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La SNCF tire la sonnette d’alarme

Haro sur les chasses d’eau 20 décembre 2004

La SNCF lance le deuxième volet de sa campagne de sensibilisation en s’appuyant une nouvelle fois sur un film publicitaire réalisé par le cinéaste Matthieu Kassovitz. En ligne de mire : l’utilisation abusive du signal d’alarme.

« Doit-il tirer le signal d’alarme ? ». Loin des 4 heures traditionnellement dévolues aux étudiants pour ce genre d’interrogation, la SNCF propose 15 jours à ses clients pour plancher sur le sujet. Ramassage des copies le 25 décembre.

Le retour des dinosaures

C’est au printemps dernier que le brave mais simplet M. Lesec devenait familier des Franciliens, au gré des diffusions du film pédagogico-publicitaire réalisé par Matthieu Kassovitz et diffusé à la télévision et dans les salles de cinéma. « Surprenant, humoristique, osé », ce film rappelant au public de « ne pas descendre sur les voies sans y avoir été invité par un agent » n’avait semble t-il laissé personne indifférent, et la Direction de la SNCF s’était même félicitée d’une relative baisse de ce type d’incidents sur son réseau Transilien.

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Le retour du dinosaure

Deuxième volet de cette vaste campagne de sensibilisation, la Société Nationale s’attaque à présent au déclenchement intempestif du signal d’alarme, préoccupant au niveau national et véritable fléau en Île-de-France. A cet effet, un nouveau film est proposé par Matthieu Kassovitz ; il fait appel aux mêmes personnages désormais connus du grand public : M. Lesec, l’agent SNCF et le dinosaure. Diffusée sur les grandes chaînes nationales de télévision ainsi que dans les salles de cinéma, cette campagne est destinée à souligner les désagréments que suscite l’utilisation injustifiée du signal d’alarme, tout en rappelant dans quels cas son actionnement serait judicieux.

Cas d’urgence

Cette seconde phase répond à un enjeu important : de l’aveu même de la Direction de la SNCF, sur plus de 6000 utilisations de la petite poignée - dont une écrasante majorité en Île-de-France - 98 % le sont sans raison valable : par simple jeu, par pure incivilité, fait d’un voyageur assoupi qui aurait raté sa gare, l’utilisation du signal d’alarme peut également traduire le mécontentement de voyageurs en colère. En effet, le signal d’alarme s’est invité au centre de la guerre des nerfs que se livre parfois la SNCF et ses clients : il n’est pas rare, par exemple, d’avoir à gérer des actionnements intempestifs le soir, au plus léger incident qui s’ajouterait à une pointe du matin trop chaotique. A ce jeu du chat et de la souris, aux conséquences en cascade, il devient d’ailleurs difficile de déterminer le vainqueur du vaincu.

Malgré ce triste constat d’irresponsabilité commune, la SNCF réaffirme, à juste titre sans doute, qu’il est hors de question de supprimer le signal d’alarme à bord des trains. Même largement perdue de vue, la finalité de cette petite poignée reste tout de même de garantir la sécurité des voyageurs. Et l’opérateur, par contre, de surenchérir qu’une amende de 45 euros est prévue pour tout abus - de quoi redonner un sens un peu plus concret à la formule « tout abus sera puni » gravée dans toutes les mémoires.

Opération mains-propres

Après la lutte contre la balade inopinée sur les voies, la SNCF entend continuer, avec sa campagne publicitaire spectaculaire et médiatique, un grand nettoyage dans ses petits tracas quotidiens. Cette fois encore, derrière la volonté de faire baisser très sensiblement le nombre d’utilisations malveillantes de la « chasse d’eau » - ainsi qu’on la nomme parfois entre cheminots - se cache l’espoir d’améliorer le transit de millions de voyageurs. Une question de santé publique, en somme.

Dernière mise à jour
27 décembre 2004  09h26
7 messages ont été postés à la suite de cet article
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7 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article, dans 1 discussion(s) :
1. > Haro sur les chasses d’eau
28 décembre 2004, par Dunois

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> Haro sur les chasses d’eau
28 décembre 2004, 01:00 • par Dunois  
C’est une très bonne chose, même si en plus de marquer que c’est interdit, le montant de l’amende encourrue devrait l’être aussi, un chiffre comme 150€ est selon moi plus dissuassif que "ceci entraineras des poursuites".

> Haro sur les chasses d’eau
31 décembre 2004, 15:36 • par pantographe  
Salut, exactement ! il devrait y avoir les deux :) Les gens tirent l’alarme pour un rien... A+

> Haro sur les chasses d’eau
1er janvier 2005, 02:07 • par Klops  

Bonsoir,

Ils devraient leur mettre un système à l’anglaise : "Penalty ...£ per improper use" ce qui correspond en français à : "amende de ...€ pour utilisation abusive". Par ailleurs la télésurveillance des trains pourrait réduire le nombre de signaux tirés... dommage qu’elle ne soit pas d’actualité !

Bonne année Cordialement,


> Haro sur les chasses d’eau
1er janvier 2005, 10:16 • par Musicien77  
C’est vrai que le système anglais est très dissuasif... la SNCF devrait peut-être se payer un voyage à Londres !

> Haro sur les chasses d’eau
1er janvier 2005, 13:37 • par Didier G  

Bonjour,

C’est le système existant à Marseille :) 150 euros sans préjudice des poursuites civiles ...

Assez peu efficace semble-t-il ...


> Haro sur les chasses d’eau
25 août 2007, 22:38 • par sdx  

Peut-on imaginer que, quand toutes les rames seront équipées de l’interphonie avec le conducteur, celui-ci soit autorisé à demander "ce qui se passe" et en fonction de la réponse, autorisé à poursuivre sa route ? Sur la A, en direction de Saint-Germain, il y a en pointe du soir, des missions semi-directes (ZHAN) qui, entre Rueil et Le Pecq, ne marquent pas l’arrêt à Chatou, ni au Vésinet. Ces missions sont en général assurées en MS 61 qui, à ce jour, ne sont pas dotées de l’interphonie. Il y a souvent des malins qui, en dernière voiture, actionnent l’alarme au franchissement de la Seine, et descendent tranquillement à Chatou, en sortant par l’arrière du quai. Bilan : * le conducteur avise le PCC qu’il a un "frein de secours" (Si c’est un ancien !) ; * il s’arrête à Chatou ; * il remonte la rame jusqu’à la dernière voiture, réarme le signal et revient (environ 450m !) ; * il annonce l’incident réglé et repart, mais marque l’arrêt au Vésinet Centre, car des passagers ont pu monter à Chatou croyant prendre l’omnibus et vouloir descendre au Vésinet.

Bilan de la manip : une dizaine de minutes à l’heure de pointe (deux trains aux dix minutes sur ce tronçon).

Si le conducteur avait la liaison interphone et était autorisé à continuer, il aurait (en fonction de la nature de l’alarme) pu demander d’éventuels secours au Pecq ou à St. Germain, secours qui proviennent en général de St. Germain (district de Police et Smur) et sont donc en mesure d’intervenir plus vite à saint germain qu’à Chatou.


> Haro sur les chasses d’eau
26 août 2007, 16:04 • par Lunon  
http://www.lunon.sup.fr/

De toute manière, à chaque fois qu’un signal d’alarme est tiré, interphonie ou pas, le conducteur est obligé de s’arrêter à la prochaine gare. Il ne peut pas continuer tout simplement parce que la traction est coupée. Il a le choix entre s’arrêter immédiatement ou continuer jusque la gare suivante.

De plus, l’interphonie dans ces cas là ne sert à rien puisque personne ne répond 4 fois sur 5.

Si le conducteur avait la liaison interphone et était autorisé à continuer,

Impossible puisque de toute manière il est le seul habilité (avec les ASCT) à aller réarmer le signal et que le train a la traction coupé suite au SA.

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