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Au carrefour du stress et des préoccupations de chacun, les transports en commun sont souvent le lieu d’incompréhensions. Exemple vu un soir de semaine à la République.
Des travaux de renouvellement des voies se déroulent actuellement cinq soirs par semaine sur la ligne 
, sur laquelle le trafic est par conséquent interrompu entre Place d’Italie et République. Les rames en provenance de Bobigny débarquent tous leurs voyageurs dans cette dernière station. Elles effectuent ensuite la manœuvre de « service provisoire », et reprennent des voyageurs sur le quai opposé avant de repartir vers le Nord-Est.
Arrivé de Bobigny à 21h02 ce soir-là, le train devait théoriquement repartir en sens inverse à 21h07’55 ; il disposait ainsi d’un peu plus de cinq minutes pour effectuer son demi-tour, ce qui est largement suffisant.
A tel point que la rame 536 revint à quai quelque 3 minutes avant le départ prévu pour Bobigny. Pendant que le conducteur tue le temps dans sa loge en attendant l’heure prévue du départ, les premiers voyageurs s’installent alors dans les voitures vides - une quinzaine dans la motrice de tête, dont une jolie voyageuse qui retenait les regards masculins.
Pressée peut-être de rentrer, elle trouva le temps long plus vite que les autres : au bout de deux minutes, elle se leva et partit d’un pas décidé à la rencontre du conducteur, avec la ferme intention de lui reprocher de ne rien dire pendant qu’elle attend avec une patience limitée :
Il part quand le train ? Parce qu’il n’y a pas d’annonce faite ?

Cette conversation-là était mal partie pour se finir dans la joie et la bonne humeur. Le conducteur pouvait l’écourter, en donnant immédiatement l’information qu’attendait la voyageuse (l’heure de départ prévue) ; piqué par le reproche, il s’embarqua à la place dans des explications plus ou moins convaincantes, destinées à justifier l’absence d’annonce :
Il y a des travaux entre Place d’Italie et République, République est donc le terminus...
La voyageuse, qui ne voyait pas bien le rapport, insista :
Mais vous pouvez pas annoncer quand le train va partir ?
Le conducteur ne comprenait visiblement pas pourquoi elle s’entêtait : en temps normal, au terminus de Place d’Italie ou de Bobigny, les gens montent dans le métro et attendent patiemment qu’il parte, sans rien réclamer et sans qu’on ait besoin de leur dire combien de temps attendre...
Au point qu’il ne lui vint toujours pas à l’idée d’indiquer effectivement l’heure de départ pour en finir :
J’ai des horaires à respecter, et ici, c’est donc comme un terminus...
Mais vous pouvez pas dire quand il part ? Faire des annonces ?
Espérait-elle en fin de compte que le conducteur égrène les secondes restantes jusqu’au départ ? Toujours est-il que notre voyageuse, échaudée, s’en retourna finalement dans la voiture de tête, persuadée d’avoir affaire à un agent parfaitement hermétique aux préoccupations de sa clientèle.
Entre une voyageuse à l’apostrophe agressive, oubliant qu’une information se demande d’abord poliment, et un agent plutôt désinvolte sans grand sens de la pédagogie, le seul résultat tangible de l’échange est peu glorieux : la rame est finalement partie à 21h09’30", retardant de 90 secondes la plupart de ses voyageurs qui se seraient sûrement bien passés d’un délai supplémentaire à pareille heure.
Mais évidemment, si chacun ne fait pas le moindre effort pour comprendre les préoccupations de son voisin, les transports en commun ne peuvent pas toujours tourner rond.
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Dernier : 1er/12/2004, 19h42 • Bedeau
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Dernier : 1er/12/2004, 19h42 • Bedeau
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Ces petits gestes qui comptent
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