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Un incendie dans une galerie technique du métro, à Gare de Lyon, a provoqué une pagaille terrible dans tout Paris hier après-midi. Bloqués par la coupure de courant qui s’en est suivi, de nombreux voyageurs du RER ont fini par regagner les quais à pied.
Il était environ 16h15 hier lorsque l’incendie s’est déclaré à la station Gare de Lyon, dans un poste d’alimentation d’éclairage électromécanique situé à proximité de la sortie « rue Legraverend ». Deux câbles basse tension (15 kV) ont pris feu, puis rapidement dégagé une importante fumée dans l’enceinte de la station de la ligne 1 du métro. Les agents RATP ont immédiatement procédé à l’évacuation des voyageurs, qui s’est déroulée sans problème.
Alertés dans le même temps, les premiers sapeurs-pompiers sont rapidement arrivés sur place, avec des équipements respiratoires permettant d’opérer dans les atmosphères enfumées. Après avoir coupé l’alimentation électrique de la station, ils se sont attachés à combattre l’incendie, opération qui durera plus d’une heure et mobilisera jusqu’à 110 pompiers et 30 engins. Pour faciliter l’acheminement des secours, le quartier a quasiment été bouclé : plusieurs axes comme le pont Charles-de-Gaulle et les rues menant à la gare de Lyon ont été interdites à la circulation, ce qui a rapidement créé des embouteillages monstres dans un grand quart Sud-Est de la capitale. A 18h30, le PC Routes de Rosny-sous-Bois totalisait d’ailleurs pas moins de 150 kilomètres de bouchons en Île-de-France.

Pour faciliter l’intervention des pompiers, puis le dépannage par ses techniciens, la RATP a dû interrompre momentanément l’alimentation électrique de la ligne 1, mais aussi d’une partie des lignes 2 (section Nation - Belleville), 6 (Nation - Place d’Italie), 9 (Oberkampf - Porte de Montreuil) et A (Etoile - Châtelet Les Halles). En pleine heure de pointe, plusieurs rames se sont donc retrouvées bloquées en plein tunnel sur le RER A, certaines dans la quasi-obscurité. Au bout d’une trentaine de minutes, conscient des risques de malaises et de claustrophobie, et constatant que la situation n’évoluait pas, le PCC ligne A a donné l’ordre d’évacuer sous tunnel. Environ 6.000 voyageurs sont donc partis à pied, sur le ballast, pour rejoindre la station la plus proche. Une solution qui n’est utilisée qu’en dernier recours, car compte-tenu des emmarchements importants des rames et de l’irrégularité du ballast, elle n’est jamais sans risque ; d’ailleurs, neuf personnes ont dû être prises en charge par les pompiers à leur arrivée à Auber, pour des entorses ou luxations mineures.
Dans le même temps, des milliers de voyageurs arpentaient les quais de Châtelet-les-Halles en attendant que le trafic reprenne, à la grande joie des marchands de journaux Relay qui ont réalisé des affaires record ! La ligne A sera finalement rétablie vers 20 heures, après quelque trois heures d’interruption. Les lignes D et 14 ont également été perturbées, leurs trains ne marquant pas l’arrêt à Gare de Lyon jusqu’à 19h30. Sur la ligne 8, les rames ne s’arrêtaient pas non plus à Reuilly-Diderot. Inutile de dire qu’on a beaucoup marché dans le secteur... Et que les autobus ont été très sollicités, tout particulièrement le 73, dont le parcours est parallèle à la fois à la ligne 1 et à la ligne A.

Sur la ligne 1, une exploitation partielle par des « services provisoires » a d’abord été remise en place de part et d’autre de Gare de Lyon, puis le trafic a progressivement repris dans la soirée, à l’issue des expertises et réparations entreprises par les services techniques de la RATP.
Pour couronner le tout, un acte de malveillance, sans rapport, sur la ligne C à Champs-de-Mars, a là aussi bloqué longuement le trafic des trains, entre 17h30 et 19 heures. Et là aussi, l’impatience des voyageurs a conduit à l’évacuation de certaines rames par les voies, ce qui a retardé d’autant le rétablissement du trafic.
L’information des voyageurs a été, comme souvent, le point faible du système : les différents intervenants ont parfois eu du mal à se concerter et à répercuter les nouvelles aux agents du terrain, ce qui a conduit dans plusieurs cas à donner des renseignements contradictoires d’une station à l’autre. A la décharge des informateurs, les perturbations étaient d’une ampleur assez exceptionnelle, et n’auraient guère pu se produire à un pire moment, puisque les lignes A et 1, notamment, ont été paralysées en pleine heure de pointe.
Alors que l’odeur de fumée à Gare de Lyon n’est pas encore tout à fait dissipée, le trafic de la ligne 1 a repris quasi-normalement ce matin.

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