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Ce fût une fin de semaine difficile pour le réseau Nord où le ![]()
s’est une nouvelle fois largement distingué par la régularité mais surtout l’originalité de ses défaillances. La ligne D est unique et il s’agit en effet d’un événement peu banal qui l’a frappé en plein cœur ce vendredi soir. Point de sanglier curieux, point de transbordement de voyageurs hasardeux, point de mouvement social tendancieux, c’est une collision entre un train et un engin de travaux publics qui a semé la zizanie durant toute la soirée et une bonne partie de la nuit.
Vers 15h52, le train 128066/7 de la ligne ![]()
(mission HIVA Corbeil-Essonnes - Orry-la-Ville) aborde la gare de Louvres (Val d’Oise), quand la cabine de conduite est heurtée de plein fouet par le bras mécanique d’une pelleteuse qui évoluait dans la cour du « Garage de la Gare » situé à proximité immédiate de la voie. Le choc, d’une violence certaine, a légèrement blessé les deux conducteurs et contraint une vingtaine de voyageurs à terminer leur trajet en bus.

Cet incident, survenu comme il se doit à l’heure la plus critique dite de « flanc de pointe » laissait mal augurer la pointe à venir. Afin de déterminer les possibilités réelles de circulation, la circulation a d’ailleurs été totalement interrompue dans la zone de Louvres durant une vingtaine de minutes avant de reprendre partiellement, entraînant d’ores et déjà une légère désorganisation du trafic.
Dès 16h45, et après l’intervention d’agents techniques, le trafic RER reprend dans le sens province-Paris mais la voie demeure naturellement inexploitable en direction d’Orry et Creil. Les conséquences circulation deviennent alors de plus en plus fâcheuses alors que les minutes s’égrènent puisque le plan de voie imposent aux circulations RER de ne pas dépasser Goussainville, ultime gare avant la zone critique à être équipée de voies de retournement. De plus, il est a préciser que sur cette branche du réseau Nord, les voies Grandes Lignes sont rarement équipées de quais de desserte au delà de Pierrefitte-Garges. Les clients à destination de Les Noues, Louvres et Survilliers-Fosses sont alors invités à se rendre à Orry la Ville afin d’y emprunter un RER de sens contraire, là où la desserte est possible.
Cependant, le mal est fait et au fur et à mesure de la montée en puissance des relations pour l’heure de pointe, ces conditions de circulation très pénalisantes désorganisent complètement la grille de circulation d’ordinaire très sensible du ![]()
et la pointe débute avec son inévitable lot de retards, de suppressions et surtout de modifications de dessertes. Et alors que sur le réseau Nord, la circulation ![]()
est problématique, l’interconnexion avec le Sud-Est commence à exporter le mal à des dizaines de kilomètres plus au sud, sur le réseau de la Gare de Lyon où des centaines de voyageurs commencent à affluer. Petit à petit, un retour à la normale devenant plus qu’improbable, l’asphyxie semble inexorable et le chaos guette inévitablement sur plus d’une centaine de kilomètres de ligne.
Cet incident passait pour devenir un regrettable coup de malchance si les éléments qui suivirent n’étaient pas nature à le rendre définitivement cauchemardesque pour de nombreuses heures.
Malgré les nécessaires suppressions et modifications de missions, la desserte ne pouvait se faire dans les conditions habituelles et les conséquences devenaient forcément pénalisantes pour les utilisateurs. Les missions habituelles sont modifiées afin de faire face à l’afflux des voyageurs et aux retards qui montent en flèche. Et afin d’alimenter rapidement Paris et surtout le réseau Sud-Est en rames, certaines missions sont rendues semi-directes voire directes côté Nord, permettant ainsi d’atteindre le plus rapidement le cœur de Paris. Mais cette organisation montée de toutes pièces dans l’urgence était sans compter sur l’impatience grandissante et compréhensible des voyageurs pour qui la tournure des évènements n’était qu’un énième pied de nez de la part de leur transporteur détesté, pied de nez forcément irritable un vendredi soir.
Alors que les cheminots jonglent entre rames disponibles et les missions exécutables, l’impatience de certains clients se transforme rapidement en une désormais légendaire irresponsabilité largement répandue sur le ![]()
. Vraisemblablement irrité par une attente devenue trop longue sur les quais et lors d’arrêts répétés en ligne, un voyageur désireux d’affecter à sa guise la desserte de son train actionne, vers 18h20, le signal d’alarme entre les gares de Pierrefitte-Stains et Saint-Denis, puis descend librement de la rame. Les nouvelles consignes sont claires depuis le quasi-incident de Villeneuve-Triage, un signal d’alarme accompagné de la présomption de l’ouverture d’une porte conduisent aux mesures les plus restrictives, à savoir l’emission du signal d’alerte-radio commandant l’arrêt de tous les trains présents sur zone.
Dans les convois ainsi immobilisés, d’autres voyageurs ulcérés par la multiplication des évènements agissent de la même manière et ce sont bientôt plusieurs centaines de personnes qui errent sur les voies afin de rejoindre à pied la gare de St Denis distante de quelques centaines de mètres. Afin d’assurer malgré tout la sécurité de ces personnes malveillantes, le trafic est alors totalement interrompu au départ de Paris-Nord et dans tout le secteur de Saint-Denis, là où transitent l’ensemble des lignes Transilien du réseau Nord (excepté le ![]()
), la totalité du trafic Grandes Lignes, TGV, Thalys, Eurostar, ainsi qu’une grande partie du trafic TER.
Le chaos est alors total à une demi-douzaine de kilomètres de la capitale et l’énervement optimal dans les trains et sur les quais surchargés. La pointe bat alors son plein et comme pressenti, le trafic est maintenant totalement paralysé, pour plus d’une heure, avant de pouvoir s’écouler à nouveau à partir de 19h45, à très faible vitesse et surtout au compte-goutte afin d’obtenir l’assurance que l’ensemble des voyageurs a regagné un train ou un quai, ceci occasionnant malgré tout quelques alertes-radio complémentaires.
En début de soirée, la situation reste critique. La circulation s’établit très difficilement avec, toutes lignes confondues, suppressions et retards oscillant entre 30 minutes et 2h15. Un vendredi soir au trafic toujours plus intense, et à l’heure où les transports en commun sont les plus fréquentés, plus d’une centaine de convois parfois bondés sont directement ou indirectement touchés.
Le trafic reprend donc à peine ses droits avant qu’à 20h40, il soit de nouveau interrompu pour le même motif. En réalité, l’annonce de voyageurs errant sur les voies semble faire boule de neige aux yeux et oreilles d’autres clients tout aussi survoltés et ulcérés par une situation inconfortable au possible et qui semble ne jamais vouloir cesser. En somme, le serpent se mord la queue. Sans compter les désagréments que subissent indirectement des milliers d’usagers du réseau Sud-Est, témoins et surtout victimes malheureux des évènements qui se déroulent, et qui attendent des nouvelles positives et surtout d’improbables convois venant du Nord.
Mais cette soirée à thème n’est pas tout à fait terminée et les ultimes voyageurs en seront, eux aussi pour leurs frais. Très peu de trains de banlieue circulent lorsqu’à partir de 21h00, un incident de signalisation dans l’avant gare de Paris-Nord vient apporter le fatal coup de grâce. Cela fait plusieurs heures que la circulation s’établit difficilement, tantôt à l’arrêt, tantôt à vitesse fortement réduite et cet ultime incident décime alors toute velléité de

reprise. Des informations certes contradictoires font même état, au cours de la soirée, de voyageurs ayant de nouveau pris le parti de manifester leur mécontentement sur le ballast à hauteur de la gare du Nord. La ligne B qui était miraculeusement sortie indemne de la tempête sombre à son tour corps et biens. A 23h00, l’ensemble du réseau de la banlieue Nord, mais également celui du réseau Sud-Est subissait des retards résiduels de l’ordre de 30 minutes, quand les convois circulaient.
Côté Grandes Lignes, le trafic a lui aussi largement pâti, au départ comme à l’arrivée, des errements de la banlieue, provoquant finalement le chaos total sur l’ensemble de la Gare du Nord, déjà très fréquentée en ce vendredi soir, veille de Week-End. Tous les trains TER, Corail, TGV, Thalys et Eurostar subissent eux-aussi des retards de l’ordre de entre 30 minutes à plus d’une heure, certains TGV étant même détournés vers la gare de Roissy-TGV. Dans les autres gares parisiennes, certains trains sont même retenus pour satisfaire des clients en rupture de correspondance. Et à 23h00, la situation est encore largement problématique et seule la fin de service permettra la fin de cet infernal spectacle.
Une nouvelle fois, l’incompréhension et l’impatience ont été à l’origine d’un véritable cauchemar vécu par des dizaines de milliers de voyageurs, qui plus-est un vendredi soir. La situation devient très tendue et on semble approcher un point de non-retour entre SNCF et ses clients du ![]()
. Le dialogue est définitivement rompu et pire, c’est dorénavant la sécurité des voyageurs qui semble s’effilocher au fil des semaines. Il apparaît indispensable de réagir le plus rapidement, et ce chacun dans la même direction car le ![]()
semble, au fil des ses dysfonctionnements, dans une véritable impasse.
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Dernier : 16/01/2008, 15h21 • Davidd93
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Hop, on change !
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Dernier : 16/01/2008, 15h21 • Davidd93
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