Une panne électrique associée à un incident mécanique a provoqué hier un arrêt spectaculaire de la ligne 14.
Arrivé à St-Lazare sur le quai de la ligne 
pour prendre mon métro, et habitué à une régularité qui laisse peu de place à la fantaisie... je constate qu’il se passe cette fois-ci des choses inhabituelles : une rame vide ne marque pas l’arrêt à la station, une personne reste dans la rame en train de bouquiner alors qu’on lui demande fermement de sortir, un train reste un bon moment à quai, puis les portes du suivant s’ouvrent et se referment presque aussitôt sans signal sonore... La RATP aurait-elle embauché des stagiaires au PCC ? (en fait, le PCC fait du mieux qu’il peut, comme on va le voir plus loin.)
J’avise alors les hommes aux talkie-walkies : « un problème sur la ligne ? ». Ils me répondent que « pour l’instant, ça tourne ! ». Alors, si « ça tourne », en voiture Simone !
Il est 19h50 lorsque Météor (nous sommes devenus intimes) tombe en rade ! La voix derrière hauts-parleurs nous le rappelle à intervalles réguliers : « Ding ding dong... interruption du secteur depuis 19h50 provoquant un arrêt du trafic sur toute la ligne 14 » agrémenté d’un « Mesdames et Messieurs merci de votre patience » ou plus original d’un « merci de votre bonne humeur ! »). La rame stationne entre les stations Pyramides et Châtelet.
Au bout d’une demi-heure, on s’organise : mon voisin fait tourner un numéro du Canard Enchainé pendant qu’un autre fait l’inventaire des provisions dans son sac. Au bout d’une heure, certains essaient de détendre l’atmosphère avec des blagues du genre : « on pourrait peut-être profiter de ce moment pour se rapprocher ? ». Mais les filles rient jaune — l’ambiance « peaux de bêtes et silex » n’est pas loin... Puis l’énervement gagne du terrain. Plusieurs jeunes se défoulent sur l’interphone, provoquant vifs échanges de noms d’oiseaux avec les passagers.
À ce stade, la situation a déjà tout d’exceptionnel : une panne d’une heure sur la ligne de métro la plus sophistiquée, ce n’est pas courant ! On est en droit de se demander si les agents du PCC en on profité pour aller faire valider leurs grilles de loto, ou s’ils sont à quatre pattes la bougie à la main en train d’essayer de retrouver la prise... Mais en fait, en coulisse ça s’active bel et bien ! La RATP tente d’isoler une partie de la ligne (Bibliothèque — Bercy) afin de rétablir le courant sur le tronçon St Lazare — Gare de Lyon.
Pendant ce temps, c’est une ambiance un peu « boîte de nuit » dans la rame. Les lumières s’allument, s’éteignent et on a le temps de faire le constat suivant : lumière = climatisation !

Au bout d’1h30 (montre en main) le métro redémarre enfin, sous les applaudissements ! Sur le quai de Châtelet, dans un ballet « contemporain » les équipes de police croisent des techniciens sur les dents. Ma voisine me glisse : « vous avez bien fait de faire une photo, ça fera un souvenir et comme ça on nous croira ! » C’est vrai qu’avec une interruption d’une heure et demie, on peut prétendre figurer au livre des records de la ligne 
.
Le métro stationne (encore) un moment à Châtelet et repart ! Mais à Gare de Lyon, terminus : les voyageurs sont « invités » à emprunter d’autres moyens de transport.
À Gare de Lyon, je rencontre un gradé très sympa qui explique qu’il y a eu une panne électrique et une panne mécanique vers Bibliothèque. Il me dit que c’est le branle-bas-de-combat à tous les postes... et je veux bien le croire ! Pour la RATP, cette panne est un coup dur dans les statistiques (90% des incidents durent moins de 3 mn) du métro dernier cri.
Le lendemain matin, je retrouve heureusement la ligne 
qui fonctionne comme une horloge suisse. Un grand coup de chapeau aux équipes technique qui ont terminé les réparations entre temps !