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100 |
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Envisagée dès l’été 2006 dans le cadre de la création d’un « réseau d’intérêt régional », la ligne Mobilien Torcy — Créteil a enfin été mise en service le 1er janvier 2010. Desservant au passage Noisiel et Champs-sur-Marne, c’est la troisième ligne Mobilien de pôle à pôle a être créée, après les liaisons Montgeron — Rungis et Chelles — Roissy.
La nouvelle ligne 100 permet de relier directement la branche Marne-la-Vallée du 
et la ligne 
, en ne desservant que six points d’arrêts (terminus compris) pour un parcours d’environ 24 km :
Torcy 
;
Noisiel — Quatre Pavés ;
Champs-sur-Marne — Mairie ;
Champs-sur-Marne — Ampère (proche de Noisy — Champs 
) ;
Champs-sur-Marne — CROUS (proche de Noisy — Champs 
) ;
Créteil — L’Échat 
.
L’appel d’offres du STIF a été remporté pour une durée de 7 ans par un groupement composé de deux filiales du groupe Keolis : Les Courriers de l’Île-de-France (CIF) et Voyages Autocars Services (VAS). Les CIF sont décidément dans une bonne période, juste après avoir remporté l’appel d’offres pour la ligne Mobilien Roissy — Chelles, et sur un axe cette fois-ci en dehors de leur périmètre historique.

La ligne 100 est donc la... troisième ligne « 100 », sur trois lignes Mobilien fraîchement créées par le STIF :
la ligne Montgeron — Rungis est exploitée sous l’indice commercial 191.100 ;
la ligne Roissy — Chelles sous l’indice commercial 100 ;
la ligne Torcy — Créteil sous l’indice commercial 100.
Si l’usager des bus de banlieue est déjà habitué à la coexistence de numéros identiques, notamment en grande couronne, la situation est cette fois-ci plus intéressante.
Habituellement, la numérotation commerciale des lignes fonctionne soit par réseau, soit par exploitant, ce qui permet toujours de désigner une ligne de manière unique par son indice commercial et son réseau ou exploitant : « la ligne 13 du réseau Pep’s », ou « la ligne 93 exploitée par les CIF », par exemple. Pas toujours simple, mais cela fonctionne.
En parallèle, le STIF dispose d’un système de numérotation unique de toutes les lignes d’Île-de-France, composé de trois groupes de trois chiffres : les trois premiers chiffres pour coder l’exploitant, les trois suivants pour le réseau, et enfin les trois derniers pour le numéro de la ligne. Ce dernier groupe de chiffres correspond bien souvent à l’indice commercial, connu des voyageurs ; mais pas toujours ! Il existe de trop nombreuses exceptions, qui rendent finalement cette numérotation à neuf chiffres bien opaque pour les usagers.
Bien sûr, chacune des trois lignes Mobilien dont il est question ici dispose, au niveau du STIF, d’un numéro unique : 293-293-100 [1] pour la ligne 100 Roissy — Chelles, 014-177-100 [2] pour la ligne 100 Torcy — Créteil, et probablement un autre numéro à 9 chiffres qui se termine par 100 pour la ligne 191.100 Montgeron — Rungis. Mais en pratique, le voyageur se retrouve bien avec trois lignes « 100 ». S’agissant de trois lignes créées de toute pièce, directement par le STIF, dans le cadre d’un réseau unifié à l’échelle régionale, on aurait pu s’attendre à des choix plus pertinents dans la numérotation. L’existence de deux lignes « 100 » chez un même transporteur (ici les CIF) est également une première.
La question de la numérotation des lignes se pose donc plus que jamais, entre une numérotation commerciale confuse, et une numérotation unique du STIF complètement inapplicable pour les usagers. Le STIF aurait tout à gagner en imposant un nouveau système, lui aussi unique, mais à 4 chiffres (il y a environ 1200 lignes de bus en Île-de-France), permettant une stricte correspondance entre le numéro unique STIF et l’indice commercial. On pourrait par exemple conserver la tranche 1-599 pour la RATP, la tranche 600-699 pour TRA, les tranches 77-xx, 78-xx, 91-xx et 95-xx pour les lignes départementales en grande couronne (incluant les grandes lignes non-conventionnées avec les départements), etc.
L’apparition aujourd’hui de cette ligne 014-177-100 symbolise la création d’une nouvelle relation de banlieue à banlieue par autocar express.
Outre une liaison inter-gares (Torcy, Noisy - Champs, Créteil - L’Échat) qui devrait donner une petite bouffée d’air au 
et éviter des passages inutiles dans Paris, la ligne 100 dessert des pôles universitaires (Créteil, Champs-sur-Marne), des centres commerciaux (Créteil Soleil, Bay 1 et Bay 2 à Torcy), l’hôpital Henri Mondor de Créteil, l’entreprise Nestlé à Noisiel, et de nombreux quartiers résidentiels.
La gare de Noisy - Champs 
n’est pas desservie directement : sa desserte, obligatoirement en boucle, n’est pas vraiment compatible avec un service express de pôle à pôle. Mais, en contrepartie, les usagers auront deux arrêts pour le prix d’un : la ligne reste sur l’avenue Ampère sans rentrer dans la gare, en desservant un arrêt juste au nord, « Ampère », et un arrêt juste au sud, « CROUS ». La solution proposée est un compromis astucieux, permettant de gagner de précieuses minutes, tout en élargissant la zone d’influence de la ligne.

Entre Champs-sur-Marne, Noisiel et Torcy, le trafic local est autorisé : les arrêts sont suffisamment espacés pour que la ligne 100 garde une vocation express, venant ainsi compléter mais certainement pas faire doublon avec l’offre des lignes RATP 211, 220 et 312.
Les 24 km de la ligne sont parcourus en 49 à 65 minutes en théorie, et le niveau d’offre, relativement attractif, est conforme à la norme Mobilien, version grande couronne : un départ toutes les 30 minutes de 5h30 à 9h et de 17h à 21h en semaine, et toutes les heures de 9h à 17h en semaine et de 6h à 21h le week-end. La vitesse commerciale (vitesse moyenne d’un terminus à l’autre) théorique varie entre 22 et 29 km/h, ce qui est plutôt correct pour une ligne de bus, et légèrement mieux que la ligne 100 Roissy — Chelles (entre 20 et 26 km/h). Pour un trajet de Créteil à Noisy - Champs, par exemple, le temps de parcours annoncé, entre 24 et 29 minutes, est largement compétitif par rapport aux 45 minutes minimum nécessitées par le réseau ferré et son détour par Paris.
On pourrait néanmoins s’attendre à mieux en termes de vitesse... et pour cause ! Les exploitants ont joué la prudence au lancement de la ligne, tant la crainte des embouteillages monstres de l’A4 et de l’A86 faisait consensus, que ce soit chez les chargés d’études, les conducteurs ou les usagers. Clairement, subir des retards indécents dès les premiers jours n’aurait sans doute pas incité les usagers à revenir en masse, et ces marges de sécurité sur le parcours autoroutier ne sont pas du luxe. Mais ceux qui ont conçu cette première grille horaire semblent avoir péché par excès de prudence.

La pratique aura ainsi montré que les marges sont excessives, surtout en heure creuse et le week-end ; mais même aux heures de pointe, la répartition n’est pas forcément judicieuse : le parcours autoroutier de Créteil à Champs n’est rallongé qu’à 29 minutes au lieu de 24, alors qu’il est prévu par exemple 18 minutes au lieu de 11 entre Torcy et Noisiel, et 10 minutes au lieu de 7 entre le centre et la gare de Champs, sur des parcours relativement peu soumis à la congestion. Résultat, en heure creuse sur l’ensemble de la ligne, et même en heure de pointe sur le parcours interne au Val Maubuée, les conducteurs sont contraints de ruser pour ne pas passer en avance aux arrêts : partir volontairement en retard de 5 à 10 minutes, réguler aux arrêts qui le permettent, stationner entre deux arrêts lorsque l’arrêt suivant ne le permet pas, rouler très tranquillement, etc.
Il serait possible, sans prendre trop de risques (il ne serait vraiment pas malin de passer d’un horaire trop détendu à un horaire intenable), de proposer par exemple un temps de parcours de 40 minutes en heure creuse (au lieu de 49 minutes), et de 1h en heure de pointe (au lieu de 1h05). Certaines courses, notamment les premiers et derniers départs, pourraient également passer du temps de parcours d’heure de pointe à celui d’heure creuse, le trafic étant bien différent à 18h et 21h... Ainsi, on proposerait des temps de parcours plus attractifs encore pour les usagers, avec une bonne vitesse commerciale comprise entre 24 et 36 km/h, et surtout sans la désagréable impression de perdre du temps en ligne.
Compte-tenu de la prédominance des parcours autoroutiers (la ligne emprunte la voie rapide D199 entre Torcy et Noisiel, puis les autoroutes A4 et A86 entre Champs-sur-Marne et Créteil), ce sont des autocars qui assurent le service, afin de garantir une vitesse optimale [3]. Cinq autocars Irisbus Crossway tout neufs vont et viennent entre Torcy et Créteil, accessibles aux usagers en fauteuil roulant, et respectant la norme antipollution Euro 5.
Aux couleurs des CIF, les véhicules sont cependant remisés au dépôt de VAS, à Romainville. VAS met également à disposition l’équipe de conducteurs, et les CIF gèrent l’information voyageurs. Comme sur la ligne 100 Roissy — Chelles, un pelliculage à l’arrière du bus rappelle le numéro de la ligne, la desserte et l’amplitude horaire.
Fait encore rare chez Optile pour être signalé, mais désormais dans les contrats avec le STIF, des plans de ligne sont affichés à l’intérieur des autocars, ici au niveau de la porte centrale.
Si la fréquentation est restée plutôt faible, voire très faible, les premiers jours, les voyageurs ont peu à peu fait connaissance avec cette nouvelle ligne. Il n’est pas rare désormais de voir entre 5 et 10 personnes dans l’autocar le week-end, et parfois jusqu’à une quarantaine de voyageurs en heure de pointe. Les étudiants des universités de Champs et Créteil semblent constituer une clientèle désormais fidèle, de même que les actifs des bureaux de Noisy - Champs. Le trafic interne au Val Maubuée est loin d’être négligeable, ce qui confirme les choix de desserte, ni trop fine ni trop express, et valide également la pertinence de l’autorisation du trafic local sur toute la ligne ! [4] Il y a désormais fort à parier que la fréquentation va continuer d’augmenter, pour arriver à des niveaux honorables. Souhaitons-le, en tout cas !
De nombreuses lignes Mobilien de pôle à pôle restent à créer par le STIF. Les deux prochaines pourraient bien être les axes Persan — Luzarches — Roissy, et Les Mureaux — St-Quentin-en-Yvelines.
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Dernier : 16/03/2011, 15h18 • mel
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[1] Le code exploitant 293 semble avoir été créé spécialement pour le groupement CIF-TRA, ne correspondant ni au code des CIF (014), ni au code de TRA (801). Quant au code réseau 293, il ne correspond à rien d’existant non plus ; mais il est d’usage, lorsque la ligne n’appartient pas à un réseau particulier, ou lorsque l’exploitant n’a qu’un seul réseau, de lui donner un numéro identique.
[2] Le code exploitant 014 correspond aux Courriers de l’Île-de-France. Quant au code réseau 177, il évoque bien la Seine-et-Marne, mais correspond avant tout au réseau commercial Seine-et-Marne Express... à de trop nombreuses exceptions près, dans un sens comme dans l’autre !
[3] Les autobus sont limités à 70 km/h, y compris sur l’autoroute, et une réglementation locale leur interdit de plus l’accès aux autoroutes et voies rapides de Seine-et-Marne.
[4] À l’inverse, l’interdiction de trafic local sur les parcours terminaux des lignes 191.100 et 100 les prive d’une clientèle locale qui pourrait contribuer à améliorer leur notoriété, sans pour autant pénaliser les grands trajets : les chiffres de fréquentation ont bien du mal à décoller.
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Les bus parisiens accessibles à tous
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Dernier : 16/03/2011, 15h18 • mel
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L'actualité du mois
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Ligne 565 : triplé gagnant à Rueil-Malmaison
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