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L’essai de Denfert-Rochereau est transformé : dans le métro, le tri sélectif des déchets vient de s’étendre à la ligne 
entière. Une très bonne initiative qui permet à ses responsables de dire plein de gros mots, comme « développement durable », « préoccupation écologique » ou « politique de propreté ».

Oubliez ce que vous avez lu dans les magazines féminins (qui n’étaient d’ailleurs sans doute pas unanimes sur la question) : la couleur à la mode à l’aube de cet été, c’est le jaune. Jaune, comme les poubelles du tri sélectif à Paris qui équipent 87% des immeubles (selon un recensement de la Mairie), mais également certains jardins publics (150 sur les 420 de la capitale) et — ce qui nous intéresse davantage ici — le « pôle multimodal » de Denfert-Rochereau, c’est-à-dire la station de métro, la gare RER et les arrêts de bus.
Ce n’était, on s’en souvient, au départ qu’une « expérimentation » lancée fin juin 2006 mais qui continue toujours. Après une inévitable période d’adaptation où l’on a vu un peu de tout dans les poubelles jaunes — des peaux de bananes aux kleenex en passant par les journaux et les canettes en verre — malgré le mode d’emploi rappelé à côté ou au-dessus, l’expérience a été plutôt concluante. En termes d’image, du moins : une enquête effectuée auprès des voyageurs (sur laquelle nous n’avons provisoirement pas plus de précisions, sauf que l’échantillon était certainement « représentatif ») aurait conclu que 95% jugeaient « ce système de tri satisfaisant » et que 97% estimaient « que la RATP prouve ainsi ses préoccupations écologiques et qu’elle prend soin de ses espaces ».
Les questions devaient faire à peu près autant hésiter qu’un « êtes-vous pour lutter contre la faim dans le monde ? », on vous l’accorde, mais il est toujours réconfortant d’arriver à mettre de gros chiffres scientifiquement obtenus derrière une idée qui avait a priori toutes les chances de faire consensus.
Bref, le tri sélectif, c’est écolo et citoyen, autrement dit c’est bien. Et l’enjeu est de taille, sachant que 7000 tonnes de détritus sont collectées sur les réseaux RATP chaque année, dont la moitié de déchets recylables.

Après Denfert-Rochereau, la Régie passe donc à la vitesse supérieure puisqu’elle a étendu, la semaine dernière, le centre de tri à l’ensemble de la ligne 
. Question d’image, là encore : quoi de plus logique que la plus moderne des lignes du métro, la plus fréquente car intégralement automatique, la moins perturbée par les incidents (encore que...) et les grèves, soit aussi la plus écolo ?
Tous les espaces de la ligne 
, autrement dit les stations et les quais [1], ont donc été équipés de nouvelles poubelles jaunes destinées à la récupération des déchets recyclables : journaux, bouteilles en plastique, papiers non gras, canettes métalliques... Au-total, plus de 400 réceptacles nouveaux qui s’accompagnent d’une grande campagne de communication de proximité, avec des affiches sur les quais, des autocollants à côté des poubelles et des messages sonores en station.

L’initiative mérite d’être saluée une nouvelle fois parce qu’il faut bien se rendre à l’évidence : les dizaines de milliers de journaux gratuits qui atterrissent, à la descente du métro et du RER chaque matin, avec le tout venant dans la première poubelle qui passe, ne demandent qu’à être recyclés. C’est d’ailleurs le principal risque de ces fameuses corbeilles jaunes : qu’à vouloir tout récupérer, on finisse par dérouter l’utilisateur et qu’il y jette n’importe quoi en toute bonne foi. Au risque de contaminer tout le reste, alors que le recyclage du simple papier constituerait déjà un vrai plus en étant moins périlleux.
Mais à vrai dire, ce débat n’est pas propre au métro, puisque la question se pose de manière plus générale pour ces fameux « bacs jaunes » qui ne distinguent plus le papier du reste [2] et qui obligent à un tri manuel ensuite. Heureusement, les consignes finissent par être apprises et on trouve de moins en moins de poubelles refusées (parce qu’elles contenaient des déchets « interdits ») sur les trottoirs de la ville. Et puis ces poubelles jaunes des espaces publics sont des sacs plastiques translucides. En application du plan Vigipirate bien sûr, mais aussi pour que chacun puisse voir immédiatement quels sortes de déchets il y a dedans, et apprendre ainsi par l’exemple...
Non, le vrai défaut de ces poubelles « écolo » est bien ailleurs. Elles sont installées comme des pièces rapportées, collées sur les murs ou sur le côté des corbeilles RATP habituelles, dans un environnement de faïence et de métal brossé où cette greffe en PVC jaune vif ne prend pas du tout. Le résultat est harmonieux comme un sac plastique sur une plage, une catastrophe eshétique dans un univers — la ligne 
— si uniformément policé par l’architecture et le design. Un crime de lèse-Kaminagai, en somme.
Bien sûr, on entend d’ici les objections : rien n’était prévu pour les accueillir, on n’avait pas imaginé, tout cela ne fait que débuter... Mais puisque le tri sélectif semble désormais voué à s’étendre, dans les mois ou les années qui viennent, souhaitons que les architectes et les services des travaux neufs prévoient bien désormais des niches pour deux poubelles dans les murs des stations, et que les designers proposent bien vite des modèles de poubelles à deux bacs qui fassent plus sérieux (il en existe déjà un certain nombre en Allemagne et en Autriche, au cas où).
En attendant, puisqu’on ne voit qu’eux, voyons le bon côté de la chose : ces sacs en plastique jaune sont un moyen supplémentaire de sensibiliser les voyageurs au tri sélectif et de leur donner les bons réflexes !
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Et au-delà de la ligne 
, à propos ? La RATP indique qu’elle envisage « prochainement d’expérimenter ce système pour certaines gares RER d’Île-de-France et dans quelques stations de métro supplémentaires ». Un manque d’ambition singulier pour une entreprise qui s’efforce de prendre en marche le train du « développement durable » et qui considère qu’elle a une responsabilité et un vrai rôle environnemental à jouer. C’est que pour trier à plus grande échelle, il y a un défi logistique à relever : « Le problème n’est pas le tri mais la collecte. Nous travaillons à l’acheminement des déchets par le réseau souterrain plutôt qu’en surface », a indiqué un fonctionnaire de la Ville à Metro. Alors, après le train aspirateur, le métro poubelle ?
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Dernier : 27/10/2007, 22h50 • rolot
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[1] C’est en fait tous les espaces gérés par l’Unité Opérationnelle 14 — ce qui comprend par exemple les quais ligne 
et toute la salle des billets à Bercy, mais pas la salle d’échanges RER à Gare de Lyon.
[2] Contrairement à la génération précédente, les poubelles à couvercle bleu réservées au papier et qui ont disparu lors de la mise en place du tri sélectif en 2002.
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Paris-Est engage de nouveaux « contrôleurs »
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Dernier : 27/10/2007, 22h50 • rolot
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