce qu’ils encourent. Les autorités disposent en effet de moyens juridiques pour obliger un certain nombre de conducteurs à assurer le service. En cas de refus, les sanctions pour ces derniers pourraient être très lourdes. La question est à présent de savoir si le gouvernement osera ou non les appliquer (je pense que non, mais on ne peut rien prévoir pour l’instant).


Droit dans ses bottes
16 octobre 2007, 10:06  
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%...
Je pense aussi que les syndicats vont rater leur grève (une grève de 24 heures n’a aucun impact) à cause de leur désunion. Je pense aussi que même si la grève durait 1 mois très dur comme en 1995, mais Sarkozy ne lâcherait rien (le modèle qu’il veut suivre est la grève des mineurs sous Thatcher à mon avis) Par contre, juridiquement la loi sur le service minimum n’apporte rien, c’est de la poudre aux yeux (tout ce qu’elle permet concrètement dans ce cas de figure, c’est obliger le transporteur à faire circuler un maximum de non-grévistes en heures de pointe au détriment des heures creuses, ce qui se faisait déja en pratique...). Pour le reste, on est dans le domaine des réquisitions classiques dont l’efficacité dans une grève aussi polarisante me paraît nulle.

Droit dans ses bottes
16 octobre 2007, 12:40 • par marc  
Est-il utile de préciser que la loi sur le "service garanti" ne s’appliquera qu’à partir de janvier 2008 ? Le mouvement de jeudi sera sans doute trés suivi, comme un appel à ne pas faire n’importe quoi, dans le mépris le plus total des agents du service public ! Réformer, pourquoi pas (démographie, etc) mais imposer un programme idéologique à coup de transport de troupes, on se prépare de la misère...

Droit dans ses bottes
17 octobre 2007, 09:13 • par LST  
Et dire qu’aujourd’hui c’est la journée internationale de lutte contre la pauvreté (7M de français sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 817€ par mois...) et que notre cher président va prononcer un beau discours...

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