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Le service Ticketic, qui permettait d’acheter sa Carte Orange par Internet, va disparaître le 15 mai prochain - tout juste un an après sa création.
Ticketic était proposé par Ticketic SAS, filiale commune de la RATP et de e-move, du groupe Connex (le pôle transport de Vivendi Environnement). Après s’être enregistré une première fois sur le site, le voyageur internaute recevait chaque mois un e-mail lui proposant de renouveler son coupon. Il suffisait de répondre au courrier, par un simple clic, pour passer commande. Le coupon mensuel était alors envoyé au client par la poste, quelques jours avant le début du mois.
Le coupon de mai 2002 sera le 12ème et dernier commandable en ligne. Les abonnés pourront accéder à leur compte jusqu’au 30 avril, puis le site cessera définitivement son activité le 15 mai. La page d’accueil a d’ailleurs pris des allures d’oraison funèbre, « l’équipe Ticketic » adressant « ses chaleureux remerciements à ceux qui [l’] ont accompagné dans cette aventure ».

Ticketic explique cet arrêt prématuré par « une conjoncture économique globalement peu favorable au commerce électronique ».
Annoncée le 9 avril, la nouvelle marque inconstestablement un revers pour la Régie. Ticketic devait être le fer de lance des nouveaux services à base de « nouvelles technologies » proposés aux voyageurs. Dans les stations, le succès de SIEL [1] ou des bornes Internet ne se dément pas. Mais la diversification vers des services plus personnalisés, hors de la sphère des déplacements quotidiens, semble maintenant un peu compromise.
Cet échec est, en soi, d’autant plus regrettable que la formule était séduisante : simple (un seul clic) et commode (le coupon pouvait être livré indifféremment à domicile ou sur le lieu de travail), elle évitait surtout les douloureuses files d’attente au guichet en fin de mois... Au bénéfice combiné du voyageur et des agents RATP - pour qui les « jours Carte Orange » et leur affluence ininterrompue sont aussi particulièrement éprouvants. Et l’e-mail de rappel envoyé à l’avance, vers le 23 du mois précédent, permettait de ne jamais être pris au dépourvu.
Un service de partenariat était également offert aux entreprises, proche de l’achat en gros. L’objectif était de leur faciliter le remboursement [2] des Cartes Orange de leurs salariés. S’y étaient ralliés, entre autres, Alstom, BNP Paribas, Yahoo, UPS France et Elyo (outre évidemment Connex et Vivendi).
Au milieu de tous ces avantages alléchants demeurait pourtant un inconvénient : les frais de traitement et d’envoi étaient facturés 2 € en plus du coupon. C’est techniquement logique, ne serait-ce que parce que les services postaux ne sont pas gratuits, et les employés de Ticketic pas bénévoles (et la part du prix de vente des coupons accordée par le STIF à ces revendeurs non-transporteurs, désespérément faible). Mais c’est psychologiquement très délicat : l’internaute a du coup l’impression d’être « surtaxé » pour un service dont la plus-value ne saute pas aux yeux (grosso modo, une dizaine de minutes de gagnées chaque mois, à comparer avec les heures que chacun aura fini par passer dans les transports). Ce d’autant plus que nombre de commerçants en ligne proposent des produits « à port gratuit », pourtant bien plus lourds et encombrants qu’un rectangle de carton !
Autre problème : la clientèle jeune, a priori la plus sensible aux charmes de l’achat en ligne, est dans sa très grande majorité déjà titulaire de cartes Imagine’R - donc pas susceptible d’utiliser Ticketic.
Ne sous-estimons pas non plus la concurrence accrue des distributeurs automatiques : pour faciliter le passage à l’€uro, et compenser l’amplitude d’ouverture plus réduite de certains guichets, la RATP a multiplié les distributeurs en 2000 et 2001. Tous délivrent désormais tous les titres de transport [3]. En multipliant les possibilités d’achat, ils contribuent déjà à réduire significativement l’encombrement des guichets, et en conséquence, à affaiblir le « besoin client » à la base de Ticketic.
Enfin, la publicité faite autour du service est malheureusement restée faible : souvent limitée à de petites affiches sur les quais des stations, perdues au milieu de plans et d’horaires que les habitués - principaux clients potentiels de Ticketic - ne regardent plus. L’impact d’une distribution systématique d’un dépliant au guichet, les « jours de Carte Orange », aurait certainement été autrement efficace...
De la palette des e-services RATP, seuls demeurent pour l’instant les moyens d’information : essentiellement la recherche d’itinéraires personnalisés et l’état du trafic, intégrés au sein du portail Citéfutée, et le site web institutionnel. Il est toujours prévu, à court terme, d’enrichir le tout d’horaires « en temps réel », mais la version Internet de SIEL, qui serait au cœur du système, n’a pas encore dépassé le stade de l’expérimentation [4]. Quant à Paris Trafic, le service d’informations trafic personnalisées par minimessages SMS, il semble promis au pire : il était proposé lui aussi par Ticketic SAS, et à un coût non négligeable.
Reste que le concept de base n’est pas bancal : l’achat d’une Carte Orange, comme le paiement d’une facture de téléphone ou la déclaration de revenus, relève bien de ces actes répétitifs de la vie courante où les « nouvelles technologies » peuvent faciliter les choses. On peut donc parier sur une résurgence de l’intiative à partir de 2004, une fois la télébillettique généralisée, c’est-à-dire une fois que les « billets » (en fait des passes sans contact Navigo) pourront être « rechargés à distance ». Finis les frais supplémentaires, l’envoi artisanal de coupons par la poste... Le rechargement pourra être instantané (autre avantage incomparable dans l’univers d’immédiateté qu’est l’Internet !) et Navigo, autorisant une gamme beaucoup plus large d’options tarifaires, permettra d’offrir un service réellement « à la carte ». Car la révolution engendrée par tout cela sera forcément l’occasion de repenser en profondeur le rôle des agents des stations, et les modes de distribution des billets.
Restez en ligne : la Carte Orange n’a forcément pas dit son dernier mot sur Internet !
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Dernier : 20/12/2004, 10h09 • Emmanuel
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[1] Le Système d’Information En Ligne, autrement dit les écrans annonçant l’heure d’arrivée des prochains trains. Ce service est en cours d’extension, sous une forme simplifiée, au réseau Métro et aux principales lignes de Bus.
[2] A hauteur de 50 %, une obligation légale en Île-de-France depuis 1983.
[3] A l’exception près : des titres « spéciaux » comme le Ticket Jeune, ne sont toujours vendus qu’au guichet. Mais ils représentent une part infime des déplacements. A l’opposé, les distributeurs des générations précédentes étaient fréquemment limités, soit aux tickets à l’unité, soit aux abonnements.
[4] Conduite sur l’intranet de la RATP depuis plus d’un an par le département SIT (Systèmes d’Information et de Télécommunications).
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Incident fumeux sur l’axe Est-Ouest
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Dernier : 20/12/2004, 10h09 • Emmanuel
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L'actualité du mois
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Une ligne de plus pour le Siel
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