| MétroPole > Actualités > Carnets du voyageur > 2008 |
XML
|
![]() |
![]() |
Les trams de la ligne T2 commencent à rejoindre Bobigny. Le service du T1 s’en trouve d’autant renforcé... Au risque d’obliger à quelques acrobaties à l’une des jonctions de service provisoire en cas de retard.

Ce sont désormais quatre rames TFS qui ont quitté le dépôt des Moulineaux et l’environnement verdoyant de la ligne T2 pour venir se frotter aux pavés et (le moins possible) aux voitures entre Bobigny et St-Denis. Adieu le calme qui caractérise la plupart du temps le Tram Val de Seine - voilà les 208, 209, 210 et 212 propulsées au milieu de la ville, trépidante et colorée, avec poussettes d’enfants, chariots à provisions, armes et bagages.
On sait que l’opération, compensée par l’arrivée de trams Citadis flambant neufs sur les bords de Seine, doit permettre l’exploitation de la ligne T1 prolongée en décembre prochain jusqu’à Noisy-le-Sec... Mais aussi le renforcement du service sur la section existante, qui en a bien besoin. L’affluence entre St-Denis et Bobigny fait certes couler moins d’encre dans la presse régionale que la « surcharge » de la ligne T2, mais elle est quasi-constante, et nuit même souvent à la régularité des tramways.
Sans plus attendre, les quatre « nouvelles » rames ont donc été mises à contribution pour faire passer l’intervalle en ligne de 6 à 5 minutes aux heures de pointe. La 208 n’a même pas eu le temps d’être équipée des rouleaux papier adéquats pour ses girouettes - à moins que Bobigny se soit trouvé en rupture de stock face à la soudaine abondance de rames ? Toujours est-il qu’elle circule pour l’instant sans indication de destination.

Bénéfique pour les voyageurs, l’augmentation du nombre de trams en ligne suppose aussi une virtuosité accrue de l’équipe de ligne. Avec des intervalles plus resserrés, et compte-tenu des inévitables aléas d’exploitation (affluence ponctuelle qui allonge les temps d’arrêt en station) ou de circulation (feux rouges, stationnement gênant, encombrements à la traversée de certains carrefours), les rames peuvent plus facilement se rattraper. Une situation difficilement tolérable sur le T1, conçu en bien des endroits pour le passage d’une seule rame à la fois - La Courneuve 8 Mai 1945 en est l’exemple le plus évident.
La régulation de la ligne est d’autant plus difficile qu’elle se fait quasi-totalement depuis Bobigny. C’est là que s’effectuent les relèves, que les conducteurs prennent leur temps de pause, et qu’est stationnée la rame de réserve. A St-Denis, il n’y a pas d’installations de garage et le battement au terminus n’est jamais que de quelques minutes ; la seule voie 2 suffit souvent à l’exploitation, les rames repartant pratiquement au fur et à mesure de leur arrivée. Que le retard d’un tram à l’arrivée dépasse 3 ou 4 minutes et il se répercutera nécessairement au retour vers Bobigny, le terminus devenant incapable d’en « gommer » l’effet.

Ce soir, peut-être à la suite d’un incident en ligne, les tête-à-queue à St-Denis étaient déjà particulièrement rapides, quand les arrivées se sont brutalement espacées au milieu de la pointe. Il y eut d’abord un premier intervalle de 11 minutes entre les rames 119 (17h24/17h27) et 208 (17h35/17h37). Et derrière, la rame 114 était à distance au moins aussi respectable, puisqu’elle arrivait tout juste à Marché de St-Denis à 17h40.
Derrière, on commençait à se bousculer. La 114 s’était déjà fait rattraper par la 103, ce qui permettait quelques scènes hors du commun sur les afficheurs SIEL annonçant les prochains passages. Suivaient également à peu de distance les rames 109 et 102 - une situation qui, à s’en tenir là, ne pouvait plus aller qu’en s’aggravant. Sur tout le trajet retour jusqu’à Bobigny, les deux premières rames (208 et 114) s’annonçaient bondées comme jamais, récupérant chacune les voyageurs répartis en principe dans deux trams... Et le tir groupé derrière (103-109-102), même en retardant un peu les départs de St-Denis, allait fatalement circuler presque à vide, en « butant » de nouveau rapidement sur les premières.

Le remède, classique en pareil cas, consiste bien entendu à retourner une des rames en ligne sans l’envoyer jusqu’au terminus, de façon à la replacer au milieu d’un des « trous ». Même si, sachant que la manœuvre prend quelques minutes, on ne l’utilise en principe qu’en dernier recours (et tout spécialement au métro !).
La rame 114 a ainsi été vidée de ses voyageurs à Marché de St-Denis, pour être retournée par la liaison voie 1 / voie 2 (autrement appelée « communication de service provisoire ») à l’ouest de la station.
Le but était manifestement de l’insérer avant la 208, qui arrivait au même moment de la Gare de St-Denis. Les deux rames circuleraient certes à peu de distance l’une de l’autre mais la première, quasi-vide au départ, serait mieux à même de « digérer » la foule aux stations en aval.

La 208 a donc été retenue juste avant les aiguilles le temps nécessaire à la manœuvre. Entre temps, la 103 (qui, on s’en souvient, suivait directement la 114) avait atteint, puis quitté Marché de St-Denis ; elle aussi se trouvait provisoirement bloquée au pied des aiguilles. Trois trams (et un bus de la ligne 168, prisonnier malgré lui du site propre) sur une section longue de moins de 100 mètres : le festival commençait.
A l’étape suivante, la rame 114 avait dégagé la zone du service provisoire, et libéré du même coup la 103, qui continuait sans tarder vers l’Ouest. La 208 reprenait également sa route sur voie 2 vers la place Gabriel Péri, tandis que la 109, en sens inverse, arrivait en station à Marché de St-Denis.
A son départ, cette dernière était immédiatement remplacée par la 102. C’est donc, à cet instant, pas moins de quatre trams (102, 109, 114, 208) qui se trouvaient simultanément à Marché de St-Denis... Qu’on aurait, vu la situation, presque pris pour l’arrière-gare de Bobigny !


Le spectacle continuera dans les minutes qui suivent : la 109 aura elle aussi les honneurs d’un retournement en ligne, effectué tandis que la 208 était toujours contrainte de patienter (en empiétant un peu sur la rue !) à l’entrée de la station Marché de St-Denis, que la 114 s’obstinait à ne pas quitter. En y ajoutant la 102, toujours en station pendant cette seconde manœuvre, ce sont donc toujours quatre rames (plus le bus de la ligne 168, toujours pas dégagé) qui s’offraient au regard du curieux.
Au prix d’un peu de patience, essentiellement pour les voyageurs d’une seule rame (la 208, on l’aura deviné) et d’un bus, la stratégie du Poste de Commandement de la Ligne (PCL) a payé : sur la voie 2 vers Bobigny, les deux tête-à-queue ont permis de restaurer, manu domini, des intervalles plus homogènes - 13’ (mais deux trams), 2’, 5’, 6’. Les trams suivront ensuite à la cadence habituelle de 5 minutes.
Tableau synthétique de la situation, de Marché de St-Denis à Gare de St-Denis. Les « --- » indiquent un retournement en ligne via la communication de service provisoire :
| Rame | 209 | 119 | 208 | 114 | 208 | 103 | 109 | 103 | 102 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Marché de St-Denis | 17.14 | 17.20 | 17.31 | 17.40 | 17.41/43 | 17.44/45 | 17.45/47 | ||
| Théâtre Gérard Philipe | 17.16 | 17.22 | 17.33 | --- | 17.45 | --- | 17.51 | ||
| Gare de St-Denis (a) | 17.18 | 17.24 | 17.35 | 17.47 | 17.53 | ||||
| Gare de St-Denis (d) | 17.21 | 17.27 | 17.37 | 17.49 | |||||
| Théâtre Gérard Philipe | 17.23 | 17.29 | --- | 17.39 | --- | 17.51 | |||
| Marché de St-Denis | 17.25 | 17.31 | 17.44/45 | 17.45/46 | 17.48 | 17.53 |

![]() |
Dernier : 18/03/2004, 21h19 • Rémi1978
|
![]() |
Petite balade en Citadis
|
![]() |
Dernier : 18/03/2004, 21h19 • Rémi1978
|
![]() |
Vu et vécu dans l'année
|
![]() |
Quand l’inconscient s’exprime...
|
|
10 message(s) a (ont) été posté(s) à la suite de cet article,
dans 4 discussion(s) :
|
|