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RERA SNCF
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Malchance le matin, chagrin. Malchance l’après-midi, hara-kiri

24 heures chrono 13 janvier 2004

La continuité du service public a parfois des allures d’acharnement thérapeutique : en plus des travaux (programmés) d’infrastructure, il a fallu faire face à deux incidents imprévus ce samedi vers Achères...

« A chaque jour suffit sa peine », dit le proverbe. Il devait pourtant être inscrit quelque part que ce samedi 10 janvier resterait comme un jour « sans », où rien n’irait comme prévu dans le secteur d’Achères.

Le trafic menaçait en effet déjà d’être difficile, puisque de lourds travaux d’infrastructures étaient prévus à cet endroit, venant perturber les circulations GL, TER et IDF avec à la clé moult modifications de missions, détournements et surtout la rupture de l’interconnexion RERA.

Mais cette organisation, par ailleurs déjà rodée par le passé, allait être rendue encore plus précaire par deux événements qui ont fait de ce samedi une journée noire et un véritable casse-tête, autant pour les clients que pour les cheminots, exceptionnellement unis dans une galère monstre.

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La gare d’Achères - Grand Cormier
dominée par le pont de la RN 184 qui emjambe l’ensemble des voies. La voie 1 bis est la plus à gauche

Le saut de l’ange

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Le lieu de l’accident
à l’extrémité des quais d’Achères - Grand Cormier, en contrebas du pont de la RN 184 (doc. France 2)

C’est un spectaculaire mais terrible accident qui est survenu samedi 10 janvier au petit matin à hauteur d’Achères - Grand Cormier, gare située au kilomètre 21,300 de l’artère Paris St-Lazare - Mantes par Poissy, en plein cœur de la forêt de St-Germain. Vers 5h00, un conducteur circulant sur la RN 184 dans le sens St Germain – Cergy perd « pour des raisons indéterminées » le contrôle de son véhicule à hauteur du pont enjambant les voies du Havre et de Dieppe, et chute en contrebas sur la voie 1 Bis. Quelques secondes plus tard, le véhicule est percuté par la rame vide du train n° 747507 [1], une rame VB2N qui se dirige quotidiennement vers Poissy. Sur cette voie apte, à cet endroit, à 120 km/h, l’automobile est traînée sur quelques centaines de mètres avant que l’agent de conduite ne puisse stopper son convoi, non loin du poste d’aiguillage des Ambassadeurs.

Les secours

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Intervention du train de secours
entre le pont et le poste des Ambassadeurs, en aval d’Achères Grand Cormier (doc. France 2)

intervenus sur place ont rencontré les plus grandes difficultés pour dégager le corps de la victime prisonnier dans cet amas de tôles, et ce n’est qu’en milieu d’après-midi qu’il a finalement pu être désincarcéré. Mais par la suite, la rame accidentée a connu elle aussi des difficultés pour rejoindre les voies de garage d’Achères, et ce n’est qu’en milieu de soirée, notamment grâce à l’arrivée, depuis le triage tout proche, du wagon de secours de grande intervention, que l’ensemble a pu quitter la zone de l’accident. Le trafic pouvait enfin reprendre sur la totalité des voies impaires à partir de 21h30 (soit 16h30 après l’accident !), après une ultime visite de la voie et des installations par les cheminots du service Equipement.

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Les secours dégagent la voie 1 bis
entre Achères Grand Cormier et le pont des Ambassadeurs (doc. France 2)

Suite à ce drame, le trafic a bien évidemment été fortement perturbé tout au long de la journée sur les axes du secteur : Grandes Lignes et TER Paris St-Lazare - Normandie, et circulations Transilien Paris - Mantes via Poissy, Paris - Poissy et indirectement Paris - Cergy. Totalement interrompu durant quelques heures, le trafic a pu reprendre très progressivement en début d’après-midi, moyennant un léger détour par le triage d’Achères et une vitesse fortement réduite au droit de l’accident afin de permettre l’intervention des secours en toute sécurité. Mais la voie 1 bis restée impraticable ne permettait plus aux trains du « groupe III » (Paris - Maisons-Laffitte), exceptionnellement prolongés jusqu’à Poissy en lieu et place des RER pour cause de travaux, de joindre leur terminus du week-end.

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Le segment VB2N (n°110) accidenté
alors que les opérations de désincarcération se terminent (doc. Le Parisien)

Un service de substitution par autocars a donc été mis en place entre les gares de Maisons-Laffitte, redevenue tête de ligne par la force des choses, et Poissy, occasionnant coups de sang et violences verbales. Dans ces cas extrêmes, les nerfs sont mis à rude épreuve !

La série noire continue vers Cergy

Outre cet accident, un nouveau coup du sort est venu s’abattre dans la foulée, et toujours dans ce même secteur d’Achères : au cours de la matinée, à peine quatre heures plus tard, la découverte d’un corps à hauteur de la gare de Neuville-Université est venue à son tour apporter son lot de perturbations sérieuses sur la ligne de Cergy. L’incontournable intervention des secours, des autorités judiciaires et des services SNCF a contraint à interrompre la totalité du trafic durant plusieurs heures entre Achères-Ville et Cergy - Le Haut. Un service routier de substitution a également été proposé entre ces deux gares, au détriment de celui déjà en place entre Maisons-Laffitte et Poissy [2], afin d’assurer un semblant de continuité de la desserte et ainsi permettre aux - nombreux - voyageurs de gagner la capitale.

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Une rame MI 2N sur la ligne de Cergy
(photo Olivier Grognet)

Sitôt les mesures prioritaires terminées, une des deux voies était rendue à la circulation par les autorités judiciaires et le trafic ferroviaire pouvait alors reprendre sur une seule voie, par l’intermédiare des Installations Permanentes de Contre-Sens (IPCS).

Mais la boucle n’aurait été bouclée si, à peine la première rame engagée à contre-sens, un dysfonctionnement n’avait affecté les installations du Poste IV d’Achères-Ville, réduisant à néant le bénéfice des IPCS. Finalement, la circulation des trains a pu reprendre en milieu d’après-midi sur la totalité de la branche Cergy, même si des retards ont émaillé le trafic jusque vers 18h.

Une fois les voies dégagées de tout obstacle, et de tout dérangement, il aura donc fallu patienter jusqu’à la nuit tombée pour que le trafic redevienne normal sur l’ensemble des lignes de la banlieue St Lazare. Normal comme un week-end de travaux avec son lot de perturbations et son incontournable rupture d’interconnexion en sus. Gageons qu’avec ces événements à l’allure de dictionnaire de la malchance, les deux accidents de personne survenus ce lundi soir en gare de Vernouillet-Verneuil et ce mardi matin à Suresnes - Mont Valérien n’auront fait figure que de « simples » formalités.

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Carte de la zone d’Achères, épicentre des difficultés du week-end
permettant notamment de localiser la gare d’Achères Grand Cormier et le viaduc de la RN 184, le point d’arrêt de la rame VB2N accidentée légèrement à l’Ouest du pont des Ambassadeurs, et la zone du chantier d’infrastructure à l’Est du triage (doc. IGN)
Dernière mise à jour
20 décembre 2004  09h37
1 message a été posté à la suite de cet article
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Notes

[1] Paris St-Lazare 4.41 - Poissy 5.03. Cette rame sert à assurer ensuite le train de service 800405 (Poissy 5.17 - Mantes 5.50).

[2] Ceci en raison de l’impossibilité, pour les transporteurs routiers locaux sollicités, d’effectuer simultanément les deux services.

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1 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article, dans 1 discussion(s) :
1. > 24 heures chrono
11 avril 2005, par LST

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> 24 heures chrono
11 avril 2005, 12:55 • par LST  

Bonjour,

Décidément, la zone d’Achères a des problèmes avec les voitures... Depuis quelques jours, on peut admirer trois Citroën C2 passablement défoncées (je les avais vu la tête en bas un matin, en passant), garées devant le grand bâtiment en briques situé au bord des voies de la gare de triage.

Seraient-elles tombées non pas du camion, mais d’un wagon ?

Auriez-vous des précisions sur cet étrange incident ?

Merci,

Cordialement, LST

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