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M14
Carnets du voyageur
Le désert avance irrémédiablement sous nos pieds

Métro déshumanisé 5 juin 2004

Suivons le trajet d’un voyageur contemporain qui évolue dans les couloirs du métro d’aujourd’hui. Quel personnel va-t-il rencontrer au cours de son périple ? Quasiment personne puisque un véritable désert s’offre désormais à lui alors que quelques décennies auparavant, notre baroudeur aurait pu croiser le regard de plusieurs membres du personnel.

Désert humain

Un brin nostalgiques, nous empruntons la ligne au départ de la station Bercy. Nous descendons l’escalier d’accès à la salle des billets (1) [1] et nous dirigeons vers la pancarte "Gare St Lazare" qui seule nous oriente désormais vers notre destination. La flemme de sortir notre Pass Navigo nous contraint à une gymnastique des plus ridicule afin de rapprocher le précieux sésame du lecteur (2) : lever ses fesses, quitte à s’asseoir sur l’appareil ou encore s’abaisser jusqu’à l’embrasser afin que notre passe rangé au plus près du cœur puisse être rapidement reconnu.

Batterie de valideurs RATP à St-Lazare

Un escalator flambant neuf, un virage à gauche puis quelques ultimes marches fixes, nous voilà enfin sur le quai. Un bref coup d’œil circulaire nous confirme notre solitude, nous sommes livrés à nous-mêmes dans ce dédale de modernisme. Peu de voyageurs sur les quais et pas l’ombre d’un agent de la régie. Et pourtant, des yeux semblent nous observer de façon plus ou moins attentive. Une caméra de surveillance (3) veille effectivement à notre sécurité et s’assure qu’aucun graffiti n’apparaît sur les piédroits de la station.

Arrivés au milieu du quai, nous nous interrogeons sur l’efficacité d’un dispositif d’alarme des plus anonyme (4) alors que notre rame arrive enfin. Son pare-brise avant, vierge de tout agent de conduite (5), nous permet de constater la très faible fréquentation du convoi. Soulagement, nous trouverons assurément strapontins à nos postérieurs !! Les portes (de la rame et palières) s’ouvrent pour permettre l’échange de quelques voyageurs à l’issu duquel nous montons. Le signal sonore retentit (6), les portes se ferment et la rame s’élance aussitôt. Bercy <img src="http://www.metro-pole.net/x/M14_17.gif"> direction Bibliothèque

Le modernisme absoud le mirage du passé

Quoique relativement bref, ce parcours initiatique en station nous a permis de constater la disparition quasi totale des agents en poste dans le métro parisien. Difficile d’imaginer qu’il y a moins d’un demi-siècle, ce même périple nous aurait permis de croiser nombre d’employés de la société de transport urbain occupés à des fonctions aussi diverses que nécessaires au bon fonctionnement du métropolitain. Malgré son indiscutable succès, la ligne METEOR est criante de vérité puisque aujourd’hui, seul le receveur (1) persiste et offre quelques effluves du passé aux plus nostalgiques. Sur toutes les autres lignes, le conducteur est certes toujours en place (5) mais ne fait que signaler sa présence à la rame qui accélère et freine automatiquement. Il se contente désormais de fermer les portes, remplaçant la mission du chef de train (6) depuis la disparition des rames Sprague.

A l’orée des années 1970, la RATP entame sa révolution à l’unisson des récents évènements sociaux. « Sous les pavés, la plage », mais plus personne dans le métropolitain. Les surveillants de quai (3) ont tous disparu et le chef surveillant (communément appelé chef de station) (4) est parti rejoindre le receveur quand il n’a pas lui-même définitivement quitté la scène. Quant au célèbre poinçonneur (2), il a déserté les lieux sitôt l’apparition de la bande magnétique équipant les tickets et des batteries de tourniquets (tripodes) dans la salle des billets, vecteurs de la modernité de l’époque.

DAB nouvelle génération

Un riche patrimoine humain

Jusqu’en 1968, une station de métro classique disposant de 2 voies et 2 quais latéraux comprenait :

  • 1 chef surveillant. Mobile, il n’hésitait pas à traverser les voies pour évoluer rapidement d’un quai à l’autre. Il a disparu progressivement des petites stations avant de quitter définitivement l’ensemble du réseau. En effet, le PCC intervenant désormais directement sur l’ensemble des évènements "exploitation", son poste a fusionné avec celui de receveur. Depuis, les bureaux des chefs surveillant ont été murés et le plus souvent remplacés par un local technique dans lequel on retrouve l’alarme destinée aux voyageurs.

Local technique

  • 1 ou des surveillants de quai qui épaulait le chef surveillant dans sa tâche et que l’on surnommerait aujourd’hui le vigile. Il a disparu aussi rapidement que son chef, sa présence n’étant pas jugée comme "indispensable" au fonctionnement de la station.
  • 1 poinçonneur. Présent sur chaque quai, il détenait une dextérité incroyable pour faire des trous dans les tickets que les nombreux voyageurs lui tendaient. Présent au pied de l’escalier d’accès au quai, il représentait le plus bas niveau de l’échelle sociale de la régie. Son activité originale inspira d’ailleurs Serge Gainsbourg qui procura à ce métier une notoriété nationale.
  • Enfin, à l’arrivée d’une rame de métro apparaissait le conducteur assisté d’1 chef de train qui accompagnaient tout deux le convoi sur l’ensemble de son trajet.

Sauvageons, vous êtes cernés !

Il n’y avait donc pas moins de 3 membres du personnel de la régie, parfois davantage dans les stations les mieux loties et les plus importantes. L’effectif local bondissait même sérieusement lorsque deux rames entraient simultanément en station. On pouvait alors aisément atteindre la bagatelle de 7 agents en poste ! En imaginant que certaines stations disposaient d’un accès à chaque extrémité, on atteignait alors des sommets que plus personne n’ose imaginer aujourd’hui ! A contrario, certaines stations plus modestes n’avaient pas de poinçonneur sur chacun des deux quais. La rentabilité n’étant pas justifiée, l’accès était alors gratuit. Mais le risque financier était moindre pour la régie puisque cette organisation inédite ne concernait que quelques stations en bout de ligne comme par exemple Mouton-Duvernet vers la Porte d’Orléans.

Station "Louvre" <img src="http://www.metro-pole.net/x/M01_17.gif">

Les temps changent

L’actuelle présidente de la RATP, Anne-Marie Idrac, mène un projet d’automatisation intégrale de la ligne . Si ce projet aboutit, le réseau sera passé l’espace d’un demi-siècle d’un métro certes sale mais humain à un métro peu propre et totalement déshumanisé. Signe des temps, la saleté aura cédé sa place au graffiti alors que parallèlement, l’agent de police, souvent secondé par de multiples caméras d’un quelconque centre de surveillance, aura quant à lui remplacé le surveillant de quai ou son chef. L’informatique aura largement pris à sa charge les multiples missions dévolues à plusieurs conducteurs et aux chefs de train. Enfin, même le célèbre poinçonneur aura quant à lui cédé sa place à d’insignifiants tripodes métalliques et froids ou à des portes pneumatiques sales et souvent agressives pour les distraits.

Aux yeux des voyageurs, cette évolution ne permet pas de donner une image suffisamment sécurisante du transport souterrain, même si ce ressenti toujours subjectif semble être totalement erroné. Certains maintiendront que cette irrémédiable évolution est le fait du progrès, et que les métiers pénibles disparaissent, leur humanité avec... Mais à quel prix ??!!

Ticket chic, ticket choc

« Aujourd’hui, en guise de présence humaine, les quais n’offrent plus que des bornes d’appel isolées, des affiches avec la photo souriante d’un responsable de communication de la ligne accompagnée d’un anonyme numéro de téléphone à composer, l’ensemble agrémenté de "publics adress" [2] crachés par haut-parleurs. Mais ne désespérons pas : la RATP met en place, depuis 1991, le "nouveau service en station" animés par des équipes d’agents mobiles chargés non seulement de lutter contre la fraude, mais d’aider les voyageurs... ». Un juste retour des choses en somme. [3]

P.S.: Sources :
-  "Métro insolite" de Clive Lamming chez Parigramme Janvier 2002.
-  Mes parents et ma famille, ou plus précisément, leurs souvenirs.

Dernière mise à jour
6 juin 2004  18h01
17 messages ont été postés à la suite de cet article
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Dernier : 28/07/2008, 17h31 • Bob
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Notes

[1] Dans le but de rappeler aux plus nostalgiques le visage du métropolitain avant l’évolution de son organisation, des repères numérotés placés tout au long du texte nous renvoient à un corps de métier de la régie représenté en station il y a quelques décennies, que ce poste ait aujourd’hui disparu ou non.

[2] Message enregistré, adressé au public en général.

[3] Extrait de "Métro insolite".

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17 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article, dans 7 discussion(s) :
1. Métro déshumanisé
28 juillet 2008, par Bob
2. Métro automatisé
24 juillet 2006, par benf
3. Le poinçonneur
3 octobre 2004, par Bedeau
4. > Métro déshumanisé
22 août 2004, par Raphaël
5. > Métro déshumanisé
4 août 2004, par baro
6. > Métro déshumanisé
4 août 2004, par Christobal
7. > Métro déshumanisé
11 juin 2004, par jacques

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Métro déshumanisé
28 juillet 2008, 17:31 • par Bob  

Triste réalité, le métro est bel et bien déshumanisé, rien que les tourniquets c’est déja stressant. Et lorsque rien ne marche..... De cette facon on a plus le droit à l’erreur, suposons que je me trompe de ticket dans le tourniquet et que ca soit non valable, le ticket est alors émagnétisé et n’est plus utilisable.

Sinon, une anecdote personelle :

Un soir un à denfers rochereau vers 18H, les tourniquets ne laisaient plus passer les tickets, mais seulement les passes navigo, mon premier reflexe était de me diriger vers les guichets pour demander de l’aide, mais à ma grande surprise ils étaient fermès et il n’ y avais pas un seul agent RATP en vue. A cause de ca pleins de gens ont dut froder, et ils avaient bien raison car le service rendu était loin d’être satifaisant, d’autant plus que ce genre d’incident sont plus frèquents qu’ils ne veulent bien l’admetre, et j’en ai plusieurs fois été victime.

Donc oui, je confirme : Le métro est bien déshumanisé.

Métro automatisé
24 juillet 2006, 14:31 • par benf  
Et qu’est-ce qu’on en a à foutre de croiser des agents de la RATP dans le métro ? Encore heureux que ces témoins d’un autre âge aient disparus. C’est pas comme si la RATP avaient trop de budget à en jeter par les fenêtres, qu’ils nous finissent déjà la station Olympiades de la ligne 14, on en reparlera après...
Et ça n’a rien à voir avec l’humanité du métro. Ce n’est pas la peine de nous ressortir votre nostalgie.
Notez que je n’ai rien contre le fait de parler du temps d’avant, je suis le premier à écouter quand on me raconte comment c’était avant. Mais évitez juste de nous dire que le métro a perdu toute humanité, épargnez nous le sempiternel "c’était mieux avant".
C’était mon apologie de l’automatisation et du temps présent.

Le poinçonneur
3 octobre 2004, 19:38 • par Bedeau  
Bonjour J’ ai connu les poinçonneurs au début des années 60, les types se faisaient traiter de fainéants. Cette fonction a disparu et je pense que c’ était impossible de faire autrement car personne ne voulait faire ce travail et en plus actuellement un type ou une nana se ferait rapidement casser la figure par une certaine catégorie de gens qui n’ ont pas envie de payer le métro le soir à partir d’ une certaine heure. Je ne vois pas un employé dans une guérite à Strasbourg-St-Denis ( par exemple ) demander les billets aux clients à partir de 22 h 00 !! il ne resterait pas vivant longtemps ! je précise qu’ à cette heure un agent RATP seul derrière son guichet n’ en sort pas jusqu’ à la fin de service, même pour un arret d’ urgence sur un escalier mécanique ( la seule solution étant les caméras et la télécommande, pour les cas ou cela ne fonctionne pas tant-pis lol ! ). J B

> Le poinçonneur
3 octobre 2004, 19:58 • par Cramos  

Je ne vois pas un employé dans une guérite à Strasbourg-St-Denis ( par exemple ) demander les billets aux clients à partir de 22 h 00 ! ! il ne resterait pas vivant longtemps !

un agent RATP seul derrière son guichet n’ en sort pas jusqu’à la fin de service

Vos affirmations me font penser à un de mes collègues qui, lorsqu’il doit rentrer à Roissy-en-Brie après 21h prend sa voiture, refusant d’emprunter le à ces heures. C’est bien connu, dans chaque train, tous les soirs, toute l’année, les honnêtes voyageurs se font agresser par des voyous (toujours les mêmes). La station Strasbourg-St-Denis est-elle le Bronx ? Je vous promets, j’y suis passé plusieurs fois (celle-là et d’autres, comme Barbès ou Château rouge) mais il ne m’arrive rien. Faut-il que je porte un uniforme vert ? C’est également bien connu qu’il suffit que l’agent pointe le bout de son nez pour qu’il se fasse taper ! Arrêtons cette parano qui sert Sarkozy et l’extrême droite et dites vous qu’à Paris, le métro reste relativement sur, quelque soit la station.

une certaine catégorie de gens qui n’ont pas envie de payer le métro le soir à partir d’ une certaine heure

Mouais, sauf que ces individus prennent le métro à toute heure. Mais il est vrai que c’est plus facile le soir quant il y a moins de monde. Mais cette "population qui ne veux pas payer" existerait-elle si ce personnel existait toujours ? Pas sur. Mais il faut reconnaître que le métier de poinçonneur n’était pas valorisant et envié.


> Le poinçonneur des Lilas
3 octobre 2004, 21:05 • par Mx  

Moi,ça me fais penser à cette très belle chanson de Gainsbourg sur "Le poinçonneur des Lilas".

"Des p’tits trous(bis)encore des p’tits trous, des p’tits trous(bis)toujours des p’tits trous[...] et on m’enterrera dans un grand trou !!!".

> Métro déshumanisé
22 août 2004, 00:58 • par Raphaël  
Photo d’un quai du MRT

J’ai passé un mois à Taipei l’année dernière. Le métro est très récent et j’ai remarqué plusieurs différences avec celui de Paris.

-  l’on passe par des tourniquets à trois branches comme ici mais il n’y a aucun obstacle qui permet de passer par dessus. Je n’ai vu personne resquiller

-  au-delà d’une ligne jaune peinte au sol avant les tourniquets, il est interdit de boire et de manger sous peine d’une amende d’environ 50€. Le métro est très propre

-  les quais sont larges, une série de spots lumineux au bord du quai clignotent à l’arrivée de la rame

-  en face de chaque porte de la rame, trois couloirs sont peints à la peinture blanche sur le quai. L’un est emprunté par les usagers qui descendent, les deux autres par ceux qui montent. Les voyageurs attendent la rame debout à la queue leu leu dans les couloirs peints

-  aux heures d’affluence, un agent descend de la cabine du conducteur pour surveiller la montée des voyageurs

-  les rames (Siemens pour la plupart) sont fortement climatisées.

Ca a l’air un peu strict mais les usagers n’ont pas l’air malheureux. En tout cas, c’est un lieu agréable, et très apprécié quand on a pas la climatisation à domicile.


> Métro déshumanisé
31 mars 2007, 00:09 • par Laurent 95  
Differences de comportement

Bonsoir Raphaël

-  A Paris , des tourniquets avec de jolies portes en verre ( St Lazare ) , mais celles permettant de sortir de l’emprise R.A.T.P. sont continuellement ouvertes et qui inciteraient à entrer par le sens interdit .

-  A Paris , d’après une photo prise ( sauf erreur de ma part ) par Cramos , les lignes jaunes peintes au sol sont prises pour des aires d’attente du prochain train par les voyageurs qui ne doivent pas savoir qu’il faut laisser cette place à ceux qui descendent en premier avant de se précipiter comme des sauvages sur la première place assise venue . " Vive l’anarchie " parisienne .

En comparaison , en France , dès le plus jeune age , il est offert à Noël à chaque garçon , un garage de voitures pour bien faire comprendre au gamin la " logique anarchie " de la circulation automobile ; Et que ne trouve t-on pas ou plus dans les rayons des supermarchés ? Des trains bien sûr . Parce que ce dernier est l’apprentissage d’une bonne conduite pour plus tard avec le respect des comportements : Si vous grillez volontairement un feu rouge en voiture , vous faîtes un grand pied de nez au code de la route et tant mieux si ça passe . Si vous passez un carré ou un sémaphore avec un engin moteur non équipé d’arrêt automatique , c’est la collision assurée sans autre forme de proces ( la voie est toujours occupée devant vous ) . Un peu de bon sens et de réflexion ne peût faire de mal à personne .

> Métro déshumanisé
4 août 2004, 21:50 • par baro  

L’idée expérimentée par la RATP à la station Hôtel de Ville, de transformer l’agent de vente en simple agent d’accueil et d’imposer aux usagers l’achat des titres de transports à un ADUP (Automate distributeur de billet) ne me paraît pas idéale, car les automates n’assurent pas la vente de certains titres de transports : Mobilis, Paris-Visite, Ticket-Jeunes, produits préfabriqués (Télécarte, Pass Disneyland Paris...)... ne sont vendus qu’aux guichets. Par ailleurs, si les ADUPs assurent la vente des coupons de carte Orange, en revanche, ils ne délivrent pas les cartes nominatives et encore moins les étuis en plastiques.

L’idée de n’assurer la vente des billets que par des automates est d’ores et déja utilisée par la SNCF dans certaines gares Transilien très peu fréquentés (Par exemple la gare de Vaucelles, sur la ligne Paris-Valmondois), et elle a pour unique conséquence de favoriser la fraude car les DISCOBB de la SNCF sont souvent en panne et proposent une gamme très limitée de titres de transports.

Cordialement,


> Métro déshumanisé
5 août 2004, 09:56 • par Christobal  

Je crois par ailleurs que la RATP compte beaucoup sur le développement de la Carte Orange Navigo, qui est proposée depuis peu aux personnes qui achètent leur coupon dans le 12ème arrondissement de Paris.

Un fois les voyageurs dotés de leur Navigo, il devrait être possible de recharger les passes soit avec un abonnement mensuel, soit avec un carnet de tickets, soit avec un abonnement "Mobilis"...

Mais si une telle mesure vise à fidéliser les clients habituels, cela ne facilite pas l’usage des transports en commun par les clients occasionnels.

Quelqu’un me parlait de Tours récemment, qui est passé à la billettique aussi. Il n’y a plus de carnet en version "papier", ni de ticket à la journée comme cela se faisait auparavant. Conséquence pour un utilisateur occasionnel, il n’a plus que le choix entre acheter des billets à l’unité dans le bus, ou bien se faire faire une carte nominative (qui n’est pas gratuite) sur laquelle il faut ensuite charger un "carnet". Lorsqu’on sait que le coût d’un ticket "à la journée" est d’environ 3,50 à 4,50 €, mais que le coût de fabrication d’une carte plus le prix d’un carnet dépasse allègrement les 10 €, on se rend compte qu’une telle politique tarifaire n’est pas faite pour encourager l’usage occasionnel des transports en commun...


> Métro déshumanisé
6 août 2004, 08:42 • par baro  

Un fois les voyageurs dotés de leur Navigo, il devrait être possible de recharger les passes soit avec un abonnement mensuel, soit avec un carnet de tickets, soit avec un abonnement "Mobilis"...

Mais si une telle mesure vise à fidéliser les clients habituels, cela ne facilite pas l’usage des transports en commun par les clients occasionnels.

Il est en outre prévu que la carte Orange devienne glissante, c’est à dire qu’on pourrait choisir la durée de validité, entre 1 jour et 3 mois, et la date de début de validité. On pourra ainsi acheter une carte Orange valable 3 semaines à partir du 12 octobre... Ceci est prévu pour septembre 2005. Comme il est prévu que l’on puisse choisir une carte Orange valable une journée seulement, il est certain que le Mobilis sera supprimé car il fera alors double usage avec la carte Orange nouvelle formule.

A noter que le passe Navigo Carte Orange sera nominatif et soumis à un contrat d’abonnement, tout comme les cartes Imagin’R et Intégrale. Pour les voyageurs occasionnels, un passe Navigo anonyme sera mis en place en 2005 ou 2006. Il remplacera à la fois le ticket à l’unité et le carnet.

Cordialement,


> Métro déshumanisé
2 novembre 2006, 21:40 • par B.57  
La carte orange "glissante" ? Ce serait effectivement une super idée, mais je n’ai rien vu de concret dans ce sens. Lorsque nous venons sur Paris c’est soit pour un WE soit pour 1, 2 ou 3 semaines (du vendredi soir à l’un des dimanches suivants) voire en décalé (en quittant un mardi par exemple) mais rarement du lundi 5h30 au lundi suivant 1h15. Ou encore pour 1 mois mais pas calendaire (ex. 15/07 - 15/08), ou avec le WE sur le mois suivant, ou toute autre combinaison scabreuse qui oblige ici ou là à utiliser des tickets à 10,90 € le carnet de 10. Messieurs de la RATP si vous lisez ce texte, puisse-t-il vous inspirer, je ne suis pas le seul demandeur !!!

> Métro déshumanisé
4 août 2004, 11:30 • par Christobal  

Et encore, il ne faut pas se plaindre à la RATP par rapport aux gares SNCF de banlieue (dites "Transilien").

Bien que dans certaines de ces dernières, un agent soit désormais présent jusqu’au dernier train, il ne fait plus que de la figuration : il ne peut vendre de titre de transport ("Faut utiliser les distributeurs automatiques"), et n’est pas en mesure non plus de faire de la monnaie sur des billets. Auquel cas bon nombre de voyageurs n’ont d’autre solution que de frauder, ne pouvant acheter leur titre de transport. Un situation vécue encore très récemment à la gare de Vitry-sur-Seine...

Il est à craindre malheureusement que la RATP emprunte le même chemin que la SNCF. À espérer que les stations "déguichettisées" seront par ailleurs dotées d’appareils capables de faire la monnaie sur les billets !

Reste que toute cette déshumanisation du métro ne dise rien qui vaille. Comment donc fait Londres pour mettre un agent, bien visible, sur ses lignes de contrôle ? Ce qui se fait Outre-Manche n’est-il donc pas reproductible chez nous ?

> Métro déshumanisé
11 juin 2004, 14:49 • par jacques  
métro à humaniser

Côté personnel : ce sera difficile de revenir en arrière, en raison des coûts salariaux. Pourtant, une présence humaine serait fort utile.

Côté aménagements : je serai favorable à ce qu’on respecte autant que possible le style d’origine des anciennes stations. Avec l’opération "Renouveau métro" trop de stations ont perdu le style d’origine, dont celles de la 12 (style Nord sud) et les stations de la ligne 5 entre Pantin et Gare du Nord (suppression du style art-déco). Quant au mobilier mécanique, autant privilégier des ascenseurs à parois vitrées -notamment à Cité- et des escalators ou tapis roulants à parois vitrées sous la main courante. Je trouve dommage qu’il y ait encore des escalators neufs à carcasses latérales (cas de concorde ligne 12).

Parmi les exemples d’humanisation (aménagements) :

-  le pôle d’échanges RER - métro à Gare du Nord
-  la station Bibliothèque F Mittérand
-  la station Gare de Lyon ligne 14

Notons toutefois à République au milieu des années 90 une volonté de mettre de la présence humaine.


> Métro déshumanisé
3 octobre 2004, 08:52 • par baro  

Côté personnel : ce sera difficile de revenir en arrière, en raison des coûts salariaux. Pourtant, une présence humaine serait fort utile.

Le problème est le même dans les trains. La présence d’un ACT (uniquement dans les trains inox) donne une impression de sécurité, mais la SNCF est en train de généraliser l’EAS (à titre d’exemple, les RIB rénovées reçoivent l’EAS, et seules quelques rames dont une partie des caisses ne sont pas rénovées continuent à être exploitées avec un ACT, notamment sur le réseau Nord).

Je ne sais pas si pour ce point la SNCF reviendrait en arrière. Pourtant, avoir un agent SNCF supplémentaire à bord du train en plus du mécanicien permettrait de réduire l’insécurité.

A noter que depuis la mise en place du plan Vigipirate, on voit bien plus souvent qu’avant les hommes de la SUGE (la police ferroviaire de la SNCF) dans les trains.

Cordialement,


> Métro déshumanisé
3 octobre 2004, 15:10 • par thomas 6100  

Je suis tout à fait d’accord avec Aurélien...L’EAS, c’est bien qu’en cas de grève des ASCT.

Pour ce qui est des RIB, pour l’instant, même lorsqu’il s’agit de RIB entièrement rénovées un Agent du Service Commercial des Trains fait le train...Pour quelle raison ? mystère (j’ai posé la question à un cadre traction de Paris-Nord lors de l’opération j’aime le train il m’a répondu "à cause de la fiabilité du matériel" ).

Une bonne solution consiste à employer les Z6100 en US le soir pour réduire l’insécurité sur Paris-nord...

D’ailleurs, j’ai lu sur un site d’une OS que la deuxième phase de l’EAS sur Paris-Nord est en train d’être mise en place ? Quelqu’un saurait-il de quoi il s’agit ?

Peut être la mise en place de l’EAS sur Crépy ou Pontoise-Creil !

En tout cas, l’ASCT a un rôle important ; nombre de passagers leur achètent des billets qand la gare est fermée, et puis quelle joie d’entendre un joli coup de sifflet !

Cependant, je crois que la SNCF, avec l’appui du conseil régional, veut que l’EAS soit la règle en Ile de France...(d’ailleurs, ça l’est déjà !).


> Métro déshumanisé
3 octobre 2004, 19:21 • par Bedeau  

Bonjour L’ humanisation du début des années 1990, appelée NSS ( nouveau service en station ) est de la poudre aux yeux. Cela consiste à faire patrouiller des " commandos " d’ agents animateurs de station qu’ on a sortis de leur bureau. A terme il est à craindre la suppression de l’ agent de station et il n’ y aura plus personne comme pour les nouvelles lignes de métro telles que Lille et Lyon. Les ascenseurs à parois vitrées sont agréables lorsqu’ ils offrent un panorama à l’ utilisateur ( ce qui est le cas pour les trois de la Maison de la RATP qui dominent la seine côté quai de la Rapée ), pour les autres je n’ ai pas d’ avis sur la question.

Il y a plus de 600 escaliers mécaniques à la RATP installés entre 1965 et 1985, tous avec des habillages inox, alors ils ne seront pas transformés avant lontemps. On avait donné 30 années de vie à ceux qui ont été installés sur le RER en 1969, ils ont dépassé 1999 et sont partis pour 40 à 50 ans.

J B


> Métro déshumanisé
15 mai 2006, 12:22 • par Jacques  

Reconnaissons côté ligne 14 une volonté d’avoir privilégié les parois transparentes comme les escalators avec bobines apparentes (CNIM ou O& K voire Otis) ou les ascenseurs vitrés.

IL y aurait de quoi s’inspirer aussi de certains centres commerciaux (dont celui de Nice - Etoile version rénovée) , du pôle d’échanges de Gare du Nord.

Parmi mes propositions :

-  remplacement des grillages à Gambetta par des baies vitrées (côté M Nadaud)

-  ascenseurs panoramiques à Cité et à st Michel voire à Av Kennedy RER C pour mettre en valeur l’architecture, la luminosité et éliminer les recoins.

On regrettera certes certains escalators anciens avec marches garnies de caillebotis mais pas ceux datant des années 60/85 !!!

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