| MétroPole > Actualités > mars 2004 |
XML
|
![]() |
![]() |
Les 21 et 28 mars prochains sont organisées les élections régionales, élections importantes pour l’orientation générale des transports franciliens pour les années à venir.
L’échéance approche à grands pas. C’est en effet au cours de ces deux prochains week-ends que se dérouleront les élections régionales sur l’ensemble du territoire. A ce titre, les transports en commun occupent évidemment une très large place dans les programmes des différents candidats, surtout en Ile-de-France. En outre, l’entrée prochaine de la Région Ile-de-France au sein du STIF, l’autorité organisatrice des transports franciliens, rend incontournable l’analyse précise des programmes de l’ensemble des candidats voués à devenir dans quelques semaines le « Président » de la plus puissante région française.
D’une liste à l’autre, les propositions se ressemblent parfois, concurrence électorale oblige. Une baisse importante du prix de la Carte Orange, l’ouverture du métro au moins une partie de la nuit les week-ends, une meilleure accessibilité aux handicapés, une fiabilité accrue du service, ce sont autant de thèmes majeurs déclinés par pratiquement tous les candidats. Certains se distinguent toutefois avec quelques propositions plus originales ou beaucoup plus ambitieuses, sans être - hélas - toujours diserts sur leur mise en œuvre concrète. Petit tour d’horizon des programmes [1].
« Rétablissons l’équilibre entre les transports », propose la tête de liste MNR. En faveur de la route, bien entendu : au pilori le tramway, les couloirs réservés aux bus, et « l’absurde politique des transports » de la mairie de Paris et du conseil régional. Son principal credo : « il faut cesser de harceler les automobilistes, véritables bouc-émissaires » [2].
Guère de détails pratiques sur les remèdes, malheureusement. De toute façon, le MNR ne s’en cache pas : ses listes s’inscrivent avant tout dans une logique de contestation, pour rassembler les « déçus » de tous bords. Nicolas Bay propose bien de « développer les transports non polluants », mais, faute d’autre précision et compte-tenu de la tonalité générale du progamme, on imagine qu’il s’agit d’avantage de voitures électriques que de bus au gaz naturel.
Marine Le Pen, elle aussi, est pour une politique résolue en faveur des automobilistes. Même causes, mêmes effets ? Il est également prioritaire dans son programme de « rétablir un équilibre entre le transport par automobile et les transports en commun ». En ligne de mire, les couloirs réservés aux bus, bien sûr, mais pas seulement : « Le développement des transports en commun n’a pas pour effet de soulager le transport automobile, mais de le pénaliser ».
Ses principales propositions concernent donc la route : développer les voies automobiles et « augmenter leur capacité », et accroître les possibilités de stationnement. Le développement - à « privilégier » - des liaisons en rocade (banlieue-banlieue en Île-de-France, et interrégionales pour le grand Bassin Parisien) doit concerner au moins autant la route que le rail.
Pour les transports publics, elle souhaite surtout y « rétablir » la sécurité (avec un commandement unique pour la police des transports - qui existe déjà - mis sous l’autorité du préfet de Région), la propreté et la régularité (sans autres précisions). L’aspect sécuritaire (patrouilles multipliées dans les rames et les bus) conditionne même, pour elle, une éventuelle ouverture nocturne du métro : « une demi-mesure serait totalement démagogique » [3]. Elle propose aussi de financer des parcs-relais à proximité des gares, réservés aux porteurs de Carte Orange, pour faciliter le rabattement en voiture des habitants de grande couronne ; mais les 1 M€ qu’elle prévoit d’y consacrer risquent d’être très insuffisants pour en faire profiter tout le monde.
Fidèle aux positions déjà exprimées par le FN, elle prévoit bien sûr « d’imposer » un service minimum dans les transports publics.
Pour le fret, elle souhaite enfin favoriser la voie d’eau (elle est favorable au projet de canal Seine-Nord) et le combiné - et même si ces choix dépassent assez largement la stricte compétence d’un Conseil Régional.
Pour en savoir plus : www.marine2004.com.
A la tête de la Région depuis six ans, Jean-Paul Huchon se représente avec, paraît-il, un déficit de notoriété, mais un bilan qui inclut notamment la création de la célèbre carte Imagine’R, la rénovation (en cours) des rames tractées RIB et VB2N du réseau banlieue SNCF, le développement du réseau bus (couloirs protégés qui ont fait bondir la vitesse commerciale, renouvellement accéléré du parc pour le rendre accessible aux handicapés, augmentation ciblée de l’offre) et l’appui au tramway (lignes des Coquetiers et des Maréchaux Sud).
Son programme se veut d’abord concret et réaliste, sans (trop) de mesures d’affiche qui feraient rêver l’électeur mais impossibles à mettre en pratique. Ce qui ne le rend pas dénué d’ambition : il propose de continuer les efforts en matière d’offre et de qualité pour obtenir « des transports publics sans défaut ».
Concrètement, il s’agirait d’achever la rénovation de tout le matériel roulant, bus, trains et RER, et de moderniser les infrastructures et l’exploitation de lignes qui en ont grand besoin (


). Le programme de rénovation des gares et pôles multimodaux serait amplifié (80 gares SNCF, 70 gares routières à traiter), et accompagné de la création de 100 parcs de stationnement supplémentaires.
Jean-Paul Huchon propose également une intégration tarifaire accrue. Le nombre de zones Carte Orange serait réduit de huit à deux, avec des titres mensuels respectivement à 40 et 65 € (le « tarif unique » défendu par d’autres étant jugé irréaliste, car financièrement trop lourd pour la Région) ; la Carte Orange deviendrait utilisable dans toute l’Île-de-France le week-end, sur le modèle de la carte Imagine’R (« dézonage »). La carte Imagine’R, elle, deviendrait accessible à tous les 11-25 ans non salariés, étudiants ou pas. Les personnes âgées (dont une partie bénéficie déjà de la gratuité avec les cartes Emeraude et Améthyste) auraient droit, de leur côté, à un abonnement régional à tarif unifié. Enfin, la gratuité serait accordée aux chômeurs, aux jeunes en insertion et aux allocataires du RMA (c’est déjà partiellement le cas) « pour faciliter leur recherche d’emploi ».
Mais surtout, le ticket à l’unité (déjà devenu « Ticket T », non spécifique à chaque réseau, en 2003) deviendrait multimodal à moyen terme : il serait unifié pour de bon à l’échelle régionale, et permettrait d’effectuer n’importe quel trajet en Île-de-France dans un délai d’1h30, correspondances comprises.
On promet également de nouveaux renforcement de l’offre et des réseaux de transport, avec en premier lieu une circulation « étendue la nuit ». La mesure est déjà défendue par la Région et la Mairie de Paris, au moins jusqu’à 2h15 le week-end pour le réseau ferré (métro / RER) ; « il faut aller beaucoup plus loin », dit Jean-Paul Huchon, « même si cela peut constituer un premier pas intéressant » [4]. L’augmentation de l’offre concernerait également le week-end, et même « les heures de pointe » - même si cela paraît beaucoup plus difficile en l’état.
Suivant la voie tracée par le Contrat de Plan 2000-2006 (qui serait effectivement mené à terme), quelque 300 kilomètres de lignes supplémentaires verraient le jour : la fameuse « Francilienne du rail », d’abord - combinaison des projets de tangentielles Nord, Sud et Ouest dont on parle depuis si longtemps et qui s’appuierait sur la Grande Ceinture - pour faciliter les liaisons banlieue-banlieue, mais aussi « 12 projets de tramway » (dont plusieurs déjà inscrits au Contrat de Plan mais toujours en souffrance) et d’autres prolongements de lignes (métro et bus, y compris nouveaux couloirs protégés). Et serait concrétisé le projet, actuellement dans l’air, de « bus fluvial » sur la Seine.
L’accessibilité des transports aux handicapés serait renforcée, avec la poursuite de l’adaptation du RER et du réseau bus (avec remplacement des bus encore non accessibles). Pour l’ensemble des voyageurs, le réhaussement des quais banlieue SNCF continuerait - même si la cohabitation avec les trains de Fret rend la généralisation des quais hauts incertaine. En complément des transports publics, le co-voiturage serait organisé au niveau régional, avec la mise en place d’un numéro vert.
Cette « mise en qualité » des transports publics s’accompagnerait d’un renforcement de leur sécurité, via l’amplification des programmes déjà lancés (vidéosurveillance des gares et des bus) et le renforcement de la présence humaine : des « agents de proximité » viendraient assurer la sécurité, l’accueil et l’information là où ils font défaut.
Pour le fret, enfin, le programme donne la priorité aux gares marchandises multimodales, aux transports fluviaux et aux véhicules non polluants (avec des aides aux transporteurs). Un Plan de Déplacement des Marchandises, sur le modèle du Plan de Déplacements Urbains, viendrait coordonner les efforts de la région et des entreprises en la matière.
Pour en savoir plus : www.huchon2004.net.
Pour l’égérie des « travailleurs, travailleuses », chaque élection sert d’abord à mesurer l’état des forces en présence, dans la grande tradition des luttes ouvrières [5]. On ne s’étonnera donc pas que le manifeste de la coalition LO-LCR semble tout droit sorti d’une législative ou d’une présidentielle, et recycle prioritairement « les profits du grand patronat », « l’arrêt des privatisations », « l’interdiction des licenciements collectifs », « les spéculations boursières », même s’ils débordent complètement du cadre d’un scrutin régional.
La seule proposition d’intérêt local est aussi la seule qui concerne les transports : la gratuité totale des transports publics « pour les salariés et les chômeurs ». Arlette Laguiller cite en exemple Châteauroux, Compiègne ou Vitré, qui l’ont mise en place, quoique à une toute autre échelle... La gratuité pour l’usager serait financée par « la suppression d’un certain nombre de contrôles » [6] (pas tous ?) et surtout - on ne change pas une formule qui gagne - la mise à contribution des entreprises (un « prélèvement sur les profits patronaux », sorte finalement de super-versement transport).
Pour en savoir plus : www.lutte-ouvriere-ile-de-france.or....
Chassant sur les mêmes plate-bandes que la précédente, la liste de la « Gauche populaire et citoyenne » s’inscrit, elle, dans une logique constructive : elle prévoit de fusionner avec la liste PS-Verts au second tour, pour que les idées qu’elle défend soient prises en compte par le futur Conseil Régional.
Souhaitant « donner la priorité aux transports en commun », Marie-George Buffet propose d’en améliorer à la fois le confort, la fréquence et les tarifs. Le volet tarifaire est clairement celui mis en avant dans le programme, avec des abonnements à prix réduit : « tarif unique » régional de 46 € pour la Carte Orange, réduction supplémentaire pour les cartes Imagine’R destinées à l’ensemble des jeunes (et plus aux seuls élèves et étudiants), et gratuité pour les chômeurs.
L’ensemble des mesures en faveur des transports publics seraient financées par le « déplafonnement du versement transport des entreprises » ; c’est une application plus pragmatique et moins hasardeuse (elle n’est plus conditionnée par d’hypothétiques profits) de la vision défendue aussi par Lutte Ouvrière.
En filigrane, la liste PC hisse également la bannière de la « défense du service public » ce qui, dans la région, se traduirait par exemple par de nouvelles dessertes en réponse aux nouvelles « demandes sociales » : renforcement du réseau Noctambus, et ouverture plus tardive du métro et du RER - avec, si nécessaire, un apport de « moyens supplémentaires », pour que les nouveaux services n’entraînent pas de « dégradation des conditions de travail » [7].
Pour en savoir plus : www.gauchepopulairecitoyenne.org.
A Jean-François Copé, actuel maire de Meaux et porte-parole du gouvernement, il faut reconnaître au moins un mérite : en dégainant le premier, avec sa proposition-phare de Carte Orange au prix unique de 45 € pour les huit zones (contre 48 à 132 € actuellement), il a probablement lancé pour de bon la campagne des régionales. Qu’il a ensuite animée activement, à grand renfort d’opérations de com’ plus ou moins voyantes (petites phrases, sortie « métro-boulot-disco » un samedi soir en compagnie des journalistes, etc.).
Véritable révolution, cette Carte Orange à prix unique a fait couler beaucoup d’encre, et obligé les autres candidats à s’aligner plus ou moins : généreuse dans son principe, elle est destinée à « faire tomber les murs » existant en Île-de-France, et doit permettre à tous, Parisiens ou banlieusards, de voyager dans des conditions plus équitables. Alignée sur le plus bas tarif (ce qui représente jusqu’à 65 % de réduction par rapport à la situation actuelle - et constitue donc autant de manque à gagner), elle serait financée par le Conseil Régional, mais absolument « sans augmentation d’impôts » : une « lutte radicale contre la fraude » ferait gagner 100 millions d’euros, la hausse du trafic (et en théorie l’augmentation du nombre de titres vendus), 160 millions, et un « redéploiement des crédits accordés au STIF » procurerait le complément des 300 millions d’euros nécessaires. Le calcul paraît tellement optimiste qu’il sème le doute sur la faisabilité réelle du projet qui risque, les élections passées, de se transformer en miroir aux alouettes.
La simplification tarifaire - et la réduction - concerneraient dans la foulée la carte Imagine’R, au prix unique de 25 €.
Et comme « les usagers doivent en avoir pour leur argent », plusieurs mesures doivent permettre d’offrir en échange « des transports de qualité ». Un très vaste plan de rénovation du réseau, d’abord, achèvera le mouvement engagé depuis 1998 et concernera « toutes les gares d’Île-de-France » (les réhabilitations Transilien ne sont pourtant pas loin !), « tous les trains et RER » (c’est en cours ou déjà programmé sur une moitié du parc) et « toutes les stations de bus » (sic) pour que les voyageurs soient « confortablement installés et protégés de la pluie ». Egalement en faveur du confort, la climatisation sera généralisée à tout le matériel roulant, et l’équipement des gares en systèmes d’information temps réel (SIEL ou InfoGare) mené à terme.
En faveur des personnes handicapées, Jean-François Copé prévoit d’étendre le parc de bus « surbaissés » et de taxis accessibles, mais aussi de fournir des informations en braille.
Pour contribuer à l’augmentation du trafic - nécessaire à l’équilibre financier de la Carte Orange à prix unique - les parkings-relais à proximité des gares deviendront plus accessibles pour inciter les banlieusards à se rabattre sur les transports en commun : sécurisation des parcs, nouveaux parcs vélos, et titres combinés transport-parking (sur le modèle des « P+ » RATP) sont notamment cités.
Ce n’est pas tout : les transports deviendraient aussi plus attractifs, grâce à « un nouveau mode de transport qui répondra aux attentes des usagers ». En clair, de nouveaux matériels roulants, un « train du futur » pour le réseau SNCF (qui ne l’a pas attendu pour en débuter les études) et de nouvelles rames pour le métro (un vœu sur le point d’être exaucé par l’arrivée imminente du MF 2000).
Et pour qu’on puisse compter sur eux jour et nuit, les transports publics bénéficieraient d’un « service minimum garanti 365 jours par an » - mais « en partenariat avec les entreprises et personnels concernés » (ce qui n’est pas exactement la voie privilégiée par le gouvernement à l’heure actuelle) - et d’une ouverture à terme toute la nuit, pour l’ensemble des liaisons (Paris-banlieue, banlieue-Paris, banlieue-banlieue). Dans un premier temps, Jean-François Copé propose de commencer par le week-end, car il y voit un moyen de lutte contre les accidents de la route (« trop de vies sont fauchées parce qu’à l’heure où on sort de boîte, il n’y a plus de bus ou de métro » [8]). Sur ces deux dossiers, les évolutions sont annoncées comme rapides, mais pourraient en fait prendre quelque temps...
Les transports n’étant rien sans sécurité, il prévoit pour finir la « suppression des passages à niveau les plus dangereux », mais surtout un déploiement accru de forces de l’ordre : la présence humaine dans les transports seraient renforcée, avec un « référent sécurité » par ligne (métro, bus, RER, train), la présence d’agents RATP ou SNCF « dans toutes les gares et à toute heure », un accroissement spectaculaire des effectifs de la police régionale des transports (2000 agents au lieu de 1300), et, bien sûr, une bonne dose de vidéo-surveillance un peu partout (dans les rames, sur les quais, aux abords des gares).
Pourtant, Jean-François Copé n’oublie pas les automobilistes qu’il entend bien « respecter ». Son programme routier est même conséquent : panneaux d’information temps réel sur les autoroutes, extension des radios autoroutières à l’Île-de-France (bien que les fréquences y soient rares !), et surtout, un vaste « plan anti-embouteillages » qui nécessiterait le triplement des crédits routiers pour résorber notamment le bouchon symbolique à la jonction A4/A86. De nouvelles protections anti-bruits, des déviations et des intinéraires de délestages aménagés s’ajoutent aux mesures routières.
Une centrale de réservation et des aides aux entreprises permettraient, dans le même but, de développer le co-voiturage et le « transport à la demande » partagé. Au cœur des villes, des « micro-bus roulant aux carburants propres » adaptés aux trajets courts verraient le jour.
Pour le fret, il se prononce lui aussi en faveur de grands classiques : un soutien au ferroutage (avec le « développement de plate-formes intermodales »), et une place accrue pour la voie d’eau.
Malheureusement, Jean-François Copé pose un vrai cas de confiance : plusieurs de ses propositions (et, pas la moindre, la fameuse Carte Orange à 45 €) vont à l’encontre des positions défendues jusqu’ici par l’Etat et le gouvernement dont il est membre (augmentations des abonnements chaque année par le STIF, subventions raréfiées aux nouvelles infrastructures). Demain, s’il est à la tête de la Région, quelle vision l’emportera ?
Pour en savoir plus : www.cope2004.com.
Jusqu’ici mieux connu du grand public pour son humour politique ravageur que comme édile d’Issy-les-Moulineaux, André Santini se présente aux régionales associé aux écologistes de Cap 21. Christian Blanc, ancien PDG de la RATP et d’Air France, a participé à l’élaboration du projet transports de la liste, et fait figure de caution morale dans le domaine. Leur projet se distingue immédiatement par son caractère extrêmement ambitieux.
André Santini prévoit notamment « l’achèvement du réseau RER » par le projet « Esope » (Est-Sud-Ouest Paris Express), déjà défendu par le président de l’Automobile Club de France, Christian Gérondeau [9], sous le label « Esole », et qui consisterait à envoyer EOLE (l’actuel 
) vers la gare Montparnasse moyennant « un simple tunnel de 4 kilomètres » (soit, tout de même, plus que la liaison Magenta-Haussmann qui a été si longue à construire, et avec une traversée sous-fluviale en plus). Pour sa connexion à l’aéroport Charles de Gaulle, ce projet suppose la réalisation du CDG Express.
Est également proposée de « Météoriser la ligne 7 du métro », autrement dit de prolonger la ligne 
jusqu’à Rungis en reprenant la branche Villejuif ; au Nord, Météor serait prolongé jusqu’à « Asnières-Gennevilliers et Saint-Denis ». Parmi les autres extensions prévues du métro : ligne 
jusqu’à Bagneux (une station plus loin que le prolongement engagé jusqu’à Montrouge), ligne 
jusqu’à Romainville.
Le tramway - « geste écologique considérable » [10] - ne serait pas en reste, avec (« après l’achèvement du tramway sur le périphérique sud du Boulevard des Maréchaux » (sic)) plusieurs lignes en rocade ou de banlieue à banlieue, concrétisant le vieux projet « Orbitale » de la RATP : St-Denis - Nanterre - Rueil - St-Cloud, Châtillon - Viroflay, Noisy-le-Sec - Val de Fontenay, Plateau de Saclay. Pour le réseau ferré lourd, André Santini défend également les rocades « qui peuvent utiliser largement les voies existantes », avec un nouveau tracé Cergy - Versailles / St-Quentin-en-Yvelines - Massy - Orly - Créteil. Pour les autres projets (dont une liaison entre le nord et le sud de la Seine-et-Marne), le sort serait plus incertain puisqu’il est surtout question de « réévaluer leur intérêt » pourne pas trop incommoder les riverains.
Mais ce programme de grands travaux digne du New Deal n’est pas tout. Le projet, qui propose « une politique centrée sur le client et l’usager », vise aussi « le fonctionnement zéro défaut du système de transports collectifs ». Pour cela, une kyrielle d’améliorations sont promises, et de multiples priorités affichées.
La régularité des trains, pour commencer, sera améliorée sur « les lignes



et les dessertes de Mantes, de Dreux et de Seine-et-Marne » (ce qui représente à vue de nez 60 à 70 % du réseau banlieue SNCF). Le 
bénéficiera d’un PCC unique pour la gestion des circulations sur l’ensemble de la ligne (ce qui suppose un gros travail de centralisation en secteur SNCF), et le métro sera progressivement automatisé sur la lancée du projet RATP concernant la ligne 
. D’autres mesures laissent pourtant perplexe : « les retards continuels pour causes diverses : gel en hiver, canicule en été, feuilles mortes en automne, doivent être surmontés par la refonte complète du système d’exploitation avec gestion automatique de la conduite des rames comme sur le 
» [11]. Si l’on comprend bien, un système de contrôle-commande du trafic type SACEM (qui n’a rien d’automatique) devra donc supprimer les rails cassés, les patinages et les surchauffes d’équipements électriques...
D’autres efforts porteront sur le renforcement de la sécurité, avec l’extension de la vidéosurveillance du réseau ferré, la « sanctuarisation des cabines de bus avec dispositif de localisation » (un projet RATP déjà bien avancé), l’extension des portes palières au métro « classique », de nouveaux dispositifs antifraude, et la suppression des 100 passages à niveau les plus dangereux de la région. Au chapitre du confort du voyage, on annonce des informations horaires par SMS, la généralisation de l’annonce du temps d’attente (SIEL), et « l’introduction de la climatisation » (en réalité déjà engagée) pour les bus, le métro et les trains. Et un référendum sur le service minimum, auquel André Santini est favorable - même si la consultation sera sans valeur légale, le sujet sortant de la compétence régionale.
Le service sera aussi prolongé jusqu’à 2h15 les « jeudis, vendredis et samedis soirs » dans le métro et le RER. Au-delà, il faudra voir : « la vraie priorité, c’est la qualité du fonctionnement des transports en semaine » [12].
Une accélération du programme d’accessibilité aux handicapés du RER et des bus (véhicules et travaux de voirie) et le renouvellement du matériel roulant (éviction des rames inox RIB d’ici trois ans, renouvellement du matériel métro, en fait engagé avec le MF 2000, et augmentation du parc de bus au gaz) viendront couronner l’ensemble.
Le programme comporte parallèlement un volet routier très important : élimination des « 60 principaux bouchons franciliens par des solutions innovantes » : en fait, l’élargissement des routes, de nouveaux souterrains et déviations, et surtout l’utilisation de la bande d’arrêt d’urgence comme voie supplémentaire, éventuellement réservée au covoiturage.
Côté fret, les investissements dans la voie d’eau seraient accrus (projet Seine-Nord compris), et deux plate-formes logistiques multimodales verraient le jour, l’une en Seine-Saint-Denis, l’autre « près du port fluvial d’Evry-Corbeil ». Un schéma régional du fret, avec plusieurs plate-formes locales de distribution, compléterait le dispositif. Point de réutilisation de la Petite Ceinture dans ce schéma, pourtant : « aucune utilité, au prix d’une dégradation du cadre de vie de très nombreux riverains ».
La capacité de l’équipe Santini à mobiliser les fonds nécessaires pour mener à bien un tel projet (peut-être dix milliards d’euros pour le seul volet « infrastructures ») laisse pourtant plus que sceptique, quand on se remémore les difficultés du Conseil Régional sortant à engager des projets pourtant inscrit au Contrat de Plan, et les réticences renouvelées de l’Etat à s’engager financièrement en faveur des transports régionaux.
Pourensavoir plus : www.santini2004.net.
Rassemblement un rien improbable de petits partis (Génération Ecologie, Parti Fédéraliste, Collectif des Démocrates Handicapés, etc.), la liste conduite par Carine Pélegrin met en avant l’écologie et la qualité de vie, autour du slogan « De l’oxygène pour l’Île-de-France ».
Ces prémisses laissent espérer un projet concret et ambitieux en faveur des transports publics, moyen privilégiéde lutter contre le bruit et la pollution. Hélàs, la profession de foi se limite à des propositions très vagues qui ont parfois l’allure de vœux pieux : « favoriser la proximité lieu de travail/domicile », par exemple. Vaste programme certainement salutaire à long terme, mais qui suppose un revirement tel que l’on regrette de n’en avoir pas le détail !
Au rayon des transports proprement dits, il est seulement proposé de « réduire les temps de déplacement en développant le transport de banlieue à banlieue », « d’assurer la sécurité dans les transports » et de « permettre à tous [handicapés compris] de se déplacer librement » - trois idées assurément dans l’air du temps et récurrentes dans les programmes - mais à nouveau sans autre précision. Au risque d’en conclure que « De l’oxygène... » est d’abord une liste d’idéalistes qui ont la tête dans les nuages.
Pour en savoir plus : www.oxygene2004.com.
N’oubliez pas : le Conseil Régional a une influence importante sur votre quotidien, vos transports et votre qualité de vie. Alors quelque soient vos convictions ou vos motivations, ne laissez pas les autres choisir pour vous pour les six prochaines années. Le 21 et le 28 mars, votez !
![]() |
Dernier : 22/08/2004, 12h51 • Gérard Massip
|
[1] Les listes sont présentées dans leur ordre de dépôt à la préfecture.
[2] Manifeste électoral.
[3] Zurban, 17 mars 2004.
[4] Zurban, 17 mars 2004.
[5] « Vous pouvez (...) faire de votre bulletin de vote un encouragement pour les luttes, un geste politique pour faire reculer le patronat et le gouvernement » (Manifeste électoral).
[6] Zurban, 17 mars 2004.
[7] Zurban, 17 mars 2004.
[8] Zurban, 17 mars 2004.
[9] Dans son livre RER, le maillon manquant, publié aux Presses des Ponts et Chaussées
[10] Le Parisien, 6 novembre 2003.
[11] Programme détaillé pour les élections régionales.
[12] Zurban, 17 mars 2004.
![]() |
Du nouveau sur la ligne Aulnay - Bondy
|
![]() |
Dernier : 22/08/2004, 12h51 • Gérard Massip
|
![]() |
L'actualité du mois
|
![]() |
Un pas de plus pour le RER
|
|
17 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article,
dans 4 discussion(s) :
|
|