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La 25e édition des Journées du Patrimoine, ce week-end (20 et 21 septembre) est placée sous le signe de la « création ». Mais les transports n’en sont pas absents : ils ont inspiré des architectes, des réalisateurs, des photographes… Un patrimoine mis à l’honneur par la RATP, qui n’oublie pas pour autant ses classiques en remettant en route le vieux métro Sprague pendant deux jours.

« Patrimoine et création » : voilà le thème national retenu pour les Journées du Patrimoine cette année. Un rendez-vous devenu incontournable (c’est la 25e édition…), entre autres parce qu’il permet au grand public de découvrir des édifices méconnus, et des lieux fermés le reste de l’année.
Un rendez-vous auquel participe régulièrement la RATP, en organisant à chaque fois quelques visites thématiques, quelques circulations du métro historique Sprague, et en ouvrant les portes de quelque dépôt ou atelier. Des initiatives qui ont d’autant plus de succès que les « portes ouvertes » et autres événements du genre sont devenues, hors le reste de l’année, extrêmement rares à la Régie (car laissées essentiellement à l’initiative des dépôts ou des lignes, qui ont souvent d’autres priorités budgétaires, et soumises aux exigences sécuritaires du plan Vigipirate désormais appliqué en permanence…). Toujours curieux de découvrir sous un autre jour ces compagnons quotidiens que sont le bus ou le métro, qu’on aime et qu’on déteste à la fois, le grand public s’y précipite donc en masse.
Comme le lien entre le thème (la « création ») et le transport est moins évident que d’habitude, la RATP a dû se montrer… un peu créative en définissant son programme pour les Journées du Patrimoine. Un programme qui se décompose depuis plusieurs années en deux catégories : une partie des événements sont en accès libre, et pour d’autres l’inscription est obligatoire (par téléphone au 0 820 202 502, de 9 h à 19 h, 0,09 €/minute). Une organisation conçue pour gérer au mieux l’affluence toujours plus nombreuse, et il faut bien le reconnaître, un fonctionnement parfois frustrant : les activités les plus intéressantes ont toujours l’air d’être celles sur inscription, et les places ont été si comptées par le passé qu’elles étaient toutes prises en quelques heures à l’ouverture des inscriptions.
Cette année, heureusement, il semble bien que les places aient été plus nombreuses et que les visites ne soient pas (encore) toutes complètes.
Respectant la tradition informelle, c’est cette année le centre-bus de Montrouge (situé en fait à Paris, rue du Père Corentin, près de la Porte d’Orléans) qui ouvrira ses portes au public. Le lien avec la création ? Le centre-bus doit faire l’objet d’une reconstruction à l’horizon 2012. On pourra donc découvrir, entre autres, des panneaux d’exposition retraçant l’histoire du centre (très ancien, puisque c’était un ancien dépôt de tramways à la Belle Époque…) et les projets des architectes. Sans oublier, bien sûr, les bus visibles sous toutes leurs coutures (dessous, dessous, garés, en réparation…) et les différents métiers qui leurs permettent de rouler tous les jours sur les lignes 21, 28, 38, 67, 88, 188, 216, N14 et N21 [1].
(samedi uniquement, de 10 h à 18 h)



C’est elle aussi une habituée des Journées du Patrimoine, qu’elle a souvent passées sur la ligne 
. Mais c’est cette fois-ci sur la ligne 
qu’on retrouvera la célèbre rame Sprague, classée monument historique, et sortie tout droit des années 1930. Souvenez-vous : les banquettes en bois verni (en cuir vert olive en 1re classe, tout de même…), les porte-bagages pour les mallettes et les parapluies, les publicités vantant les charmes de Noilly-Prat (l’abus d’alcool ne nuisait pas encore à la santé) ou des bâtiments neufs de Créteil Lac, et surtout le vert et rouge flamboyant à l’extérieur…
La ligne 
avait déjà accueilli la rame Sprague en mai : elle présente en effet l’intérêt d’être moins chargée que les autres, et donc de pouvoir accueillir cette invitée de marque (qui attire toujours son cortège de curieux, de surpris et de paparazzi) entre deux rames commerciales sans trop gêner. On pourra voyager librement à bord, comme dans n’importe quel autre métro, avec une douzaine de trajets prévus samedi et dimanche :
| Gare d’Austerlitz | 10.45 | 11.55 | 14.15 | 15.25 | 16.35 | 17.45 | ||
| Odéon | 10.51 | 12.01 | 14.21 | 15.31 | 16.41 | 17.51 | ||
| Sèvres — Babylone | 10.54 | 12.04 | 14.24 | 15.34 | 16.44 | 17.54 | ||
| La Motte-Picquet — Gren. | 11.00 | 12.10 | 14.30 | 15.40 | 16.50 | 18.00 | ||
| Javel — André Citroën | 11.04 | 12.14 | 14.34 | 15.44 | 16.54 | 18.04 | ||
| Porte d’Auteuil | 10.00 | 11.08 | 12.18 | 13.30 | 14.38 | 15.48 | 16.58 | 18.08 |
| Boulogne — Pt de St-Cloud | 10.06 | 11.14 | 13.36 | 14.44 | 15.54 | 17.04 |
| Boulogne — Pt de St-Cloud | 10.10 | 11.20 | 13.40 | 14.50 | 16.00 | 17.10 | |
| Javel — André Citroën | 10.17 | 11.27 | 13.47 | 14.57 | 16.07 | 17.17 | |
| La Motte-Picquet — Gren. | 10.21 | 11.31 | 13.51 | 15.01 | 16.11 | 17.21 | |
| Sèvres — Babylone | 10.27 | 11.37 | 13.57 | 15.07 | 16.17 | 17.27 | |
| Odéon | 10.30 | 11.40 | 14.00 | 15.10 | 16.20 | 17.30 | |
| Gare d’Austerlitz | 10.38 | 11.48 | 14.08 | 15.18 | 16.28 | 17.38 |
Ceux qui préfèrent passer le week-end au grand air plutôt que dans le métro pourront prendre le chemin de Versailles, et plus précisément du camp des Matelots, territoire historique du 5e régiment du Génie (celui spécialisé dans la chose ferroviaire, qui a par exemple reconstruits le pont de Gueydan, sur la ligne Nice — Digne, emporté par une inondation du Var en 1995).
Organisant lui aussi ses « portes ouvertes », le régiment présentera ses moyens et ses collections, notamment l’imposante grue dite Diplodocus qui servait autrefois à la mise en place des tabliers des ponts. Mais ce sera aussi l’occasion de prendre place à bord d’une deuxième rame Sprague, préservée par l’association Ademas celle-ci, et transformée avec groupe électrogène pour circuler même sur des voies non électrifiées par le 3e rail classique du métro. Elle circulera sur la ligne en boucle du camp des Matelots, soit environ 4 km, traversant même un petit bois. Parfum d’aventure garanti !
(samedi et dimanche, de 10 h à 19 h)

On retrouve le thème de la Création avec LE grand événement organisé cette année par la RATP : une présentation scénarisée et en musique de tout ce que la Régie a « créé » en 60 ans d’existence (héoui, sans tambours ni trompettes, la RATP est cette année sexagénaire !). Uniformes, objets de collection, signalétique, logos, visuels et graphismes, tickets, publicités… Autant dire qu’il y en aura pour tous les goûts, et dans des domaines parfois un peu inattendus. Le tout dans un cadre original, puisque ce sera à l’intérieur du dépôt-atelier de Lucotte, celui de la ligne 
(et qui se trouve aussi être le dernier créé par la Régie).
(sur inscription : deux représentations par jour, samedi et dimanche)


, rue du Général Lucotte (Porte de Sèvres)Pas de jaloux : il y aura le métro d’autrefois en souterrain, et aussi les bus d’autrefois en surface. Les différents modèles préservés, du TN 4 à plate-forme arrière mondialement célèbre, jusqu’aux modèles « standard » SC 10 (qu’on a trouvé sur tous les réseaux français, et à plusieurs milliers d’exemplaires à la RATP, des années 1970 aux années 1990), seront mis en circulation sur la « ligne du Patrimoine » — en fait, un circuit touristique à travers le centre de Paris, au départ de la « maison de la RATP » (son siège social), 189 rue de Bercy (à côté de la Gare de Lyon).
(samedi et dimanche, de 13 h 30 à 18 h. Inscriptions au départ, 189 rue de Bercy, le jour même, le nombre de places étant évidemment plus limité qu’à bord d’un métro)

La création, on peut aussi l’admirer sur grand écran. Et pour le métro, cela tombe bien : il a inspiré bien des réalisateurs, parfois comme sujet principal du film, parfois comme théâtre d’une scène-clé, parfois comme simple repère culturel pour indiquer immédiatement que l’histoire se déroule à Paris. À l’écran, on trouve ainsi le métro parisien dans Peur sur la ville, dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, dans Les Femmes de l’ombre, dans Zazie dans le métro bien sûr, ou encore Broken English, pour n’en citer qu’une infime poignée.

Quant aux bus, c’est à l’avenant : La Vocation d’Adrienne, Antilles-sur-Seine ou Retour en force les mettent aussi en scène, ainsi qu’une vingtaine d’autres films. La liste compilée par Busparisiens est même loin d’être exhaustive…
Parmi les œuvres qui mettent le métro en vedette, la RATP en a choisi deux archi-célèbres, qui seront projetés en séance spéciale à la maison de la RATP (189 rue de Bercy, à côté de la Gare de Lyon). Il y aura d’abord La Grosse caisse (Alex Joffé, 1965), avec Bourvil et Paul Meurisse, projeté en présence de Françoise Deldick (qui jouait la poinçonneuse dans le film). La « grosse caisse », c’était le nom donné par les agents au métro qui collectait la recette des stations pour l’apporter au siège de la RATP. Elle qui joue ici un rôle central, puisqu’un gang de malfaiteurs entreprend de la voler…
Le deuxième film, ce sera Subway (Luc Besson, 1985), avec Isabelle Adjani et Christophe Lambert — une plongée dans l’univers parfois glauque et parfois très coloré du métro et du RER, entre couloirs techniques, marginaux qui y passent la nuit, concerts secrets et policiers maladroits. C’est le théâtre d’une course poursuite au cours de laquelle des hommes de main essaient de récupérer des documents imprudemment volés par Christophe Lambert, qui essaie de son côté de retrouver Isabelle Adjani dont il est amoureux.
Le « patrimoine », c’est aussi l’univers immortalisé par ces films : signalétique d’époque, aménagements disparus depuis (le café sur le quai du RER à Gare de Lyon, par exemple), « poinçonneur des Lilas » et uniformes anciens. La projection sera précédée d’un documentaire RATP et accompagnée d’une expo-photo sur le cinéma en 22 panneaux.
(samedi et dimanche, sur inscription)
Enfin, une visite guidée permettra de (re)découvrir le patrimoine architectural des stations : là aussi, il y a eu de la « création », en un siècle ! Des accès Guimard, qui caractérisent Paris aussi bien que la Tour Eiffel, jusqu’à la dernière entrée en boules de verre colorées, signée Jean-Michel Othoniel et installée au Palais Royal, en passant par les gares orange-blanc-bleu du tronçon central du RER, qui paraissaient immenses à leur ouverture et suffisent aujourd’hui tout juste à accueillir la foule…
Cette visite sera ainsi l’occasion de voyager dans le temps, au travers des impératifs et des goûts architecturaux de chaque époque.
(samedi et dimanche. Trois visites par jour, à 9h30, 10h30 et 14h30, sur inscription. Durée : 3 heures environ)

Au final, il y en a donc pour tous les goûts à la RATP, du technique et du culturel, des expositions et du mouvement. Rien de prévu en revanche côté SNCF : on fait cette année l’impasse sur les Journées du Patrimoine, car c’est « ceinture » sur les événements et les dépenses de réception au 2nd semestre, pour essayer d’obtenir quand même un résultat financier honorable en fin d’année alors même que le début 2008 a été moins bon qu’escompté. Pour le patrimoine du « grand » chemin de fer, on ira donc voir du côté de l’Ajecta, qui propose lors de ses journées portes ouvertes une sélection éclectique de matériel, de la vapeur jusqu’aux automoteurs flambant neufs.
[1] Le centre-bus de Montrouge gère aussi un site décentralisé, le « relais-bus » de Massy, dans la zone industrielle des Champarts, où sont remisés les véhicules des lignes 119, 196, 197, 199, 297, 299, 319 et 496.
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