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Après plus de trois mois de conflit, le Conseil régional d’Île-de-France et l’Etat semblent être tombés d’accord concernant le transfert de responsabilité des transports franciliens.

Estimant les compensations financières trop faibles, les élus de gauche de la Région refusaient, depuis cet été, de diriger métros, bus et RER parisiens comme le prévoit pourtant la loi de décentralisation (« relative aux libertés et responsabilités locales »). Or, en fixant à 400 millions d’euros pour les dix ans à venir le montant qui sera transféré à la région Île-de-France par l’Etat pour le renouvellement du matériel roulant de la SNCF, la Commission Consultative sur l’Evaluation des Charges (CCEC) de l’Assemblée Nationale a largement dénoué, le 6 octobre dernier, la crise aux accents de psychodrame qui paralysait le Syndicat des Transports d’Île-de-France (STIF).
La nouvelle a de quoi ravir les millions de voyageurs franciliens : il y a enfin un pilote dans l’avion. Avec la fin du conflit ouvert qui l’opposait à l’Etat, la Région Île-de-France a en effet accepté de prendre les rênes du STIF.
Les conclusions de la Commission Consultative sur l’Evaluation des Charges — mandatée par le Premier Ministre Dominique de Villepin — concernant les conditions du transfert de l’Etat à la région du STIF étaient attendues depuis la paralysie déclenchée cet été, lorsque le Conseil Régional d’Ile-de-France avait refusé de prendre la direction de cet organisme, le président (PS) Jean-Paul Huchon estimant alors que l’Etat ne lui donnait pas les moyens suffisants en particulier sur le matériel roulant pour développer les transports franciliens. Début octobre, la CCEC, présidée par M. Jean-Pierre Fourcade, a annoncé un ensemble de décisions qui ont immédiatement apaisé les élus, M. Huchon saluant « un net pas en avant ».

Principal élément, l’Etat s’engage à subventionner le renouvellement du matériel roulant de la SNCF et de la RATP à hauteur de 400 millions d’euros sur 10 ans, dont la moitié d’ici 2007, ce qui correspond à 20% d’un marché estimé 2 milliards d’euros. Ce petit complément va permettre de lancer le marché de renouvellement du matériel SNCF, soit un marché de 150 rames destinées à remplacer les "petits gris" âgés de plus de 35 ans. Seule ombre au tableau, cette Nouvelle Automotrice du Futur n’est pas attendue sur les lignes franciliennes avant la fin de la décennie. De quoi alimenter bien des anecdotes sur les caprices réguliers de ces matériels devenus inadaptés pour une utilisation intensive.
Par ailleurs, la décision de transférer totalement les 140 millions que reçoit chaque année la SNCF pour le matériel en Ile-de-France à la région constitue un apport supplémentaire pour la rénovation ou l’achat de matériel neuf dédié Transilien.
En outre, la commission Fourcade a annoncé une compensation supplémentaire de 88 millions d’euros pour la prise en compte du demi-tarif sur la carte orange pour les bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle (CMU) et pour accroître l’offre de nuit (projet de métro-RER jusqu’à 2H15 les vendredis, samedis dimanches et noctilien). D’autres dispositions mineures apparaissent également, comme certaines dispositions relatives au financement du régime de retraite RATP.

L’autre litige portait sur le montant de la compensation pour le fonctionnement du STIF. L’Etat accorde la somme de 529 millions d’euros, somme qui, pour la région, ne permet toujours pas de financer les engagements pris en matière de baisse de certaines tarifications et d’amélioration du service.
Ces progrès devraient permettre un retour à la normale des travaux du STIF d’ici quelques semaines, plusieurs gros projets étant actuellement en attente voire suspendus. L’ensemble des élus du Syndicat des Transports d’Ile-de-France (STIF), passé théoriquement depuis le 1er juillet 2005, du contrôle de l’Etat à celui de la Région, ont refusé jusque là de siéger au Conseil d’Administration pour protester contre l’insuffisance de l’aide de l’Etat à l’occasion de ce transfert. A plusieurs reprises, élus et usagers s’étaient mobilisés pour dénoncer l’attitude du gouvernement, alors que se multiplient retards et incidents techniques sur un réseau vieilli, usé et insuffisant. Grâce à ces ultimes avancées, la gauche devrait "lever maintenant le boycott et faire procéder à la désignation des élus au CA du STIF". Ainsi les transports en commun franciliens pourraient enfin reprendre leur marche en avant.

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