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Inauguration gâchée par un incident voyageur et une grève perlée : à défaut des améliorations promises par le nouvel horaire, les habitués de la ligne A auront au moins eu droit à une semaine pleine d’action(s)...
Entré en vigueur lundi 2 septembre, le nouvel horaire d’hiver de la ligne A du RER a, pour ainsi dire, été accueilli en fanfare. Dès 8 heures le premier jour, un accident en zone SNCF est venu bouleverser la circulation des trains sur la ligne. Repoussant encore les limites supposées de l’inconscience humaine, un jeune homme dont le vélo était tombé du quai en gare de Maisons-Laffite a tenté de le récupérer en descendant sur les voies... Et ce qui risquait d’arriver, vu la densité du trafic pendant la pointe du matin à cet endroit, est arrivé : le malheureux est mort avant d’avoir pu remonter sur le quai, percuté par un train Mantes-la-Jolie - Paris qui circulait à environ 100 km/h.

Interceptée partiellement le temps de procéder aux constatations d’usage, la ligne A (tout comme le trafic banlieue et Grandes Lignes du réseau St-Lazare) s’est en conséquence trouvée fortement désorganisée toute la matinée. Le service a continué tant bien que mal sur la branche Marne-la-Vallée, avec force missions QBZZ/BQZZ [1] retournées à La Défense ou Rueil - une mesure qui fait partie des classiques, mais qui est d’autant moins évidente à mettre en œuvre que les roulements des conducteurs et des rames viennent de changer !
Aux incidents d’exploitation, relativement inévitables [2], se superpose depuis lundi une grève d’une partie des conducteurs RATP de la ligne, dont à vrai dire le bien-fondé ne saute pas aux yeux. Ils entendent en effet protester contre les prolongements Noisy-le-Grand - Torcy (et vv.), qui se sont fait sans renfort de personnel - en oubliant certainement que plusieurs trains terminant ou amorcés jusqu’ici à Noisy-le-Grand effectuaient de toute façon ce même parcours à vide.
Certes, la grève n’a lieu, depuis lundi, que 2 à 3 heures par jour ; et histoire de ne pas spénaliser systématiquement les mêmes, voyageurs comme conducteurs, elle « tourne » : lundi, c’était dans la tranche 4h45 - 7h ; mardi, à la mi-journée (13h - 15h) ; mercredi, à la pointe du soir (18h - 21h, même si des impatients s’y sont mis dès 17h). Et ainsi de suite.
Le mouvement n’a beau être que partiellement suivi (à 25 % mardi, 45 % mercredi, par exemple), il n’a jamais été officiellement annoncé aux voyageurs : ils sont juste informés, « en temps réel », d’un laconique « mouvement social : trafic assuré à X % » par les écrans SIEL annonçant les prochains trains. Manifestement, il s’agit d’une tendance récente à la RATP : ne pas faire de publicité pour les grèves dont on estime qu’elles auront un impact faible, image oblige. A nouveau, il y a donc de quoi s’interroger : à quoi bon faire grève, si celle-ci reste inconnue des voyageurs, et qu’elle engendre des perturbations comparables à un incident d’exploitation courant ?
S’ils obtiennent satisfaction, les grévistes auront sûrement la conviction d’avoir œuvré pour le progrès social et le bien commun. Sauf qu’en une poignée d’heures, ils auront réussi à faire oublier que le nouvel horaire devait d’abord être synonyme d’amélioration pour les voyageurs. Et que la situation rappelle celle d’une classe d’école maternelle, où l’on distribue crayons et bonbons pour que les enfants se tiennent tranquilles.
A l’heure où l’on vante tant le système d’« alarme sociale » de la RATP, lesdits voyageurs auraient pu espérer, d’ailleurs, que ce genre de mouvement d’humeur, autrefois passage obligé à chaque changement de service, reste cette fois-ci sagement au rang des mauvais souvenirs.
[1] Des trains omnibus Marne-la-Vallée - La Défense et inversement, en lieu et place de la desserte théorique à base de semi-directs. Ont aussi ciculé quelques mouvements d’équilibre à vide en mi-journée afin de repositionner à peu près normalement les trains avant la pointe du soir.
[2] Fort heureusement, ils ont été assez peu nombreux après ce début fulgurant. A peine peut-on retenir de légères perturbations durant la pointe de ce soir dûes à un acte de malveillance aux abords de Neuville-Université.
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