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Apportant une bouffée d’oxygène sur le réseau tram, les 13 rames Citadis destinées à la ligne T2 sont désormais toutes en service. Et, progressivement, les vénérables TFS cèdent la place à leurs successeurs.
Ce tournant dans l’histoire de la ligne T2 a été marqué par une cérémonie officielle « d’inauguration », en présence de la Présidente de la RATP Anne-Marie Idrac, le 26 février dernier. Il s’agissait en fait de célébrer la livraison et la mise en service complète des 13 rames Citadis commandées à Alstom, et dont la première (numérotée 401) était arrivée au dépôt des Moulineaux dès le 25 juillet 2002.

Les premières rames livrées (401 et 402, surtout) avaient intensément servi à la validation technique du matériel à l’automne - au point où la 401 a terminé l’année 2002 sans marquage latéral ! Le repérage frontal des motrices sur les deux suivantes (402 et 403) était quant à lui à base de chiffres blancs à liseré noir, très peu lisibles à distance. Pour d’autres rames, enfin (405-408), on avait utilisé une variante de la police Arial.
Ces détails strictement « cosmétiques » sont désormais corrigés : toutes les rames ont reçu un marquage unifié, sur le modèle des dernières livrées et à base de chiffres noirs dans la police standard RATP (« Parisine Bold »). Outre les autocollants du constructeur à proximité de chaque cabine, un nouveau marquage intérieur rappelle également le numéro de rame de chaque côté de la nacelle centrale.

On rangera également parmi les petites imperfections subsistantes l’apparente propension de l’afficheur numérique des girouettes à décider de lui même du terminus de la rame... En tombant évidemment à côté ; c’est ainsi que l’on voit parfois des rames pour « Parc de Saint-Cloud » ou « Les Moulineaux », dont le conducteur n’avait pourtant prévu ni retournement en ligne, ni rentrée au dépôt !
De manière moins anecdotique, l’expérience des premières semaines de service commercial a amené à reconsidérer la politique d’affectation des portes. Il était en effet prévu au départ que les portes d’extrémité, compte-tenu de leur plus faible largeur (un vantail au lieu de deux), soit exclusivement réservées à la descente. La montée devait donc s’effectuer par les portes centrales, un « courant » s’établissant ensuite dans le tram un peu à la manière des autobus.
Malgré un effort important de communication, cette organisation était manifestement mal comprise, et en tout cas très mal respectée. Habitués aux rames TFS qui ne présentaient pas cette subtilité, les voyageurs ont continué d’utiliser indifféremment toutes les portes dans toutes les situations (la montée aux extrémités étant évidemment d’autant plus tentante qu’elle permettait aux retardataires d’attraper le tram... in extremis).
Du coup, les autocollants « sens interdit » et « réservé à la descente » apposés sur les portes extrêmes ont été remplacés par un unique bandeau « priorité à la descente ». Autrement dit, les portes sont désormais banalisées sur les Citadis aussi, en espérant simplement que les voyageurs se massent un peu moins en troupeau que d’habitude devant les vantaux uniques...

Dans une première phase, début décembre 2002,

seules deux rames Citadis (sur les dix livrées à l’époque) circulaient en service commercial, en strict remplacement de deux TFS. Les autres restaient provisoirement monopolisées par la formation des conducteurs... Et le déverminage, autrement dit l’élimination des petits défauts techniques inévitables à la mise en service d’un nouveau matériel.
Profitant de la livraison des dernières rames, le nombre de Citadis simultanément en ligne a rapidement été augmenté. Elles couvrent aujourd’hui environ les deux tiers du service en heures de pointe, soit 8 à 10 rames. Le rapport de forces entre Citadis et TFS se trouve ainsi très nettement inversé... Et ce sont désormais les TFS qui doivent impérativement circuler groupés, pour pouvoir se secourir l’un l’autre en cas de panne, puisque leur dispositif d’attelage est incompatible avec le système automatique des Citadis [1].
En revanche, les TFS règnent encore en maîtres sur la ligne le week-end (8 rames le samedi, 5 le dimanche), ce qui préserve la possibilité d’interventions de maintenance ou d’ultimes réglages techniques sur les Citadis.
La mise en service progressive des 13 nouvelles rames a permis, d’une part, de réaménager les horaires courant février [2] : l’intervalle théorique aux heures de pointe est ainsi passé de 4 min 15 à 3 min 45, soit un bond dans l’offre de transport supérieur à 335.000 km.tram.

En comptant avec la plus grande capacité unitaire de chaque rame (174 passagers pour le TFS, 213 pour le Citadis), la capacité d’accueil de la ligne au moment où celle-ci était en surcharge chronique vient donc d’être augmentée de 35 % !
Les intervalles standard en ligne restent par contre fixés à 6 minutes en heures creuses, 8 minutes le samedi et 12 minutes le dimanche, périodes où le service donnait entière satisfaction.
D’autre part, plusieurs TFS se sont trouvés « libérés » par contrecoup, ce qui a permis d’entamer le grand mouvement de transhumance entre Les Moulineaux et Bobigny. A terme, les 16 rames TFS de la ligne T2 doivent en effet aller renforcer le service sur le T1. C’est la rame 212 qui avait eu l’honneur d’ouvrir le bal, le 12 décembre 2002 - et ce sont maintenant 6 rames (208-213) qui ont été transférées.
Cette éviction des TFS va se poursuivre, impitoyablement, au cours du second et du troisième trimestre : outre l’augmentation de la capacité du T1, il s’agit en effet de permettre son prolongement jusqu’à Noisy-le-Sec, qui devrait intervenir dans l’été.

Lorsque les derniers TFS quitteront la ligne T2, ils seront remplacés par une seconde tranche de 13 rames Citadis. Celle-ci permettra de constituer des unités multiples, en liaison avec l’allongement des quais à 65 m. Mis au point durant l’été 2002, le schéma de principe correspondant a été validé par le Syndicat des Transports d’Île-de-France en octobre dernier ; les travaux se dérouleront pour l’essentiel cet été.
Vers la mi-2004, c’est ainsi un effectif doublé de 26 rames Citadis qui se sera approprié l’intégralité du Tram Val de Seine. En attendant, sans doute, d’autres levées d’option (le marché initial prévoyait jusqu’à 60 rames) au gré des prolongements à venir de la ligne, vers la Porte de Versailles ou vers le pont de Bezons.
Pas de doute, le premier lot désormais au complet annonce une belle carrière aux Citadis en Île-de-France !
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Dernier : 30/04/2003, 11h25 • JF
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[1] En décembre dernier, ce sont bien sûr les Citadis, en infériorité numérique, qui étaient soumis à cette contrainte.
[2] Les nouveaux tableaux étant entrés en vigueur, à notre connaissance, à la rentrée des vacances scolaires le 24 février.
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Dernier : 30/04/2003, 11h25 • JF
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