| MétroPole > Actualités > septembre 2005 |
XML
|
![]() |
![]() |
Jamais la vapeur n’aura été aussi vive dans l’esprit des passionnés de Chemin de fer de tous âges, de tous bords. Une multitude d’associations restent là pour le prouver. Evocation de voyage, d’évasion, d’une simple photo où le panache apparaît comme la concrétisation d’une alchimie étrange émanant de ces monstres d’acier et d’eau... la vapeur est bel et bien vivante, à la fois dans l’imaginaire collectif mais aussi dans nos contrées habituelles, grâce à une poignée de bénévoles s’évertuant à ranimer la flamme d’un passé empreint de nostalgie, d’escarbilles et d’odeurs en tout genre. Pleins feux sur une association francilienne, l’AJECTA qui organise ses journées Portes Ouvertes ce week-end, avec plus de 35 ans d’activité consacrés à la préservation, l’entretien et la mise en valeur d’une importante collection de matériels de tous temps et de tout horizons.
Fondée en 1968 par une poignée de passionnés, déjà nostalgiques alors que la vapeur s’éteignait sous leurs yeux de manière irréversible, l’AJECTA a rapidement pris possession du dépôt seine-et-marnais de Longueville fermé par la SNCF en 1966. La rotonde, dotée d’un pont tournant de 17 mètres, vaut à elle seule le déplacement : construite entre 1903 et 1906 sous la tutelle de la Compagnie de l’Est, elle est typique des années 1880. En outre, récemment classé à l’inventaire des monuments historiques, ce dépôt a pu être restauré afin d’héberger dans les meilleures conditions une importante collection de matériels.
L’AJECTA possède une extraordinaire collection de locomotives à vapeur d’horizons divers et variés. On peut citer la 140 C 231 (1916), locomotive d’origine ETAT qui assure la traction de la totalité des trains AJECTA, la 141 TB 407 (1913) de l’ancienne ligne de la Bastille (aujourd’hui intégrée au 
) , mais aussi les 141 TC 19 (1922), 130 B 348 (1862), 130 B 476 (1883), 030 T 3032 « Rimaucourt » (1887) ou encore une 020 « Suzanne » à chaudière verticale (1896). Le site internet de l’association décrit la totalité de cette collection.

Le matériel roulant remorqué constitue également un atout indéniable dans la collection de l’AJECTA, entre rêve, luxe et banlieue ! Entre les traverses du dépôt, la rame St-Germain, reconstitution du Paris - St Germain de 1837 témoigne des origines du chemin de fer. Des voitures en bois tollé des anciens réseaux EST et AL, d’une construction typique de la transition XIXème-XXème siècle, avec des portières latérales, démontrent un confort souvent spartiate pour nos habitudes contemporaines. Les voitures TY, version NORD des précédentes, bénéficient d’un supplément de confort apporté par la présence de bogies au lieu de simples essieux. Des voitures qui ont roulé jusqu’au début des années 1960. Il est également possible de croiser des voitures OCEM, à rivets apparents, au milieu d’un vaste parc de voitures métalliques des années 1930 dignes représentantes de la totalité des réseaux existants (EST, ETAT, PLM, PO-MIDI). Enfin, le luxe est représenté par une collection de voitures Pullman type "Flèche d’Or" ou "Côte d’Azur", voiture Restaurant ou encore Lits-salon PLM de la CIWL. Quelques wagons marchandises et une allège postale du réseau ETAT de 1874 complètent le gros du bataillon de Longueville. La richesse du patrimoine est telle que le manque de temps n’autorise toujours pas aux bénévoles de retaper une rame Talbot pourtant présente depuis de nombreuses années.
Même si la quasi totalité des bénévoles semblent totalement satisfaits par le simple fait d’adhérer et d’apporter leur modeste contribution à la bonne marche de leur association, leur bonheur est des plus complets lorsque leur effort prend forme concrète pour leur satisfaction personnelle ou, bien souvent, pour le bonheur partagé de dizaines voire de centaines d’amateurs, venus de loin pour (re)découvrir l’espace de quelques heures un Chemin de fer définitivement éloigné de notre quotidien. C’est dans ce cas que la célèbre expression helvétique prend tout son sens : « rien ne sert d’aller vite, mais aussi rapidement que nécessaire ». Et là, c’est bel et bien le plaisir qui est recherché, le plaisir de la lenteur, d’un autre temps ou tous les sens étaient en éveil à proximité de tels engins, où tout le monde se sentait, l’espace d’un instant, cheminot.
La vapeur version XXIème siècle n’est pas réservée à une élite et la majorité des associations a besoin de vous à longueur d’année sous diverses formes ; il est à ce titre possible de rejoindre l’AJECTA.
Naturellement, le voyage historique constitue le must en terme d’immersion et plusieurs fois par an, un train, le plus souvent au départ de Paris, emmène son lot de voyageurs vers des destinations proches ou lointaines comme Dieppe, Le Tréport, Calais, Tours, Bourges, Vézelay, Troyes, Epernay, Nancy, Bruxelles. Le succès de tels périples s’est rarement démenti et sur l’ensemble du territoire, des panaches de fumée viennent souvent déranger la quiétude de certains dimanches. L’AJECTA met en circulation une rame composée de la 140 C 231 de 1916 alliée à des voitures GL des années 30, toutes remises aux couleurs des anciennes compagnies (PO-MIDI, PLM, ETAT, AL, ...).

La passion pour la vapeur peut également se traduire par un impérieux besoin de toucher, d’aider et il n’est pas forcément nécessaire de maîtriser la technique des pompes à air, injecteurs, régulateurs et autres boites à feu. Les associations ont un farouches besoins de main d’œuvre au quotidien, mais également lors des manifestations. Ces passionnés constituent le ciment de toute association qui, sans leur aide, ne pourrait proposer aux amateurs ferrovipathes des clichés de rève et de réalité.
La saison touristique se termine, et la 140 C 231 de l’AJECTA n’est pas en reste puisqu’elle a été utilisée a plusieurs reprises pour le tournage de films cinématographiques ou de clips. La rame historique a même pris part intégrante à un périple de plusieurs jours au crochet de la 231 K 8, autre monstre sacré associatif.
Il est régulièrement possible d’approcher ces machines ou de participer à ces voyages d’un autre temps. Le programme annuel de l’AJECTA (disponible sur son site Internet) prévoit notamment, comme incontournable temps fort de l’année, des journées « portes ouvertes ».
L’occasion est justement rêvée pour tous les amateurs de replonger dans une ambiance rétro l’espace de quelques heures : l’AJECTA propose en son dépôt ce week-end (1er et 2 octobre) ses traditionnelles « Journées Vapeurs » à la saveur toute particulière cette année. En effet, ces portes ouvertes seront l’occasion de découvrir deux nouvelles locomotives qui seront remises en service à cette occasion, la 020 Suzanne à chaudière verticale de 1896 et surtout la 141 TB 407, machine symbole de la banlieue parisienne [1] qui effectuera ses premiers tours de roues après 30 ans d’inactivité et une restauration longue d’une vingtaine d’années.
Haute en couleur, l’inauguration officielle de ces deux nouvelles roulantes s’établira en fin de matinée ce 1er octobre, après l’arrivée d’un train spécial en provenance de Paris-Est, tracté comme il se doit par la 140 C 231 de l’association menant une rame composée de voitures Grandes-Lignes de 1ère et 2ème classe des années 1930. Une Voiture-Pullman de grand luxe ainsi qu’une Voiture-Restaurant rétro complèteront cet ensemble.
Dans l’après-midi, un défilé de locomotives à vapeur accompagnera des baptêmes au manche de la 141 TB dans l’enceinte de l’AJECTA et une navette vapeur Longueville/Provins ponctueront la visite du dépôt abritant la riche collection associative. La journée du dimanche est quant à elle réservée aux visites statiques du matériel et aux évolutions vapeur dans l’enceinte même du dépôt.

Les associations d’entretien et de sauvegarde du patrimoine ferroviaire luttent contre les outrages du temps et la négligence des hommes en aimant et cajolant leurs protégées à la fois pour le bonheur de leur adhérents mais surtout pour celui du grand public, le vôtre. La présence de ce passé omniprésent et le pouvoir de séduction de ce mode de transport sont tels que la célèbre citation de Guillaume Apollinaire « Crains qu’un jour un train ne t’émeuve plus » ne semble jamais avoir été aussi désuète. Alors rendez-vous ensemble pour partager un panache !
![]() |
Dernier : 1er/10/2005, 15h29 • mathilde
|
[1] Dès la fin de la première guerre mondiale, les 141 TB ont tiré des trains sur toutes les lignes de la banlieue Est, alors exploitée par la compagnie des Chemins de Fer de l’Est, comme Paris-Meaux, Paris-Lagny, Paris-Chateau-Thierry, Paris-Villiers-sur-Marne, Paris-Gretz, Paris-Coulommiers ou encore Bondy-Aulnay. Grâce à leur qualités de puissance et de faible coût d’entretien, elles furent les dernières locomotives à vapeur à assurer les trains de banlieue de la gare de l’Est jusqu’à l’électrification en mai 1962. Leur carrière n’en était pas terminée pour autant : une vingtaine d’entre elles reprirent du service sur la ligne de Vincennes (Paris-Bastille — Boissy-St-Léger) jusqu’au 14 décembre 1969, moment de la création de la ligne A du RER. Quelques unes enfin connurent un sursis jusqu’en 1972, à la faveur d’une location par le dépôt CFTA de Provins, non loin de Longueville, ce qui valut à la 141 TB 407 d’avoir pu être sauvée de la destruction par l’AJECTA.
![]() |
Embarquement immédiat
|
![]() |
Dernier : 1er/10/2005, 15h29 • mathilde
|
![]() |
L'actualité du mois
|
![]() |
Ajustements horaires en temps réel
|
|
1 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article,
dans 1 discussion(s) :
|
|