Le Schéma Directeur de la Région Île-de-France (SDRIF), dont la première édition (SDAU) avait consacré, en 1965, la construction du RER et des villes nouvelles, a été révisé en 1994.

- Les « lignes de force » du SDRIF
- version 1994
Ce schéma est, pour les communes d’Île-de-France, contraignant en matière d’urbanisme : une carte au 1/150.000ème précise la destination générale des terrains - urbanisation, environnement, infrastructures de transport. Il doit évidemment être compatible avec les autres documents de planification existants, au premier rang desquels le récent Plan de Déplacements Urbain (PDU), et sert ensuite à établir le Contrat de Plan Etat-Région (CPER, qui programme les grands investissements d’infrastructure sur une période de 6 ans, et la participation financière de l’Etat) et les Plans d’Occupation des Sols (POS).
Le lancement de cette deuxième mise à jour a fait l’objet d’une délibération réunissant droite et gauche au Conseil Régional. C’est la première fois que la Région pilotera directement l’élaboration du SDRIF, qui était auparavant négocié et rédigé par l’Etat (le préfet de Région). Des consultations seront menées avec les départements, les communes et intercommunalités, et les grands acteurs publics : SNCF, RATP, syndicats, associations, pour établir le schéma d’aménagement. Cette fois encore, les infrastructures proposées et les pôles économiques et urbains définis devront répondre à trois problèmes principaux :
rééquilibrer les activités entre différents secteurs de la Région (Paris et la banlieue Ouest, d’une part, de vastes territoires désindustrialisés d’autre part) ;
réordonner le développement de la zone centrale, surtout en Petite Couronne, par l’amélioration de l’efficacité et du maillage du réseau de transports ;
juguler l’étalement toujours croissant de l’agglomération, consommateur d’espace « vierge » et potentiellement « vert », et créateur de difficultés à moyen terme au plan des transports.
On verra dans l’accélération du rythme des mises à jour du SDRIF le signe que la mutation de la région se poursuit, et que les pouvoirs publics s’efforcent d’y apporter une réponse plus fine et plus évolutive que par le passé. La nouvelle édition, qui doit être prête pour le début 2007, concernera toujours « l’horizon 2015 », soit une planification une dizaine d’années à l’avance (contre une vingtaine d’années pour le SDRIF de 1994, et l’édition précédente de 1976).
Chi va piano va sano : avant d’entreprendre l’élaboration concrète du document, c’est d’abord son comité de pilotage qui sera constitué dans l’automne. Parmi ses membres, on comptera - sans grande surprise - Jean-Paul Huchon, le président (PS) du Conseil Régional, Mireille Ferri, vice-présidente (Verts) chargée de l’aménagement du territoire, Jean-Claude Boucherat, président du Conseil économique et social régional (CESR)... et Bertrand Landrieu, préfet de région. Même s’il n’en a plus officiellement la charge, l’Etat restera donc directement impliqué dans l’aménagement de la région capitale.