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26 62 64 |
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La Ville de Paris et la RATP étudient la création pour 2006 d’une nouvelle ligne Place d’Italie - Gambetta, pour réorganiser et fiabiliser deux axes (26 et 62) à la charge légendaire.
Le projet, dévoilé dans ses grandes lignes par Le Parisien dans son édition du 17 juin, vise prioritairement à délester les lignes 26 (Gare St-Lazare - Cours de Vincennes) et 62 (Cours de Vincennes - Porte de St-Cloud). Ces deux rocades historiques du réseau parisien, pratiquement inchangées depuis leur ouverture sous forme de tramway au XIXème siècle, figurent depuis longtemps dans le peloton de tête des lignes les plus fréquentées du réseau bus RATP : plus de 40.000 voyageurs/jour sur la ligne 26, autant que la ligne A du tramway de Bordeaux et davantage que la plupart des lignes RATP exploitées avec des Agora L articulés (27, 80, 91, 95, 105, 304, ...). La ligne 62, qui se distingue en outre par sa longueur exceptionnelle (14 kilomètres) compte-tenu de son trajet purement urbain, transporterait même 60 à 70.000 voyageurs quotidiens, ce qui la place en deuxième ou en troisième position à la RATP, au niveau du Tram Val de Seine (
), et devant la plupart des tramways de province.

Caractéristique commune aux deux lignes : compte-tenu du gabarit limité des rues sur leur itinéraire, elles sont restées exploitées avec des autobus « standard » de 12 mètres (R 312 hier, Agora aujourd’hui), et n’ont jamais pu bénéficier de véhicules articulés. Un manque compensé par des fréquences de passage extrêmement élevées en pointe, descendant régulièrement à 3 minutes entre Biblothèque François Mitterrand et Javel (ligne 62), et Cours de Vincennes et Gambetta (ligne 26).
Les lignes 26 et 62 sont logiquement concernées par le programme Mobilien, qui prévoit d’amener les lignes structurantes du réseau bus à un standard (fréquence, amplitude, et surtout régularité et vitesse commerciale) proche de celui du tramway ; mais les diagnostics préliminaires réalisés en 2004 ont montré que ces deux lignes se caractérisaient par plusieurs « points durs » faisant chuter la vitesse commerciale et la régularité des bus, et qui seraient difficiles à traiter compte-tenu des contraintes locales (largeur des rues, forte activité commerciale, ...) empêchant la réalisation de couloirs protégés.
Dans ce contexte, la Ville et la RATP sont à la recherche d’autres solutions pour y améliorer malgré tout le service. C’est ainsi qu’une nouvelle ligne est envisagée, sous l’indice 64 [1], correspondant à un troisième arc inséré au milieu de la rocade entre, sans doute, Place d’Italie et Gambetta.
Elle viendrait d’abord, à ses extrémités, renforcer les lignes existantes — 26 entre Cours de Vincennes et Gambetta, 62 et même 83 entre Bibliothèque, Olympiades et Place d’Italie — sur des tronçons très chargés qui ont un fort caractère de rabattement vers le métro et desservent de gros établissements d’enseignement (lycées Hélène Boucher, Maurice Ravel, Claude Monet, université Paris I, et demain Paris VII). Au passage, la ligne 64 assurerait une liaison Place d’Italie - Bibliothèque, entre deux nœuds du réseau, qui fait défaut aujourd’hui. Pour maximiser le tronc commun avec le 62 et emprunter les artères les plus « roulantes », l’itinéraire privilégié pour le 64 jusqu’à la place d’Italie emprunterait la rue de Tolbiac puis l’avenue de Choisy.

Dans sa partie centrale entre le pont de Tolbiac et Cours de Vincennes, qui correspond à la section la moins chargée du 62, le 64 prendrait même complètement sa place, concrétisant une scission plus ou moins dans l’air depuis l’arrivée de la ligne 
à Bibliothèque.
La Ville y voit l’occasion de mieux desservir le XIIIème arrondissement en plein renouveau : elle souhaiterait ainsi qu’à partir de Bibliothèque, le 62 soit dévié vers les Grands Moulins, à la porte du futur pôle universitaire de Paris Rive-Gauche. Raccourcie d’environ deux kilomètres, la ligne y gagnerait en régularité, en lisibilité du service et en simplicité d’exploitation (tous les bus effectuant le même parcours, au lieu de multiples services partiels se chevauchant). Elle offrirait aussi une desserte directe depuis les XIIIème, XIVème et XVème arrondissements aux 29.000 étudiants atttendus sur le futur site de l’université Paris 7, et à défaut leur évitera la marche de/vers le métro.
Sur le nouveau tronçon, le 62 pourrait emprunter l’avenue de France, qui doit à terme rejoindre le boulevard Masséna ; une hypothèse le verrait même aboutir juste au-delà du boulevard, rue Bruneseau (en correspondance au passage avec la ligne PC2), si aucun site ne permet d’accueillir son terminus dans de bonnes conditions plus près de l’université (centrée sur la rue Watt).

Libéré d’une partie de ses navettes Cours de Vincennes - Gambetta, le 26 devrait également en retirer une exploitation plus simple et plus fiable (avec désormais un seul terminus partiel à Gare du Nord). Il pourrait du coup être prolongé jusqu’à la Nation — sans nul doute en empruntant simplement le Cours de Vincennes au-delà de son terminus actuel, pour maintenir la desserte des lycées Hélène Boucher et Maurice Ravel. Comme les voyageurs du 64, qui pourraient prendre le métro à Place d’Italie au départ de Tolbiac/Lachambeaudie, ceux du 26 y gagneraient un meilleur rabattement vers le réseau ferré (accès supplémentaire aux lignes 
et 
). Et comme le 64, le 26 créérait une liaison directe manquant actuellement entre deux pôles du réseau : Nation et Gambetta.
Ce ne sont pour l’instant que de grandes orientations, qui demandent encore à être confirmées et affinées : la RATP doit étudier le dossier « 64 » plus en détail à partir de septembre.
Une première optimisation maximisant l’effet réseau pourrait consister à s’appuyer aussi sur le 
(Tramway des Maréchaux Sud), qui doit également entrer en service en 2006, en créant plutôt des parcours diagonaux que des rocades concentriques :
Ainsi le 64 pourrait démarrer de la Porte d’Ivry, en correspondance avec le tramway, plus efficace que le 62 pour continuer vers l’Ouest, et qui terminerait de cette manière un peu moins en impasse : la liaison Porte d’Ivry - Bibliothèque (maillon manquant entre 
et 
) fera elle aussi défaut à court terme. Il circulerait via Olympiades à la place du 83 ;
le 83, de son côté, serait alors dévié depuis Olympiades vers Bibliothèque (voire Grands Moulins) ; c’est donc à lui que reviendrait la liaison Place d’Italie - Bibliothèque, et l’accès au Sud du Quartier Latin depuis le RER. La desserte Place d’Italie - Claude Regaud, qui disparaîtrait, est de toute façon à peu près doublée par le 27.
Un de perdu, un de retrouvé, en tout état de cause : si les choix sont maintenus, Cours de Vincennes disparaîtra des plans en tant que tête de ligne, après avoir été l’un des plus gros terminus du réseau jusque dans les années 1930 ; inversement, Place d’Italie retrouvera son rôle de terminus perdu depuis le milieu des années 1980 et le départ des 83 et 132 (même si le bureau de vente et les locaux d’exploitation sont toujours là, et que le 27 y effectue des terminus partiels et le 57 des relèves).
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Dernier : 19/11/2007, 18h25
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[1] Autrefois attribué au Montmartrobus. On notera cette fois-ci la parenté nette entre 62 et 64, la nouvelle ligne apparaissant comme un rejeton direct de la première.
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