| MétroPole > Actualités > Carnets du voyageur > 2010 |
RSS
|
![]() ![]() |
![]() |
Au cours d’un incident nécessitant une interruption de circulation, la priorité est donné par l’exploitant au rétablissement du trafic. Piégés, les voyageurs doivent se contenter, au pire de patienter, au mieux - s’il existe - d’un bus surchargé. Rares en effet sont les possibilités d’avoir un itinéraire de substitution en RER.
Pas toujours un avantage, des effets de bords se font malheureusement sentir, considérablement aggravés par une infrastructure inadaptée.
Et quand les voyageurs sont invités malgré eux à jouer au ping-pong, ils acceptent de bonne grâce... avant de se rendre compte qu’ils ont le rôle de la balle.
En pleine pointe du matin, à l’heure la plus critique, un incident « sérieux » (panne de signalisation entre Cité-Universitaire et Denfert-Rochereau) entraîne une interruption de trafic sur le ![]()
. Impossible, donc, de rejoindre Paris dans l’immédiat.
Comme souvent en pareil cas, les voyageurs sont refoulés à Massy-Palaiseau et invités à emprunter le ![]()
. Reste pour eux à résoudre seuls l’angoissante question : quel train prendre, entre Paris via Juvisy par la « Grande Ceinture Sud » (VICK) et Paris via Orly par la « Ceinture Stratégique » (NORA). Seuls, car en absence de tout affichage, l’expectative est de mise.

C’est la situation que j’ai trouvé en arrivant à Massy-Palaiseau par la gare « Grande Ceinture » peu après 8h30 : quais anormalement encombrés, passerelle noire de monde, bouchons en bas de l’escalier - on se croirait sur l’autoroute A6 un 30 juin. Informé de la situation par plusieurs naufragés, j’opte pour la Grande Ceinture Stratégique. Prochain train dans 25 minutes, je viens malheureusement d’en laisser filer un. Je regrette « mon » « cher » ![]()
et ses raflales de trois trains aux 12 minutes en pointe.
Malgré tout confortablement installé dans la Z 2N (NORA, donc) déjà en place pour le départ, je trompe mon attente en observant le manège des éléments MI 79 déversant chacun leur flot de voyageurs, saturant inexorablement la petite passerelle reliant les gares RATP et SNCF/Grande Ceinture.

Voilà un bon quart d’heure que je patiente tandis que NORA se rempli continuellement et inexorablement par l’arrière. Avec un groupe de voyageurs sur le quai, nous bavardons et nous nous amusons de la situation. D’autres téléphonent : un étudiant de Limours se rendant à un partiel s’inquiète, une employée gênée laisse un message à la secrétaire de son chef lui-même sans doute naufragé quelque part ; un autre voyageur, amusé au téléphone, m’apprend l’existence d’autres problèmes sur le réseau
, vers Versailles semble t-il.
Du côté de la RATP, les choses évoluent : les trains ne repartent plus à vide. Il semble donc que la situation s’améliore. Comme moi, d’autres voyageurs remarquent cette évolution, tandis que, sur la passerelle, certains refoulent d’eux-même vers les quais RATP.
Enfin, l’information vient jusqu’à nous : la circulation reprend sur le ![]()
, au grand dam des voyageurs autour de moi. Aucun regret à avoir : rejoindre l’autre côté de la passerelle serait absurde, sinon dément, en raison de l’extrème affluence sur celle-ci, et parce que deux trains devraient partir sur le ![]()
dans la dizaine de minutes à venir.

En effet, de grands remous contraires ébranlent la passerelle, où décidément plus rien ne bouge : entre ceux qui, pas encore informés (la passerelle n’est pas équipée de haut-parleurs), veulent descendre, et ceux qui veulent monter là ou les croisements s’avèrent déjà difficiles en temps normal, le capharnaüm est à son apogée et la situation inextricable. Voilà qui comblerait tout chercheur en théorie du cahos.
Pensant sans doute arriver plus vite, certains voyageurs traversent les voies au mépris des règles de sécurité les plus élémentaires. Des exemples à ne surtout pas suivre : même si le trafic RER est faible, plusieurs trains de marchandises et quelques TGV transitent sur ces voies de la Grande Ceinture Sud.

C’est là que Zorro arrive : le train VICK, pour Paris par Juvisy, entre enfin en gare. Fort heureusement, personne n’est sur les voies. Par mesure de sécurité, tous les trains quelque soient leur type sifflent désormais systématiquement dans la courbe en venant de Versailles.
Nouveau remous sur les quais : certains renoncent à traverser cette fichue passerelle, disposés finalement à se contenter de VICK. S’ensuit pas mal de bazar, retenant le train plus de coutume à quai. Il repart bien chargé, et en retard sur l’horaire.
L’arrivée providentielle de cette rame Evolys a eu un effet bénéfique sur l’affleunce de la gare : le bouchon de la passerelle a maintenant sauté et la circulation y est redevenue dense, mais fluide.
Quelques minutes plus tard, notre rame quitte le quai. La fin de nos aventures ?

Pas tout à fait : à Chemin d’Antony, NORA marque un temps d’arrêt prolongé. Nouvel énervement, nouvelle inquiétude. Nous faudra-t-il de nouveau changer ?
Fausse alerte. Le train finit par repartir, et le reste du voyage s’effectue sans histoire. Moi qui ne connais que le ![]()
, j’ai pu découvrir de nouveaux paysages, égayant mon trajet mouvementé. Nous arriverons finalement à Bibliothèque peu après VICK, notre arrêt prolongé nous ayant fait perdre du temps.
P.S.: Après quelques recherches, de Massy-Palaiseau à Paris, il vaut mieux prendre NORA que VICK : si NORA part quelques minutes plus tard, le trajet de VICK est beaucoup plus long : 40 mn contre 31 mn jusqu’à Bibliothèque. C’est cependant le ![]()
qui reste imbattable sur ce même parcours : 24 à 32 mn jusqu’à Chatelet-Les-Halles selon les missions.
Ces temps de parcours sont proportionnels à la distance à parcourir (18 km jusqu’à Châtelet par le ![]()
, 28 km jusqu’à St-Michel par la GC Stratégique, et 35,5 km par la GC Sud).
![]() |
Dernier : 9/03/2006, 20h57 • Cramos
|
![]() |
Terminus, tous les moutons descendent de voiture
|
![]() |
Dernier : 9/03/2006, 20h57 • Cramos
|
![]() |
Vu et vécu dans l'année
|
![]() |
Métro déshumanisé
|
|
23 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article,
dans 4 discussion(s) :
|
|