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Le télépancartage du RER C s’est taillé une réputation - fort méritée - de menteur patenté. Mais il n’est pas le seul à trébucher sur les pointes. Florilège.
Les voyageurs se reposent sur lui comme un oracle ; mais le SIEL (alias Système d’Information sur l’Exploitation de la Ligne [1], autrement dit les écrans annonçant les « prochains trains » sur les quais des gares RATP) a aussi, à l’occasion, un certain potentiel comique pour peu qu’on lève les yeux vers lui au bon moment, et que l’on réalise ce qu’il affiche.
Qu’on ne s’y trompe pas : le système constitue une réussite exemplaire. Plébiscité par les voyageurs, il fait la fierté de ses concepteurs (le département des Systèmes d’Informations et de Télécommunications de la RATP) qui ont trouvé là le moyen d’augmenter significativement le confort de l’attente et la qualité du service pour un coût dérisoire en regard de l’amélioration (le développement technologique était minimaliste, l’information capitale - la position des trains - étant simplement récupérée à partir de l’état libre / occupé des cantons de signalisation). L’écrasante majorité du temps, le SIEL donne une information claire et exacte : heure de passage prévue (réactualisée toutes les 15 secondes), arrivée imminente (« train à l’approche »), stationnement qui se prolonge au-delà de 2 minutes en amont (« train retardé »), le tout accompagné de la destination, du code-mission, et d’un éventuel petit message que l’informateur du PCC peut personnaliser par station. En somme, tout ça fonctionne comme une horloge suisse sur des bases d’une simplicité implacable (et la SNCF, pour ne pas être en reste, a d’ailleurs rapidement copié le système sous le nom de SEURANN).
Seulement, comme tous les systèmes d’information automatique, SIEL se base sur l’horaire théorique. Lorsqu’une mission est modifiée, ou que deux trains sont permutés, les agents du PCC doivent naturellement le signaler au système. Ce qui, on le comprend, n’est pas la priorité première en situation perturbée...
On trouve donc, de temps en temps, quelques perles. Ce soir, par exemple : à la suite de difficultés de circulation sur la ligne B, la mission GHAL 35 (St-Rémy 18.04 - Aulnay 19.09) avait été rendue omnibus d’Antony à Paris. Dans des cas comme celui-là, la règle veut que l’on modifie le nom de la mission en remplaçant les deux dernières lettres par ZZ (ce qui donnait ici GHZZ) - changement repris au minimum sur les afficheurs lumineux de quai et le SIEL.
Mais cette fois-ci, la modification de mission a dû être un peu plus poussée que prévu : à l’arrivée à Châtelet-Les Halles, le SIEL indiquait comme destination pour ce train... Robinson ! Une mission en « G » pour Robinson [2] partant de la voie 2 (Sud-Nord), double première...
Un soir de printemps, toujours à Châtelet-les-Halles, le prochain train pour Marne-la-Vallée avait manifestement été retardé en route, créant un trou de 15 minutes entre deux passages (contre 7’30 habituellement). Du coup, il se trouvait annoncé en même temps que le train suivant pour Boissy. Les habitués auront compris, rien qu’à l’heure prévue de passage (un quart d’heure plus tard) que les deux rames se trouvent à cet instant précis toutes les deux à quai à Nanterre-Préfecture... L’histoire ne dit pas laquelle a finalement été expédiée en premier !
Celui-ci devrait presque se passer de commentaires. La photo est prise à St-Michel-Notre Dame voie 1 (vers le Sud), un soir de match au Stade de France : ces soirs-là, des trains supplémentaires omnibus sont mis en route entre Massy-Palaiseau et La Plaine-Stade de France,
sous le code STAD à l’aller et MASS au retrour. Seulement, comme à chaque fois qu’il y a un afflux de trains non prévus à l’horaire, le système a un peu de mal... Résultat : deux « trains à quai » en même temps, avec en prime deux destinations différentes [3]. Faut-il ajouter qu’à cet instant précis, il n’y avait rigoureusement aucun train en gare ?
Regardez donc vers le SIEL lors de votre prochain voyage : vous aussi, vous pourriez être subitement pris d’un fou rire.
P.S.: Oui, cher lecteur (chère lectrice ?) : pour extravagants qu’ils soient, tous les écrans reproduits sur cette page sont certifiés entièrement authentiques et garantis sans aucun trucage...
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Dernier : 28/09/2005, 12h29 • mathilde
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[1] Il a ensuite été renommé Système d’Information En Ligne lors de l’extension du produit au réseau Bus de la RATP.
[2] Le principe des codes mission veut que la première lettre indique la destination. Ainsi, sur la ligne B, on peut trouver : A pour Gare du Nord, E pour Aéroport CDG 2, G pour Aulnay-sous-Bois, H pour Bourg-la-Reine, I pour Mitry-Claye, J pour Denfert-Rochereau, K pour Massy-Palaiseau, L pour Orsay-Ville, M pour Châtelet-Les Halles, N pour La Croix de Berny, O pour Aéroport CDG 1, P pour St-Rémy-les-Chevreuse, Q pour La Plaine-Stade de France, S pour Robinson, T pour Palaiseau et U pour Laplace (toutes les lettres ne sont pas utilisées en service régulier).
[3] Ainsi que, pour l’œil aiguisé, une discordance d’horaire entre l’heure courante (23.41) et le prochain train annoncé (23.40). Mais cela n’est pas exceptionnel sur la ligne B, en particulier parce que l’interface RATP / SNCF n’est pas optimale, et que le système ne se rend parfois compte qu’une ou deux minutes après que les trains ont été en fait retenus à Gare du Nord.
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Tout est dans l’effet de surprise
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Dernier : 28/09/2005, 12h29 • mathilde
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Vu et vécu dans l'année
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My RATP is polyglotte
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2 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article,
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