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Après la chute, la semaine dernière, d’un fragment de la verrière de la gare d’Aéroport CDG 2, les rames de la ligne B l’ont désertée pour une durée indéterminée. Malveillance ou malédiction ?
Un morceau de la verrière qui s’écrase sur le quai de la gare : voilà le drôle de spectacle qui s’est produit en gare RER d’Aéroport Charles de Gaulle 2 mercredi 8 mai, par chance un jour particulièrement creux. Aéroports de Paris (ADP), l’établissement public propriétaire des lieux, explique cet incident peu banal par un acte de malveillance - des jets de pierre -, mais l’argument n’a pas convaincu tout le monde.

A commencer par les agents de conduite du RER : le CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) du dépôt de Mitry-Claye a rappelé au Parisien que ce n’était pas le premier incident du genre ; des bouts de verre étaient notamment tombés sur les voies du TGV, adjacentes à celles du RER à CDG 2, l’an dernier. Ces chutes avaient été attribuées à un défaut de construction et, pour s’en prémunir, des filets de protection avaient été installés dans le secteur TGV. Mais le secteur RER en était resté dépourvu, parce qu’aucun problème ne s’y était manifesté, et qu’il n’est pas situé sous la verrière principale.
Devant l’apathie apparente d’ADP, le CHSCT ne s’est donc pas privé d’employer son arme favorite - le droit de retrait. Ainsi, depuis lundi 13 au soir, « par mesure de sécurité pour le personnel, mais aussi pour les usagers, [les agents ont] décidé de ne plus aller jusqu’à Roissy 2, jusqu’à ce qu’ADP fasse le nécessaire ». Selon toute vraisemblance, « le nécessaire » en question consistera en la pose de filets supplémentaires ; un renforcement des panneaux de verre a posteriori serait en effet à coup sûr hors de prix. ADP assure que ce sera terminé « dans les plus brefs délais », mais dans les faits, la desserte RER se trouve suspendue entre les gares d’Aéroport Charles de Gaulle 1 et 2 pour une durée indéterminée. La reprise de l’exploitation, envisagée un moment pour demain matin, a en effet été repoussée sans date.
En attendant, la desserte est assurée par des navettes routières entre CDG 1 et CDG 2... à moins que les Courriers de l’Île de France, opérateur des bus ADP sur la plate-forme aéroportuaire, ne prolongent leur grève [1]. Les habitués peuvent aussi se rabattre sur les bus RATP (349, 350, 351), qui desservent partiellement les aérogares depuis la gare de CDG 1. Avec la sensation d’être ramenés 9 ans en arrière, avant l’ouverture du prolongement à CDG 2, quand le RER s’arrêtait à Roissypôle (l’actuelle gare CDG 1)...
Conçue par Paul Andreu, Jean-Marie Duthilleul [2] et Peter Rice et inaugurée en 1994, la gare de CDG 2 est, à tous les sens du terme, un rêve d’architecte : esthétiquement plutôt réussie, elle se devait de repousser quelques limites (et a ainsi hérité de la « plus grande verrière d’Europe » [3]), quitte à flirter de bien près avec les limites de la physique et de la mécanique. Et elle n’est pas la seule construction moderne maudite : avant elle, l’Opéra Bastille ou l’Arche de la Défense ont, eux aussi, été recouverts de « préservatifs » pour éviter qu’ils ne s’émiettent sur la tête des passants...

Et ici aussi, quand bien même le dernier incident serait dû à un acte de malveillance, leur répétition oblige à s’interroger. Le maître d’ouvrage - ADP - a t-il été suffisamment exigeant en définissant ses contraintes (résistance aux vibrations des avions, à la corrosion d’une atmosphère saturée en kérosène, etc.) ? Le titulaire d’un des marchés n’a t-il pas été tenté de rogner sur la réalisation, au détriment de la longévité de l’ensemble ? Et comment intervenir commodément sur une verrière si haute, au cas où se présenterait la nécessité de contrôles ou de maintenance régulière ?
Ce qui est sûr, c’est qu’avec « la plus grande verrière d’Europe protégée par des filets », il y aura moins de raisons de pavoiser. Et à voir qu’à Charles de Gaulle, qui se rêve premier aéroport européen, on continue d’accueillir les voyageurs du monde entier en bus et dans le plus grand désordre (alors que, promis-juré, un transport hectométrique aurait dû faire oublier définitivement tout ça en 1995), il y aurait pratiquement de quoi avoir honte.
Mais tant que le ciel ne nous tombe pas sur la tête...
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Dernier : 6/11/2003, 14h49 • Jacques
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Dernier : 6/11/2003, 14h49 • Jacques
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109, 111 et 580, triplé gagnant du printemps
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