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La RATP a choisi Laumière, dont la rénovation vient de s’achever, pour communiquer sur le « Renouveau du métro ». Une opération qui fait la part belle aux accès et à l’éclairage des stations.
Pour une entreprise, les médias ressemblent beaucoup au consommateur : il ne faut jamais s’en faire oublier. Ce qui motive nombre de publicités se bornant à vous rappeler que telle marque existe (habituellement au moyen de messages décalés, pour vous faire sourire, manière comme une autre de vous toucher quand il n’y a rien à vendre).
Et la RATP commence à maîtriser cet art de la communication « Coucou, je suis là » avec un talent consommé. Après les campagnes d’affichage « le métro, c’est cool, ça permet d’aller en boîte, au cinéma et au musée en plus du boulot », les spots radio « le bus, existe aussi en couloirs réservés », voici les communiqués de presse annonçant des évènements qui n’en sont pas franchement. Objectif : faire parler de la rénovation des stations, à laquelle la Régie consacre des moyens importants (et dont elle tire une fierté plutôt méritée) - en essayant au passage d’annuler l’impact désastreux de la rénovation de Marx Dormoy (complètement fermée pendant un mois cet hiver pour permettre les travaux, ce qui avait provoqué un tollé chez certains riverains, amplement relayé ensuite par les médias régionaux).
Seulement, « Renouveau du métro », la campagne actuelle de rénovation des stations, est une entreprise de longue haleine : engagée en 1998, elle doit se poursuivre jusqu’en 2005. Il fallait en conséquence communiquer sur un seuil symbolique ; ce sera, compte-tenu du calendrier, la « centième opération de rénovation » (sur 315 prévues).
Laumière, donc. Sa rénovation, qui a suivi en séquence Anatole France et Louise Michel, est achevée depuis la mi-mai. Et c’est elle qui a été « choisie » pour l’occasion, indique le communiqué de presse en guise d’introduction. Choisie, le terme étonne un peu, à vrai dire : est-ce que le compte n’a pas été tenu exactement, et qu’il a fallu désigner la centième au jugé ? Est-ce qu’il y avait plusieurs centièmes ex-æquo ? Ou est-ce qu’on a un peu triché pour faire de Laumière la centième ?
Même remise à neuf, il faut avouer qu’elle n’a rien d’exceptionnel, cette station. Sans même parler des magnifiques « stations du centenaire [1] », d’autres sont plus remarquables, comme Les Halles (rénovée de fond en comble l’an dernier), Franklin D. Roosevelt (où la salle des billets, autrefois exigüe et lugubre, a été complètement repensée) ou Félix Faure (qui a introduit un nouveau style pour les stations décrépies de la ligne 8). Mais la voilà propulsée au premier plan, par la grâce et pour les besoins d’un plan médias, elle qui se fond habituellement dans l’ordinaires des « petites stations ».
Rien d’exceptionnel, à une réserve près : malgré elle, elle illustre assez bien la teneur du « renouveau du Métro ». La RATP communique naturellement sur le renforcement de l’éclairage, ou la mise au goût du jour de la signalétique, le tout dans le respect de la tradition du métro (ces petits carreaux blancs biseautés qui l’ont rendu célèbre). Mais ce qui frappe l’observateur éclairé c’est que, à la différence des opérations précédentes qui se concentraient beaucoup sur les quais, Renouveau du Métro s’intéresse d’abord aux accès, aux couloirs et aux salles des billets.
Des quais de Laumière, par exemple, vous ne soupçonnerez rien. Le lifting partiel, avec des sièges et des rampes d’éclairage vertes de style Motte, tire sur ses vingt ans. Et le carrelage mural date de 1942 [2]. Mais, quoique un peu défraîchis, ils sont toujours en bon état : le Renouveau du Métro, qui a d’autres priorités, les a conservés.
Dirigez-vous vers la sortie, en revanche, et vous verrez immédiatement ce qui a motivé une fermeture complète pendant plusieurs semaines. Escaliers, couloirs, dégagements, tous les espaces jusqu’à la rue enfin, sont comme neufs (Et ne vous y trompez pas, malgré le carrelage blanc des murs et le bitume du sol, qui n’ont pas l’air révolutionnaire : tout est bel et bien différent).
Comme les autres stations « Renouveau », Laumière décline les options définies à St-Ambroise [3]. Dans un grand élan lyrique ( !), le communiqué de presse explique : « Alliant valeur patrimoniale et modernité, la conception des requalifications de stations s’articule autour de trois dynamiques d’aménagement : la clarification des parcours voyageurs, la mise en évidence des services RATP et la valorisation patrimoniale des volumes existants. » Qu’en est-il ici ?
« Clarification des parcours voyageurs ». Pas de réalignements de couloirs, bien sûr, ni d’ouvertures de « mezzanines » à la Météor. Par contre, la signalétique a été mise aux codes actuels, et l’emplacement de certains panneaux a été modifié (ils sont de préférence accrochés au plafond, plutôt que fixés sur les murs, car le regard se promène plus naturellement de haut en bas que sur les côtés). Surtout, l’éclairage a été complètement repris : aux binômes de tubes fluorescents nus, on a substitué des luminaires qui diffusent une lumière plus homogène. Dans l’escalier entre la salle des billets et le quai « Bobigny », l’éclairage est même encastré dans les murs - une solution réservée aux endroits un peu bas de plafonds, mais qui tranche radicalement avec l’habitude, et fait donc très XXIè siècle [4] ! Et au plafond, les innombrables gaines ajoutées au fil des ans (câbles d’éclairage, de contrôle-commande des équipements, tuyaux d’air comprimé pour les anciens composteurs à vantaux, etc.) ont disparu, camouflées dans les murs ou derrière les luminaires. Que l’ensemble contribue à une « plus grande lisibilité des espaces », reste à voir, mais qu’il accentue l’impression de lumière, de netteté et de confort, c’est indiscutable.
« Mise en évidence des services RATP ». Comme les « services » s’étendent de la vente des billets à la présence d’un plan de quartier, même dans une station ordinaire, il y a de quoi faire. Le gros du travail (ce qui oblige à fermer certaines stations pendant les travaux), c’est la réorganisation de la salle des billets. La recette est désormais habillée d’une façade métallique, et réaménagée intérieurement. Le distributeur de tickets (ADUP), posé contre un mur « là où ça gênait le moins » à son installation, est désormais intégré dans le bloc de la recette, à côté des guichets. Ce qui restitue du volume aux voyageurs, et facilite les opérations de collecte / rechargement par les agents. Enfin, les différents supports d’information (plan de quartier...) ont été regroupés, pour être mieux visibles. Du coup, le voyageur sait d’instinct où se diriger.
« Valorisation patrimoniale des volumes existants ». Pas d’expérimentations colorées ou de mosaïque de petits hexagones, comme dans les années ’70 : le classique carreau blanc règne désormais en maître (et la version originale biseautée, pas son clone plat des stations Ouï-Dire !). Il est accompagné d’une plinthe et d’une frise vert forêt, du plus bel effet comparé au marron des années ’30 et ’40. Et pour parfaire ce grand mouvement de retour aux sources (pardon, de « restauration de l’identité du métro »), la rénovation porte sur l’intégralité des cheminements, de la rue jusqu’aux quais. Fini le patchwork de styles différents nés des réaménagements successifs [5] !
Enfin, pour contribuer à l’éclaircissement et au dégagement des espaces, les cadres publicitaires sont redisposés à l’occasion, et certains ont carrément été supprimés (les cadres inclinés au-dessus des rampes d’escalier, par exemple).
La rénovation jusqu’au niveau de la rue (y compris la remise en peinture du candélabre Dervaux), s’est accompagnée de l’installation de grilles automatiques nouvelle formule - encombrantes mais design. Elles devraient rapidement être plus de 600 à travers le réseau RATP, destinées à faciliter la fermeture des stations à la fin du service.
Alors, digne du star system, Laumière ? Pas sûr. Mais rénovation honnête dans la norme du « Renouveau du métro », concentrée sur des espaces plutôt délaissés jusqu’ici, certainement. Et si c’était la centième, 215 opérations supplémentaires sont prévues d’ici 2005. Bientôt dans une station près de chez vous ?
Pour conclure sur le sujet, voici la liste prévisionnelle des prochaines stations à bénéficier d’un « Renouveau » (source RATP) :
| où | quand | quoi | ouverte |
|---|---|---|---|
| M 5 Hoche | jusqu’au 17 juin | Accès, Salle des billets, Eclairages des quais | 21h30 |
| M 5 Hoche | du 1er juillet au 30 août | Accès, Salle des billets, Eclairages des quais | F |
| M 7 10 Jussieu | du 1er juillet au 13 septembre | Accès, Salle des billets | F |
| M 12 Lamarck Caulaincourt | jusqu’au 31 juillet | Eclairages des quais | O |
| M 3 Louise Michel | jusqu’au 28 juillet | Accès, Salle des billets | F |
| M 9 10 Michel-Ange Auteuil | du 1er juillet au 15 octobre | Accès, Salle des billets, Eclairages des quais | F |
| M 3 Parmentier | du 1er juillet au 3 septembre | Accès, Salle des billets | F |
| M 3 Pereire | jusqu’au 28 juillet | Accès, Salle des billets, Eclairages des quais | O |
| M 3 Pont de Levallois | jusqu’au 15 novembre | Accès, Salle des billets, Eclairages des quais | O |
| M 9 Pont de Sèvres | jusqu’au 11 octobre | Accès, Salle des billets | O |
| M 3 Pte de Champerret | du 1er juillet au 22 décembre | Accès, Salle des billets, Eclairages des quais | O |
| M 1 St-Mandé Tourelle | jusqu’au 31 juillet | Accès, Salle des billets | O |
| M 2 Victor Hugo | du 15 juillet au 17 septembre | Accès, Salle des billets, Eclairages des quais | F |
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Dernier : 17/03/2007, 13h00 • Durival
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[1] Bonne Nouvelle, Carrefour Pleyel, Europe, Montparnasse-Bienvenüe, Pasteur, St-Germain-des-Prés, Tuileries et Villejuif Léo Lagrange, redécorées chacune avec un thème particulier en 2000 pour fêter les 100 ans du métro.
[2] C’est le lettrage du nom de la station qui l’indique : le même qui fut employé d’un bout à l’autre du prolongement Gare du Nord - Eglise de Pantin de la ligne 5, ouvert le 12 octobre 1942.
[3] Intégralement rénovée en 1997 comme prototype des opérations suivantes.
[4] Inauguré à St-Ambroise, pour éclairer l’escalier mécanique, l’éclairage encastré fait très design, mais n’est en réalité utilisé que dans de très rares cas. Seules les stations Météor y ont fait régulièrement appel. Une bonne raison de « choisir » Laumière ?
[5] On trouve encore souvent : les carreaux d’origine dans les accès immédiats aux quais, et sur les côtés des escaliers donnant sur la rue ; des carreaux colorés dans la salle des billets, en complément ou pas des carreaux d’origine, et datant de l’installation des péages magnétiques dans les années ’70 ; des carreaux années ’70 ou Ouï-Dire dans les sorties mécanisées créées plus récemment ; et un style encore différent sur les quais, pour peu que la station soit « personnalisée » ou ait servi de champ d’expérimentation !
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Un billet spécial Congrès
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Dernier : 17/03/2007, 13h00 • Durival
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La ligne 4 au ralenti
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