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Un coup de fil, PACT, et ça repart !

SuperMécano, j’écoute... 14 novembre 2005

Comment un simple téléphone portable permet d’accélerer les dépannages en ligne, en soulageant du même coup un agent de conduite et des milliers de voyageurs ; déjà surnommé « SuperMécano » dans la profession, le Pôle d’Appui Conduite Transilien veille au grain.

Je passe sous un tunnel...

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Les mécaniciens en détresse peuvent désormais appeler SuperMécano
N’écoutant que son téléphone, et équipé d’armes redoutables (pavés réglementaires, psychologues, calculettes géantes), le super-héros du réseau Transilien sait remettre en marche les Z 2N, les boîtes de conserve et les Batmobiles.

Le contrat d’objectifs liant le STIF et la SNCF pour la période 2004-2007 accorde une priorité absolue à la lutte contre l’irrégularité persistante sur le réseau Transilien. Parmi les mesures adoptées par l’opérateur dans cette optique, le STIF s’est engagé à financer la création d’un Pôle d’Appui Conduite Transilien (PACT) destiné à apporter de l’aide par télé-dépannage à un agent de conduite en difficulté. Expérimenté semble t-il avec succès depuis juin 2004 sur la ligne D du RER, cette entité sera disponible d’ici la fin du mois pour l’ensemble du réseau Transilien. Installé à proximité de la gare du Nord, le PACT dispense conseils et assistance technique aux mécaniciens, qui peuvent le joindre par téléphone portable pour le dépannage du matériel roulant ou l’application de la réglementation de sécurité. Dans les cas extrêmes (problème de sûreté, accident de personne...), il peut même distiller un appui psychologique. L’agent de conduite reste toutefois le seul maître à bord dans l’application de mesures réglementaires et techniques lui incombant ; mais sitôt qu’il pressent qu’il ne sera pas à même de régler seul un problème, il dispose désormais d’une possibilité d’appui.

A ce titre, chaque agent de conduite est personnellement doté d’un téléphone mobile qui lui permet de joindre le PACT. A l’autre bout de la ligne, 24 agents de conduite expérimentés et des cadres de la filière traction se relaient de 6 heures à 23 heures, et ce 365 jours par an. Outre leur propre expérience de terrain, ces hommes sont assistés de deux applications spécifiques : Visu-Lignes pour situer le train dans son environnement (voies contiguës, gares voisines, possibilités de stationnement) et Visu-Engins qui permet une exploration virtuelle de la locomotive ou de l’automotrice afin d’identifier et de localiser rapidement l’origine d’une panne. Ils disposent également de la totalité de la collection réglementaire, des mémentos et autres guides de dépannage des matériels utilisés.

Etude d’un PACT

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Radio sol-train de dernière génération
Pour l’aide en ligne, composez le 1-800-MECANO (communication gratuite dans la limite de deux appels par mois).

Cette démarche est intéressante à plus d’un titre puisqu’elle permet de sortir de son relatif isolement un agent de conduite en difficulté en ligne, en lui offrant un appui souvent bienvenu dans des situations fortes génératrices de stress. Mais loin de considérations humaines de soutien et d’aide pour tout un chacun, le but principal de cette opération reste tout de même l’accélération des dépannages en service avec, en ligne de mire, l’incessante quête de la sacro-sainte régularité.

Cet objectif clairement affiché explique d’ailleurs l’accueil un peu réservé des mécaniciens face au PACT, en attendant de vérifier que ce bel outil sera, dans le feu de l’action et le souci des statistiques quotidiennes, plus une aide qu’une contrainte. Obligation leur est faite, en effet, de joindre le PACT au plus tard dans les 10 minutes suivant l’arrêt... Ce qui est à la fois extrêmement long du point de vue du voyageur et du gestionnaire d’infrastructure, et très court pour le mécanicien en plein dépannage [1]. Du coup, obligés de se tourner vers le PACT pour assister le dépannage avant d’avoir eu eux-mêmes le temps de faire grand chose, les agents de conduite craignent de lui abandonner cette part d’intuition qui valorise leur compétence et participe à la fierté de leur métier : « lorsque la conduite à tenir n’est pas prévue par le Guide [de dépannage], prendre les mesures nécessaires en fonction de ses connaissances techniques ».

Reste que cette évolution est peut-être le prix à payer pour rapprocher le métier de « mécanicien » SNCF de celui de « conducteur » RATP : l’objectif qui sous-tend la création du PACT est d’obtenir la même réactivité aux incidents sur le réseau Transilien que sur le réseau RER de la Régie, en émulant sa méthode (un correspondant technique Matériel directement à disposition au PCC) et son credo (dépanner pour repartir et/ou dégager la voie le plus vite possible, réparer définitivement ensuite). Verdict dans les chiffres de régularité 2006 !

Dernière mise à jour
14 novembre 2005  19h59
4 messages ont été postés à la suite de cet article
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Dernier : 24/11/2005, 12h18 • mathilde
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[1] Il doit déjà jongler entre les procédures prévues dans son Mémento, les échanges radio avec l’agent-circulation ou le régulateur qu’il faut aviser dans les 5 minutes, et les annonces aux voyageurs « de façon répétée » pour éviter notamment toute descente sur les voies.

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Dernier : 24/11/2005, 12h18 • mathilde
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4 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article, dans 3 discussion(s) :
1. SuperMécano, j’écoute...
24 novembre 2005, par mathilde
2. Petite anecdote
20 novembre 2005, par Cramos
3. SuperMécano, j’écoute...
14 novembre 2005

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SuperMécano, j’écoute...
24 novembre 2005, 12:18 • par mathilde  
A la RATP, le chef de régulation n’intervient que pour s’assurer que la procédure est bien suivie et assurer en parallèle la régulation du trafic. Il n’est pas là pour aider le conducteur, même si ça peut se produire, ce qu’on appelle chez nous "boucle de rattrappage".

Petite anecdote
20 novembre 2005, 18:36 • par Cramos  

Il y a quelques jours, en semaine, le train QYAN04, arrivé parfaitement à l’heure à Neuilly-Plaisance voit sa course lors du redémarrage stoppée par l’actionnement d’un signal d’alarme. Etant donné que malgré son redémarrage, l’UM de MI84 est encore à quai, le conducteur redébloque les portes. Signale au régulateur l’incident et va voir ce qu’il se passe, pendant que l’agent de gare est invité à ce rendre sur le quai.

Bien sur, pour compliquer le tout, le signal actionné se trouve dans l’avant dernière voiture. Après quelques instants, le conducteur revient après avoir réarmé le signal d’alarme. Pourtant en cabine, la sonnerie continue de retentir (tuuut - tuuut ...). De retour en cabine, le conducteur stoppe la sonnerie et veut appuyer sur le bouton de fermeture des portes. Celui-ci reste inactif (cela fait 7 minutes que le train est arrêté). OKRE06 arrivant à Val-de-Fontenay est invité à y rester.

Après 2 ou 3 appuis sur le bouton infructueux, le conducteur appelle immédiatement le chef de régulation « J’ai réarmé le signal, mais cela ne veut pas marcher ». Après des échanges avec le responsable matériel du PCC de Vincennes, il semblerait que le conducteur ait mal réarmé le signal. Il retourne donc voir, toujours en queue de train. Arrivé sur place il réarme encore quelques chose. Retourne en cabine et Oh ! Miracle ! Ça marche ! Si j’ai bien tout suivi dans le nouvel échange qu’il a eu avec le responsable matériel du PCC, il a bien oublié de faire quelque chose en réarment le signal.

15 minutes après être arrivé, il repart donc et OKRE06 en fait de même. Mais sous toute réserve de ma part (je n’ai pas tout entendu), le conducteur aurait fait l’impasse sur quelquechose et c’est le responsable matériel de Vincennes qui releva l’erreur.

La raison du signal d’alarme : un voyageur éméché. 15 minutes en pointe auraient fait mal ! Responsable matériel ou pas à Vincennes, si le conducteur avait correctement réarmé le signal dès le départ (grâce à une meilleure connaissance du matos ?) le temps d’immobilisation aurait été plus court. Mais sans Responsable matériel à Vincennes, le conducteur aurait utilisé le guide de dépannage et l’arrêt aurait été encore plus long.

SuperMécano, j’écoute...
14 novembre 2005, 20:45  
Double emploi ?
Pourquoi ce moyen en plus plutôt que la méthode RATP du correspondant technique à disposition du PCC. Ca multiplie les interlocuteurs, il va falloir jongler entre le téléphone et la radio, non ?

Le PACT pas chez le régulateur
20 novembre 2005, 18:16 • par Cramos  
UN PACT pour combien de régulateurs en IDF ?

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