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Beaucoup de bruit pour presque rien

Ma fin est mon commencement 29 mai 2005

« Prévisible », « garanti », « maximum » : malgré la persistance obsessionnelle de l’idée, le projet de service minimum semble changer assez souvent de définitions ou de contenu... Avec les derniers rebondissements, si on était revenu à la case départ ?

Au commencement, qui se perd déjà dans la nuit des temps, était le service réduit en cas de grève. L’exploitant, connaissant la représentativité de ou des organisations à l’origine du préavis, prévoit un plan de transport adapté à l’effectif sur lequel il peut compter : service réduit, très réduit... voire nul. Les blocages complets sont très rares, mais forcément spectaculaires. C’est pourquoi, surtout depuis les grandes grèves de 1995 et 2001, une grande majorité d’usagers réclament ce qui existe chez beaucoup de nos voisins européens — un service minimum.

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Où s’arrête le minimum, où commence le superflu ?

Seulement, si le terme met beaucoup de gens d’accord, la réalité concrète qu’il recouvrirait est apparue d’entrée de jeu très floue : est-ce une circulation éventuellement très réduite mais maintenant la desserte de toutes les lignes ? Un service concentré sur certaines lignes plus importantes ? Etalé sur l’ensemble de la journée, limité aux heures de pointe ? Défini par une fréquence de passage, un pourcentage de la desserte normale, un nombre minimal d’aller-retours par jour ? La réponse s’annonce certainement très variable dans le temps et dans l’espace. Derrière la seule vraie attente générale — que le service maintenu en cas de grève soit annoncé et connu à l’avance — chacun risque de considérer que le service minimal pour lui, c’est « son » train !

Ajoutons que les exploitants ont longtemps trouvé le principe dangereux (craignant que le service minimum défini soit vraiment minimaliste et génère des mouvements de foule, les voyageurs aussi nombreux qu’en temps normal cherchant à monter absolument dans « le » train maintenu), et que les organisations syndicales s’y sont d’emblée montrées opposées (si le service minimum est défini comme « le service normal limité aux heures de pointe », il faut qu’à peu près 100 % du personnel travaille pour l’assurer, ce qui paraît vite incompatible avec le respect du droit de grève).

Or, conscients de son impact psychologique sur la population, des hommes politiques ont quand même promis un beau jour ce fameux « service minimum ». Si personne ne savait vraiment comment procéder, ni comment contourner l’opposition des syndicats (susceptible le moment venu de déclencher un nouveau blocage légendaire de la France, paradoxalement ce qu’il était question d’éviter), les dividendes à en attendre aux prochaines élections justifiaient non seulement d’avoir promis, mais aussi d’instaurer effectivement, le « service minimum ». Comment s’en sortir ?

C’est la faute de l’Eur... de la commission Mandelkern

Quand le pouvoir politique ne veut pas prendre position, il existe une formidable méthode : commander un rapport à une commission présidée par un Conseiller d’Etat. Charge ensuite au législateur de se défausser sur elle pour justifier les mesures qu’il prendra : « c’est la commission, après avoir longuement et objectivement tout étudié, qui préconise... »

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Rapport de la commission Mandelkern
« Comment concilier le principe de continuité du service public avec le droit de grève ? C’est à cette question que tente de répondre la commission présidée par Dieudonné Mandelkern. La première partie du rapport identifie (...) notamment les formes diverses que peut prendre une grève, l’attachement des syndicats de salariés au droit de grève et la difficulté à mesurer les effets d’une grève. Concernant les principes juridiques gouvernant la réglementation du droit de grève, la Commission estime que seule la loi peut intervenir (...) Elle considère par ailleurs qu’une part importante du pouvoir d’aménagement du droit de grève doit être exercée par les autorités locales en vertu de la loi. La Commission préconise également de favoriser la prévention des conflits (renforcement de l’obligation de négociation avant la grève) et d’accroître la prévisibilité du service en cas de grève. (...) La Commission appelle enfin à la création d’une Autorité administrative indépendante. En annexe est proposé l’avis de M. Anicet Le Pors, membre de la Commission, qui "a déclaré désapprouver l’ensemble des conclusions et recommandations du rapport". »

C’est ainsi que la commission Mandelkern est née, en janvier 2004.

Lorsqu’elle rendit ses conclusions sept mois plus tard, cette dernière rappela beaucoup d’évidences, déclara (sans surprise d’ailleurs) que le service minimum de nos voisins, si souvent pris en exemple, est impraticable chez nous [1], et préconisa la création d’une autorité administrative indépendante (c’est-à-dire une personne morale que l’Etat crée chaque fois qu’il n’a pas envie d’utiliser son pouvoir réglementaire) chargée d’arbitrer les conflits.

En outre, l’encadrement direct du droit de grève risquerait de se révéler inconstitutionnel — un point qui reste cependant discutable et n’est pas complètement bloquant (la Constitution française n’en est plus à une révision près).

Le « service minimum » proposé par le rapport Mandelkern consiste à la place... en une simple déclaration préalable de grève 48 heures avant le conflit, sous peine de sanctions. La commission, se gardant bien de trancher au fond, améliore ainsi à moindre frais la prévisibilité du trafic en cas de conflit (les entreprises disposant de deux jours au lieu de quelques heures pour définir les horaires). Mais cette proposition ne fait que des mécontents : sensibles à la contrainte supplémentaire imposée unilatéralement aux salariés, les syndicats y voient déjà une atteinte au droit de grève... Et de leur côté, les associations d’usagers ne sont pas plus satisfaites, faute d’avoir ainsi un vrai « service minimum ». En effet, si tout le personnel est gréviste, il n’y aura aucun train qui circulera, puisque rien ne pourra obliger les grévistes à assurer le service !

Mode de la décentralisation oblige, la commission n’oublie pas de suggérer au passage que le service minimum (à imposer en deuxième étape par la loi) serait à définir en collaboration, sinon en priorité, par les « autorités locales », devenues autorités organisatrices des transports publics : un moyen élégant de leur transmettre in fine le mistigri — ce qui n’était évidemment pas sans arrières-pensées politiciennes après les revers subis aux élections régionales. Courage, fuyons !

Parallèlement, les entreprises de transport, visiblement soucieuses d’éviter l’interventionnisme de l’Etat sur le sujet, facteur de désordre social chez elles, multiplient les efforts pour arriver à des solutions négociées en interne. C’est ainsi que la SNCF est parvenue à signer avec ses syndicats un accord important destiné à mieux prévenir les conflits. La RATP, qui avait depuis 1995 un métro d’avance avec son « alarme sociale » souvent citée en exemple, a également mis au point des leviers de management qui ont fortement diminué l’attractivité, et l’impact, des dernières grèves.

Et si le STIF décidait ?

Dernier rebondissement : le Journal du Dimanche révèle le 22 mai que le STIF élabore des avenants aux contrats STIF/SNCF et STIF/RATP, qui seront présentés à son Conseil d’Administration le 17 juin 2005, soit deux semaines avant le transfert de la responsabilité du STIF à la Région. Problème : ces avenants semblent élaborés dans le plus grand secret (la Région n’en aurait pas été informée à l’avance), et l’Etat, qui en serait à l’origine, a les moyens de les imposer contre tous au Conseil d’Administration du STIF puisqu’il y est encore majoritaire pendant six semaines...

C’est de nouveau de « service minimum » qu’il est question ; mais qu’on ne s’y trompe pas ! Cette nouvelle formule ne consiste qu’en pénalités pour les exploitants (désormais prestataires de service pour l’autorité organisatrice), au cas où la SNCF ne ferait pas circuler en toutes circonstances au moins un train sur trois (ce qui est très peu, au niveau approximatif des grilles « 1ère Urgence » mise en place lors des grèves les plus suivies), et la RATP au moins une rame sur deux sur son réseau métro/RER (on se demande d’ailleurs ce qui justifie une telle différence...).

En dépit des apparences, ces clauses ne risquent-elles pas au contraire d’encourager les grèves ? Comme le résume à juste titre la CGT-Cheminots : « Ces nouvelles contraintes (...) visent à pénaliser financièrement la RATP et la SNCF si elles ne réalisent pas le niveau de service contractualisé en temps de grève ». Dès lors, c’est sur les deux exploitants que se reporte entièrement la pression pour assurer coûte que coûte le service : d’un côté les organisations syndicales, pas plus incitées à la responsabilité demain qu’hier, pourront continuer de multiplier les préavis, utilisant à l’occasion leur « force de frappe » dans le secteur des transports comme levier dans des débats qui dépassent largement les entreprises elles-mêmes (défense des retraites, journée d’action pour les salaires, refus de la concurrence, etc.). De l’autre, sans avoir pris le risque de légiférer, les politiques pourront se contenter d’empocher les pénalités si la situation se dégrade anormalement.

Désormais prises entre le fer et l’enclume, les directions des entreprises seront certes incitées à jouer le dialogue social pour limiter la conflictualité ; mais le dispositif ne garantit pas que cela suffise. Concrètement, si la SNCF se trouvait demain en difficulté financière (par exemple parce que le déclin de son activité Fret continuait, ou parce que RFF aurait décidé d’augmenter ses péages de façon significative), et obligée de restructurer ses métiers et/ou supprimer des emplois à un niveau inacceptable par les partenaires sociaux, tel qu’il motiverait une grève longue et dure, la nouvelle clause infligeant des pénalités contribuerait à aggraver la situation plutôt que d’aider à la résoudre.

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Et avant même d’en arriver là, la simple mise en œuvre des avenants est susceptible de provoquer une importante agitation sociale, compte-tenu de la manière et de leur valeur symbolique. Paradoxalement, ce premier exemple de « service minimum » n’enthousiasme d’ailleurs personne : c’est, à peu de chose, exactement ce qui existe aujourd’hui sans satisfaire les usagers (au point où les niveaux d’exigence respectifs pour la SNCF et la RATP semblent même avoir été fixés en fonction de ce que chaque entreprise a systématiquement réussi à faire circuler lors des derniers mouvements de grève !).

Ce n’est pas, par exemple, le « service minimum » de nos voisins, qui se caractérise par l’obligation pour une partie du personnel d’être à son poste de travail sous peine de sanctions. Pas plus qu’hier, les nouveaux avenants ne garantiront l’exécution d’une fraction déterminée du service, ni n’amélioreront davantage la prévisibilité du conflit. Et si demain la RATP est touchée par une grève très suivie l’empêchant d’atteindre son objectif contractuel, la nouveauté ne bénéficiera pas aux voyageurs (qui n’auront toujours que les 30, 20 ou 10 % de rames matériellement mobilisables), mais au STIF (qui empochera la pénalité).

La question de la continuité d’un service public, et de sa compatibilité avec le droit de grève, posée sans être tranchée par le rapport Mandelkern, ne l’est évidemment pas plus par les avenants contractuels. L’opposition catégorique au service minimum peut-elle se faire au nom de la « défense du service public », pourtant, comme on l’entend souvent, alors que plusieurs services publics, et pas les moins prestigieux, se caractérisent justement par un droit de grève très encadré ?

Certes, la « continuité du service public » n’a jamais été si proche de se concrétiser, et l’initiative traduit assurément de la persévérance et un certain courage. Mais à quel prix et pour quel bénéfice ?

Ce service minimum-là ne mérite pas une grève aussi massive que prévisible saluant son instauration, car comme le souligne le PDG de la SNCF, Louis Gallois : « ce n’est pas un service minimum ». Bel aveu...

Les grands parieurs, et les perdants probables de l’opération s’annoncent être les directions de la SNCF et de la RATP ; mais les gagnants ne seront pas les voyageurs pour autant... Quant aux syndicats, pour avoir joué intelligemment l’obstruction (sur l’air de « le service minimum, on ne veut même pas en entendre parler »), ils auront gagné le statu quo. Après plus de trois ans de débats qui se promettaient d’encadrer, de garantir et d’améliorer, on est finalement bien proche du point de départ.

Dernière mise à jour
29 mai 2005  09h44
21 messages ont été postés à la suite de cet article
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Dernier : 23/11/2005, 15h06 • gilles
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[1] C’est du moins comme cela que la presse a synthétisé son rapport ; en fait, si l’on n’est pas rebuté par le style caractéristique des hauts fonctionnaires, on y lira des conclusions plus subtiles.

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21 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article, dans 4 discussion(s) :
1. > Ma fin est mon commencement
19 juin 2005, par Rémi1978
2. >Service minimum garanti : le STIF a tranché sur la question
17 juin 2005
3. >Train bondé !
11 juin 2005, par MP55
4. > Ma fin est mon commencement
9 juin 2005, par zefree

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> Ma fin est mon commencement
19 juin 2005, 19:59 • par Rémi1978  

Salut

Un seul commentaire : l’abus de droit de grève nuit au droit de grève.


> Ma fin est mon commencement
26 juin 2005, 00:22  
Clo

J’ai entendu ce matin louis Gallois (Président de la SNCF) sur Radio Classique, préciser que pour lui, « il n’a signé qu’un engagement à payer une contre partie si un service d’un train sur deux n’est pas assuré et plus si un train sur trois n’est pas non plus assuré » et de ponctuer « c’est tout ce que j’ai signé ». Notre cher Président insiste en indiquant : « l’important est de diminuer les conflits sociaux pour ne pas être obligé d’en arriver là ! » Au passage, L. Gallois nous a indiqué « que ce système de pénalités lié à un service garanti existe déjà en région Rhône-Alpes et que la SNCF a déjà payée une enveloppe assez conséquente. »

Traduction : service minimum ou service garanti, du moment que je mets la main à la poche, je suis dédouané !

Remarque : A moins de vouloir continué à monter les affreux cheminots qui font grève contre les gentils passagers prient en otages, à quoi sert cette mascarade ?

Remarque 2 : La direction de la SNCF et les représentants du personnel, ont il besoin de ce texte pour se mettre autour d’une table avant le déclanchement d’un conflit et dans ce cas, à quoi sert « l’alerte sociale » copiée sur celle de la RATP.


> Mouvement social ... (suite et pas fin)
23 novembre 2005, 15:06 • par gilles  

Entièrement d’accord (avec Remy), c’est à force d’utiliser inconsidéremment ce moyen de pression, sans même chercher à négocier raisonnablement, que l’on en vient à déconsidérer et le droit de grève, et les syndicats (ou certains d’entre-eux) qui ne défendent même plus des intérêts catégoriels (je ne parle même pas de défendre / soutenir l’ensemble des salariés de la société en question, il y a longtemps que ce n’est plus leur objectif, mais plutôt leur éventuelle réelection et garder les avantages de leur propres militants), mais en arrivent à jouer contre les salariés eux-mêmes.

L’exemple est flagrant avec la grève de ces jours-ci : Il suffit de lire les commentaires parus pour info, ci-joint ceux d’hier et d’aujourd’hui (interview avec Elkabach ce matin) :

(je cite) :

une grève absurde et honteuse à la sncf <p>

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a estimé aujourd'hui que les cheminots avaient « compris » que la grève à la SNCF était « inutile », dans une interview à Europe 1, alors que la SNCF annonçait en début de matinée « une nette reprise » de son trafic.

Interrogé par un journaliste sur « l'échec » de la grève à la SNCF, M. Chérèque a répondu: « c'est parce que les cheminots avaient compris que cette grève était inutile ».

« Les cheminots avaient envie que l'accord sur l'intéressement s'applique », un accord « que la CFDT avait signé et qui devait leur rapporter au moins 360 euros à la fin de l'année », a affirmé M. Chérèque, ajoutant que les cheminots savaient « que la grève leur rapportait moins ».

« Aujourd'hui, la CGT crie victoire: 'On a gagné 120 euros' », a-t-il remarqué, alors que les grévistes « ont perdu une journée et ont gagné moins que ce qu'on avait obtenu par la négociation », a poursuivi le secrétaire général de la CFDT. « On est en plein théâtre de la part de la CGT », a-t-il ironisé.

M. Chérèque a vu dans ce conflit « la confrontation de deux types de syndicalisme: un qui amène des résultats par la négociation, et un d'opposition systématique qui amène moins que la négociation », précisant qu'il était « temps que les gens choisissent le bon type de syndicalisme ».

« Il est temps qu'on change de mode de dialogue social, la négociation amène parfois plus que la grève systématique », a-t-il poursuivi.

M. Chérèque a fustigé l'attitude de la CGT de la SNCF: « en utilisant le service public et pénalisant les usagers pour régler des problèmes internes ou de concurrence syndicale avant des élections dans une entreprise, on met en difficulté tout le syndicalisme français et le syndicalisme de dialogue et de négociation », a-t-il dénoncé.

« Les cheminots CFDT n'ont pas voulu pénaliser les banlieusards qui ont déjà subi suffisament de difficultés ces temps derniers dans notre pays », a-t-il conclu.>>

une grève absurde et honteuse à la sncf <p>

A la fin septembre, les cinq principales organisations syndicales de la SNCF disaient non au versement d'une prime d'intéressement de 160 euros (minimum) que devaient recevoir 170 000 cheminots. On a rarement vu des syndicats s'opposer à une distribution de pouvoir d'achat, mais il faut croire que ceux de la SNCF ont des principes moins terre à terre. Accepter la prime eût signifié qu'ils cédaient à la « logique du profit » et, même si celle-ci n'a jamais été particulièrement envahissante au sein de l'entreprise publique, c'était pour eux inacceptable.

Depuis, les élus syndicaux ont évidemment un peu tendance à raser les murs : les cheminots qui touchent en moyenne 1 600 euros par mois auraient bien, eux, dit oui à cette prime, payable juste avant Noël. Mieux, une vaste majorité d'entre eux est favorable à l'accord d'intéressement et n'y voit pas forcément le signe de la soumission de l'entreprise à la logique « ultralibérale » fustigée par la CGT-cheminots dans l'un de ses derniers communiqués.

C'est donc en partie pour se racheter que quatre des cinq syndicats ont appelé à la grève depuis hier soir. Ironie de l'histoire, ce mouvement va coûter 20 millions d'euros par jour, c'est-à-dire à peu près la somme que la direction avait prévu de distribuer sous forme de prime. Pire : cette sixième interruption de travail depuis le début de l'année représente un coût équivalent au bénéfice total réalisé par la SNCF en 2004, bénéfice sur lequel avait été calculée la fameuse prime d'intéressement ! Il faudra que les syndicats expliquent un jour en quoi les intérêts des salariés de la SNCF sont mieux défendus après la dilapidation des marges de l'entreprise plutôt qu'avant.

Mais ce n'est pas la seule absurdité de cette grève. L'autre tient à son motif affiché : les syndicats protestent contre un projet de « privatisation rampante » qui n'existe que dans leurs tracts. Le président de la SNCF comme le ministre des Transports ont dit et répété qu'il n'en était pas question. Et on remarquera qu'aucun parti politique n'a inscrit la privatisation dans son programme.

La vérité est que ce mouvement ressemble, comme l'a dit le leader de la CFTC-cheminots, à une « comédie » et que les employés de la SNCF, de même d'ailleurs que les usagers, sont pris « dans une bataille d'intérêts qui les dépasse » (la CFTC, pas plus que la CFDT et l'Unsa, n'a appelé à la grève). Une bataille menée par la CGT, première organisation syndicale de l'entreprise, qui cherche d'une part à faire oublier l'épisode ubuesque sur la participation et d'autre part à maintenir son influence face à la montée en puissance du syndicat SUD-rail. Le conflit est également lourd de sens pour l'équilibre des forces au sein de la centrale dirigée par Bernard Thibault, en froid avec la CGT-cheminots, dont il fut longtemps le leader. Bref, on est très loin, avec ce mouvement, des grands principes mis en avant par les organisations syndicales pour justifier leur bras de fer. Si les salariés de la SNCF ont des raisons d'en avoir ras le bol, c'est contre leurs porte-parole professionnels.>>

>Service minimum garanti : le STIF a tranché sur la question
17 juin 2005, 16:39  
Voir le compte-rendu du C.A. du STIF

Bonjour à tous,

Le STIF a adopté ce matin le principe d’un service minimum garanti à raison de une rame sur deux dans le métro, et un train sur trois à la SNCF. On verra si cela sera effectif lors du mouvement social qui est prévu le 21 juin.

Dans tous les cas, la question du service minimum est un point délicat à traiter, car les syndicats tiennent dur comme fer au droit de grève.

Je pense pour ma part qu’il faut renforcer le dialogue social et imposer au sein de la SNCF un dispositif d’alerte sociale similaire à celui utilisé à la RATP, qui a fait ses preuves.

Cordialement,


> >Service minimum garanti : le STIF a tranché sur la question
17 juin 2005, 22:24 • par Maxximum  

Bonsoir,

Croisons les doigts...

Mais avec certains (j’ai dit : certains !) individus arc-boutés sur des principes, des valeurs adaptés à la société des années 50 (1950, quoi que... 1850 ça aurait presque pu le faire...) !

Il faut avoir confiance : je croise de jeunes agents qui bossent dur et bien, et regardent certains dinosaures (qui ne mettent plus trop les pieds sur le terrain me semble-t-il...) bizarrement ? Ils ne se sentent pas du tout représentés par eux...

Un train sur trois, c’est déjà pas très lourd... En organisant bien à l’avance, ça doit quand même permettre à ceux qui veulent faire grève de le faire, et à ceux qui veulent avancer de le faire en toute sécurité ?

Cordialement,


> >Service minimum garanti : le STIF a tranché sur la question
18 juin 2005, 15:16 • par CLO  

Mais avec certains (j’ai dit : certains !) individus arc-boutés sur des principes, des valeurs adaptés à la société des années 50 (1950, quoi que... 1850 ça aurait presque pu le faire...) ! Il faut avoir confiance : je croise de jeunes agents qui bossent dur et bien, et regardent certains dinosaures (qui ne mettent plus trop les pieds sur le terrain me semble-t-il...) bizarrement ? Ils ne se sentent pas du tout représentés par eux..

Maxximum libéral est de retour !!

2 à 3 mois sans lire vos arguments sur le droit de grève, c’est trop long. Merci au Stif de vous remettre sur les rails, je me prépare de bons moments en votre compagnie !

Déjà, comment faites vous pour sonder les cheminots. Je me demande pourquoi la SNCF organise des élections de représentants du personnel (où entre nous les syndicats « anti-remise en cause » du droit de grève sont largement majoritaire). Un coup de téléphone à Maximmum, le tour est joué ! Il en connaît du monde le bougre !! Lui il sait qui sont les gentils qui ne font pas grève et qui bossent dur et les méchants pas beaux qui font grève et qui ne sont pas sur le terrain (à bah alors, si ils ne sont pas sur le terrain, cela ne devrait pas nous gêner en cas de grève !!!!)

Trêve de plaisanterie mon cher Maxximum, cette fausse idée de faux service minimum va permettre à l’état ou son représentant de récupérer un peu d’argent au passage auprès de la SNCF ou de la RATP et entre nous je pense que c’est plutôt dans l’autre sens que l’argent aurait dû circuler, mais aussi au gouvernement (ou ses satlites) de faire un peu de bruit pour faire oublier d’autres problèmes que nous n’aborderons pas sur ce forum dédié aux transports en collectifs ;

Bien à vous


> >Service minimum garanti : le STIF a tranché sur la question
18 juin 2005, 22:49 • par thomas 6100  

2 à 3 mois sans lire vos arguments sur le droit de grève, c’est trop long. Merci au Stif de vous remettre sur les rails, je me prépare de bons moments en votre compagnie !

Ou plus exactement à cet article qui n’a pas pour unique but de présenter la dernière plaisanterie du STIF, mais aussi d’apporter un éclairage sur la notion de service minimum(certes très modeste, car on est pas là pour faire une liste non-exaustive du service minimum dans le monde, ainsi que des données juridiques sur le sujet).

cette fausse idée de faux service minimum

En effet, cela n’a de service minimum que le nom... Car aucun trafic n’est garanti... Les usagers devront encore prendre leur voiture...

les syndicats « anti-remise en cause » du droit de grève sont largement majoritaire

D’ailleurs, on a pu voir une manifestation d’opérette devant le siège du STIF... Les syndicats veulent juste faire entendre qu’ils ne veulent pas d’un vrai service minimum... Mais de celui là, ils savent bien qu’ils seront les grands gagnants ! Quand ils feront grèves, non seulement la SNCF sera pénalisée par les syndicats, mais en plus par le STIF... Elle cédera bien vite...

va permettre à l’état ou son représentant de récupérer un peu d’argent au passage auprès de la SNCF ou de la RATP

Le STIF en tant qu’Etablissement plublic administratif de l’Etat n’aura sans doute pas le temps de profiter des largesses de cette clause pénale, le premier juillet, le STIF étant décentralisé à la Région...Même si celle si n’en veut pas (de toute façon, une transaction financière serait en cours...).

J’en profite pour dire que visiblement, le Président Huchon semble avoir changer de position sur le service minimum, si j’en crois les propos tenus sur France 3 le 17 juin à des grèvistes de SUD-Rail manifestant devant le STIF...

Bien cordialement à vous tous.


> >Service minimum garanti : le STIF a tranché sur la question
19 juin 2005, 18:10 • par Cramos  

Quand ils feront grèves, non seulement la SNCF sera pénalisée par les syndicats, mais en plus par le STIF... Elle cédera bien vite...

J’ai vraiment l’impression que cette décision de "service minimum" donne encore plus de pouvoir aux organisations syndicales. Bref, tout le contraire de ce que souhaiterait le gouvernement en place. Grosse boulette de leur part ? Ou intentions machiavéliques que je n’aurai pas décelées ?


> >Service minimum garanti : le STIF a tranché sur la question
20 juin 2005, 11:04 • par thomas 6100  

Bref, tout le contraire de ce que souhaiterait le gouvernement en place. Grosse boulette de leur part ? Ou intentions machiavéliques que je n’aurai pas décelées ?

Ni l’un, ni l’autre, simplement la volonté de respecter le programme sans bloquer la France... A partir de là, il faut trouver une solution qui fasse croire aux usagers qu’il y a un service minimum, tout en montrant bien aux syndicats qu’il n’y en a pas...

En réalité, la position des députés UMP (qui ont maintenu une vrai pression sur le gouvernement sur le sujet) est de légiférer si cela ne fonctionne pas... Celle du gouvernement (du moins du précédent)a toujours été de négocier (ce qui est une solution à peine meilleure que celle d’aujourd’hui) , donc une position moins courageuse. On voit donc bien qu’il s’agit d’une mesure faite pour gagner du temps, peut être même beaucoup de temps...

>Train bondé !
11 juin 2005, 00:11 • par MP55  

Bonsoir,

que se paserait-il si une rame tractée du genre RIB ou VB2N tomberait en panne un jour de grêve ?

La locomotive présentant une avarie le train ne peut repartir. On le sait les jours de mouvements sociaux les trains sont bondés et donc dépasse les caractéristiques initial, alors en cas de problème majeur, la SNCF ou RATP serait-il responsable en cas d’accident de personne ?

Car les gens s’entasse mais la sécurité est oublié dans ces moments là.

L’autre jour lors d’un mouvements récent un train de début de service était un train court !

Alors que des trains longs sont en attente sur les autres quai(gare de pontoise), ne devrait-on pas faire circuler des trains longs ces jours la ?

Pour conclure je pense que la sncf devrait redorer sont personnel au grand public, plutot que de changer le logo qui à mon avis ne présentait pas une urgence.

Le coût du logo à poser sur tout le parc aurait pus servir à des choses plus utiles, comme la propreté des gares et des trains car la gare du nord banlieu est archi sale ! ou bien servir pour les roulants en prime ou postes supplémentaires.

Bien cordialement.

> Ma fin est mon commencement
9 juin 2005, 22:55 • par zefree  

Bonsoir,

D’aprés ce que notre association le SaDur a eu comme informations, il s’agit d’un "Service Maximum" en cas de grève, les directions SNCF et RATP s’engageant à mettre le maximum de non-grévistes à leur poste en cas de conflit, avec il est vrai l’objectif minimum de 33 % du trafic assuré pour la SNCF et 50 % pour la RATP.


> Ma fin est mon commencement
10 juin 2005, 09:19 • par Maxximum  

Bonjour,

Juste pour situer, deux exemples...

33% de Transilien = 4500 personnes à l’arrivée à gare de Lyon dans un Transilien direct Melun-Paris(ou TER Bourgogne assurant 90% de trajets IDF) à la capacité pourtant sympathique de 1500 à 1800 places assises.

En imaginant que les salariés non grévistes ("99 %" de la population en âge de travailler...) n’aient pas pu s’arranger en prenant des RTT ou en bossant à la maison etc etc , donc seraient obligé de voyager.

Sur des directs Mantes-Paris, on atteint les 3000 voyageurs pour une capacité de 700 à 1200 places assies selon le matériel...

Bref... (chiffres certifiés exacts en moyenne de Jour Ouvrable de Base (mardi / jeudi hors vacances et ponts)

Rien de choquant à mon avis à tenter d’assurer un train sur trois, donc !

Cordialement,


> Ma fin est mon commencement
10 juin 2005, 22:24 • par Cramos  

En imaginant que les salariés non grévistes ("99 %" de la population en âge de travailler...) n’aient pas pu s’arranger en prenant des RTT ou en bossant à la maison etc etc , donc seraient obligé de voyager.

Une crainte d’un service minimum ou maximum ? Les employés, sachant par avance qu’ils pourront aller travailler grâce à ces mesures, prendront donc tous le train. Alors qu’actuellement, il y en a un certain nombre qui posent une journée de RTT (il est intéressant de constater que les autoroutes de l’ouest parisien sont relativement fluide les jours de grève SNCF) et qui réduisent ainsi considérablement le remplissage des trains.

Avec 10% de trains assurés et la fréquentation réduite à 20% par rapport à un jour ouvrable, c’est plus confortable que 100% de la fréquentation dans 33% des trains (les chiffres sont donnés au hasard pour illustrer mon propos)...

Le service maximum sera-t-il victime de son succès ?


> Ma fin est mon commencement
11 juin 2005, 09:32 • par Maxximum  

Bonjour,

10% de trains assurés à Ermont-Eaubonne, Argenteuil ou Juvisy, passe encore. Mais allez donc proposer ça aux habitants de Chars, Vaux sur Seine ou La Ferté Alais, ils seront ravis !

Quant aux voyageurs, même s’ils ne sortent pas tous de St Cyr comme on dit (moi non plus d’ailleurs !) ils savent très bien qu’un train sur trois c’est déjà trajet debout dès que les premières gares ont été desservies, et grosses difficultés à monter en s’approchant de Paris, même avec les matériels à forte capa !

Alors 10%... M’étonnerait fort que 90% des voyageurs puissent se permettre de "glander" une journée, et ceux qui restent aient la possibilité de prendre le SEUL train circulant dans l’heure, voire dans la période de pointe !

Cordialement,


> Ma fin est mon commencement
12 juin 2005, 11:30  

Heu, je crois que Cramos avait donner 10% un peu au hasard, juste pour illustrer sa démonstration.

Mais c’est sur que 33%, c’est trés faible. Sur la D, sur ma branche Melun - Paris via Combs, cela veut dire une Z20500 rempli des Combs...c-a-d 5 gares avant Paris.


> Ma fin est mon commencement
14 juin 2005, 14:07 • par thomas 6100  

10% de trains assurés à Ermont-Eaubonne, Argenteuil ou Juvisy, passe encore.

Ca ne fait que 5 % sur Pontoise et Valmondois...C’est très peu... Pour moi, le service minimum commence à être correct avec un sur deux (environ U2 il me semble, cela fait même un peu moins sur la banlieue ouest de PNO, mais ça passe). Le U1, en revanche, c’est limite très dangereux : lors de la dernière grève, une femme a fait un malaise dans le train à Paris-Nord...et le train a fait direct la Barre/Paris pour des raisons de sécurité...

Mais allez donc proposer ça aux habitants de Chars, Vaux sur Seine ou La Ferté Alais, ils seront ravis !

Un effort a cependant été fait sur les lignes de grandes banlieues sur Paris-Est et PSL par rapport à il y a quelques années (où le trafic était nul toujours sur ces lignes) : certains trains roulent les jours de grève...

Mais le problème numéro 1, c’est que débattre sur des prévisions de transports qui resteront fictives de toute façon, car une clause pénale dans un contrat STIF/SNCF ne peut contraindre les grèvistes à venir travailler les jours de grève...

De plus, si le STIF force la SNCF à mettre plus de non grèviste à travailler (comme l’affirme un des messages postés), on peut a contrario en déduire qu’elle ne faisait pas tout pour donner un train à conduire aux non grèvistes... Ce sera alors le seul aspect positif de ce service "minimum" (enfin le plan U1 que l’on connaît déjà), mais je doute qu’il soit positif dans son ensemble...

En ce qui concerne la RTT, il est clair que lorsque la grève dure un jour, le train est allégé par cette réforme, mais le deuxième jour, le problème revient de toute façon...

Je pense pour ma part, que le service minimum ne peut se faire sans une réforme du droit de grève comme cela s’est fait dans beaucoup de pays...

Bien cordialement.


> Ma fin est mon commencement
14 juin 2005, 14:32 • par Maxximum  

Réforme du droit de grève !

Cher Thomas 6100, tu veux te faire lyncher ou quoi ???

Caustiquement et amicalement,


> Ma fin est mon commencement
14 juin 2005, 15:51 • par L’impatient  
Franchement, 20 min d’attente, c’est déjà très rasant, que ce soit avec ou sans grève. Alors au lieu de parler de nombre de trains circulant ou ne circulant pas, parlez en min d’attente. C’est beaucoup plus clair et précis que 1 train sur trois, non ? Et profitez-en pour demander le quart d’heure d’attente maximal en péride normale (en heures creuses comme en heures de pointes) et les 20 min maxi en cas de grève !

> Ma fin est mon commencement + BRAVO à un conducteur !
15 juin 2005, 09:28 • par Maxximum  

Bonjour Impatient,

A mon avis, c’est un peu difficile de raccourcir autant en demandant de parler en minutes !

Dans certains coins de l’Ile-de-France, passer à un train toutes les 15’ en creux ou même en pointe, c’est multiplier l’offre par quatre, voire plus !!!

J’ai l’impression (en feuilletant la presse, en lisant des revues, en écoutant nos politiciens...) que passée la zone 3, c’est la rase campagne ! Il y a pourtant des dizaines de milliers de scolaires, étudiants, salariés ou autres personnes qui chaque jour prennent le train ou le RER en moyenne ou lointaine banlieue, pour certains d’entre eux pour une ou deux stations (donc sans jamais mettre les pieds à // traverser Paris) !

Donc : Parler de 1 train sur 3, sur 4 etc etc, c’est à mon avis très parlant pour le voyageur régulier, qui à moins d’être particulièrement "renfermé" connaît à peu près par coeur la fréquence sur sa ligne, le début et la fin de pointe, le cadencement etc etc...

N’hésitez pas à consulter d’autres fiches horaires que celles du RER A ou de PSL-St Cloud-St Nom/Versailles RD !

Apparté :

BRAVO au conducteur du 891021 en retard de 10’ au départ de Gare de Lyon mardi 14 juin, et qui a réussi à regratter 5 bonnes minutes à Fontainebleau Avon avec une BB9700R et dix V2N, ce qui n’est pas de la tarte !!! Paris-Melun (44km) 125 km/h de moyenne sur Paris-Melun, départ et arrivée arrêtés...

Cordialement,


> Ma fin est mon commencement + BRAVO à un conducteur !
15 juin 2005, 10:35 • par Musicien77  
C’est clair qu’à Lizy sur Ourcq, proposer déjà hors grève pas plus de 2h d’attente ce serait pas mal ( il y a parfois des trous de 4h ! ) Idem pour La Ferté sous Jouarre, un peu mieux desservie malgré tout . . .

> Ma fin est mon commencement
14 juin 2005, 20:04 • par Cramos  

on peut a contrario en déduire qu’elle [la SNCF] ne faisait pas tout pour donner un train à conduire aux non-grévistes...

J’ai des témoignages de mécanos qui, sur le RER C, plus nombreux que prévus à prendre leur service, se retrouvaient à jouer aux cartes entre eux. Tout cela afin de respecter la grille "urgence x" mise en oeuvre.

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