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Une nouveauté de taille en vue : dans le cadre d’un renforcement des services de nuit, le STIF a décidé que le métro resterait ouvert toute la nuit à la Saint-Sylvestre. Une nuit où les transports seront également gratuits !
Grand absent de la Nuit Blanche, au mois d’octobre, le métro sera désormais au rendez-vous lors des grands soirs de la vie parisienne : lors de sa séance du 10 décembre 2002, le Syndicat des Transports d’Île-de-France (STIF) a en effet décidé « d’institutionnaliser » un service de nuit renforcé durant les nuits du 21 au 22 juin (Fête de la Musique) et du 31 décembre au 1er janvier (Nouvel An). A ces deux dates, en plus du RER et de certaines lignes de banlieue SNCF, le métro fonctionnera désormais toute la nuit - une nouveauté dont les Parisiens pourront profiter dès le prochain réveillon [1].
Qui dit circulation du métro toute la nuit ne dit pas ouverture intégrale du réseau urbain pour autant : en-dehors des horaires habituels, de 1h à 5h30, le service ne sera maintenu que sur les six lignes 1, 2, 4, 6, 9 et 14, dont seules 44 stations resteront accessibles au public (les stations offrant des correspondances Métro ou RER sont en gras) :
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: La Défense Grande Arche, Porte Maillot, Charles de Gaulle Etoile, George V, Franklin D. Roosevelt, Champs-Elysées Clémenceau, Châtelet, Bastille, Gare de Lyon, Nation, Château de Vincennes ;
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: Nation, Belleville, La Chapelle, Barbès-Rochechouart, Pigalle, Place de Clichy, Charles de Gaulle Etoile, Porte Dauphine ;
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: Porte de Clignancourt, Barbès-Rochechouart, Gare du Nord, Gare de l’Est, Strasbourg-St-Denis, Les Halles, Châtelet, St-Michel, Montparnasse-Bienvenüe, Denfert-Rochereau, Porte d’Orléans ;
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: Nation, Bercy, Place d’Italie, Denfert-Rochereau, Montparnasse-Bienvenüe, La Motte-Piquet-Grenelle, Bir Hakeim-Tour Eiffel, Passy, Trocadéro, Kléber, Charles de Gaulle-Etoile ;
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: Pont de Sèvres, Porte de St-Cloud, Trocadéro, Franklin D. Roosevelt, Havre-Caumartin, Grands Boulevards, Strasbourg-St-Denis, République, Nation, Porte de Montreuil, Mairie de Montreuil ;
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: Madeleine, Pyramides, Châtelet, Gare de Lyon, Bercy, Cour St-Emilion, Bibliothèque François Mitterrand.
Le service restera bien sûr assuré normalement sur toutes les lignes jusqu’à 1h15, et à partir de 5h30. Une prolongation de 30 minutes du service de soirée habituel (dernières arrivées en terminus à 1h45) est même possible sur l’ensemble du réseau métro.
Ce réseau réduit de nuit, auquel la RATP travaille depuis plus d’un an, vise à répondre à une forte demande du public en tenant compte des contraintes économiques et d’exploitation. Chaque ligne maintenue en service nécessite en effet la présence d’une dizaine de conducteurs et de plusieurs agents d’encadrement (chef de régulation, chef de manœuvre...) ; et surtout, la sécurité des voyageurs impose qu’(au moins) un agent soit présent dans chaque station ouverte au public. Primes de nuit comprises, cela aurait consitué une charge financière difficilement supportable pour le STIF [2], et difficilement justifiée compte-tenu de l’affluence prévisible sur certaines lignes (3bis, 7bis, 10, ...) et dans nombre de stations.
Le réseau urbain de nuit proposé par la RATP et validé par le STIF permet de desservir les principaux points de ralliement des noctambules (Etoile et Champs-Elysées, Châtelet, Quartier latin, Montparnasse, Montmartre, Tour Eiffel, Bercy, Grands Boulevards, République) avec le minimum de moyens ; il repose en effet sur les deux axes incontournables que sont les lignes 1 et 4, sur la ligne 14 (dont le caractère automatique autorise un service fréquent, même en pleine nuit), et sur une rocade irriguant les arrondissements périphériques (ligne 2 + ligne 6). La ligne 9 complète l’ensemble en desservant les secteurs encore à l’écart.
Sur les lignes 1, 2, 4, 6 et 9, « l’oubli » d’un grand nombre de stations aura pour effet indirect d’offrir des temps de parcours beaucoup plus rapides qu’à l’ordinaire. Les rames de la ligne 1 seront par exemple sans arrêt entre Nation et Château de Vincennes, ou entre Porte Maillot et La Défense. Tout juste pourrait-on souhaiter que soit abrogée, dans ces cas-là, la règle qui veut que les stations traversées sans arrêt ne soient franchies, dès la deuxième, qu’à 30 km/h maximum : autant garder les voyageurs le moins longtemps possible dans le métro (on diminue ainsi l’inconfort lié à l’affluence potentielle, et on augmente le débit des lignes), et éviter de leur rappeler que, pour 44 stations maintenues ouvertes, 243 seront fermées !

Lors des ouvertures exceptionnelles de nuit, le RER et le réseau Île-de-France avaient jusqu’ici été exploités dans la seule optique de permettre le retour des banlieusards chez eux : le service était donc assuré exclusivement de Paris vers la banlieue, au départ des gares « tête de ligne » [3].
Le service de nuit officialisé par le STIF inclut, à l’image du métro, une ouverture intégrale des lignes RER « RATP », y compris dans Paris intra muros. Les lignes A et B seront donc exploitées en totalité (interconnexion incluse), avec des intervalles de 15 à 20 minutes sur le tronc commun, et de 30 minutes sur les branches. Toutes les gares situées sur les deux lignes resteront ouvertes, et les trains seront tous omnibus pendant la nuit.
Pour les lignes C, D et E, sous tutelle SNCF, les sections centrales resteront par contre neutralisées, les interconnexions étant donc suspendues de fait. Les départs s’effectueront donc de Paris-Austerlitz (gare de surface) ou d’Invalides, sur le RER C, et de Gare du Nord (gare de surface banlieue) ou Gare de Lyon (gare souterraine banlieue) pour le RER D. La ligne E, quant à elle, sera remplacée par un service au départ de Paris-Est.
Les dessertes des Noctambus et des Bus de Nuit SNCF seront également renforcées. Leur trajet sera adapté pour faciliter les correspondances avec le réseau ferré (Métro / RER) maintenu en exploitation, et pour tenir compte des restrictions à la circulation des autobus imposées par la Préfecture de Police les soirs de festivités [4].
Pour desservir la grande couronne, selon les souhaits formulés par les municipalités, un réseau bus spécial est encore à l’étude. Il comprendrait des prolongements de lignes Noctambus existantes, et de nouveaux services créés pour l’occasion.
Pour garantir la sécurité des voyageurs lors de ces ouvertures exceptionnelles, en dépit de l’affluence (on attend environ 1 million de voyageurs par nuit), les forces de l’ordre, les brigades du GPSR et de la Suge (les agents de sûreté de la RATP et de la SNCF), et les agents d’exploitation seront mobilisés en nombre toute la nuit. Des équipes devraient ainsi être présentes dans chaque station ouverte afin d’accueillir et d’orienter les voyageurs, mais aussi de prévenir tout incident ou débordement au retour d’une soirée souvent très arrosée... Pour faciliter la sécurisation du réseau RATP, les accès secondaires des stations seront aussi restreints ou fermés. A contrario, le renforcement de la présence humaine dans les stations restées ouvertes permet aussi de comprendre pourquoi leur nombre est nécessairement limité.
Des équipes mobiles devraient également se déplacer à bord des trains, et la sécurité à bord des bus sera assurée grâce aux équipements de vidéo-surveillance (et, sur certaines lignes, à des voitures d’accompagnement).
Mais surtout, afin de permettre à chacun de voyager l’esprit tranquille, le STIF a décidé d’instaurer, à titre permanent, la gratuité des transports franciliens entre le 31 décembre à 17h et le 1er janvier à 12h. Il s’agit en fait, ici encore, de la « régularisation » d’une mesure prise jusqu’ici au cas par cas, chaque année depuis l’an 2000.
Qu’on ne s’y trompe pas pour autant : en dépit de sa popularité, cette mesure est en fait sous-tendue par des impératifs de sécurité. On facilite ainsi la gestion de la foule, en évitant par exemple des embouteillages aux lignes de contrôle, et on économise d’inévitables litiges liés à la validité de tel ou tel billet. Enfin, les agents peuvent se consacrer à leurs missions d’accueil dans un climat plus serein, puisque le public ne les voit pas a priori comme des « contrôleurs »...
Compléments d’offre et gratuité des transports lors du Nouvel An seront financés intégralement par le STIF, pour un coût annoncé d’environ 1,5 million d’euros par nuit.
Tout juste pourra t-on déplorer que le schéma de desserte, désoermais présenté comme « définitif », comporte encore quelques zones d’ombre. Des stations comme St-Germain-des-Prés, au cœur d’un quartier pourtant animé, resteront par exemple fermées, obligeant à marcher plusieurs centaines de mètres pour prendre le métro.
Dans sa formule actuelle, il est également clair que le dispositif ne pourra jamais être mis en place que très exceptionnellement, vu le coût supporté directement par le STIF : à plus d’1 M€ la nuit, impossible encore de rêver à une ouverture nocturne du métro tous les week-ends ! D’ailleurs, outre les deux nuits de la Fête de la Musique et du Nouvel An, le projet étudié par la RATP prévoyait une ouverture nocturne des réseaux lors du 14 juillet, qui n’a pas été retenue en définitive.
Malgré cela, l’ouverture désormais officialisée des réseaux ferrés les nuits de festivités est intéressante à double titre. D’abord parce qu’elle correspond à une réelle demande des Franciliens, et en particulier des Parisiens, dont l’essentiel des déplacements se fait en métro. L’ouverture du métro et des tronçon centraux des RER est d’ailleurs particulièrement utile, puisqu’on l’a dit, le service des Noctambus (censé répondre aux besoins de déplacements noctunes), est justement restreint ces nuits-là. Et elle montre que la RATP est capable de s’organiser pour répondre à des besoins nouveaux.
Ensuite, on assiste là à la fin d’un tabou : il y a peu, on jugeait encore complètement impossible une ouverture nocturne du métro ou du RER, au motif que la nuit était indispensable à la maintenance des réseaux. Il reste effectivement impensable d’ouvrir systématiquement le métro 24h/24 - à titre d’exemple, il y a couramment 100 à 200 personnes la nuit dans la gare d’Auber, occupés à des tâches diverses (nettoyage, maintenance des voies, des équipements en gare, etc.). Mais, en cas de succès, le développement d’une exploitation nocturne paraît désormais inévitable à moyen terme. Rendez-vous à la signature des prochains contrats STIF-RATP et STIF-SNCF, mi-2003 ?
[1] Seule la ligne 14 avait déjà été ouverte pendant la nuit, lors de la Fête de la Musique 2002.
[2] Le STIF doit financer intégralement ce genre de « compléments d’offre », dans la mesure où ils ne font pas partie des contrats de service actuels avec les entreprises exploitantes : RATP, SNCF...
[3] Y compris Charles de Gaulle-Etoile (pour les branches Ouest du RER A), Nation (pour les branches Est) et Denfert-Rochereau (pour la moitié Sud du RER B).
[4] Lors de la Fête de la Musique, la circulation des autobus est par exemple interdite dans Paris intra muros après 19 heures.
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