| MétroPole > Actualités > janvier 2007 |
XML
|
![]() |
![]() |
La RATP se serait-elle fait une spécialité des incidents qui bégayent, et plus particulièrement des incidents qui concernent la caténaire ?
On peut légitimement se poser la question à la vue des incidents vécus par les voyageurs du 
dimanche soir et lundi matin.
L’affaire commence dimanche midi, lorsqu’une unité multiple de MI 2N met à mal la caténaire de la voie 2 entre Lognes et Noisiel. Neuf poteaux caténaires sont touchés sur 400 mètres. La RATP bénéficie de sa chance habituelle : le dimanche est le jour le moins chargé de la semaine, y compris pendant les vacances scolaires. A une journée près, et c’était le lundi de rentrée scolaire qui était touché — ce qui aurait été une autre paire de manches.

La RATP a mis en place un plan transport relativement simple : profitant du plan de voies bien développé de la gare de Noisy-le-Grand — Mont-d’Est, tous les trains en provenance de Paris effectuaient leur terminus dans cette gare. Réceptionnés voie Z, soit les trains faisaient la manœuvre « en tiroir » afin de repartir voie 2 sur Paris, soit ils effectuaient la « manœuvre zéro » et repartaient sur Paris sans avoir à manœuvrer. La voie 1 restant alors inutilisée, celle-ci réceptionnait les deux navettes mise en circulation entre Noisy-le-Grand et Marne-la-Vallée - Chessy [1].

Ce plan de voie, très judicieux du point de vue de la circulation des trains (les trains en provenance et à destinations de Paris ne gênant jamais la navette de Chessy), n’était des plus heureuses pour les flux de voyageurs. Cumulés le fait que l’affichage dans cette gare n’est pas des plus souple [2] et que ces trains sont fréquentés par de nombreux touristes, la présence d’agents de la RATP sur les deux quais n’était pas superflu.
Mais à la RATP, on n’a peur de rien, quitte à ce que les voyageurs soient déboussolés : lorsque la navette en provenance de Chessy arrive à contre-sens voie 1, elle libère son flot de voyageurs sur le mauvais quai (quai Nord) pour qu’ils puissent continuer leur voyage sur Paris (le quai normalement dévolue aux départs pour Paris est le quai Sud). Qu’à cela ne tienne. Le train garé voie Z — celui qui effectue la manœuvre zéro pour repartir sur Paris — ouvre ses portes du côté du quai Nord, et une fois tout le monde à bord, referme ce côté pour éventuellement rouvrir celui côté quai Sud. Presque un jeu.
Parfois, les voyageurs arrivés quai Nord sont invités à changer de quai pour continuer leur voyage sur Paris sans trop d’attente, le prochain train au départ effectuant la manœuvre en tiroir... Pour en laisser renter un autre voie Z, qui finalement partira en premier ! Malgré ces quelques couacs, tout se déroula pour le mieux, grâce à la faible affluence du dimanche après-midi.
Pendant que les deux navettes circulaient entre Chessy et Noisy au rythme d’un départ toutes les 30 à 40 minutes, et que l’opération était à peu près transparente pour la SNCF (nonobstant les retards enregistrés par les missions de la voie 2), les agents caténaires de la RATP s’affairaient à mettre en œuvre une réparation qui n’allait pas durer le temps d’une nuit...


Car au petit matin de ce lundi de rentrée scolaire, la caténaire céda de nouveau, plantant encore une fois une UM de MI 2N à Noisiel. Et cette fois, les conséquences n’allaient pas être les mêmes, d’une part en raison du plus grand nombre de trains engagés habituellement un jour ouvrable, d’autre part, par le nombre de voyageurs attendus : le 
en accueille désormais plus d’1,05 million par jour, du lundi au samedi en période scolaire d’hiver...

Suite à ce nouvel incident identique au précédent, le scénario du dimanche a été reconduit le lundi en gare de Noisy-le-Grand. Encore une fois, deux navettes de MI 2N ont été mises en circulation entre Noisy-le-Grand et Chessy dès que possible. L’usage systématique de MI 2N pour assurer ces navettes les deux jours était volontaire afin de pouvoir transporter un maximum de voyageurs [3]. Mais contrairement au dimanche, les voyageurs présents dans les trains étaient nettement plus nombreux. Tout comme les trains en ligne. Dans ces moments-là, la SNCF doit suivre, avec des dommages collatéraux notamment pour le groupe III de la banlieue St-Lazare qui emprunte les mêmes voies que le 
depuis Nanterre. Il en est d’ailleurs de même pour les missions purement RATP du 
(branches St-Germain et Boissy) qui doivent s’insérer entre deux trains « désheurés ».
En reprenant le plan d’occupation des voies de dimanche, les trains en provenance de Paris arrivant tous voie Z, déversent les voyageurs habituellement sur le quai Nord, la navette se trouvant en face. Mais devant l’étroitesse des quais, la rareté des navettes, additionnés à une confusion importante (les messages en stations indiquaient des navettes d’autobus pour Torcy !), le quai Nord s’est vite trouvé noir de monde. Les trains suivant de Paris arrivant, certains conducteurs ont délibérément ouvert les portes sur le quai Sud, leur train n’aurait jamais été évacué dans le cas contraire.


Une fois le train parti faire sa manœuvre en tiroir, les escaliers menant à la mezzanine permettant de changer de quai pour récupérer la navette avaient bien du mal à évacuer une UM ne serait-ce que de MI84. La navette sur la voie 1 leur tendait les bras... Jusqu’à ce qu’un autre train arrive voie Z, dans un grand concert de klaxon et à une allure plus que modérée. « Les gens traversent devant moi » se plaignit une conductrice au PCC de Vincennes. Et encore un train qui va déverser ses voyageurs sur le quai Sud... Jusqu’à ce que le conducteur de la navette fasse une annonce claire et précise en indiquant sa desserte [4]. Ras de marée humaine de la voie Z pour récupérer la navette. Devant cette cacophonie peu sécuritaire, la situation changea dans la matinée : les navettes sont reçues et expédiées voie Z, les trains de Paris reçus voie 1 et effectuent systématiquement la manœuvre en tiroir pour repartir voie 2. Outre l’occupation de la voie Z lors de la présence de la navette empêchant toute traversée de celle-ci, l’ouverture alternative des deux côtés pour récupérer les voyageurs désirant monter sur Paris n’avait plus lieu d’être : la navette dépose ses voyageurs pour Paris sur le quai Sud et récupère ensuite les voyageurs pour Chessy arrivés voie 1 sur le quai Nord, évitant ainsi tous les mouvements de foules. Ouf, on a eu chaud. Dans la soirée, le trafic redevenait normal... Jusqu’à demain ?


On remarquera que SIEL a fonctionné sans relâche durant tous ces déboires ferroviaires, donnant une information fiable sur le tronçon « épargné » de Noisy-le-Grand à Paris. Des messages invitaient les voyageurs à se rendre sur le quai « Marne-la-Vallée » [5] quelque soit leur destination et à rester attentifs aux annonces dans les gares comprises entre Noisy - Champs et Torcy.

![]() |
Dernier : 13/06/2007, 15h13 • Rémi Cardona
|
[1] Ces navettes circulaient à contre-sens de Torcy (inclus) à Noisy-le-Grand, sur la voie 1, la voie 2 étant rendue inutilisable de par sa caténaire arrachée et le train accidenté resté immobilisé.
[2] Il n’y a aucun moyen d’indiquer la desserte d’un train voie Z sur le quai Nord, quoique certains panneaux en permanence éteint en service normal auraient peut-être trouvé là une utilité).
[3] Dimanche, jusqu’à 20 heures, cette navette récupérait à chaque passage les voyageurs arrivés par 3 trains en provenance de Paris.
[4] Les MI2N ayant d’origine des hauts-parleurs à l’extérieur du train, la perception des annonces faites est alors très aisée.
[5] Les grilles des accès aux quais « Paris » avaient toutes été fermées.
![]() |
D-Rapage
|
![]() |
Dernier : 13/06/2007, 15h13 • Rémi Cardona
|
![]() |
L'actualité du mois
|
![]() |
Le conducteur était-il au courant ?
|
|
13 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article,
dans 2 discussion(s) :
|
|