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21 85 |
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Entre un trajet rapide et sans histoires, et une interminable succession de retards et de déconvenues, il ne tient parfois à pas grand chose de faire toute la différence : un peu de présence d’esprit, le souci du service aux voyageurs, un coup de klaxon, un écart pour céder le passage...
Il fait nuit depuis longtemps. Il n’est pas encore bien tard, mais les bus et les voyageurs ont commencé à se faire plus rares. A quelques encâblures de son terminus, le 85 remonte à bonne allure le Boul’ Mich’.
Parmi les rares passagers encore à bord à la traversée du carrefour de Cluny, une dame s’avance vers le machiniste ; elle cherche à poursuivre son voyage vers le Sud, mais hésite sur l’endroit où elle doit changer d’autobus.
Coup de cloche pour éveiller l’attention des piétons, qui s’avancent toujours trop sur la chaussée pour traverser devant chez Gibert... Il s’avère que la voyageuse doit continuer par le 21 - qui vient justement d’arriver à l’arrêt « Les Ecoles », immédiatement devant. Mais le temps de descendre par la porte médiane, de remonter la longueur d’un Agora et demi (18 mètres et des tickets) en slalomant pour éviter les gens qui viennent de descendre du 21, et sans que son conducteur ne puisse la voir puisqu’il fait nuit... Elle va nécessairement manquer sa correspondance.

Le machiniste du 85, qui l’a bien compris, donne donc un bref coup de klaxon à l’adresse de son collègue devant. Compris et honoré par tout machiniste RATP qui se respecte (dans le paysage sonore parisien, le klaxon d’un Agora est reconnaissable entre mille), le message se traduit tout naturellement par : « même si tu es prêt, ne pars pas immédiatement, je t’envoie quelqu’un ».
Notre voyageuse emmitouflée, à qui l’on a bien sûr ouvert la porte avant, a ainsi pu avoir immédiatement le 21 qu’elle aurait autrement dû attendre une petite dizaine de minutes.
Un peu plus tard, place Edmond Rostand, au moment de s’engager rue Gay-Lussac, le machiniste du même 21 se déporte ostensiblement sur la droite pour laisser passer le 85. Toujours aucun mot échangé, juste un signe de la main en remerciement : la manœuvre est suffisamment explicite, et si bien comprise par le machiniste du 85 qu’il aura suffi à l’autre de ralentir sans même s’arrêter.
Apparemment insignifiant, ce geste-là exprime aussi, au-delà de l’échange de bons procédés entre collègues, une certaine idée du service aux voyageurs.

A Luxembourg, le 21 qui s’arrête au tout début de la rue Gay-Lussac charge en effet habituellement beaucoup de monde, et reste arrêté plusieurs dizaines de secondes. Pendant ce temps-là, le 85 (qui doit continuer au-delà pour atteindre son arrêt rue Royer-Collard) se trouverait bêtement bloqué derrière, empiétant sur le passage piétons (voire le carrefour), à moins qu’il ne hasarde un dépassement aussi pénible que malaisé.
Bref, voyageurs et machiniste du 85 ont gagné en un clin d’œil pas loin d’une minute, les uns sur leur trajet, l’autre pour sa coupure entre deux courses. A bord du 21, il n’est même pas sûr que quiconque se soit aperçu des quelques secondes qu’il en a coûté (de toute façon bien insignifiantes à côté du moindre arrêt à un feu rouge !)
Répétées maintes fois à travers le réseau, ce sont pourtant ces petites B.A. quotidiennes qui changent tout à la descente du bus. En général, les voyageurs n’ont vraisemblablement rien vu mais n’ont pas eu l’impression d’y passer une éternité ; hasardons que certains, de temps en temps, remarquent malgré tout qu’ils ont eu affaire à des agents avec le souci du (petit) détail !
P.S.: Histoire de rendre à César ce qui était à Luxembourg, la scène se jouait ce soir avec les voitures 8114 et 2126.
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Dernier : 4/12/2004, 15h44 • Christobal
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Voyachieuse et mécanichien
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Dernier : 4/12/2004, 15h44 • Christobal
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Vu et vécu dans l'année
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Saint-Lazare de 6 à 7
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