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Premier week-end de « grands départs ». Pour une fois, ce n’est pas en souterrain que ça bouge, mais en surface, dans les grandes gares parisiennes. La SNCF y attend 1,3 million de voyageurs en 4 jours.
Hé oui, revoici venu ce fameux moment de l’année, celui des grandes transhumances vers le soleil, la plage, la montagne, le grand air. Celui où les premiers veinards à partir en vacances vont essayer d’arracher quelques soupirs aux autres en s’éclipsant pour deux à trois semaines du bureau. Celui où on va entendre annoncer, demi-heure après demi-heure à la radio, le score du week-end en termes de « bouchons cumulés sur les autoroutes de France », la voix du journaliste trahissant toujours trop sa satisfaction que le record de l’année dernière soit battu (et sa déception quand il ne l’est pas encore. Mais ce week-end n’était annoncé que « rouge » par Bison Futé, alors que le suivant sera noir, chic-chic-chic, on pourra se refaire).

Les rythmes de vie changent, nous dit-on, et le prix du pétrole augmente, voit-on bien. Ce premier week-end de « grands départs », qui a en fait commencé hier, jeudi 3 juillet, et se poursuivra jusqu’à dimanche 6, sera donc l’occasion de voir si le cliché de la famille partant pour trois semaines vers le littoral avec armes et bagages, sans oublier le chien au fond de la voiture, reste d’actualité… Ou si les vacances seront plus fragmentées (une semaine ici, trois longs week-ends là), et la voiture moins omniprésente. Remplacée par le train, bien entendu.

La SNCF vient pourtant de faire spectaculairement augmenter ses prix sur les TER et les Corail Intercités — une augmentation savamment dissimulée derrière une modification en apparence technoïde, le redécoupage des périodes bleues (50 % de réduction pour les porteurs de cartes commerciales) et blanches (25 % de réduction seulement) du calendrier voyageurs. Une très mauvaise idée en termes d’image, alors que le train revient lentement en grâce et que les reportages se multiplient sur les automobilistes contraints de se déplacer plus rationnellement. Mais qu’importe : comme les Franciliens (et donc la majorité de ceux qui partent en vacances en train) voyageront de fait en TGV ou en Corail Téoz, qui ne sont pas concernés, cette hausse passera à peu près inaperçue. En tout cas des grands médias, qui sont avant tout parisiens, et donc du grand public.
C’est ainsi avec confiance que la SNCF attend la foule : quelque 1,3 million de voyageurs devraient passer par les grandes gares parisiennes ce week-end, sur le chemin des grandes vacances. Une prévision qui ne se fait pas au doigt mouillé : comme tous les trains Grandes Lignes sont à réservation obligatoire, c’est en fait quasiment au voyageur près que l’on peut dimensionner le dispositif d’accueil et la capacité du matériel.
La plus forte affluence, on la trouvera bien sûr à Paris — Gare de Lyon et Paris — Montparnasse, qui desservent à elles deux presque la moitié du pays, et l’écrasante majorité du littoral. Au total, sur les quatre jours, la Tour de l’Horloge verra passer quelque 355 000 vacanciers, et la Porte Océane environ 295 000.
Est-ce plus ou moins que lors des « grands départs » des années passées ? C’est en tout cas nettement plus (environ 15 %) que le premier week-end de juillet 2006, avec un trafic d’environ 1,1 million de voyageurs à l’époque. C’est davantage aussi que l’hiver (environ trois millions de voyageurs passent par les têtes de lignes parisiennes, mais répartis sur les trois principaux week-ends de février). Mais c’est moins qu’un week-end de Pâques (environ 1,7 million de voyageurs, bon an mal an), où les étudiants qui rentrent chez eux viennent gonfler le flux des clients du train ; et surtout qu’un week-end du 15 août, où se cumulent certains retours de vacances et d’autres départs en week-end prolongé (au contraire, pour l’instant, le trafic est surtout dans le sens des départs…).
Au total, on annonce quelque 1 520 trains (toujours sur les quatre jours) dont environ 1 040 TGV. Ceux-ci acheminent, il est facile de le constater, l’écrasante majorité du trafic à grande distance en France, particulièrement au départ des deux gares parisiennes « vedettes » du week-end (Lyon et Montparnasse, pour ceux qui suivent).
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Qui dit « grands départs » dit aussi Gilets Rouges, ces G.O. du week-end de pointe, auxiliaires de la grande maison SNCF embauchés spécialement pour l’occasion (par sa filiale Effia Services). Postés dans les endroits les plus stratégiques de chaque gare, de Marne-la-Vallée — Chessy à Paris — St-Lazare (mais aussi dans une soixantaine d’autres gares à travers la France), ils auront pour mission de renseigner et d’orienter les voyageurs.
Comme chaque année à pareille époque, les gares « Grandes Lignes » vont donc fourmiller d’une animation particulière, faite de grosses valises qu’on trimbale depuis les couloirs du métro, d’enfants et de grandes peluches qu’on tire par la main, d’agents tous sur le pied de guerre, de vacanciers épuisés par leur travail mais que la promesse des vacances rend heureux (au retour, ce sera autre chose, ils seront bronzés mais épuisés tout court)... et de quelques drames aussi : le chien qui aura pris le mauvais train, et surtout le TGV qui sera tombé en panne et resté quatre heures sous le soleil (un incontournable des « grands départs » depuis 1991).
Aux chanceux qui partent déjà : bon voyage et bonnes vacances ! Et pour ceux qui restent, les halls de gares auront déjà un parfum de ciel bleu, de crème solaire et de cigales qui permet de tenir encore une ou deux semaines.

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