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Comment un simple téléphone portable permet d’accélerer les dépannages en ligne, en soulageant du même coup un agent de conduite et des milliers de voyageurs ; déjà surnommé « SuperMécano » dans la profession, le Pôle d’Appui Conduite Transilien veille au grain.

Le contrat d’objectifs liant le STIF et la SNCF pour la période 2004-2007 accorde une priorité absolue à la lutte contre l’irrégularité persistante sur le réseau Transilien. Parmi les mesures adoptées par l’opérateur dans cette optique, le STIF s’est engagé à financer la création d’un Pôle d’Appui Conduite Transilien (PACT) destiné à apporter de l’aide par télé-dépannage à un agent de conduite en difficulté. Expérimenté semble t-il avec succès depuis juin 2004 sur la ligne
du RER, cette entité sera disponible d’ici la fin du mois pour l’ensemble du réseau Transilien. Installé à proximité de la gare du Nord, le PACT dispense conseils et assistance technique aux mécaniciens, qui peuvent le joindre par téléphone portable pour le dépannage du matériel roulant ou l’application de la réglementation de sécurité. Dans les cas extrêmes (problème de sûreté, accident de personne...), il peut même distiller un appui psychologique. L’agent de conduite reste toutefois le seul maître à bord dans l’application de mesures réglementaires et techniques lui incombant ; mais sitôt qu’il pressent qu’il ne sera pas à même de régler seul un problème, il dispose désormais d’une possibilité d’appui.
A ce titre, chaque agent de conduite est personnellement doté d’un téléphone mobile qui lui permet de joindre le PACT. A l’autre bout de la ligne, 24 agents de conduite expérimentés et des cadres de la filière traction se relaient de 6 heures à 23 heures, et ce 365 jours par an. Outre leur propre expérience de terrain, ces hommes sont assistés de deux applications spécifiques : Visu-Lignes pour situer le train dans son environnement (voies contiguës, gares voisines, possibilités de stationnement) et Visu-Engins qui permet une exploration virtuelle de la locomotive ou de l’automotrice afin d’identifier et de localiser rapidement l’origine d’une panne. Ils disposent également de la totalité de la collection réglementaire, des mémentos et autres guides de dépannage des matériels utilisés.

Cette démarche est intéressante à plus d’un titre puisqu’elle permet de sortir de son relatif isolement un agent de conduite en difficulté en ligne, en lui offrant un appui souvent bienvenu dans des situations fortes génératrices de stress. Mais loin de considérations humaines de soutien et d’aide pour tout un chacun, le but principal de cette opération reste tout de même l’accélération des dépannages en service avec, en ligne de mire, l’incessante quête de la sacro-sainte régularité.
Cet objectif clairement affiché explique d’ailleurs l’accueil un peu réservé des mécaniciens face au PACT, en attendant de vérifier que ce bel outil sera, dans le feu de l’action et le souci des statistiques quotidiennes, plus une aide qu’une contrainte. Obligation leur est faite, en effet, de joindre le PACT au plus tard dans les 10 minutes suivant l’arrêt... Ce qui est à la fois extrêmement long du point de vue du voyageur et du gestionnaire d’infrastructure, et très court pour le mécanicien en plein dépannage [1]. Du coup, obligés de se tourner vers le PACT pour assister le dépannage avant d’avoir eu eux-mêmes le temps de faire grand chose, les agents de conduite craignent de lui abandonner cette part d’intuition qui valorise leur compétence et participe à la fierté de leur métier : « lorsque la conduite à tenir n’est pas prévue par le Guide [de dépannage], prendre les mesures nécessaires en fonction de ses connaissances techniques ».
Reste que cette évolution est peut-être le prix à payer pour rapprocher le métier de « mécanicien » SNCF de celui de « conducteur » RATP : l’objectif qui sous-tend la création du PACT est d’obtenir la même réactivité aux incidents sur le réseau Transilien que sur le réseau RER de la Régie, en émulant sa méthode (un correspondant technique Matériel directement à disposition au PCC) et son credo (dépanner pour repartir et/ou dégager la voie le plus vite possible, réparer définitivement ensuite). Verdict dans les chiffres de régularité 2006 !
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Dernier : 24/11/2005, 12h18 • mathilde
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[1] Il doit déjà jongler entre les procédures prévues dans son Mémento, les échanges radio avec l’agent-circulation ou le régulateur qu’il faut aviser dans les 5 minutes, et les annonces aux voyageurs « de façon répétée » pour éviter notamment toute descente sur les voies.
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Dernier : 24/11/2005, 12h18 • mathilde
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