MétroPole > Actualités > avril 2002 XML Version imprimable
M1 RERA
Actualités
Pagaille annuelle sur les lignes A et 1

Incident fumeux sur l’axe Est-Ouest 4 avril 2002

Un incendie à Etoile a interrompu la ligne A ce midi, et mis la ligne 1 à rude épreuve ensuite. Une journée délicate où l’information donnée aux voyageurs se révèle, encore et toujours, d’une importance capitale.

Les souterrains parisiens ont été cette après-midi la proie d’une belle pagaille, comme il n’en arrive qu’une fois par an (la dernière fois, et pour la même cause, c’était fin avril 2001 !)... Un feu s’est déclenché vers 12h40 dans un chemin de câbles à l’extrémité Est de la gare de Charles de Gaulle-Etoile, sur la ligne A, endommageant gravement une quinzaine de mètres de câbles de traction et de signalisation.

Le trafic a évidemment été immédiatement interrompu sur le tronçon central de la ligne, pour permettre l’intervention des pompiers, mais compte-tenu de l’ampleur des dégâts, n’a pas pu reprendre. Le service reste donc suspendu sur la ligne A entre La Défense et Nation, en principe jusqu’à demain matin. Des conducteurs avaient été dirigés sur Châtelet-les-Halles en milieu d’après-midi, prêts à accélérer la reprise du trafic au cas où, mais en vain ; ils ont ensuite regagné Nation.

image 350 x 263Les techniciens des départements M2E [1] (les caténairistes et équipes de signalisation) et SIT (les équipes de télécoms et détection incendie) s’affairent à remettre le tout en état, épaulés par des équipes d’Alstom qui sont venues leur fournir du matériel (des câbles, en particulier, quelle surprise !) en fin d’après-midi.

L’origine de l’incendie semble être un banal feu de papiers et détritus divers, dans le même genre qu’à Gare de Lyon l’an dernier. Mais cette fois-ci, il a sans doute été attisé par le ventilateur Friedland situé à proximité.

Le trafic a logiquement été redirigé sur la ligne 1 du métro entre Nation et La Défense, qui a, logiquement aussi, énormément souffert pendant la période de pointe. Aux alentours de 17h30, l’affluence est devenue telle entre Châtelet et La Défense que pratiquement tous les trains ont circulé en conduite manuelle, avec entrée en station à 10 ou 15 km/heure, et des temps de stationnements souvent énormes. Ajoutons à celà un voyageur malade qu’il a fallu évacuer vers 18h10 : le PCC n’a pu éviter, en fin de pointe, des stationnements sous tunnel entre stations dépassant régulièrement plusieurs minutes. Le trajet La Défense - Gare de Lyon demandait ce soir près de trois quarts d’heure [2].

Sur la ligne A, la belle mécanique qui s’était mise en place (retournements à La Défense quai A pour St-Germain, à La Défense quai B pour Poissy, et par le « service provisoire » de Nation vers Boissy et Chessy) et permettait un départ toutes les 3 minutes en moyenne à l’Est, a, selon la loi bien connue des séries, fini par être également mise à mal lorsque l’aiguillage de Nation a commencé à faire des siennes... Du coup, l’origine des trains sur les deux branches Est a dû être reportée à Vincennes pendant une petite heure à partir de 17h30.

image 500 x 325
Le grand tableau des départs de La Défense - sur la ligne A, ça ne va pas fort : le service vient d’être interrompu entre Nation et Vincennes

A l’Ouest, la présence d’esprit d’un conducteur a permis d’éviter un suicide à Nanterre-Ville vers 17h15, donc d’aggraver encore la situation.

L’exploitation assure, l’information moins...

En cas d’incident important comme celui-là, la réactivite, disons « du système » force toujours l’admiration. Quelques minutes suffisent pour organiser les retournements, à l’Est comme à l’Ouest. Même avec les roulements du matériel et des hommes complètement bouleversés, le PCC réussit le tour de force d’expédier des trains toutes les 3 minutes en les retournant sur un simple tiroir en arrière-gare. De façon générale, de l’organisation des manoeuvres (conducteurs de renfort en cabine arrière, glissement des conducteurs arrivant d’un train sur l’autre) à la simplicité d’un changement de sens en ligne (l’activation / désactivation d’une cabine est une question de secondes), les méthodes sont directement héritées de la culture Métro, où la réactivité et l’efficacité en cas de problème sont vitales.

On le remarque également à la mobilisation des agents d’exploitation, tous descendus sur le terrain en un clin d’œil quel que soit leur grade (il y avait même ce soir à La Défense un chef de secteur « en civil » en train de renseigner des voyageurs sur le quai !), et déployant souvent des trésors de patience lorsqu’il s’agit de répéter les mêmes annonces, train après train, pendant plusieurs heures. Et ce malgré quelques ratés dans la transmission des infos... Ainsi, les agents de Châtelet - Les Halles n’ont été réllement informés de la nature et de l’ampleur de l’incident que vers 15h30 - et encore, faute de précisions adéquates, ont ils pris l’initiative de parler de « chute de caténaire » pour expliquer aux voyageurs qu’il valait mieux emprunter un autre chemin.

De façon plus générale, l’information reste le domaine où se sont fait jour les carences les plus ennuyeuses. Pour dévoués qu’ils soient, la plupart des agents d’exploitation semblent avoir les pires difficultés à donner un renseignement d’itinéraire, même tout simple, sans le secours d’un plan. Or si la connaissance du réseau était du domaine du réflexe, non seulement cela gagnerait de précieuses secondes à chaque renseignement et ferait plus « pro » vis-à-vis du voyageur, mais surtout on éviterait de répéter bêtement des « informations » prises sur un modèle standard et manifestement incongrues :

-  A La Défense, par exemple, les annonces invitaient les voyageurs pour Cergy à aller chercher leur train à St-Lazare. Compréhensible, dans la mesure où seuls des RER pour Poissy et St-Germain étaient prévus au départ, mais parfaitement idiot : les trains pour Cergy desservent tous Nanterre-Université et Houilles. Il était donc possible de prendre le premier RER au départ vers l’Ouest, et de changer ensuite au bon endroit - ce qui était évidemment bien plus rapide.
-  Pendant l’interruption Nation - Vincennes, on invitait les voyageurs pour l’Est à aller en métro jusqu’à Château de Vincennes pour gagner ensuite la gare RER. Or il est plus rapide, en venant de Paris, de descendre en tête de quai à Bérault et de rejoindre Vincennes RER par l’avenue de la République.

Est-ce par paresse d’esprit ? Partout, les voyageurs étaient en fait redirigés en masse sur la ligne 1, même lorsque d’autres itinéraires étaient possibles. Et là où c’était possible, il aurait justement été souhaitable de ne pas surcharger la ligne 1, déjà très fréquentée en temps normal : cela revenait à créer un maillon faible dans le réseau, et à se trouver à la merci du moindre incident pouvant l’affecter. Et Dieu seul sait ce qui serait advenu si un surincident avait en plus bloqué la ligne 1...

-  A Nation, en plus d’inviter (sur un ton pas franchement amène !) les voyageurs pour Gare de Lyon, Châtelet et La Défense à emprunter la ligne 1, et les voyageurs pour Auber et St-Lazare (correspondance pour Cergy) à emprunter la ligne 9, on pouvait conseiller les lignes 2 ou 6 pour Etoile. Le trajet par les rocades est évidemment plus long, mais dans les situations perturbées, les voyageurs suivent souvent les conseils sans réfléchir, et cela aurait contribué à décharger le tronçon central de la ligne 1.
-  A La Défense, encore, tous les voyageurs pour Paris étaient dirigés sur la L1 - nouvelle bourde : on pouvait mettre à contribution les trains de la banlieue St-Lazare, qui, accompagnés de la correspondance appropriée (au pire la ligne 14 à Madeleine), auraient permis de détourner bien du monde de la ligne 1.
-  A Gare de Lyon, enfin, on reportait également le gros du trafic sur la ligne 1, malgré le grand nombre de possibilités alternatives : lignes D et E (ou 14 + 12) vers St-Lazare et la banlieue St-Lazare, lignes D ou 14 vers Châtelet, voire lignes 14 + 6 vers Nation...

Au bord de l’asphyxie, la ligne 1 a quand même sauvé la mise

Ainsi, la ligne 1 a dû accueillir, en plus de son trafic habituel, la très grande majorité des voyageurs de la ligne A (jusqu’à 58.000/h en pointe !). A La Défense, il a même fallu filtrer l’accès au quai de départ, avec la collaboration de la police et des pompiers, pour éviter que les trains ne partent déjà bondés : aux stations suivantes, les rames « chargent » traditionnellement beaucoup, et en particulier à Esplanade de la Défense (dont les quais sont très étroits), il était inenvisageable de laisser s’accumuler du monde dans la station. Cet « accueil-filtrage » créait une marée humaine vraiment impressionnante devant les escaliers d’accès au quai 1 de La Défense... Heureusement, les voyageurs ont été coopératifs !

image 300 x 262 image 250 x 188
Affluence exceptionnelle à Esplanade de la Défense, où, par précaution, les rames entrent au pas

Le GPSR (la police du métro) était également présent pour filtrer ou veiller à la sécurité des voyageurs à Etoile et Châtelet, où les quais étaient littéralement noirs de monde.

Dans l’ensemble, il va sans dire que l’après-midi a été très difficile sur l’axe Est-Ouest (et on ne se félicitera jamais assez que la ligne 1 ait été prolongée à La Défense, ce qui est un plus énorme dans des cas comme celui-là. Même si l’on a tendance à se reposer dessus inconsidérément). Cela dit, et même si tout le monde s’est cru bien proche du calvaire pendant un moment, il est probable que les voyageurs n’étaient pas plus serrés ce soir dans une rame de la ligne 1 que dans un RER de la ligne A à la grande époque... De quoi retrouver, l’espace d’un voyage, des contacts humains un peu plus intimes que d’habitude !

P.S.: Article posté initialement sur le forum fr.misc.transport.rail

Dernière mise à jour
10 avril 2005  18h48
4 messages ont été postés à la suite de cet article
Vers...
Dernier : 25/01/2007, 09h47 • Alain
Lecture thématique
Une sélection autour du même sujet
Trafic et travaux
Métro1
RERA
Incendie
Du même auteur
Jeff :o)
Ailleurs sur le réseau
SignalisationLigne2vie
Train d'unionLigne2vie
Rechercher
Notes

[1] Le département de maintenance, anciennement ESE.

[2] Contre moins de 30 minutes en temps normal.

Vers...
Montmartre roule à l’électrique
Vers...
Dernier : 25/01/2007, 09h47 • Alain
Vers...
L'actualité du mois
Vers...
Billet non valable


 Forum

4 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article, dans 2 discussion(s) :
1. RER A à St Lazare
24 janvier 2007, par Lechat78
2. > 1-A. Incident fumeux sur l’axe Est-Ouest
30 novembre 2004, par Bedeau

Engager une nouvelle discussion

 
RER A à St Lazare
24 janvier 2007, 16:01 • par Lechat78  

Bonjour,

Cette question s’adresse aux mécaniciens de Paris st Lazare. Lorsqu’il y a de gros problèmes sur la ligne A du RER, très souvent il y a une rupture d’interconnexion, et les RER en provenance et à destination de Cergy sont origine et destination Paris St Lazare. Ils circulent sur le groupe V jusqu’à Sartrouville, ou la il récupère le groupe III. Quand on sais qu’en heure de pointe il y a un RER pour Cergy toutes les 10 minutes, comment arrivent ils à circuler parmis les trains corail Intercité, les trains de banlieue Paris-Mantes par Poissy et Paris Les mureaux ? Ca parrait impossible de respecter ce candencement ! Est ce que l’un d’entre vous aurait des exemples d’horaires ? Merci d’avance.


RER A à St Lazare
24 janvier 2007, 21:29 • par Lechat78  
Je rajoute une question à celle ci-dessus qui s’adresse toujours aux mécaniciens de PSL : sur quelles voies sont receptionnés les RER ? Merci de vos réponse.

RER A à St Lazare
25 janvier 2007, 09:47 • par Alain  

Bonjour,

Je ne suis pas mécanicien, mais j’ai longtemps fréquenté assidument la ligne pour pouvoir répondre.

En fait, les trains du groupe V sont organisés en rafale, simple double voie entre Poissy et Vernouillet oblige, avec des missions Mureaux alternées avec des missions Mantes, les deux cadencées à 20 mns, rafale complétée généralement par un train vers les Normandie. Ce qui laisse un trou ( sillon ) pour passer un Cergy qui, contrairement à votre erreur, reste sur les voies du groupe V après Sartrouville, seules les missions Poissy sont dirigées sur le groupe III et font leur retournement à Nanterre-Préfecture, d’ailleurs toujours sur la même voie, ce qui occasionne des temps d’attente à la sortie du viaduc de Nanterre avant d’entrer dans le souterrain ; me suis toujours demandé pourquoi les deux voies dédiées à la branche SNCF de Nanterre-P. n’étaient pas utilisées alternativement pour fluidifier ce hiatus.

A saint-Lazare, les Cergy sont donc reçus sur les voies du groupe V mais côté GL, généralement 18 à 20, ceci parce que la longueur des quais de ces voies en permettent la réception, les quais banlieue des groupes II à VI étant un poil trop courts pour les MI84 et surtout les MI2N.

> 1-A. Incident fumeux sur l’axe Est-Ouest
30 novembre 2004, 18:00 • par Bedeau  

Les techniciens des départements M2E [1] (les caténairistes

Nombreux incendies dans les chemins de câbles du RER dans les années 1990 ! De 1998 à 2001 ESE - MER ( unité caténaires, distribution BT du RER ) et SIMOTRANS ( filiale de la RATP chargée de l’ étude d’ équipements spéciaux ) ont effectué le nettoyage et la remise à niveau des caniveaux de câbles situés sur la plate-forme des voies des lignes A et B ( secteur RATP ).
-  marché de fourniture de chemins de câbles béton établi par ESE-MER,
-  nettoyage des caniveaux des tunnels centraux à l’ aide d’ un aspirateur spécial et échange des couvercles cassés par SIMOTRANS,
-  échange des couvercles et caniveaux cassés sur les parties aériennes,
-  transport du matériel assuré par les unités RER ( trains de travaux ). Cette intervention importante diminue le risque d’ incendie mais restera insuffisante tant que l’ on ne prendra pas la décision de nettoyer autant que nécessaire la plate-forme des voies dans les parties souterraines.

Index Actualités Réseaux & lignes Horaires Infos techniques Photos Ailleurs