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Il faudra finir par rester chez soi, le mardi matin : pour la seconde semaine consécutive, la matinée a été difficile... A cause, cette fois, d’un double incident sur le tronc commun des RER B et D.
On maudira tout à la fois la loi des séries et la coïncidence de dates : exactement une semaine après le début d’incendie sur une motrice à La Défense, et 25 ans presque jour pour jour après l’ouverture du tronçon central et de la section Luxembourg - Châtelet, le réseau RER vient d’être une nouvelle fois sérieusement perturbé.

La faute à un double incident - rupture de caténaire et de rail - survenu dans l’intergare Châtelet - Gare du Nord pendant la pointe du matin. Un scénario digne des meilleurs films d’épouvante pour un chef de régulation, puisqu’il revient à paralyser le tronçon le plus chargé du réseau (32 trains par heure en pointe), et à désorganiser pour le plus clair de la journée les deux lignes B et D.
Comme leurs collègues de Vincennes la semaine dernière, les agents du PCC de Denfert (et ceux du poste 1B de Gare du Nord) ont fait le maximum pour poursuivre malgré tout l’exploitation des deux lignes là où c’était possible. C’est ainsi que les RER B en provenance du Sud sont « montés » jusqu’à Luxembourg, où se situent les premières communications de service provisoire [1] en-dehors du secteur de l’incident [2]. Un moindre mal, en somme, sachant que le gros des voyageurs venant de la banlieue Sud se rend dans le Quartier Latin le matin !

Sur la ligne D, le service a été plus classiquement suspendu entre Gare du Nord (voies 41 et 43) et Gare de Lyon (gare souterraine), chaque réseau s’occupant de « sa » banlieue avec les moyens du bord.
Après l’intervention rapide des techniciens caténaire et voie, le trafic a pu reprendre progressivement dès 11h30. Dans un premier temps, la ligne B a été exploitée en « bout-à-bout » à Gare du Nord - les trains de la zone SNCF continuant de terminer voies 32 et 33, en gare de surface, et ceux du secteur RATP retournant en gare souterraine. Une nécessité, les retournements à Luxembourg et les diverses modifications de missions ayant désorganisé le roulement des conducteurs du matin au point où la reprise des relèves « normales » à Gare du Nord entre agents SNCF et RATP n’était plus possible. On citera l’exemple de ces conducteurs de Massy-Palaiseau, qui devaient théoriquement y terminer leur service à midi, et quittaient à peine la Gare du Nord à 12h15...

Il faut dire que pendant toute cette période, au lieu d’aboutir comme c’est la tradition voies 42 et 44 à Gare du Nord, les RER B venant du Sud ont été admis à quai voie 43, retournant ensuite en arrière-gare en utilisant les voies RO et DR, pour être finalement réexpédiés de la voie 44. Ce choix du poste 1B de Paris-Nord, s’il était logique dans l’optique du rétablissement complet du service (les RER B ne « monopolisent » pas la demi-gare Est, mais utilisent, comme en temps normal, une seule voie sur chaque quai, permettant au trafic de la ligne D de s’écouler par l’autre), n’en a pas moins créé des difficultés de circulation en zone RATP, augmentant encore le retard accumulé. La solution « RO/DR » est en effet moins propice à des retournements rapides, car elle nécessite des conducteurs de renfort (ou oblige le conducteur seul à remonter les 225 m de sa rame avant de repartir) et deux commutations 1,5/25 kV.
Du coup, le PCC de Denfert a dû « faire la circulation » à la radio, pour n’expédier les trains vers Gare du Nord qu’au compte-gouttes : « le train à St-Michel voie 2, tu restes à St-Michel. Le train à Châtelet voie 2, tu vas pouvoir partir vers Gare du Nord... Ah, tu es déjà parti, à St-Michel ?

Bon, tu vas être retenu à l’entrée de Châtelet, alors. Puis tu stationneras à Châtelet. (...) Le train [suivant] à St-Michel voie 2, et le train [arrivé] à Châtelet voie 2, vous pouvez avancer d’une position. Donc à St-Michel, tu vas jusqu’à Châtelet, et à Châtelet, tu peux monter sur Nord. ». Etc.
A partir de 13h, avec l’arrivée des équipes du service « mixte » (d’après-midi), l’interconnexion a pu être rétablie pour de bon sur le RER B, le retard résiduel de 10 à 15 minutes étant résorbé petit à petit en début d’après-midi. Sur le RER D, le trafic a été rétabli très progressivement entre 11h30 et 13h, avec des stationnements souvent important à Gare du Nord, et un retard général de 15 à 25 minutes.
Une avarie à la caténaire ou à la voie restent des incidents exceptionnels : on n’en dénombre au plus, à l’échelle du réseau RER RATP, que quelques uns par an. L’épisode de ce matin fait donc figure de coïncidence particulièrement malheureuse - même si, en la matière, le secteur de Châtelet / Gare du Nord est relativement exposé, compte tenu du trafic qu’il supporte : c’est l’une des lignes les plus chargées d’Europe...

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Dernier : 28/07/2003, 12h38 • Jacques
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[1] Les « SP » permettent notamment aux rames de changer de voie en cas de problème, pour repartir en sens inverse.
[2] La mise en place d’un retournement à Châtelet-Les Halles, bien que possible en théorie - en arrivant sur la voie 4, normalement dévolue à la ligne D, en rebroussant au trottoir de manœuvre sur la voie centrale en arrière-gare, et en repartant de la voie 3 ligne D - a été écartée pour des raisons pratiques (on aurait pu intérférer, sinon, avec les opérations de dépannage qui imposaient des consignations électriques entre Châtelet et Gare du Nord) et de sécurité (les quais de la ligne D étant trop étroits pour absorber le flot de voyageurs descendant des rames du RER B).
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Dernier : 28/07/2003, 12h38 • Jacques
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