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La SNCF lance le deuxième volet de sa campagne de sensibilisation en s’appuyant une nouvelle fois sur un film publicitaire réalisé par le cinéaste Matthieu Kassovitz. En ligne de mire : l’utilisation abusive du signal d’alarme.
« Doit-il tirer le signal d’alarme ? ». Loin des 4 heures traditionnellement dévolues aux étudiants pour ce genre d’interrogation, la SNCF propose 15 jours à ses clients pour plancher sur le sujet. Ramassage des copies le 25 décembre.
C’est au printemps dernier que le brave mais simplet M. Lesec devenait familier des Franciliens, au gré des diffusions du film pédagogico-publicitaire réalisé par Matthieu Kassovitz et diffusé à la télévision et dans les salles de cinéma. « Surprenant, humoristique, osé », ce film rappelant au public de « ne pas descendre sur les voies sans y avoir été invité par un agent » n’avait semble t-il laissé personne indifférent, et la Direction de la SNCF s’était même félicitée d’une relative baisse de ce type d’incidents sur son réseau Transilien.

Deuxième volet de cette vaste campagne de sensibilisation, la Société Nationale s’attaque à présent au déclenchement intempestif du signal d’alarme, préoccupant au niveau national et véritable fléau en Île-de-France. A cet effet, un nouveau film est proposé par Matthieu Kassovitz ; il fait appel aux mêmes personnages désormais connus du grand public : M. Lesec, l’agent SNCF et le dinosaure. Diffusée sur les grandes chaînes nationales de télévision ainsi que dans les salles de cinéma, cette campagne est destinée à souligner les désagréments que suscite l’utilisation injustifiée du signal d’alarme, tout en rappelant dans quels cas son actionnement serait judicieux.
Cette seconde phase répond à un enjeu important : de l’aveu même de la Direction de la SNCF, sur plus de 6000 utilisations de la petite poignée - dont une écrasante majorité en Île-de-France - 98 % le sont sans raison valable : par simple jeu, par pure incivilité, fait d’un voyageur assoupi qui aurait raté sa gare, l’utilisation du signal d’alarme peut également traduire le mécontentement de voyageurs en colère. En effet, le signal d’alarme s’est invité au centre de la guerre des nerfs que se livre parfois la SNCF et ses clients : il n’est pas rare, par exemple, d’avoir à gérer des actionnements intempestifs le soir, au plus léger incident qui s’ajouterait à une pointe du matin trop chaotique. A ce jeu du chat et de la souris, aux conséquences en cascade, il devient d’ailleurs difficile de déterminer le vainqueur du vaincu.
Malgré ce triste constat d’irresponsabilité commune, la SNCF réaffirme, à juste titre sans doute, qu’il est hors de question de supprimer le signal d’alarme à bord des trains. Même largement perdue de vue, la finalité de cette petite poignée reste tout de même de garantir la sécurité des voyageurs. Et l’opérateur, par contre, de surenchérir qu’une amende de 45 euros est prévue pour tout abus - de quoi redonner un sens un peu plus concret à la formule « tout abus sera puni » gravée dans toutes les mémoires.
Après la lutte contre la balade inopinée sur les voies, la SNCF entend continuer, avec sa campagne publicitaire spectaculaire et médiatique, un grand nettoyage dans ses petits tracas quotidiens. Cette fois encore, derrière la volonté de faire baisser très sensiblement le nombre d’utilisations malveillantes de la « chasse d’eau » - ainsi qu’on la nomme parfois entre cheminots - se cache l’espoir d’améliorer le transit de millions de voyageurs. Une question de santé publique, en somme.
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